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"fange" poems
Si d'un mort qui pourri repose Nature engendre quelque chose, Et si la generation Se fait de la corruption, Une vigne prendra naissance De l'estomac et de la pance Du bon Rabelais, qui boivoit Tousjours ce pendant qu'il vivoit La fosse de sa grande gueule Eust plus beu de vin toute seule (L'epuisant du nez en deus cous) Qu'un porc ne hume de lait dous, Qu'Iris de fleuves, ne qu'encore De vagues le rivage more. Jamais le Soleil ne l'a veu s Tant fût-il matin, qu'il n'eut beu, Et jamais au soir la nuit noire Tant fut **** ne l'a veu sans boire. Car, alteré, sans nul sejour Le gallant boivoit nuit et jour. Mais quand l'ardante Canicule Ramenoit la saison qui brule, Demi-nus se troussoit les bras, Et se couchoit tout plat à bas Sur la jonchée, entre les taces : Et parmi des escuelles grasses Sans nulle honte se touillant, Alloit dans le vin barbouillant Comme une grenouille en sa fange Puis ivre chantoit la louange De son ami le bon Bacus, Comme sous lui furent vaincus Les Thebains, et comme sa mere Trop chaudement receut son pere, Qui en lieu de faire cela Las ! toute vive la brula. Il chantoit la grande massue, Et la jument de Gargantüe, Son fils Panurge, et les païs Des Papimanes ébaïs : Et chantoit les Iles Hieres Et frere Jan des autonnieres, Et d'Episteme les combas : Mais la mort qui ne boivoit pas Tira le beuveur de ce monde, Et ores le fait boire en l'onde Qui fuit trouble dans le giron Du large fleuve d'Acheron. Or toi quiconques sois qui passes Sur sa fosse repen des taces, Repen du bril, et des flacons, Des cervelas et des jambons, Car si encor dessous la lame Quelque sentiment a son ame, Il les aime mieux que les Lis, Tant soient ils fraichement cueillis.
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Epitaphe de François Rabelais
Si d'un mort qui pourri repose Nature engendre quelque chose, Et si la generation Se fait de la corruption, Une vigne prendra naissance De l'estomac et de la pance Du bon Rabelais, qui boivoit Tousjours ce pendant qu'il vivoit La fosse de sa grande gueule Eust plus beu de vin toute seule (L'epuisant du nez en deus cous) Qu'un porc ne hume de lait dous, Qu'Iris de fleuves, ne qu'encore De vagues le rivage more. Jamais le Soleil ne l'a veu s Tant fût-il matin, qu'il n'eut beu, Et jamais au soir la nuit noire Tant fut **** ne l'a veu sans boire. Car, alteré, sans nul sejour Le gallant boivoit nuit et jour. Mais quand l'ardante Canicule Ramenoit la saison qui brule, Demi-nus se troussoit les bras, Et se couchoit tout plat à bas Sur la jonchée, entre les taces : Et parmi des escuelles grasses Sans nulle honte se touillant, Alloit dans le vin barbouillant Comme une grenouille en sa fange Puis ivre chantoit la louange De son ami le bon Bacus, Comme sous lui furent vaincus Les Thebains, et comme sa mere Trop chaudement receut son pere, Qui en lieu de faire cela Las ! toute vive la brula. Il chantoit la grande massue, Et la jument de Gargantüe, Son fils Panurge, et les païs Des Papimanes ébaïs : Et chantoit les Iles Hieres Et frere Jan des autonnieres, Et d'Episteme les combas : Mais la mort qui ne boivoit pas Tira le beuveur de ce monde, Et ores le fait boire en l'onde Qui fuit trouble dans le giron Du large fleuve d'Acheron. Or toi quiconques sois qui passes Sur sa fosse repen des taces, Repen du bril, et des flacons, Des cervelas et des jambons, Car si encor dessous la lame Quelque sentiment a son ame, Il les aime mieux que les Lis, Tant soient ils fraichement cueillis.
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Psyché dans ma chambre est entrée, Et j'ai dit à ce papillon : - « Nomme-moi la chose sacrée. « Est-ce l'ombre ? est-ce le rayon ? « Est-ce la musique des lyres ? « Est-ce le parfum de la fleur ? « Quel est entre tous les délires « Celui qui fait l'homme meilleur ? « Quel est l'encens ? quelle est la flamme ? « Et l'organe de l'avatar, « Et pour les souffrants le dictame, « Et pour les heureux le nectar ? « Enseigne-moi ce qui fait vivre, « Ce qui fait que l'oeil brille et voit ! « Enseigne-moi l'endroit du livre « Où Dieu pensif pose son doigt. « Qu'est-ce qu'en sortant de l'Érèbe « Dante a trouvé de plus complet ? « Quel est le mot des sphinx de Thèbe « Et des ramiers du Paraclet ? « Quelle est la chose, humble et superbe, « Faite de matière et d'éther, « Où Dieu met le plus de son verbe « Et l'homme le plus de sa chair ? « Quel est le pont que l'esprit montre, « La route de la fange au ciel, « Où Vénus Astarté rencontre « À mi-chemin Ithuriel ? « Quelle est la clef splendide et sombre, « Comme aux élus chère aux maudits, « Avec laquelle on ferme l'ombre « Et l'on ouvre le paradis ? « Qu'est-ce qu'Orphée et Zoroastre, « Et Christ que Jean vint suppléer, « En mêlant la rose avec l'astre, « Auraient voulu pouvoir créer ? « Puisque tu viens d'en haut, déesse, « Ange, peut-être le sais-tu ? « Ô Psyché ! quelle est la sagesse ? « Ô Psyché ! quelle est la vertu ? « Qu'est-ce que, pour l'homme et la terre, « L'infini sombre a fait de mieux ? « Quel est le chef-d'oeuvre du père ? « Quel est le grand éclair des cieux ? » Posant sur mon front, sous la nue, Ses ailes qu'on ne peut briser, Entre lesquelles elle est nue, Psyché m'a dit : C'est le baiser.
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Psyché
Psyché dans ma chambre est entrée, Et j'ai dit à ce papillon : - « Nomme-moi la chose sacrée. « Est-ce l'ombre ? est-ce le rayon ? « Est-ce la musique des lyres ? « Est-ce le parfum de la fleur ? « Quel est entre tous les délires « Celui qui fait l'homme meilleur ? « Quel est l'encens ? quelle est la flamme ? « Et l'organe de l'avatar, « Et pour les souffrants le dictame, « Et pour les heureux le nectar ? « Enseigne-moi ce qui fait vivre, « Ce qui fait que l'oeil brille et voit ! « Enseigne-moi l'endroit du livre « Où Dieu pensif pose son doigt. « Qu'est-ce qu'en sortant de l'Érèbe « Dante a trouvé de plus complet ? « Quel est le mot des sphinx de Thèbe « Et des ramiers du Paraclet ? « Quelle est la chose, humble et superbe, « Faite de matière et d'éther, « Où Dieu met le plus de son verbe « Et l'homme le plus de sa chair ? « Quel est le pont que l'esprit montre, « La route de la fange au ciel, « Où Vénus Astarté rencontre « À mi-chemin Ithuriel ? « Quelle est la clef splendide et sombre, « Comme aux élus chère aux maudits, « Avec laquelle on ferme l'ombre « Et l'on ouvre le paradis ? « Qu'est-ce qu'Orphée et Zoroastre, « Et Christ que Jean vint suppléer, « En mêlant la rose avec l'astre, « Auraient voulu pouvoir créer ? « Puisque tu viens d'en haut, déesse, « Ange, peut-être le sais-tu ? « Ô Psyché ! quelle est la sagesse ? « Ô Psyché ! quelle est la vertu ? « Qu'est-ce que, pour l'homme et la terre, « L'infini sombre a fait de mieux ? « Quel est le chef-d'oeuvre du père ? « Quel est le grand éclair des cieux ? » Posant sur mon front, sous la nue, Ses ailes qu'on ne peut briser, Entre lesquelles elle est nue, Psyché m'a dit : C'est le baiser.
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I. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux. Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures, Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels, Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels. Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ; C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse, Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau. Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange, Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau, Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange, Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau ! Aimez l'antique amour du règne de Saturne, Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché, Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne, Un baiser invisible aux lèvres de Psyché ! Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme, Lui dont la caravane humaine allait rêvant, Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme, Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent. Il revient ; le voici : son aurore éternelle A frémi comme un monde au ventre de la nuit, C'est le commencement des rumeurs de son aile ; Il veille sur le sage, et la vierge le suit. Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes, C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois, C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits. Il palpite toujours sous les tentes de toile, Au fond de tous les cris et de tous les secrets ; C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ; L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts. La source le pleurait, car il sera la mousse, Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit, Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce Qui fera reculer toute ombre et toute nuit. Le voici qui retourne à nous, son règne est proche, Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez ! Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche, Amour dans les déserts, amour dans les cités ! Amour sur l'Océan, amour sur les collines ! Amour dans les grands lys qui montent des vallons ! Amour dans la parole et les brises câlines ! Amour dans la prière et sur les violons ! Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres ! Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts ! Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres ! Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix ! Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles ! Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux ! Amour dans les couvents : anges, battez des ailes ! Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous ! II. Mais adorez l'Amour terrible qui demeure Dans l'éblouissement des futures Sions, Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
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L'Amour de l'Amour
I. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux. Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures, Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels, Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels. Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ; C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse, Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau. Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange, Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau, Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange, Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau ! Aimez l'antique amour du règne de Saturne, Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché, Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne, Un baiser invisible aux lèvres de Psyché ! Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme, Lui dont la caravane humaine allait rêvant, Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme, Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent. Il revient ; le voici : son aurore éternelle A frémi comme un monde au ventre de la nuit, C'est le commencement des rumeurs de son aile ; Il veille sur le sage, et la vierge le suit. Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes, C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois, C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits. Il palpite toujours sous les tentes de toile, Au fond de tous les cris et de tous les secrets ; C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ; L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts. La source le pleurait, car il sera la mousse, Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit, Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce Qui fera reculer toute ombre et toute nuit. Le voici qui retourne à nous, son règne est proche, Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez ! Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche, Amour dans les déserts, amour dans les cités ! Amour sur l'Océan, amour sur les collines ! Amour dans les grands lys qui montent des vallons ! Amour dans la parole et les brises câlines ! Amour dans la prière et sur les violons ! Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres ! Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts ! Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres ! Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix ! Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles ! Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux ! Amour dans les couvents : anges, battez des ailes ! Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous ! II. Mais adorez l'Amour terrible qui demeure Dans l'éblouissement des futures Sions, Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
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Lyset på nattbordet kaster lystige skygger utover rommet de leker sammen i en yndig vals oppettet veggen. Lyset slukkes og skyggene forsvinner men valsen pågår enda en absurd vals som fyller tankene mine en yndig vals en vakker vals som dra meg med. Jeg klarer ikke slippe taket . Raskere og raksere går valsen, helt til jeg ikke lenger klarer å holde taket å den den kaster seg utover prøver frebrilsk å fange virkeligheten, men plutslig så er valsen borte og alt som er igjen er meg
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May 31, 2013
May 31, 2013 at 8:54 PM UTC
Nattbordsvals
"Nilus nil " a écrit Hérodote Sans le Nil l'Egypte n 'est rien. Mais même si je ne suis pas pharaon Porté par un éléphant de guerre Escorté de chattes et d'ichneumons Feulant tels des sphinx dans la fange Je bois aux eaux noires d'Isis Je bois aux sept bras de son delta Je bois son ***** chaude Je bois son or baptismal Je me tatoue de ses crues tumultueuses Je suis ivre de ses dix-huit coudées et dix-huit doigts Je ne suis rien sans ses eaux noires, ses méandres Qui grossissent au solstice d'été Et alors pendant cent jours Je m'abreuve de ses eaux tortueuses Et je m'épanche de toutes ses embouchures Je bois aux sept pis du ventre de la vache Longs de plusieurs milliers d'orgyes égyptiennes. Je tète jusqu'à plus soif Je tète sa bouche pélusienne Je tète sa bouche tanitique Je tète sa bouche mandésienne Je tète sa bouche phanitique Je tète sa bouche sébennytique Je tète sa bouche bolbitine Je tète sa bouche canopique Je suis Thoutmôsis réincarné Et je sculpte mes savons d'humus. Onctueux comme crème Sensuels comme parfum Je taille dans la boue le buste de Néfertiti Je sculpte la fille de Typhaïa la Jouisseuse La chienne en rut du harem Je sculpte la catin du Nil La fille lascive du Aulète, La fille nue des Lagides Je sculpte Isis et ses ailes déployées, Je sculpte Aphrodite Anadycmène Je sculpte Cléopatre la Septième Je sculpte, je taille, je moule, je peins Et ce faisant je frotte le dos de Palmolive De ma muse qui m'abreuve En fredonnant un cantique antique De l'eau de son bain de mousse nilotique.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:48 AM UTC
Je ne suis rien sans ses eaux noires
"Nilus nil " a écrit Hérodote Sans le Nil l'Egypte n 'est rien. Mais même si je ne suis pas pharaon Porté par un éléphant de guerre Escorté de chattes et d'ichneumons Feulant tels des sphinx dans la fange Je bois aux eaux noires d'Isis Je bois aux sept bras de son delta Je bois son ***** chaude Je bois son or baptismal Je me tatoue de ses crues tumultueuses Je suis ivre de ses dix-huit coudées et dix-huit doigts Je ne suis rien sans ses eaux noires, ses méandres Qui grossissent au solstice d'été Et alors pendant cent jours Je m'abreuve de ses eaux tortueuses Et je m'épanche de toutes ses embouchures Je bois aux sept pis du ventre de la vache Longs de plusieurs milliers d'orgyes égyptiennes. Je tète jusqu'à plus soif Je tète sa bouche pélusienne Je tète sa bouche tanitique Je tète sa bouche mandésienne Je tète sa bouche phanitique Je tète sa bouche sébennytique Je tète sa bouche bolbitine Je tète sa bouche canopique Je suis Thoutmôsis réincarné Et je sculpte mes savons d'humus. Onctueux comme crème Sensuels comme parfum Je taille dans la boue le buste de Néfertiti Je sculpte la fille de Typhaïa la Jouisseuse La chienne en rut du harem Je sculpte la catin du Nil La fille lascive du Aulète, La fille nue des Lagides Je sculpte Isis et ses ailes déployées, Je sculpte Aphrodite Anadycmène Je sculpte Cléopatre la Septième Je sculpte, je taille, je moule, je peins Et ce faisant je frotte le dos de Palmolive De ma muse qui m'abreuve En fredonnant un cantique antique De l'eau de son bain de mousse nilotique.
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ich jage meinen gedanken hinterher, und erkenne mich selbst manchmal nicht mehr. es scheint so, als würde sich alles um mich drehen, irgendwie ist es so als würde ich die welt nicht mehr verstehen. was ich mache scheint falsch zu sein, innerlich fange ich langsam an zu schreien. weiß nicht was ich tue und liege im zimmer, ich fühle mich so als wäre das ein gewitter. alles scheint so als würde es nicht vergehen, ich bin in meinem kopf angelangt und merke ich bleibe stehen. alles um mich verändert sich, und alle anderen lassen mich plötzlich im stich.
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Nov 24, 2018
Nov 24, 2018 at 7:25 PM UTC
gedanken
Fable IV, Livre II. Dans l'Olympe on s'ennuie. - Y pensez-vous, grands Dieux ! - Oui, Messieurs ; oui, j'y pense, et je veux le redire : Dans l'Olympe on s'ennuie, ainsi qu'en d'autres lieux Qui souffrent peu le mot pour rire. Dieux d'en-haut, Dieux d'en-bas, vous jetez quelquefois Des regards envieux sur la fange où nous sommes. Il est beau d'être dieux, il est bon d'être rois ; Mais il est doux parfois d'être hommes. Jupiter le pensait ainsi ; Un soir, libre de tout souci, Voulant se divertir sans user son tonnerre, Or ça, dit-il aux Dieux, amusons-nous ici Comme on s'amuse sur la terre. Momus, un jeu bien *** ! - Bien *** ! dit l'égrillard, Qui des jeux dans sa tête a tout le répertoire ; Jouons un jeu d'enfants ; si vous voulez m'en croire, Nous ferons un Colin-Maillard. En quatre mois, il fait connaître Le jeu terrestre à la céleste cour ; Comment on prend, comment on est pris tour à tour. Junon prête un mouchoir : c'est au plus jeune à l'être ; Le plus jeune c'était l'Amour, L'enfant, qui déjà n'y voit goutte, Un bandeau de plus sur les yeux, Va d'un côté, de l'autre ; et les éclats joyeux De l'Olympe étonné font retentir la voûte. Les Dieux, qui riaient fort, comptaient rire encor plus, Quand notre espiègle eut mis la main sur la Justice. Cet autre aveugle au jeu n'entendra pas malice ; Elle est là pour longtemps disait surtout Momus. Il se trompait. Elle entre en lice, Et, dès le premier pas, elle attrapa Plutus. Celui-là devait-il s'attendre À jamais sortir d'embarras ? Il est quelque peu lourd Venus, tu m'apprendras Comment il a fait pour te prendre.
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Les dieux jouant au colin-maillard
Fable IV, Livre II. Dans l'Olympe on s'ennuie. - Y pensez-vous, grands Dieux ! - Oui, Messieurs ; oui, j'y pense, et je veux le redire : Dans l'Olympe on s'ennuie, ainsi qu'en d'autres lieux Qui souffrent peu le mot pour rire. Dieux d'en-haut, Dieux d'en-bas, vous jetez quelquefois Des regards envieux sur la fange où nous sommes. Il est beau d'être dieux, il est bon d'être rois ; Mais il est doux parfois d'être hommes. Jupiter le pensait ainsi ; Un soir, libre de tout souci, Voulant se divertir sans user son tonnerre, Or ça, dit-il aux Dieux, amusons-nous ici Comme on s'amuse sur la terre. Momus, un jeu bien *** ! - Bien *** ! dit l'égrillard, Qui des jeux dans sa tête a tout le répertoire ; Jouons un jeu d'enfants ; si vous voulez m'en croire, Nous ferons un Colin-Maillard. En quatre mois, il fait connaître Le jeu terrestre à la céleste cour ; Comment on prend, comment on est pris tour à tour. Junon prête un mouchoir : c'est au plus jeune à l'être ; Le plus jeune c'était l'Amour, L'enfant, qui déjà n'y voit goutte, Un bandeau de plus sur les yeux, Va d'un côté, de l'autre ; et les éclats joyeux De l'Olympe étonné font retentir la voûte. Les Dieux, qui riaient fort, comptaient rire encor plus, Quand notre espiègle eut mis la main sur la Justice. Cet autre aveugle au jeu n'entendra pas malice ; Elle est là pour longtemps disait surtout Momus. Il se trompait. Elle entre en lice, Et, dès le premier pas, elle attrapa Plutus. Celui-là devait-il s'attendre À jamais sortir d'embarras ? Il est quelque peu lourd Venus, tu m'apprendras Comment il a fait pour te prendre.
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Le toit s'égaie et rit. ANDRÉ CHÉNIER. Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, Se dérident soudain à voir l'enfant paraître, Innocent et joyeux. Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre Les chaises se toucher, Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire. On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère Tremble à le voir marcher. Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme, De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme Qui s'élève en priant ; L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie Et les poètes saints ! la grave causerie S'arrête en souriant. La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure, L'onde entre les roseaux, Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare, Sa clarté dans les champs éveille une fanfare De cloches et d'oiseaux. Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine Quand vous la respirez ; Mon âme est la forêt dont les sombres ramures S'emplissent pour vous seul de suaves murmures Et de rayons dorés ! Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies, Car vos petites mains, joyeuses et bénies, N'ont point mal fait encor ; Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange, Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange À l'auréole d'or ! Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche. Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche. Vos ailes sont d'azur. Sans le comprendre encor vous regardez le monde. Double virginité ! corps où rien n'est immonde, Âme où rien n'est impur ! Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire, Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, Ses pleurs vite apaisés, Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers ! Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime, Frères, parents, amis, et mes ennemis même Dans le mal triomphants, De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles, La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles, La maison sans enfants ! Mai 1830.
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Lorsque l'enfant paraît
Le toit s'égaie et rit. ANDRÉ CHÉNIER. Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, Se dérident soudain à voir l'enfant paraître, Innocent et joyeux. Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre Les chaises se toucher, Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire. On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère Tremble à le voir marcher. Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme, De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme Qui s'élève en priant ; L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie Et les poètes saints ! la grave causerie S'arrête en souriant. La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure, L'onde entre les roseaux, Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare, Sa clarté dans les champs éveille une fanfare De cloches et d'oiseaux. Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine Quand vous la respirez ; Mon âme est la forêt dont les sombres ramures S'emplissent pour vous seul de suaves murmures Et de rayons dorés ! Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies, Car vos petites mains, joyeuses et bénies, N'ont point mal fait encor ; Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange, Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange À l'auréole d'or ! Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche. Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche. Vos ailes sont d'azur. Sans le comprendre encor vous regardez le monde. Double virginité ! corps où rien n'est immonde, Âme où rien n'est impur ! Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire, Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, Ses pleurs vite apaisés, Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers ! Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime, Frères, parents, amis, et mes ennemis même Dans le mal triomphants, De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles, La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles, La maison sans enfants ! Mai 1830.
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Plus criminel que Barrabas Cornu comme les mauvais anges Quel Belzébuth es-tu là-bas Nourri d'immondice et de fange Nous n'irons pas à tes sabbats Poisson pourri de Salonique Long collier des sommeils affreux D'yeux arrachés à coup de pique Ta mère fit un pet foireux Et tu naquis de sa colique Bourreau de Podolie Amant Des plaies des ulcères des croûtes Groin de cochon cul de jument Tes richesses garde-les toutes Pour payer tes médicaments.
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Réponse des Cosaques Zaporogues
nogle gange ser det ud som om regnen kun falder under gadelygterne, men den falder alle vegne på samme måde som man kan fange folk midt i en stråle af glæde og have svært ved at forestille sig at der kunne være nogle mørke sider af deres liv overhovedet
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May 13, 2017
May 13, 2017 at 5:57 AM UTC
Untitled
Voici le soir charmant, ami du criminel ; Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel Se ferme lentement comme une grande alcôve, Et l'homme impatient se change en bête fauve. Ô soir, aimable soir, désiré par celui Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, Le savant obstiné dont le front s'alourdit, Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit. Cependant des démons malsains dans l'atmosphère S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire, Et cognent en volant les volets et l'auvent. À travers les lueurs que tourmente le vent La Prostitution s'allume dans les rues ; Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ; Partout elle se fraye un occulte chemin, Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ; Elle remue au sein de la cité de fange Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange. On entend çà et là les cuisines siffler, Les théâtres glapir, les orchestres ronfler ; Les tables d'hôte, dont le jeu fait les délices, S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices, Et les voleurs, qui n'ont ni trêve ni merci, Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi, Et forcer doucement les portes et les caisses Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses. Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment, Et ferme ton oreille à ce rugissement. C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent ! La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent Leur destinée et vont vers le gouffre commun ; L'hôpital se remplit de leurs soupirs. - Plus d'un Ne viendra plus chercher la soupe parfumée, Au coin du feu, le soir, auprès d'une âme aimée. Encore la plupart n'ont-ils jamais connu La douceur du foyer et n'ont jamais vécu !
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Le crépuscule du soir
Voici le soir charmant, ami du criminel ; Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel Se ferme lentement comme une grande alcôve, Et l'homme impatient se change en bête fauve. Ô soir, aimable soir, désiré par celui Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, Le savant obstiné dont le front s'alourdit, Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit. Cependant des démons malsains dans l'atmosphère S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire, Et cognent en volant les volets et l'auvent. À travers les lueurs que tourmente le vent La Prostitution s'allume dans les rues ; Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ; Partout elle se fraye un occulte chemin, Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ; Elle remue au sein de la cité de fange Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange. On entend çà et là les cuisines siffler, Les théâtres glapir, les orchestres ronfler ; Les tables d'hôte, dont le jeu fait les délices, S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices, Et les voleurs, qui n'ont ni trêve ni merci, Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi, Et forcer doucement les portes et les caisses Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses. Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment, Et ferme ton oreille à ce rugissement. C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent ! La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent Leur destinée et vont vers le gouffre commun ; L'hôpital se remplit de leurs soupirs. - Plus d'un Ne viendra plus chercher la soupe parfumée, Au coin du feu, le soir, auprès d'une âme aimée. Encore la plupart n'ont-ils jamais connu La douceur du foyer et n'ont jamais vécu !
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Virginité du cœur, hélas ! si tôt ravie ! Songes riants, projets de bonheur et d'amour, Fraîches illusions du matin de la vie, Pourquoi ne pas durer jusqu'à la fin du jour ? Pourquoi ?... Ne voit-on pas qu'à midi la rosée De ses larmes d'argent n'enrichit plus les fleurs, Que l'anémone frêle, au vent froid exposée, Avant le soir n'a plus ses brillantes couleurs ? Ne voit-on pas qu'une onde, à sa source limpide, En passant par la fange y perd sa pureté ; Que d'un ciel d'abord pur un nuage rapide Bientôt ternit l'éclat et la sérénité ? Le monde est fait ainsi : loi suprême et funeste ! Comme l'ombre d'un songe au bout de peu d'instants, Ce qui charme s'en va, ce qui fait peine reste : La rose vit une heure et le cyprès cent ans.
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Méditation
Was soll denn das nun, klagt unsere Welt, mir wird so warm und immer wärmer, ich schwitze schon und krieg gleich Fieber. Ist das ein Virus, der mich befällt? Das sind die Menschen, ach du Schande. Sind die denn noch ganz gescheit? Greifen ihren eigenen Wirt an, wohl zum Denken nicht recht im Stande. Die Menschheit ist schon eine Plage, sie hat sich viel zu schnell vermehrt. Ihr wird es an den Kragen gehen, dauert ja nur noch ein paar Tage... Ich frier mich ein und befreie mich von dem ganzen Schmutz und Schund und fange dann von vorne an, auf Menschen doch verzichte ich.
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Jan 22, 2023
Jan 22, 2023 at 6:35 AM UTC
Eiszeit ist Auszeit
Sa grandeur éblouit l'histoire. Quinze ans, il fut Le dieu que traînait la victoire Sur un affût ; L'Europe sous la loi guerrière Se débattit. - Toi, son singe, marche derrière, Petit, petit. Napoléon dans la bataille, Grave et serein, Guidait à travers la mitraille L'aigle d'airain. Il entra sur le pont d'Arcole, Il en sortit. - Voici de l'or, viens, pille et vole, Petit, petit. Berlin, Vienne, étaient ses maîtresses ; Il les forçait, Leste, et prenant les forteresses Par le corset. Il triompha de cent bastilles Qu'il investit. - Voici pour toi, voici des filles, Petit, petit. Il passait les monts et les plaines, Tenant en main La palme, la foudre, et les rênes Du genre humain ; Il était ivre de sa gloire Qui retentit. - Voici du sang, accours, viens boire, Petit, petit. Quand il tomba, lâchant le monde, L'immense mer Ouvrit à sa chute profonde Son gouffre amer ; Il y plongea, sinistre archange, Et s'engloutit. - Toi, tu te noieras dans la fange, Petit, petit. Jersey, septembre 1853.
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Chanson (Les châtiments, V)
VI. Hélas ! tout est fini. Fange ! néant ! nuit noire ! Au-dessus de ce gouffre où croula notre gloire, Flamboyez, noms maudits ! Maupas, Morny, Magnan, Saint-Arnaud, Bonaparte ! Courbons nos fronts ! Gomorrhe a triomphé de Sparte ! Cinq hommes ! cinq bandits ! Toutes les nations tour à tour sont conquises : L'Angleterre, pays des antiques franchises, Par les vieux neustriens, Rome par Alaric, par Mahomet Byzance, La Sicile par trois chevaliers, et la France Par cinq galériens. Soit. Régnez ! emplissez de dégoût la pensée, Notre-Dame d'encens, de danses l'Elysée, Montmartre d'ossements. Régnez ! liez ce peuple, à vos yeux populace, Liez Paris, liez la France à la culasse De vos canons fumants ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (VI)
Le bruit des cabarets, la fange du trottoir, Les platanes déchus s'effeuillant dans l'air noir, L'omnibus, ouragan de ferraille et de boues, Qui grince, mal assis entre ses quatre roues, Et roule ses yeux verts et rouges lentement, Les ouvriers allant au club, tout en fumant Leur brûle-gueule au nez des agents de police, Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse, Bitume défoncé, ruisseaux comblant l'égout, Voilà ma route - avec le paradis au bout.
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Le bruit des cabarets, la fange du trottoir
Telle de l'Angelus, la cloche matinale Fait dans les carrefours hurler les chiens errants, Tel ton luth chaste et pur, trempé dans l'eau lustrale, Ô George, a fait pousser de hideux aboiements, Mais quand les vents sifflaient sur ta muse au front pâle, Tu n'as pu renouer tes longs cheveux flottants ; Tu savais que Phébé, l'Étoile virginale Qui soulève les mers, fait baver les serpents. Tu n'as pas répondu, même par un sourire, A ceux qui s'épuisaient en tourments inconnus, Pour mettre un peu de fange autour de tes pieds nus. Comme Desdémona, t'inclinant sur ta lyre, Quand l'orage a passé tu n'as pas écouté, Et tes grands yeux rêveurs ne s'en sont pas douté.
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À George Sand II
Amor de mi pecho, Pecho de mi amor ! Arbol, que has hecho, Que has hecho del flor ? ROMANCE. Avant que mes chansons aimées, Si jeunes et si parfumées, Du monde eussent subi l'affront, **** du peuple ingrat qui les foule, Comme elles fleurissaient en foule, Vertes et fraîches sur mon front ! De l'arbre à présente détachées, Fleurs par l'aquilon desséchées, Vains débris qu'on traîne en rêvant, Elles errent éparpillées, De fange ou de poudre souillées, Au gré du lot, au gré du vent. Moi, comme des feuilles flétries, Je les vois, toutes défleuries, Courir sur le sol dépouillé ; Et la foule qui m'environne, En broyant du pied ma couronne, Passe et rit de l'arbre effeuillé ! Le 6 septembre 1828.
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Avant que mes chansons aimées
La terre est au soleil ce que l'homme est à l'ange. L'un est fait de splendeur ; l'autre est pétri de fange. Toute étoile est soleil ; tout astre est paradis. Autour des globes purs sont les mondes maudits ; Et dans l'ombre, où l'esprit voit mien que la lunette, Le soleil paradis traîne l'enfer planète. L'ange habitant de l'astre est faillible ; et, séduit, Il peut devenir l'homme habitant de la nuit. Voilà ce que le vent m'a dit sur la montagne. Tout globe obscur gémit ; toute terre est un bagne Où la vie en pleurant, jusqu'au jour du réveil, Vient écrouer l'esprit qui tombe du soleil. Plus le globe est lointain, plus le bagne est terrible. La mort est là, vannant les âmes dans un crible, Qui juge, et, de la vie invisible témoin, Rapporte l'ange à l'astre ou le jette plus **** Ô globes sans rayons et presque sans aurores ! Enorme Jupiter fouetté de météores, Mars qui semble de **** la bouche d'un volcan, Ô nocturne Uranus, ô Saturne au carcan ! Châtiments inconnus ! rédemptions ! mystères ! Deuils ! ô lunes encor plus mortes que les terres ! Ils souffrent ; ils sont noirs ; et qui sait ce qu'ils font ? L'ombre entend par moments leur cri rauque et profond, Comme on entend, le soir, la plainte des cigales. Mondes spectres, tirant des chaînes inégales, Ils vont, blêmes, pareils au rêve qui s'enfuit. Rougis confusément d'un reflet dans la nuit, Implorant un messie, espérant des apôtres, Seuls, séparés, les uns en amère des autres, Tristes, échevelés par des souffles hagards, Jetant à la clarté de farouches regards, Ceux-ci, vagues, roulant dans les profondeurs mornes, Ceux-là, presque engloutis dans l'infini sans bornes, Ténébreux, frissonnants, froids, glacés, pluvieux Autour du paradis ils tournent envieux ; Et, du soleil, parmi les brumes et les ombres, On voit passer au **** toutes ces faces sombres. Novembre 1840.
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Explication
La terre est au soleil ce que l'homme est à l'ange. L'un est fait de splendeur ; l'autre est pétri de fange. Toute étoile est soleil ; tout astre est paradis. Autour des globes purs sont les mondes maudits ; Et dans l'ombre, où l'esprit voit mien que la lunette, Le soleil paradis traîne l'enfer planète. L'ange habitant de l'astre est faillible ; et, séduit, Il peut devenir l'homme habitant de la nuit. Voilà ce que le vent m'a dit sur la montagne. Tout globe obscur gémit ; toute terre est un bagne Où la vie en pleurant, jusqu'au jour du réveil, Vient écrouer l'esprit qui tombe du soleil. Plus le globe est lointain, plus le bagne est terrible. La mort est là, vannant les âmes dans un crible, Qui juge, et, de la vie invisible témoin, Rapporte l'ange à l'astre ou le jette plus **** Ô globes sans rayons et presque sans aurores ! Enorme Jupiter fouetté de météores, Mars qui semble de **** la bouche d'un volcan, Ô nocturne Uranus, ô Saturne au carcan ! Châtiments inconnus ! rédemptions ! mystères ! Deuils ! ô lunes encor plus mortes que les terres ! Ils souffrent ; ils sont noirs ; et qui sait ce qu'ils font ? L'ombre entend par moments leur cri rauque et profond, Comme on entend, le soir, la plainte des cigales. Mondes spectres, tirant des chaînes inégales, Ils vont, blêmes, pareils au rêve qui s'enfuit. Rougis confusément d'un reflet dans la nuit, Implorant un messie, espérant des apôtres, Seuls, séparés, les uns en amère des autres, Tristes, échevelés par des souffles hagards, Jetant à la clarté de farouches regards, Ceux-ci, vagues, roulant dans les profondeurs mornes, Ceux-là, presque engloutis dans l'infini sans bornes, Ténébreux, frissonnants, froids, glacés, pluvieux Autour du paradis ils tournent envieux ; Et, du soleil, parmi les brumes et les ombres, On voit passer au **** toutes ces faces sombres. Novembre 1840.
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