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"faiblesse" poems
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un étrange et douloureux divorce Il n'y a pas d'amour heureux Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes Qu'on avait habillés pour un autre destin À quoi peut leur servir de se lever matin Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes Il n'y a pas d'amour heureux Mon bel amour mon cher amour ma déchirure Je te porte dans moi comme un oiseau blessé Et ceux-là sans savoir nous regardent passer Répétant après moi les mots que j'ai tressés Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent Il n'y a pas d'amour heureux Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop **** Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare Il n'y a pas d'amour heureux.
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Il n'y a pas d'amour heureux
"qui es tu?" qui es tu? Je ne sais plus. Avant tu étais l'amour, l'âme soeur, l'ami , l'amant, le tout. Mais maintenant qui es tu? Une blessure, une vilaine cicatrice , une épidémie, une nuit blanche, un malaise constant, une pensé qui honte mon esprit, un passé douloureux, un présent douloureux? une éternité? Je ne sais pas exactement comment te qualifier. Je sens que bientôt tu va devenir un souvenir lointain, un soupire désolé, une remontrance. Mais va tu un jour allez jusqu’à en être un regrée? Qui es tu? Un lit chaud pendant la nuit, glacial au matin.Qui es tu? Un étranger, une âme perdu, un esprit fou. Qui es tu? La colère, la jalousie, l'envy, le mal, la souffrance. Qui es tu? Le plaisir, le bonheur, la vie. Qui es tu? Un espoir ou désespoir? Joix ou tristesse? Qui es tu? Une leçon? Une plaisanterie? Qui es tu? Le mensonge ou la vérité? Qui es tu? Une envie ou un besoin? Qui es tu? Un départ ou une arrivée? Qui es tu? Gloire ou perte? Qui es tu? Le début ou la fin? Qui es tu? Un chapitre ou toute l'histoire? Qui es tu? Un sourire ou une larme? Qui es tu? Franchise ou hypocrisie? Qui es tu? La folie ou la raison? Qui es tu? Le bien ou le mal? Qui es tu? Qui es tu? Qui es tu? Non ne me lance pas ce sourire narquois! Non ne me dis pas que tu n'es juste pas comme les autres! Cela ne me suffit pas! Arrête! Ne t'en va pas, reste avec moi, aime moi, protège moi, prends moi dans tes bras et dis moi des mots doux comme tu le fessait avant. J’abandonne, je me rends, je suis a toi, fais ce que tu veux mais ne me brise pas ..pas pour la énième fois! Efface ce regard victorieux de tes yeux , je sais que se cache en eux de la bonté. Tu sais la bonté et le pardon ne sont pas des faiblesses, au contraire c'est de la force. L'amour non plus n'est pas une faiblesse mais une bénédiction . N'aie pas peur de me faire confiance. Pourquoi cette hésitation dans ton regard? Je t'aime! Comprends le. Je ne te ferait pas mal promis. je sais que demain tu partira encore une fois, que tu n'es pas encore prêt et que tu dois vivre libre de tout ça, libre de moi, mais embrasse moi quand même, laisse moi le souvenir de tes lèvres pour me garder saine. Peut être que c'est ce que tu es a la fin, un baiser passionné qui laisse nos lèvres rêvasser d'une prochaine collision entre eux, ce désir fou qui fait battre nos cœurs, se plaisir qui laisse nos corps tremblant après une nuit torride.. Tu es le ******
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Jul 20, 2014
Jul 20, 2014 at 6:20 PM UTC
"qui es tu?"
"qui es tu?" qui es tu? Je ne sais plus. Avant tu étais l'amour, l'âme soeur, l'ami , l'amant, le tout. Mais maintenant qui es tu? Une blessure, une vilaine cicatrice , une épidémie, une nuit blanche, un malaise constant, une pensé qui honte mon esprit, un passé douloureux, un présent douloureux? une éternité? Je ne sais pas exactement comment te qualifier. Je sens que bientôt tu va devenir un souvenir lointain, un soupire désolé, une remontrance. Mais va tu un jour allez jusqu’à en être un regrée? Qui es tu? Un lit chaud pendant la nuit, glacial au matin.Qui es tu? Un étranger, une âme perdu, un esprit fou. Qui es tu? La colère, la jalousie, l'envy, le mal, la souffrance. Qui es tu? Le plaisir, le bonheur, la vie. Qui es tu? Un espoir ou désespoir? Joix ou tristesse? Qui es tu? Une leçon? Une plaisanterie? Qui es tu? Le mensonge ou la vérité? Qui es tu? Une envie ou un besoin? Qui es tu? Un départ ou une arrivée? Qui es tu? Gloire ou perte? Qui es tu? Le début ou la fin? Qui es tu? Un chapitre ou toute l'histoire? Qui es tu? Un sourire ou une larme? Qui es tu? Franchise ou hypocrisie? Qui es tu? La folie ou la raison? Qui es tu? Le bien ou le mal? Qui es tu? Qui es tu? Qui es tu? Non ne me lance pas ce sourire narquois! Non ne me dis pas que tu n'es juste pas comme les autres! Cela ne me suffit pas! Arrête! Ne t'en va pas, reste avec moi, aime moi, protège moi, prends moi dans tes bras et dis moi des mots doux comme tu le fessait avant. J’abandonne, je me rends, je suis a toi, fais ce que tu veux mais ne me brise pas ..pas pour la énième fois! Efface ce regard victorieux de tes yeux , je sais que se cache en eux de la bonté. Tu sais la bonté et le pardon ne sont pas des faiblesses, au contraire c'est de la force. L'amour non plus n'est pas une faiblesse mais une bénédiction . N'aie pas peur de me faire confiance. Pourquoi cette hésitation dans ton regard? Je t'aime! Comprends le. Je ne te ferait pas mal promis. je sais que demain tu partira encore une fois, que tu n'es pas encore prêt et que tu dois vivre libre de tout ça, libre de moi, mais embrasse moi quand même, laisse moi le souvenir de tes lèvres pour me garder saine. Peut être que c'est ce que tu es a la fin, un baiser passionné qui laisse nos lèvres rêvasser d'une prochaine collision entre eux, ce désir fou qui fait battre nos cœurs, se plaisir qui laisse nos corps tremblant après une nuit torride.. Tu es le ******
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Il était trois fois, Deux petites araignées, Qui faisaient la course À qui tire le plus court fil. C’était toujours la rouge qui gagnait, Car son sang coagulé, Sur le bout de ses pates, Rendait ses mouvement plus lents. Elle faisait de toute sa faiblesse, Couler son âme noire, Emprisonnée dans son troisième œil, Afin de rendre son fil plus visqueux. Son amie, aveugle de ses sept yeux, Ne voyait que son propre parcours, Elle n’avait jamais à refaire son tour, Son chemin étant déjà tracé. Elle n’avait ni crainte ni peur, De son adversaire satanée, Cachée du côté, Où elle ne pouvait regarder. Bercée par sa nonchalance, Elle ne se doutait point, Qu’elle était le fruit, Du dessin de son amie. Il était trois fois, Une petite araignée Futur d’un passé oublié Sur un papier accroché A la toile de cet instant.
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Oct 9, 2015
Oct 9, 2015 at 9:30 AM UTC
Il était trois fois
The French peasant monk scythed the tall grass by the drive to the abbey he spat on his creased palms before work, Dio è lontano ma vicino the Italian monk said after Mass clearing the items away and I aiding him, deep bell tolling from the tall bell tower echoing across the surrounding area down to the seashore, sans nous Dieu ne nous sauvera pas sans Dieu nous ne pouvons pas the French monk said quoting someone religious from some book, incense in the air mixing with baked bread and cold stones aged, I gazed at the cloister felt along the waist high orange brick wall musing on the flower bed where a monk on his knees weeded, la confiance en Dieu et non votre propre faiblesse the French monk chided me as I peeled potatoes for lunch, silence after Compline deeper than an ocean's depth more profound than Plato's musing, pale moon casting shadows in the cloister's hold, I hugging myself during Vespers against the harsh cold.
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Jan 11, 2017
Jan 11, 2017 at 1:41 PM UTC
AGAINST THE COLD MCMLXX.
Vous m'avez demandé quelques vers sur « Amour ». Ce mien livre, d'émoi cruel et de détresse, Déjà **** dans mon Œuvre étrange qui se presse Et dévale, flot plus amer de jour en jour. Qu'en dire, sinon : « Poor Yorick ! » ou mieux « poor Lelian ! » et pauvre âme à tout faire, faiblesse, Mollesse par des fois et caresse et paresse, Ou tout à coup partie en guerre comme pour Tout casser d'un passé si pur, si chastement Ordonné par la beauté des calmes pensées. Et pour damner tant d'heures en Dieu dépensées. Puis il revient, mon Œuvre, las d'un tel ahan, Pénitent, et tombant à genoux mains dressées... Priez avec et pour le pauvre Lelian !
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Vous m'avez demandé quelques vers sur Amour
Quand l'horloge a sonné le moment du départ, Aucune larme, ami, n'a voilé ton regard ! Tu m'as pressé la main... j'ai cru voir un sourire Se mêler à l'adieu que tu venais me dire ; Car pour ton cœur, tranquille en pensant au retour, Ce n'était point partir que s'éloigner un jour. Et que m'importe à moi que la nuit te ramène !... Il fait jour et tu pars ! Du coursier qui t'entraîne Tu déchires les flancs, en disant : « Au revoir ! » Mais aujourd'hui me reste avant d'être à ce soir ! À ton dernier regard, pour moi, le temps s'arrête. Un livre est sous mes yeux, mais mon âme distraite S'en retourne vers toi ; car nos âmes sont sœurs, Et j'ai souvent rêvé qu'en des mondes meilleurs, En des pays lointains, ou dans les cieux peut-être... Je vivais de ta vie, et nous n'étions qu'un être ; Mais Dieu brisa notre âme, et de chaque moitié Il a créé nos cœurs, permettant par pitié Qu'ils pussent se revoir et s'aimer sur la terre, Où l'amour leur rendrait leur nature première. Des pleurs que je répands, tout homme se rirait : Les chagrins passagers vous cachent leur secret. Vos cœurs ont des transports et n'ont point de faiblesse ; Vous pleurez d'un malheur, pleurez-vous de tristesse ? Vous ne connaissez pas ces noirs pressentiments, Ces rêves où l'esprit, se forgeant des tourments, Cherche dans notre amour un sinistre présage, Comme un soleil trop vif laisse prévoir l'orage ! Reviens d'un seul regard me rendre mon ciel pur, Reviens, parle, souris, et mon bonheur est sûr. Aux accents de ta voix s'éloigne la tempête ; Sur ton sein palpitant, je repose ma tête... Berce, endors mes terreurs par un doux chant d'amour, Et laisse-moi sourire et pleurer tour à tour. Sans crainte, de la mort je serais menacée, Je mourrais dans tes bras et sur ton cœur pressée ! Mais si tu succombais... alors, sans désespoir, Comme toi, ce matin, je dirais : « À ce soir ! De quelques courts instants ton âme me devance, Attends-moi dans les cieux, ce n'est qu'un jour d'absence ! »
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Un jour d'absence
Quand l'horloge a sonné le moment du départ, Aucune larme, ami, n'a voilé ton regard ! Tu m'as pressé la main... j'ai cru voir un sourire Se mêler à l'adieu que tu venais me dire ; Car pour ton cœur, tranquille en pensant au retour, Ce n'était point partir que s'éloigner un jour. Et que m'importe à moi que la nuit te ramène !... Il fait jour et tu pars ! Du coursier qui t'entraîne Tu déchires les flancs, en disant : « Au revoir ! » Mais aujourd'hui me reste avant d'être à ce soir ! À ton dernier regard, pour moi, le temps s'arrête. Un livre est sous mes yeux, mais mon âme distraite S'en retourne vers toi ; car nos âmes sont sœurs, Et j'ai souvent rêvé qu'en des mondes meilleurs, En des pays lointains, ou dans les cieux peut-être... Je vivais de ta vie, et nous n'étions qu'un être ; Mais Dieu brisa notre âme, et de chaque moitié Il a créé nos cœurs, permettant par pitié Qu'ils pussent se revoir et s'aimer sur la terre, Où l'amour leur rendrait leur nature première. Des pleurs que je répands, tout homme se rirait : Les chagrins passagers vous cachent leur secret. Vos cœurs ont des transports et n'ont point de faiblesse ; Vous pleurez d'un malheur, pleurez-vous de tristesse ? Vous ne connaissez pas ces noirs pressentiments, Ces rêves où l'esprit, se forgeant des tourments, Cherche dans notre amour un sinistre présage, Comme un soleil trop vif laisse prévoir l'orage ! Reviens d'un seul regard me rendre mon ciel pur, Reviens, parle, souris, et mon bonheur est sûr. Aux accents de ta voix s'éloigne la tempête ; Sur ton sein palpitant, je repose ma tête... Berce, endors mes terreurs par un doux chant d'amour, Et laisse-moi sourire et pleurer tour à tour. Sans crainte, de la mort je serais menacée, Je mourrais dans tes bras et sur ton cœur pressée ! Mais si tu succombais... alors, sans désespoir, Comme toi, ce matin, je dirais : « À ce soir ! De quelques courts instants ton âme me devance, Attends-moi dans les cieux, ce n'est qu'un jour d'absence ! »
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Dès la pointe du jour, sortant de son hameau, Colas, jeune pasteur d'un assez beau troupeau, Le conduisait au pâturage : Sur sa route il trouve un ruisseau Que, la nuit précédente, un effroyable orage Avait rendu torrent ; comment passer cette eau ? Chiens, brebis et berger, tout s'arrête au rivage. En faisant un circuit, l'on eût gagné le pont ; C'était bien le plus sûr, mais c'était le plus long ; Colas veut abréger. D'abord il considère Qu'il peut franchir cette rivière : Et comme ses béliers sont forts, Il conclut que, sans grands efforts, Le troupeau sautera. Cela dit, il s'élance ; Son chien saute après lui, béliers d'entrer en danse, A qui mieux mieux ; courage, allons ! Après les béliers, les moutons ; Tout est en l'air, tout saute, et Colas les excite En s'applaudissant du moyen. Les béliers, les moutons, sautèrent assez bien ; Mais les brebis vinrent ensuite, Les agneaux, les vieillards, les faibles, les peureux, Les mutins, corps toujours nombreux, Qui refusaient le saut ou sautaient de colère Et, soit faiblesse, soit dépit, Se laissaient choir dans la rivière. Il s'en noya le quart ; un autre quart s'enfuit, Et sous la dent du loup périt. Colas, réduit à la misère, S'aperçut, mais trop **** que pour un bon pasteur Le plus court n'est pas le meilleur.
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Le troupeau de Colas
(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur, Comme elle agit, comme elle passe, Docte Ecrivain, dont l'œil perçant, Va jusqu'au sein du Tout-puissant Pénétrer ce profond abîme, Que les hommes te vont devoir ! Et que le prix en est ineffable et sublime, De ces biens que par-là tu mets en leur pouvoir ! Oui, tant que durera ta course, Tu peux, mortel, à pleines mains ; Puiser des bonheurs souverains En cette inépuisable source. Un guide si bien éclairé, Te conduit d'un pas assuré Au vivant Soleil qui l'éclaire ; Suis, mais avec zèle, avec foi, Suis, dis-je, tu verras tout ce qu'il te faut faire, Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi. Tu pèches, mais un Dieu pardonne, Et pour mériter ce pardon, II te sait ce précieux don, II n'en est avare à personne. Reçois avec humilité, Conserve avec fidélité, Ce grand appui de ta faiblesse. Avec lui ton vouloir peut tout, Sans lui tu n'es qu'ordure, impuissance, bassesse, Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout. C'en est la digne récompense ; Mais aussi, tu le dois savoir, Cet usage est en ton pouvoir, II dépend de ta vigilance : Tu peux t'endormir, t'arrêter, Tu peux même le rejeter Ce don, sans qui ta perte est sûre, Et n'en tireras aucun fruit, Si tu défères plus aux sens, à la nature ; Qu'aux mouvement sacrés qu'en ton âme il produit. J'en connaît par toi l'efficace, Savant et pieux Ecrivain, Qui jadis de ta propre main M'as élevé sur le Parnasse ; C'était trop peu pour ta bonté Que ma jeunesse eût profité Des leçons que tu m'as données ; Tu portes plus **** ton amour, Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour. Je suis ton disciple, et peut-être Que l'heureux éclat de mes vers Éblouit assez l'univers, Pour faire peu de honte au Maître. Par une plus sainte leçon Tu m'apprends de quelle façon Au vice on doit faire la guerre. Puissé-je en user encore mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre ! Puissé-je te devoir un jour celle des cieux !
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Ode
(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur, Comme elle agit, comme elle passe, Docte Ecrivain, dont l'œil perçant, Va jusqu'au sein du Tout-puissant Pénétrer ce profond abîme, Que les hommes te vont devoir ! Et que le prix en est ineffable et sublime, De ces biens que par-là tu mets en leur pouvoir ! Oui, tant que durera ta course, Tu peux, mortel, à pleines mains ; Puiser des bonheurs souverains En cette inépuisable source. Un guide si bien éclairé, Te conduit d'un pas assuré Au vivant Soleil qui l'éclaire ; Suis, mais avec zèle, avec foi, Suis, dis-je, tu verras tout ce qu'il te faut faire, Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi. Tu pèches, mais un Dieu pardonne, Et pour mériter ce pardon, II te sait ce précieux don, II n'en est avare à personne. Reçois avec humilité, Conserve avec fidélité, Ce grand appui de ta faiblesse. Avec lui ton vouloir peut tout, Sans lui tu n'es qu'ordure, impuissance, bassesse, Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout. C'en est la digne récompense ; Mais aussi, tu le dois savoir, Cet usage est en ton pouvoir, II dépend de ta vigilance : Tu peux t'endormir, t'arrêter, Tu peux même le rejeter Ce don, sans qui ta perte est sûre, Et n'en tireras aucun fruit, Si tu défères plus aux sens, à la nature ; Qu'aux mouvement sacrés qu'en ton âme il produit. J'en connaît par toi l'efficace, Savant et pieux Ecrivain, Qui jadis de ta propre main M'as élevé sur le Parnasse ; C'était trop peu pour ta bonté Que ma jeunesse eût profité Des leçons que tu m'as données ; Tu portes plus **** ton amour, Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour. Je suis ton disciple, et peut-être Que l'heureux éclat de mes vers Éblouit assez l'univers, Pour faire peu de honte au Maître. Par une plus sainte leçon Tu m'apprends de quelle façon Au vice on doit faire la guerre. Puissé-je en user encore mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre ! Puissé-je te devoir un jour celle des cieux !
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Il y a plus de faiblesse que de raison À être humiliés de ce qui nous manque. Vauvenargues. Or, je suppose que nous sommes, Madame, dans votre salon : On parle chiffres, rentes, sommes : « Je suis le plus pauvre des hommes, J'ai dans ma bourse un seul doublon », Vous dis-je, tout-à-coup, sans cause. Cela vous fait ouvrir les yeux, Et vous me dites, un peu... rose ; « Que c'est bête, un homme qui pose Pour être pauvre et que c'est vieux ! Posez plutôt pour être riche, Ce sera tout aussi hideux ; Mais dès l'instant que l'on s'affiche, Il vaut encor mieux, ... » Je m'en fiche ! Je veux, moi, poser pour les deux, « Comment, pour les deux ? » Mais, sans doute ; Supposons qu'à travers les bois Nous ayons l'une et l'autre route. Ou bien... deux cloches... qu'on écoute... Pour toutes les deux à la fois. Oui, pour deux qui seraient comme une Au bourg de Fouilly-les-merdeux, Dans le clocher de la Commune ; Laquelle, n'étant pas commune, Serait, je dis bien, comme deux. Ou comme cent, ou comme mille... Ça dépend de la qualité. Mon doublon, lui, n'est point débile, Et les marchandes de la ville L'ont trouvé bon, en vérité. « Mais, si vous aviez la paire, est-ce Que cela... ne vous dirait rien ? » Si !... j'en ferais part... à la Presse ; À la condition expresse Que je conserverais le mien. Car, une quelconque, de paire, Serait-elle trois avec six Zéros, alignés par Ampère, Je m'en fous comme de mon père, S'il s'en fout comme de son fils. « Vous allez trop **** prenez garde ! On pourrait se moquer de vous. Vous criez plus fort que la garde. Voyez, je crois qu'on nous regarde. - Puisque je vous dis : je m'en fou ! » Et tenez ! sortons... dans la rue, Ou mieux... dans votre appartement, Vous pourriez faire, toute nue, Si vous le passiez en ***** Baisser les yeux au régiment ! Eh bien ! pour vous donner la preuve, Que je ne suis rien qu'un... doublon, Quand vous seriez pucelle ou veuve, Nous allons le f... à l'épreuve. . . . . . . . . . . . . . . . . Quand je vous dis, il est très bon.
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Toute nue
Il y a plus de faiblesse que de raison À être humiliés de ce qui nous manque. Vauvenargues. Or, je suppose que nous sommes, Madame, dans votre salon : On parle chiffres, rentes, sommes : « Je suis le plus pauvre des hommes, J'ai dans ma bourse un seul doublon », Vous dis-je, tout-à-coup, sans cause. Cela vous fait ouvrir les yeux, Et vous me dites, un peu... rose ; « Que c'est bête, un homme qui pose Pour être pauvre et que c'est vieux ! Posez plutôt pour être riche, Ce sera tout aussi hideux ; Mais dès l'instant que l'on s'affiche, Il vaut encor mieux, ... » Je m'en fiche ! Je veux, moi, poser pour les deux, « Comment, pour les deux ? » Mais, sans doute ; Supposons qu'à travers les bois Nous ayons l'une et l'autre route. Ou bien... deux cloches... qu'on écoute... Pour toutes les deux à la fois. Oui, pour deux qui seraient comme une Au bourg de Fouilly-les-merdeux, Dans le clocher de la Commune ; Laquelle, n'étant pas commune, Serait, je dis bien, comme deux. Ou comme cent, ou comme mille... Ça dépend de la qualité. Mon doublon, lui, n'est point débile, Et les marchandes de la ville L'ont trouvé bon, en vérité. « Mais, si vous aviez la paire, est-ce Que cela... ne vous dirait rien ? » Si !... j'en ferais part... à la Presse ; À la condition expresse Que je conserverais le mien. Car, une quelconque, de paire, Serait-elle trois avec six Zéros, alignés par Ampère, Je m'en fous comme de mon père, S'il s'en fout comme de son fils. « Vous allez trop **** prenez garde ! On pourrait se moquer de vous. Vous criez plus fort que la garde. Voyez, je crois qu'on nous regarde. - Puisque je vous dis : je m'en fou ! » Et tenez ! sortons... dans la rue, Ou mieux... dans votre appartement, Vous pourriez faire, toute nue, Si vous le passiez en ***** Baisser les yeux au régiment ! Eh bien ! pour vous donner la preuve, Que je ne suis rien qu'un... doublon, Quand vous seriez pucelle ou veuve, Nous allons le f... à l'épreuve. . . . . . . . . . . . . . . . . Quand je vous dis, il est très bon.
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Je veux me corriger, je veux changer de vie, Me disait un ami : dans des liens honteux Mon âme s'est trop avilie ; J'ai cherché le plaisir, guidé par la folie, Et mon cœur n'a trouvé que le remords affreux. C'en est fait, je renonce à l'indigne maîtresse Que j'adorai toujours sans jamais l'estimer ; Tu connais pour le jeu ma coupable faiblesse, Eh bien ! Je vais la réprimer ; Je vais me retirer du monde, Et, calme désormais, libre de tous soucis, Dans une retraite profonde, Vivre pour la sagesse et pour mes seuls amis. Que de fois vous l'avez promis ! Toujours en vain, lui répondis-je. Çà, quand commencez-vous ? - Dans huit jours, sûrement. - Pourquoi pas aujourd'hui ? Ce long ****** m'afflige. - Oh ! Je ne puis dans un moment Briser une si forte chaîne ; Il me faut un prétexte : il viendra, j'en réponds. Causant ainsi, nous arrivons Jusques sur les bords de la Seine, Et j'aperçois un paysan Assis sur une large pierre Regardant l'eau couler d'un air impatient. - L'ami, que fais-tu là ? - Monsieur, pour une affaire Au village prochain je suis contraint d'aller ; Je ne vois point de pont pour passer la rivière, Et j'attends que cette eau cesse enfin de couler. Mon ami, vous voilà, cet homme est votre image ; Vous perdez en projets les plus beaux de vos jours : Si vous voulez passer, jetez-vous à la nage ; Car cette eau coulera toujours.
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Le paysan et la rivière
Fable VII, Livre V. Hercule avait chassé sur le mont Pélion. Percés de traits inévitables, Frappés de coups épouvantables, Que de monstres défaits ! Un énorme lion À l'œil étincelant, à la voix menaçante, À la faim toujours renaissante, Depuis dix ans la crainte et l'horreur de ces lieux, Ou le roi, si vous l'aimez mieux, Malgré sa griffe aiguë et sa dent meurtrière, Vaincu lui-même enfin gisait sur la poussière. Du lion Néméen c'était l'affreux pendant. Expirant comme lui sur une roche aride, Il menaçait encor son vainqueur intrépide, Dont la suite de **** tremble en le regardant. Quelques vermisseaux cependant, Qui, vils rebuts de la nature, Sur quiconque a vécu s'arrogeant certains droits, Des ânes, des lions, des goujats et des rois Et des dieux mêmes, que je crois, Font également leur pâture, Quelques vermisseaux prétendaient Qu'à tort on avait fait le défunt si terrible ; À leur gré, rien de plus risible Que les bruits qui s'en répandaient. « Trois coups ont suffi pour l'abattre. « Il serait dès longtemps ce qu'il est aujourd'hui « Si, **** de trembler devant lui, « Tel qu'il a digéré l'avait osé combattre. « S'il a vaincu, s'il a régné, « Sa force était dans leur faiblesse. « - Cessez, dit Hercule indigné, « Cessez un discours qui me blesse : « Pareils à maint historien « Qui dans sa nullité dissèque aussi la gloire, « Vous réduisez l'obstacle à rien « Pour réduire à rien la victoire. « Quoi que vous en disiez, le roi de ces forêts « N'était ni faible, ni timide. « Songez que pour le vaincre il a fallu les traits, « La massue et le bras d'Alcide. »
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Hercule, le lion et les vermisseaux
Fable VII, Livre V. Hercule avait chassé sur le mont Pélion. Percés de traits inévitables, Frappés de coups épouvantables, Que de monstres défaits ! Un énorme lion À l'œil étincelant, à la voix menaçante, À la faim toujours renaissante, Depuis dix ans la crainte et l'horreur de ces lieux, Ou le roi, si vous l'aimez mieux, Malgré sa griffe aiguë et sa dent meurtrière, Vaincu lui-même enfin gisait sur la poussière. Du lion Néméen c'était l'affreux pendant. Expirant comme lui sur une roche aride, Il menaçait encor son vainqueur intrépide, Dont la suite de **** tremble en le regardant. Quelques vermisseaux cependant, Qui, vils rebuts de la nature, Sur quiconque a vécu s'arrogeant certains droits, Des ânes, des lions, des goujats et des rois Et des dieux mêmes, que je crois, Font également leur pâture, Quelques vermisseaux prétendaient Qu'à tort on avait fait le défunt si terrible ; À leur gré, rien de plus risible Que les bruits qui s'en répandaient. « Trois coups ont suffi pour l'abattre. « Il serait dès longtemps ce qu'il est aujourd'hui « Si, **** de trembler devant lui, « Tel qu'il a digéré l'avait osé combattre. « S'il a vaincu, s'il a régné, « Sa force était dans leur faiblesse. « - Cessez, dit Hercule indigné, « Cessez un discours qui me blesse : « Pareils à maint historien « Qui dans sa nullité dissèque aussi la gloire, « Vous réduisez l'obstacle à rien « Pour réduire à rien la victoire. « Quoi que vous en disiez, le roi de ces forêts « N'était ni faible, ni timide. « Songez que pour le vaincre il a fallu les traits, « La massue et le bras d'Alcide. »
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Fable III, Livre I. D'Actéon, mes amis, vous savez l'aventure ; Vous savez qu'un peu cher il paya des transports Où la seule Diane a pu voir une injure. Aux mots qu'en son courroux cette ***** murmure, Sans trop cacher pourtant ses pudiques trésors, Notre indiscret, d'un cerf dix cors À tout à coup pris l'encolure. Un pied fourchu s'ajuste à sa jambe, à son bras ; Ses cheveux en rameaux se dressent sur sa tête ; Jusqu'au bout de son nez qui s'allonge, un poil rat Court habiller notre homme en bête. Peu content de voir sur son front Ce qui paraît moins sur le nôtre, Le nouveau quadrupède à décamper fut prompt. Mais, hélas ! un malheur vient-il jamais sans l'autre ? Ses bassets, un peu trop ardents, Et, comme nous, enclins à juger sur la mine, Le suivent en jappant dans la forêt voisine, Où, tout en pleurs, bientôt il périt sous leurs dents. Aucun d'eux cependant n'était ingrat ou traître, Aucun du moins ne croyait l'être, Lorsque dans son sang même ils se désaltéraient ; Ce n'était pas leur pauvre maître, C'était un cerf qu'ils déchiraient. Vous qui d'écrire avez l'audace ou la faiblesse, Si haut que soit le rang où vous plaça le sort, Au destin d'Actéon résignez-vous d'abord, Et surtout oubliez vos titres de noblesse. Bien qu'au pied du Parnasse il soit plus d'un flatteur La critique et sa meute y fixent leur retraite : Quand vous vous donnez pour auteur, En auteur souffrez qu'on vous traite.
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Actéon
Fable II, Livre I. Aux lois de la nature, amis, soumettons-nous ; Toujours sa volonté l'emporta sur la nôtre. L'aimant disait au fer : Pourquoi me cherchez-vous ? Pourquoi m'attirez-vous ? soudain répondait l'autre. Notre faiblesse et ton pouvoir, Sexe enchanteur, s'expliqueraient de même ; Ainsi tu plais sans le vouloir ; Sans le vouloir, ainsi l'on t'aime.
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Le fer et l'aimant
Ma faiblesse C’est important a la structure de moi. C’est la chair à mes os... La faille dans ma structure c'était ma mort.
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Mar 1, 2018
Mar 1, 2018 at 1:32 PM UTC
Ma Morte
On n'offense que Dieu qui seul pardonne. Mais On centriste son frère, on l'afflige, on le blesse. On fait gronder sa haine ou pleurer sa faiblesse, Et c'est un crime affreux qui va troubler la paix Des simples, et donner au monde sa pâture, Scandale, cœurs perdus, gros mots et rire épais. Le plus souvent par un effet de la nature Des choses, ce péché trouve son châtiment Même ici-bas, féroce et long communément. Mais l'Amour tout-puissant donne à la créature Le sens de son malheur qui mène au repentir Par une route lente et haute, mais très sûre. Alors un grand désir, un seul, vient investir - Le pénitent, après les premières alarmes. Et c'est d'humilier son front devant les larmes De naguère, sans rien qui pourrait amollir Le coup droit pour l'orgueil, et de rendre les armes Comme un soldat vaincu, - triste de bonne fol. Ô ma sœur, qui m'avez puni, pardonnez-moi !
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On n'offense que Dieu qui seul pardonne
Tandis que sur l'herbe étendu, Au bord d'une onde enchanteresse, Fuyant et la molle paresse Et le travail trop assidu, Je ris de l'humaine faiblesse, Et j'use mes moments perdus À médire de notre espèce, Mais non pas des individus ; Qui peut troubler la paix du monde ? Contemplant les plaines de l'onde, L'Europe a réclamé ses droits. Napoléon s'arme, il se lève, Et dans sa main brille le glaive Qui fait et qui défait les rois. Dans les secrets de sa colère, Imprudent qui veut pénétrer ! J'ignore en quels lieux de la terre Albion va le rencontrer ; Mais quels honneurs, mais quelle gloire ; Seraient promis à ma mémoire, Si je pouvais croire aujourd'hui, Que mes rivaux dans l'art des fables Ne me sont pas plus redoutables Que l'univers entier pour lui ! Mai 1812.
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Épilogue
À Madame De La Briche. Vous, de qui les attraits, la modeste douceur, Savent tout obtenir et n'osent rien prétendre, Vous que l'on ne peut voir sans devenir plus tendre, Et qu'on ne peut aimer sans devenir meilleur, Je vous respecte trop pour parler de vos charmes, De vos talents, de votre esprit... Vous aviez déjà peur ; bannissez vos alarmes, C'est de vos vertus qu' il s'agit. Je veux peindre en mes vers des mères le modèle, Le sarigue, animal peu connu parmi nous, Mais dont les soins touchants et doux, Dont la tendresse maternelle, Seront de quelque prix pour vous. Le fond du conte est véritable : Buffon m'en est garant ; qui pourrait en douter ? D'ailleurs tout dans ce genre a droit d'être croyable, Lorsque c'est devant vous qu'on peut le raconter. Maman, disait un jour à la plus tendre mère Un enfant péruvien sur ses genoux assis, Quel est cet animal qui, dans cette bruyère, Se promène avec ses petits ? Il ressemble au renard. Mon fils, répondit-elle, Du sarigue c'est la femelle ; Nulle mère pour ses enfants N'eut jamais plus d'amour, plus de soins vigilants. La nature a voulu seconder sa tendresse, Et lui fit près de l'estomac Une poche profonde, une espèce de sac, Où ses petits, quand un danger les presse, Vont mettre à couvert leur faiblesse. Fais du bruit, tu verras ce qu' ils vont devenir. L'enfant frappe des mains ; la sarigue attentive Se dresse, et, d'une voix plaintive, Jette un cri ; les petits aussitôt d'accourir, Et de s'élancer vers la mère, En cherchant dans son sein leur retraite ordinaire. La poche s'ouvre, les petits En un moment y sont blottis, Ils disparaissent tous ; la mère avec vitesse S'enfuit emportant sa richesse. La péruvienne alors dit à l'enfant surpris : Si jamais le sort t'est contraire, Souviens-toi du sarigue, imite-le, mon fils : L'asile le plus sûr est le sein d'une mère.
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La mère, l'enfant et les sarigues
À Madame De La Briche. Vous, de qui les attraits, la modeste douceur, Savent tout obtenir et n'osent rien prétendre, Vous que l'on ne peut voir sans devenir plus tendre, Et qu'on ne peut aimer sans devenir meilleur, Je vous respecte trop pour parler de vos charmes, De vos talents, de votre esprit... Vous aviez déjà peur ; bannissez vos alarmes, C'est de vos vertus qu' il s'agit. Je veux peindre en mes vers des mères le modèle, Le sarigue, animal peu connu parmi nous, Mais dont les soins touchants et doux, Dont la tendresse maternelle, Seront de quelque prix pour vous. Le fond du conte est véritable : Buffon m'en est garant ; qui pourrait en douter ? D'ailleurs tout dans ce genre a droit d'être croyable, Lorsque c'est devant vous qu'on peut le raconter. Maman, disait un jour à la plus tendre mère Un enfant péruvien sur ses genoux assis, Quel est cet animal qui, dans cette bruyère, Se promène avec ses petits ? Il ressemble au renard. Mon fils, répondit-elle, Du sarigue c'est la femelle ; Nulle mère pour ses enfants N'eut jamais plus d'amour, plus de soins vigilants. La nature a voulu seconder sa tendresse, Et lui fit près de l'estomac Une poche profonde, une espèce de sac, Où ses petits, quand un danger les presse, Vont mettre à couvert leur faiblesse. Fais du bruit, tu verras ce qu' ils vont devenir. L'enfant frappe des mains ; la sarigue attentive Se dresse, et, d'une voix plaintive, Jette un cri ; les petits aussitôt d'accourir, Et de s'élancer vers la mère, En cherchant dans son sein leur retraite ordinaire. La poche s'ouvre, les petits En un moment y sont blottis, Ils disparaissent tous ; la mère avec vitesse S'enfuit emportant sa richesse. La péruvienne alors dit à l'enfant surpris : Si jamais le sort t'est contraire, Souviens-toi du sarigue, imite-le, mon fils : L'asile le plus sûr est le sein d'une mère.
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Fable XIV, Livre IV. « L'excellente caricature ! » Disait un jeune coq en riant aux éclats : Un chapon, malgré l'aventure Qui l'oblige au moins *** de tous les célibats, Vouloir être chef de famille ! De poussins quelle bande autour de lui fourmille ! S'il était sincère aujourd'hui, Il conviendrait, le pauvre hère, Qu'entouré des enfants d'autrui, Il croit quelquefois être père. » « - D'accord, dit le Manceau, mais quelquefois aussi, Conviens-en, l'ami, tu crois l'être ? » « - Compère, autour de nous je ne vois, Dieu merci, Qu'enfants auxquels j'ai donné l'être. » « - Poussé par le plaisir bien plus que par l'amour, Lovelace de basse-cour, À demi, je le sais, tu leur donnas le jour. Mais quel soin les a fait éclore ? Sous ton aile, en naissant, vinrent-ils se ranger ? Dans le besoin, dans le danger, Es-tu le protecteur que leur faiblesse implore ! Entre eux et toi jamais fut-il rien de commun ? Pas un ne te connaît, tu n'en connais pas un. Séparons-nous ; et puis, observe Vers qui les conduira l'instinct reconnaissant. Tu leur donnas la vie... une fois ; et moi, cent ; Chaque jour je la leur conserve. Les doux soins dont tu te défends, C'est la paternité. Prodigue tes caresses : Tu peux avoir eu des maîtresses, Mais tu n'as jamais eu d'enfants. »
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Le coq et le chapon
Sonnet. Heureux l'enfant qui meurt dans sa septième année Avant l'âge où le cœur doit saigner pour jouir ; Qui meurt de défaillance, en regardant bleuir Sous les orangers d'or la Méditerranée ! On ne tient plus son âme aux leçons enchaînée, Et, libre de s'éteindre, il croit s'épanouir. Plus de maîtres ! c'est lui qui se fait obéir, Et sa mère est pour lui comme une sœur aînée. Par sa faiblesse même il fait céder les forts ; Il prend ce qu'il désire avant qu'on le lui donne, Et sa pâleur l'absout avant qu'on lui pardonne. Indocile et choyé, paresseux sans remords, C'est en suivant des yeux la fuite d'un navire Qu'un soir, pendant qu'il rêve un voyage, il expire.
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Dernières vacances