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"frivole" poems
Je suis exatlé de voir dans ce ciel de nuit, Auquel je dois cette plaisante fortune. En compagnie d’étoiles clignotantes, Subjugué par ce spectacle, j’admire ma Lune. Lave-moi dans ton eau argentée, translucide. Sois près de moi lors de mes blanches nuits. Veille sur moi tel un garde sans faille. Enveloppe-moi de murmures, un calme répit. Ô comme tu guides les flots ardents de mon âme! Baisse les yeux, les eaux abordent ma plage… Érode le fardeau qui étouffe mes écueils brûlants, Des sables noyés, oppressé, tendres otages. Peu de nuits à présent… Épris alors que tu t’en vas. Des brins épais et sombres de cheveux en cascades, Dissimulent ton visage d’une manière séduisante. Il n’en reste qu’un croissant, qui s’efface dans le noir. Les nuits s’écoulent… Maintenant la lune se délite M’en laissant qu’une moitié; la nuit le veut ainsi. Reste encore, plus longtemps; ne pars pas si tôt, Je ne me sens pas prêt à être anéanti. Je lève la tête sans dire un mot, alors que les nuits passent. J’ai vu mon amour lunaire se dissoudre dans l’espace. My coeur, aussi, déchiré bout par bout… Enfin, elle était partie; partie, sans laisser de trace. Depuis, chaque nuit abonde de vide et de souffrance. Je supplie les étoiles d’apaiser le vide en moi… Mais ils se contenteraient de briller, indifférents… Même suite à tous mes appels, mes émois. Desormais je suis incertain sur le nombre de passages. Les nuits n’amenèrent que l’assaut des étoiles moqueuses. Cependant je joue des promesses celestes, Pour le retour de ma folle quête amoureuse. Je sais que c’est frivole de penser que je suis le seul… C’est vrai, ils languissent; ma souffrance est la leur. Mais c’est moi qui désire le plus ton fameux regard, Car nos coeurs ont chanté dans toutes les couleurs. Ma détresse à son zénith, emplis, presque brisé, Lorsque soudain j’entends une belle chanson, lointaine. Une chanson pareille à celle que l’on prononçât, Encore garnie d’argent translucide, je soupire avec peine…, “Te voilà....”
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Nov 23, 2014
Nov 23, 2014 at 7:16 PM UTC
Lettre de ton Astronome
Je suis exatlé de voir dans ce ciel de nuit, Auquel je dois cette plaisante fortune. En compagnie d’étoiles clignotantes, Subjugué par ce spectacle, j’admire ma Lune. Lave-moi dans ton eau argentée, translucide. Sois près de moi lors de mes blanches nuits. Veille sur moi tel un garde sans faille. Enveloppe-moi de murmures, un calme répit. Ô comme tu guides les flots ardents de mon âme! Baisse les yeux, les eaux abordent ma plage… Érode le fardeau qui étouffe mes écueils brûlants, Des sables noyés, oppressé, tendres otages. Peu de nuits à présent… Épris alors que tu t’en vas. Des brins épais et sombres de cheveux en cascades, Dissimulent ton visage d’une manière séduisante. Il n’en reste qu’un croissant, qui s’efface dans le noir. Les nuits s’écoulent… Maintenant la lune se délite M’en laissant qu’une moitié; la nuit le veut ainsi. Reste encore, plus longtemps; ne pars pas si tôt, Je ne me sens pas prêt à être anéanti. Je lève la tête sans dire un mot, alors que les nuits passent. J’ai vu mon amour lunaire se dissoudre dans l’espace. My coeur, aussi, déchiré bout par bout… Enfin, elle était partie; partie, sans laisser de trace. Depuis, chaque nuit abonde de vide et de souffrance. Je supplie les étoiles d’apaiser le vide en moi… Mais ils se contenteraient de briller, indifférents… Même suite à tous mes appels, mes émois. Desormais je suis incertain sur le nombre de passages. Les nuits n’amenèrent que l’assaut des étoiles moqueuses. Cependant je joue des promesses celestes, Pour le retour de ma folle quête amoureuse. Je sais que c’est frivole de penser que je suis le seul… C’est vrai, ils languissent; ma souffrance est la leur. Mais c’est moi qui désire le plus ton fameux regard, Car nos coeurs ont chanté dans toutes les couleurs. Ma détresse à son zénith, emplis, presque brisé, Lorsque soudain j’entends une belle chanson, lointaine. Une chanson pareille à celle que l’on prononçât, Encore garnie d’argent translucide, je soupire avec peine…, “Te voilà....”
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Élégie VI. Nuit et jour, malgré moi, lorsque je suis **** d'elle, A ma pensée ardente un souvenir fidèle La ramène ; - il me semble ouïr sa douce voix Comme le chant lointain d'un oiseau ; je la vois Avec son collier d'or, avec sa robe blanche, Et sa ceinture bleue, et la fraîche pervenche De son chapeau de paille, et le sourire lin Qui découvre ses dents de perle, - telle enfin Que je la vis un soir dans ce bois de vieux ormes Qui couvrent le chemin de leurs ombres difformes ; Et je l'aime d'amour profond : car ce n'est pas Une femme au teint pâle, et mesurant ses pas Au regard nuagé de langueur, une Anglaise Morne comme le ciel de Londres, qui se plaise La tête sur sa main à rêver longuement, A lire Grandisson et Werther, non vraiment ; Mais une belle enfant inconstante et frivole, Qui ne rêve jamais ; une brune créole Aux grands sourcils arqués; aux longs yeux de velours Dont les regards furtifs vous poursuivent toujours ; A la taille élancée, à la gorge divine, Que sous les plis du lin la volupté devine.
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Je l'aime d'amour profond
Élégie VII. Cher ange, vous êtes belle A faire rêver d'amour, Pour une seule étincelle De votre vive prunelle, Le poète tout un jour. Air naïf de jeune fille, Front uni, veines d'azur, Douce haleine-de vanille, Bouche rosée où scintille Sur l'ivoire un rire pur ; Pied svelte et cambré, main blanche, Soyeuses boucles de jais, Col de cygne qui se penche, Flexible comme la branche Qu'au soir caresse un vent frais ; Vous avez, sur ma parole, Tout ce qu'il faut pour charmer ; Mais votre âme est si frivole, Mais votre tête est si folle Que l'on n'ose vous aimer.
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Cher ange, vous êtes belle
Le vent de l'autre nuit a jeté bas l'Amour Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc, Souriait en bandant malignement son arc, Et dont l'aspect nous fit tant songer tout un jour ! Le vent de l'autre nuit l'a jeté bas ! Le marbre Au souffle du matin tournoie, épars. C'est triste De voir le piédestal, où le nom de l'artiste Se lit péniblement parmi l'ombre d'un arbre, Oh ! c'est triste de voir debout le piédestal Tout seul ! Et des pensers mélancoliques vont Et viennent dans mon rêve où le chagrin profond Évoque un avenir solitaire et fatal. Oh ! c'est triste ! - Et toi-même, est-ce pas ! es touchée D'un si dolent tableau, bien que ton oeil frivole S'amuse au papillon de pourpre et d'or qui vole Au-dessus des débris dont l'allée est jonchée.
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L'amour par terre
L'imagination, reine, Tient ses ailes étendues, Mais la robe qu'elle traîne A des lourdeurs éperdues. Cependant que la Pensée, Papillon, s'envole et vole, Rose et noir clair, élancée Hors de la tête frivole. L'Imagination, sise En son trône, ce fier siège ! Assiste, comme indécise, À tout ce preste manège, Et le papillon fait rage, Monte et descend, plane et vire : On dirait dans un naufrage Des culbutes du navire. La reine pleure de joie Et de peine encore, à cause De son cœur qu'un chaud pleur noie, Et n'entend goutte à la chose. Psyché Deux pourtant se lasse. Son vol est la main plus lente Que cent tours de passe-passe Ont faite toute tremblante. Hélas, voici l'agonie ! Qui s'en fût formé l'idée ? Et tandis que, bon génie Plein d'une douceur lactée, La bestiole céleste S'en vient palpiter à terre, La Folle-du-Logis reste Dans sa gloire solitaire !
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Limbes
Ils me disent que tu me trompes. D'abord, qu'est-ce que ça leur fait ? Chère frivole, que tu rompes Un serment que tu n'as pas fait ? Ils me disent que t'es méchante Envers moi, - moi, qui suis si bon ! Toi méchante ! Qu'un autre chante Ce refrain très **** d'être bon Méchante, toi qui toujours m'offres Un sourire amusant toujours, Toi, ma reine, qui de tes coffres Me puise des trésors toujours. Ils me disent et croient bien dire, Ô toi que tu ne m'aimes pas ? Que m'importe, j'ai ton sourire, Et puis tu ne m'aimerais pas ? Tu ne m'aimes ? Et la grâce Et la force de ta beauté. Tu me les donnes, grande et grasse Et voluptueuse beauté. Tu ne m'aimes pas? Et quand même Ce serait vrai, qu'est-ce que fait ? « Si tu ne m'aimes pas, je t'aime. » - Mais tu m'aimes, dis, par le fait.
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Ils me disent que tu me trompes
Quoique tes sourcils méchants Te donnent un air étrange Qui n'est pas celui d'un ange, Sorcière aux yeux alléchants, Je t'adore, ô ma frivole, Ma terrible passion ! Avec la dévotion Du prêtre pour son idole. Le désert et la forêt Embaument tes tresses rudes, Ta tête a les attitudes De l'énigme et du secret. Sur ta chair le parfum rôde Comme autour d'un encensoir ; Tu charmes comme le soir, Nymphe ténébreuse et chaude. Ah ! les philtres les plus forts Ne valent pas ta paresse, Et tu connais la caresse Qui fait revivre les morts ! Tes hanches sont amoureuses De ton dos et de tes seins, Et tu ravis les coussins Par tes poses langoureuses. Quelquefois, pour apaiser Ta rage mystérieuse, Tu prodigues, sérieuse, La morsure et le baiser ; Tu me déchires, ma brune, Avec un rire moqueur, Et puis tu mets sur mon coeur Ton oeil doux comme la lune. Sous tes souliers de satin, Sous tes charmants pieds de soie, Moi, je mets ma grande joie, Mon génie et mon destin, Mon âme par toi guérie, Par toi, lumière et couleur ! Explosion de chaleur Dans ma noire Sibérie !
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Chanson d'après-midi
"Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" Dit Marguerite Duras Toi, mon HYDRE-MUSE, tu jouis Par l'oreille absolue et frivole Magnifiée Par la danse à contre-temps De la poésie pénétrante Du saxo et de la tumba Du coupé décalé et de l'azonto Entre violons et accordéons Qui fait voltiger sur tes hanches Toute la copelia complicada de ta libido. Je rentre sans hâte dans la mue de la couleuvre Et je te ceins la taille. Réinventons les croisés en cinquième position Du ballet classique de Noureev, Petipa et Balanchine Et à quatre pattes virevoltons dans le Bolchoi. Setenta y ocho : Je te tatoue le bas des reins D'un tatou boule qui exécute Des renversés arrière multicolores Dans les plus intimes sillons de ta peau. Cero : Verbum Sapientiae Principium Est ! De mon pinceau chatoyant je dessine Des pas de bourrée étourdissants Aux confins de tes cambrures Setenta y siete : Tu miaules des entrechats charnels Et tu tournoies comme un ventilateur Et tu me dis : viens, mon prince, Montre-moi tes ronds de jambes doubles Ochenta y quatro : je te prends par les orteils tout en te caressant l'oreille Et je te dis vas-y Cuarenta y cinco : Dombolo baroque dès que tu bouges tes fesses pour m'inviter à tes Messes de sabbat Très y media : Demi-pointe sur les tétons qui frémissent et qui clignent des yeux La peau de ton aréole gauche  danse la biguine Ton sein droit fait voltiger du jus de grenade Sesenta : Un deux trois cinq six sept Un seul fouetté Tu enchaînes les figures libres et académiques Passe après passe Tu plantes dans le taureau farceur tes aromates Et je crie Banco et tu me mordilles la paume de la main. Setenta complicada : J'aime notre gourmandise choreographee clitoridienne, anale, phallique et vaginale Cet appétit colossal de ballet épicé à la Merce Cunningham, Alvin Ailey et Martha Graham Qui nous prend entre deux morts de tous nos lacs des cygnes primaux Nous en sommes les danseurs étoiles les solistes les premiers danseurs les petits rats les chorégraphes et les maîtres de ballet À nous deux nous formons une troupe Réincarnée Et nous signons de nos plumes de chair notre martingale lubrique : Un deux trois... Cinq six sept Un deux trois... Cinq six sept Un deux trois... Cinq six sept
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Nov 1, 2019
Nov 1, 2019 at 3:31 AM UTC
Un deux trois ... Cinq six sept
"Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" Dit Marguerite Duras Toi, mon HYDRE-MUSE, tu jouis Par l'oreille absolue et frivole Magnifiée Par la danse à contre-temps De la poésie pénétrante Du saxo et de la tumba Du coupé décalé et de l'azonto Entre violons et accordéons Qui fait voltiger sur tes hanches Toute la copelia complicada de ta libido. Je rentre sans hâte dans la mue de la couleuvre Et je te ceins la taille. Réinventons les croisés en cinquième position Du ballet classique de Noureev, Petipa et Balanchine Et à quatre pattes virevoltons dans le Bolchoi. Setenta y ocho : Je te tatoue le bas des reins D'un tatou boule qui exécute Des renversés arrière multicolores Dans les plus intimes sillons de ta peau. Cero : Verbum Sapientiae Principium Est ! De mon pinceau chatoyant je dessine Des pas de bourrée étourdissants Aux confins de tes cambrures Setenta y siete : Tu miaules des entrechats charnels Et tu tournoies comme un ventilateur Et tu me dis : viens, mon prince, Montre-moi tes ronds de jambes doubles Ochenta y quatro : je te prends par les orteils tout en te caressant l'oreille Et je te dis vas-y Cuarenta y cinco : Dombolo baroque dès que tu bouges tes fesses pour m'inviter à tes Messes de sabbat Très y media : Demi-pointe sur les tétons qui frémissent et qui clignent des yeux La peau de ton aréole gauche  danse la biguine Ton sein droit fait voltiger du jus de grenade Sesenta : Un deux trois cinq six sept Un seul fouetté Tu enchaînes les figures libres et académiques Passe après passe Tu plantes dans le taureau farceur tes aromates Et je crie Banco et tu me mordilles la paume de la main. Setenta complicada : J'aime notre gourmandise choreographee clitoridienne, anale, phallique et vaginale Cet appétit colossal de ballet épicé à la Merce Cunningham, Alvin Ailey et Martha Graham Qui nous prend entre deux morts de tous nos lacs des cygnes primaux Nous en sommes les danseurs étoiles les solistes les premiers danseurs les petits rats les chorégraphes et les maîtres de ballet À nous deux nous formons une troupe Réincarnée Et nous signons de nos plumes de chair notre martingale lubrique : Un deux trois... Cinq six sept Un deux trois... Cinq six sept Un deux trois... Cinq six sept
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Tombez, larmes silencieuses, Sur une terre sans pitié ; Non plus entre des mains pieuses, Ni sur le sein de l'amitié ! Tombez comme une aride pluie Qui rejaillit sur le rocher, Que nul rayon du ciel n'essuie, Que nul souffle ne vient sécher. Qu'importe à ces hommes mes frères Le coeur brisé d'un malheureux ? Trop au-dessus de mes misères, Mon infortune est si **** d'eux ! Jamais sans doute aucunes larmes N'obscurciront pour eux le ciel ; Leur avenir n'a point d'alarmes, Leur coupe n'aura point de fiel. Jamais cette foule frivole Qui passe en riant devant moi N'aura besoin qu'une parole Lui dise: " Je pleure avec toi ! " Eh bien ! ne cherchons plus sans cesse La vaine pitié des humains ; Nourrissons-nous de ma tristesse, Et cachons mon front dans mes mains. À l'heure où l'âme solitaire S'enveloppe d'un crêpe noir, Et n'attend plus rien de la terre, Veuve de son dernier espoir ; Lorsque l'amitié qui l'oublie Se détourne de son chemin, Que son dernier bâton, qui plie, Se brise et déchire sa main ; Quand l'homme faible, et qui redoute La contagion du malheur, Nous laisse seul sur notre route Face à face avec la douleur ; Quand l'avenir n'a plus de charmes Qui fassent désirer demain, Et que l'amertume des larmes Est le seul goût de notre pain ; C'est alors que ta voix s'élève Dans le silence de mon coeur, Et que ta main, mon Dieu ! soulève Le poids glacé de ma douleur. On sent que ta tendre parole À d'autres ne peut se mêler, Seigneur ! et qu'elle ne console Que ceux qu'on n'a pu consoler. Ton bras céleste nous attire Comme un ami contre son coeur, Le monde, qui nous voit sourire, Se dit : " D'où leur vient ce bonheur ? " Et l'âme se fond en prière Et s'entretient avec les cieux, Et les larmes de la paupière Sèchent d'elles-même à nos yeux, Comme un rayon d'hiver essuie, Sur la branche ou sur le rocher, La dernière goutte de pluie Qu'aucune ombre n'a pu sécher.
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Une larme
Tombez, larmes silencieuses, Sur une terre sans pitié ; Non plus entre des mains pieuses, Ni sur le sein de l'amitié ! Tombez comme une aride pluie Qui rejaillit sur le rocher, Que nul rayon du ciel n'essuie, Que nul souffle ne vient sécher. Qu'importe à ces hommes mes frères Le coeur brisé d'un malheureux ? Trop au-dessus de mes misères, Mon infortune est si **** d'eux ! Jamais sans doute aucunes larmes N'obscurciront pour eux le ciel ; Leur avenir n'a point d'alarmes, Leur coupe n'aura point de fiel. Jamais cette foule frivole Qui passe en riant devant moi N'aura besoin qu'une parole Lui dise: " Je pleure avec toi ! " Eh bien ! ne cherchons plus sans cesse La vaine pitié des humains ; Nourrissons-nous de ma tristesse, Et cachons mon front dans mes mains. À l'heure où l'âme solitaire S'enveloppe d'un crêpe noir, Et n'attend plus rien de la terre, Veuve de son dernier espoir ; Lorsque l'amitié qui l'oublie Se détourne de son chemin, Que son dernier bâton, qui plie, Se brise et déchire sa main ; Quand l'homme faible, et qui redoute La contagion du malheur, Nous laisse seul sur notre route Face à face avec la douleur ; Quand l'avenir n'a plus de charmes Qui fassent désirer demain, Et que l'amertume des larmes Est le seul goût de notre pain ; C'est alors que ta voix s'élève Dans le silence de mon coeur, Et que ta main, mon Dieu ! soulève Le poids glacé de ma douleur. On sent que ta tendre parole À d'autres ne peut se mêler, Seigneur ! et qu'elle ne console Que ceux qu'on n'a pu consoler. Ton bras céleste nous attire Comme un ami contre son coeur, Le monde, qui nous voit sourire, Se dit : " D'où leur vient ce bonheur ? " Et l'âme se fond en prière Et s'entretient avec les cieux, Et les larmes de la paupière Sèchent d'elles-même à nos yeux, Comme un rayon d'hiver essuie, Sur la branche ou sur le rocher, La dernière goutte de pluie Qu'aucune ombre n'a pu sécher.
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On vénère à Tolède une image de Vierge, Devant qui toujours tremble une lueur de cierge ; Poupée étincelante en robe de brocart, Comme si l'or était plus précieux que l'art ! Et sur cette statue on raconte une histoire Qu'un enfant de six mois refuserait de croire, Mais que doit accepter comme une vérité Tout poète amoureux de la sainte beauté. Quand la Reine des cieux au grand saint Ildefonse, Pour le récompenser de la grande réponse, Quittant sa tour d'ivoire au paradis vermeil, Apporta la chasuble en toile de soleil, Par curiosité, par caprice de femme, Elle alla regarder la belle Notre-Dame, Ouvrage merveilleux dans l'Espagne cité, Rêve d'ange amoureux, à deux genoux sculpté, Et devant ce portrait resta toute pensive Dans un ravissement de surprise naïve. Elle examina tout : - le marbre précieux ; Le travail patient, chaste et minutieux ; La jupe raide d'or comme une dalmatique ; Le corps mince et fluet dans sa grâce gothique ; Le regard virginal tout baigné de langueur, Et le petit Jésus endormi sur son cœur. Elle se reconnut et se trouva si belle, Qu'entourant de ses bras la sculpture fidèle, Elle mit, au moment de remonter aux cieux, Au front de son image un baiser radieux. Ah ! que de tels récits, dont la raison s'étonne Dans ce siècle trop clair pour que rien y rayonne, Au temps de poésie où chacun y croyait, Devaient calmer le cœur de l'artiste inquiet ! Faire admirer au ciel l'ouvrage de la terre, Cet espoir étoilait l'atelier solitaire, Et le ciseau pieux longtemps avec amour Pour le baiser divin caressait le contour. Si la Vierge, à Paris, avec son auréole, Sur les autels païens de notre âge frivole Descendait et venait visiter son portrait, Croyez-vous, ô sculpteurs, qu'elle s'embrasserait ?
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La Vierge de Tolède
On vénère à Tolède une image de Vierge, Devant qui toujours tremble une lueur de cierge ; Poupée étincelante en robe de brocart, Comme si l'or était plus précieux que l'art ! Et sur cette statue on raconte une histoire Qu'un enfant de six mois refuserait de croire, Mais que doit accepter comme une vérité Tout poète amoureux de la sainte beauté. Quand la Reine des cieux au grand saint Ildefonse, Pour le récompenser de la grande réponse, Quittant sa tour d'ivoire au paradis vermeil, Apporta la chasuble en toile de soleil, Par curiosité, par caprice de femme, Elle alla regarder la belle Notre-Dame, Ouvrage merveilleux dans l'Espagne cité, Rêve d'ange amoureux, à deux genoux sculpté, Et devant ce portrait resta toute pensive Dans un ravissement de surprise naïve. Elle examina tout : - le marbre précieux ; Le travail patient, chaste et minutieux ; La jupe raide d'or comme une dalmatique ; Le corps mince et fluet dans sa grâce gothique ; Le regard virginal tout baigné de langueur, Et le petit Jésus endormi sur son cœur. Elle se reconnut et se trouva si belle, Qu'entourant de ses bras la sculpture fidèle, Elle mit, au moment de remonter aux cieux, Au front de son image un baiser radieux. Ah ! que de tels récits, dont la raison s'étonne Dans ce siècle trop clair pour que rien y rayonne, Au temps de poésie où chacun y croyait, Devaient calmer le cœur de l'artiste inquiet ! Faire admirer au ciel l'ouvrage de la terre, Cet espoir étoilait l'atelier solitaire, Et le ciseau pieux longtemps avec amour Pour le baiser divin caressait le contour. Si la Vierge, à Paris, avec son auréole, Sur les autels païens de notre âge frivole Descendait et venait visiter son portrait, Croyez-vous, ô sculpteurs, qu'elle s'embrasserait ?
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Souvent, à la clarté rouge d'un réverbère Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre, Au coeur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux Où l'humanité grouille en ferments orageux, On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête Butant, et se cognant aux murs comme un poète, Et sans prendre souci des mouchards, ses sujets, Épanche tout son coeur en glorieux projets. Il prête des serments, dicte des lois sublimes, Terrasse les méchants, relève les victimes, Et sous le firmament comme un dais suspendu S'enivre des splendeurs de sa propre vertu. Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage, Moulus par le travail et tourmentés par l'âge, Éreintés et pliant sous un tas de débris, Vomissement confus de l'énorme Paris, Reviennent, parfumés d'une odeur de futailles, Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux. Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux Se dressent devant eux, solennelle magie ! Et dans l'étourdissante et lumineuse orgie Des clairons, du soleil, des cris et du tambour, Ils apportent la gloire au peuple ivre d'amour ! C'est ainsi qu'à travers l'Humanité frivole Le vin roule de l'or, éblouissant Pactole ; Par le gosier de l'homme il chante ses exploits Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois. Pour noyer la rancoeur et bercer l'indolence De tous ces vieux maudits qui meurent en silence, Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ; L'Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil !
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Le vin des chiffonniers
Souvent, à la clarté rouge d'un réverbère Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre, Au coeur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux Où l'humanité grouille en ferments orageux, On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête Butant, et se cognant aux murs comme un poète, Et sans prendre souci des mouchards, ses sujets, Épanche tout son coeur en glorieux projets. Il prête des serments, dicte des lois sublimes, Terrasse les méchants, relève les victimes, Et sous le firmament comme un dais suspendu S'enivre des splendeurs de sa propre vertu. Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage, Moulus par le travail et tourmentés par l'âge, Éreintés et pliant sous un tas de débris, Vomissement confus de l'énorme Paris, Reviennent, parfumés d'une odeur de futailles, Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux. Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux Se dressent devant eux, solennelle magie ! Et dans l'étourdissante et lumineuse orgie Des clairons, du soleil, des cris et du tambour, Ils apportent la gloire au peuple ivre d'amour ! C'est ainsi qu'à travers l'Humanité frivole Le vin roule de l'or, éblouissant Pactole ; Par le gosier de l'homme il chante ses exploits Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois. Pour noyer la rancoeur et bercer l'indolence De tous ces vieux maudits qui meurent en silence, Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ; L'Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil !
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Avec les yeux d'une tête de mort Que la lune encore décharne, Tout mon passé, disons tout mon remords, Ricane à travers ma lucarne. Avec la voix d'un vieillard très cassé, Comme l'on n'en voit qu'au théâtre, Tout mon remords, disons tout mon passé, Fredonne un tralala folâtre. Avec les doigts d'un pendu déjà vert Le drôle agace une guitare Et danse sur l'avenir grand ouvert D'un air d'élasticité rare. " Vieux turlupin, je n'aime pas cela ; Tais ces chants et cesse ces danses. " Il me répond avec la voix qu'il a : " C'est moins farce que tu ne penses, " Et quant au soin frivole, ô doux morveux, De te plaire ou de te déplaire, Je m'en soucie au point que, si tu veux, Tu peux t'aller faire lanlaire ! "
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Un pouacre
Je lisais Platon. - J'ouvris La porte de ma retraite, Et j'aperçus Lycoris C'est-à-dire Turlurette. Je n'avais pas dit encor Un seul mot à cette belle. Sous un vague plafond d'or Mes rêves battaient de l'aile. La belle, en jupon gris-clair, Montait l'escalier sonore ; Ses frais yeux bleus avaient l'air De revenir de l'aurore. Elle chantait un couplet D'une chanson de la rue Qui dans sa bouche semblait Une lumière apparue. Son front éclipsa Platon. Ô front céleste et frivole ! Un ruban sous son menton Rattachait son auréole. Elle avait l'accent qui plaît, Un foulard pour cachemire, Dans sa main son *** au lait, Des flammes dans son sourire. Et je lui dis (le Phédon Donne tant de hardiesse !) : - Mademoiselle, pardon, Ne seriez-vous pas déesse ?
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Interruption à une lecture de Platon
** l'ami que je ne connais pas. Le dieu des arts, le dieu des vers A souvent consolé ma peine ; Entre Voltaire et La Fontaine, Oui, j'oubliai plus d'un revers. Oui, grâce aux fruits de ma retraite, Mon nom est encor répété Au doux pays que je regrette, Et dont je me sais regretté. Charmez ainsi votre souffrance, Compagnon d'exil et d'honneur, Noble ami qu'un heureux malheur M'a fait trouver **** de la France. Ne soyez dans l'adversité Ni fier, ni faible, ni frivole ; Et que l'étude vous console D'un supplice non mérité. Puis disons, en pesant nos chaînes : Dieu nous éprouve ; ainsi soit-il. Celui qui tonne sur les chênes Peut bien grêler sur le persil. Ainsi font les rois de la terre, Et tout va bien. Bon roi des cieux ! Tout n'irait-il pas encor mieux S'ils avaient fait tout le contraire ? Écrit à La Haye, en 1818.
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Le dieu des arts, le dieu des vers