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"escaliers" poems
Madrid, princesse des Espagnes, Il court par tes mille campagnes Bien des yeux bleus, bien des yeux noirs. La blanche ville aux sérénades, Il passe par tes promenades Bien des petits pieds tous les soirs. Madrid, quand tes taureaux bondissent, Bien des mains blanches applaudissent, Bien des écharpes sont en jeux. Par tes belles nuits étoilées, Bien des senoras long voilées Descendent tes escaliers bleus. Madrid, Madrid, moi, je me raille De tes dames à fine taille Qui chaussent l'escarpin étroit ; Car j'en sais une par le monde Que jamais ni brune ni blonde N'ont valu le bout de son doigt ! J'en sais une, et certes la duègne Qui la surveille et qui la peigne N'ouvre sa fenêtre qu'à moi ; Certes, qui veut qu'on le redresse, N'a qu'à l'approcher à la messe, Fût-ce l'archevêque ou le roi. Car c'est ma princesse andalouse ! Mon amoureuse ! ma jalouse ! Ma belle veuve au long réseau ! C'est un vrai démon ! c'est un ange ! Elle est jaune, comme une orange, Elle est vive comme un oiseau ! Oh ! quand sur ma bouche idolâtre Elle se pâme, la folâtre, Il faut voir, dans nos grands combats, Ce corps si souple et si fragile, Ainsi qu'une couleuvre agile, Fuir et glisser entre mes bras ! Or si d'aventure on s'enquête Qui m'a valu telle conquête, C'est l'allure de mon cheval, Un compliment sur sa mantille, Puis des bonbons à la vanille Par un beau soir de carnaval.
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Madrid
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Venise
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Que j'aime à voir, dans la vallée Désolée, Se lever comme un mausolée Les quatre ailes d'un noir moutier ! Que j'aime à voir, près de l'austère Monastère, Au seuil du baron feudataire, La croix blanche et le bénitier ! Vous, des antiques Pyrénées Les aînées, Vieilles églises décharnées, Maigres et tristes monuments, Vous que le temps n'a pu dissoudre, Ni la foudre, De quelques grands monts mis en poudre N'êtes-vous pas les ossements ? J'aime vos tours à tête grise, Où se brise L'éclair qui passe avec la brise, J'aime vos profonds escaliers Qui, tournoyant dans les entrailles Des murailles, À l'hymne éclatant des ouailles Font répondre tous les piliers ! Oh ! lorsque l'ouragan qui gagne La campagne, Prend par les cheveux la montagne, Que le temps d'automne jaunit, Que j'aime, dans le bois qui crie Et se plie, Les vieux clochers de l'abbaye, Comme deux arbres de granit ! Que j'aime à voir, dans les vesprées Empourprées, Jaillir en veines diaprées Les rosaces d'or des couvents ! Oh ! que j'aime, aux voûtes gothiques Des portiques, Les vieux saints de pierre athlétiques Priant tout bas pour les vivants !
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Stances - Que j'aime à voir
Entrez dans les palais grands ouverts à la foule ; Un jour limpide y luit, l'heure paisible y coule, Le pied rit au miroir des parquets précieux, Et **** dans le plafonds aussi hauts que les cieux, Bleu séjour de la muse et du Dieu sous les voiles, L'œil voit trembler des chars, des luths et des étoiles. Sous la voûte, sur les paliers, Par les rampes en fleurs et les grands escaliers, Un courant d'air vaste circule, Et douce est la fraîcheur où vous marchez, Parmi le peuple blanc des marbres recherchés : Saluez, c'est Vénus ; admirez, c'est Hercule ! Comme vous reposez les yeux, Ô blancheur sombre des musées ! La fièvre de nos sens expire dans ces lieux, Et nos âmes y sont largement amusées. Ô génie, ô lent créateur, Comme Dieu fait courir la sève dans les arbres, Tu fais courir la vie aux lignes des beaux marbres ; Et sur la pierre, à la hauteur Des bras de la statue ou du col de l'amphore, L'œil croit voir voltiger encore Les mains illustres du sculpteur. Alors notre cœur se rappelle Le temps d'Auguste, l'âge où florissait Apelle ! Tout ceux dont un laurier pressait le front puissant, Le pnyx sonore où rit la troupe des esclaves, Les toges du forum, les plis des laticlaves, César spirituelI Sophocle éblouissant ! Rome, Athène ! O palais que la colline élève ! Vous, Romains, vous sculptez à la pointe du glaive ; Et vous qui soupez chez les dieux, Vous possédez la grâce et vous la versez toute, Athéniens, et c'est chez vous que l'âme écoute Le grand hymne muet qui chante pour les yeux, Le long des lignes, sous la voûte De vos temples mélodieux. Des anciens, endormis au bruit frais des fontaines, Les âmes en rêvait se promènent ici, Caressant tous les fronts d'un regret adouci, Et font, sur les lèvres hautaines Des Romains et des Grecs et de Tibère aussi, Chuchoter un long flot de paroles lointaines. Ô belle antiquité, toute nouvelle encor ! Berce-nous de tes bons murmures, Comme une abeille d'or, Que l'été de Paris prendrait aux roses mûres Pour la jeter en Prairial, Grisée Et bourdonnante, autour de la salle apaisée, Où, visiteur royal, Par la vitre embrasée au feu de ses prouesses, Le baiser du soleil vient dorer les déesses.
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Les musées
Entrez dans les palais grands ouverts à la foule ; Un jour limpide y luit, l'heure paisible y coule, Le pied rit au miroir des parquets précieux, Et **** dans le plafonds aussi hauts que les cieux, Bleu séjour de la muse et du Dieu sous les voiles, L'œil voit trembler des chars, des luths et des étoiles. Sous la voûte, sur les paliers, Par les rampes en fleurs et les grands escaliers, Un courant d'air vaste circule, Et douce est la fraîcheur où vous marchez, Parmi le peuple blanc des marbres recherchés : Saluez, c'est Vénus ; admirez, c'est Hercule ! Comme vous reposez les yeux, Ô blancheur sombre des musées ! La fièvre de nos sens expire dans ces lieux, Et nos âmes y sont largement amusées. Ô génie, ô lent créateur, Comme Dieu fait courir la sève dans les arbres, Tu fais courir la vie aux lignes des beaux marbres ; Et sur la pierre, à la hauteur Des bras de la statue ou du col de l'amphore, L'œil croit voir voltiger encore Les mains illustres du sculpteur. Alors notre cœur se rappelle Le temps d'Auguste, l'âge où florissait Apelle ! Tout ceux dont un laurier pressait le front puissant, Le pnyx sonore où rit la troupe des esclaves, Les toges du forum, les plis des laticlaves, César spirituelI Sophocle éblouissant ! Rome, Athène ! O palais que la colline élève ! Vous, Romains, vous sculptez à la pointe du glaive ; Et vous qui soupez chez les dieux, Vous possédez la grâce et vous la versez toute, Athéniens, et c'est chez vous que l'âme écoute Le grand hymne muet qui chante pour les yeux, Le long des lignes, sous la voûte De vos temples mélodieux. Des anciens, endormis au bruit frais des fontaines, Les âmes en rêvait se promènent ici, Caressant tous les fronts d'un regret adouci, Et font, sur les lèvres hautaines Des Romains et des Grecs et de Tibère aussi, Chuchoter un long flot de paroles lointaines. Ô belle antiquité, toute nouvelle encor ! Berce-nous de tes bons murmures, Comme une abeille d'or, Que l'été de Paris prendrait aux roses mûres Pour la jeter en Prairial, Grisée Et bourdonnante, autour de la salle apaisée, Où, visiteur royal, Par la vitre embrasée au feu de ses prouesses, Le baiser du soleil vient dorer les déesses.
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Quand je vais poursuivant mes courses poétiques, Je m'arrête surtout aux vieux châteaux gothiques. J'aime leurs toits d'ardoise aux reflets bleus et gris, Aux faîtes couronnés d'arbustes rabougris ; Leurs pignons anguleux, leurs tourelles aiguës ; Dans les réseaux de plomb leurs vitres exiguës, Légendes des vieux temps où les preux et les saints Se groupent sous l'ogive en fantasques dessins ; Avec ses minarets moresques, la chapelle Dont la cloche qui tinte à la prière appelle ; J'aime leurs murs verdis par l'eau du ciel lavés, Leurs cours où l'herbe croît à travers les pavés, Au sommet des donjons leurs girouettes frêles Que la blanche cigogne effleure de ses ailes ; Leurs ponts-levis tremblants, leurs portails blasonnés, De monstres, de griffons, bizarrement ornés ; Leurs larges escaliers aux marches colossales, Leurs corridors sans fin et leurs immenses salles, Où, comme une voix faible, erre et gémit le vent, Où, recueilli dans moi, je m'égare, rêvant, Paré de souvenirs d'amour et de féerie, Le brillant moyen-âge et la chevalerie.
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Moyen-âge
Un singe en veste de brocart Trotte et gambade devant elle Qui froisse un mouchoir de dentelle Dans sa main gantée avec art, Tandis qu'un négrillon tout rouge Maintient à tour de bras les pans De sa lourde robe en suspens, Attentif à tout pli qui bouge ; Le singe ne perd pas des yeux La gorge blanche de la dame. Opulent trésor que réclame Le torse nu de l'un des dieux ; Le négrillon parfois soulève Plus haut qu'il ne faut, l'aigrefin, Son fardeau somptueux, afin De voir ce dont la nuit il rêve ; Elle va par les escaliers, Et ne paraît pas davantage Sensible à l'insolent suffrage De ses animaux familiers.
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Cortège
À Constantin Guys. I De ce terrible paysage, Tel que jamais mortel n'en vit, Ce matin encore l'image, Vague et lointaine, me ravit. Le sommeil est plein de miracles ! Par un caprice singulier, J'avais banni de ces spectacles Le végétal irrégulier, Et, peintre fier de mon génie, Je savourais dans mon tableau L'enivrante monotonie Du métal, du marbre et de l'eau. Babel d'escaliers et d'arcades, C'était un palais infini, Plein de bassins et de cascades Tombant dans l'or mat ou bruni ; Et des cataractes pesantes, Comme des rideaux de cristal, Se suspendaient, éblouissantes, A des murailles de métal. Non d'arbres, mais de colonnades Les étangs dormants s'entouraient, Où de gigantesques naïades, Comme des femmes, se miraient. Des nappes d'eau s'épanchaient, bleues, Entre des quais roses et verts, Pendant des millions de lieues, Vers les confins de l'univers ; C'étaient des pierres inouïes Et des flots magiques ; c'étaient D'immenses glaces éblouies Par tout ce qu'elles reflétaient ! Insouciants et taciturnes, Des Ganges, dans le firmament, Versaient le trésor de leurs urnes Dans des gouffres de diamant. Architecte de mes féeries, Je faisais, à ma volonté, Sous un tunnel de pierreries Passer un océan dompté ; Et tout, même la couleur noire, Semblait fourbi, clair, irisé ; Le liquide enchâssait sa gloire Dans le rayon cristallisé. Nul astre d'ailleurs, nuls vestiges De soleil, même au bas du ciel, Pour illuminer ces prodiges, Qui brillaient d'un feu personnel ! Et sur ces mouvantes merveilles Planait (terrible nouveauté ! Tout pour l'oeil, rien pour les oreilles !) Un silence d'éternité. II En rouvrant mes yeux pleins de flamme J'ai vu l'horreur de mon taudis, Et senti, rentrant dans mon âme, La pointe des soucis maudits ; La pendule aux accents funèbres Sonnait brutalement midi, Et le ciel versait des ténèbres Sur le triste monde engourdi.
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Rêve parisien
À Constantin Guys. I De ce terrible paysage, Tel que jamais mortel n'en vit, Ce matin encore l'image, Vague et lointaine, me ravit. Le sommeil est plein de miracles ! Par un caprice singulier, J'avais banni de ces spectacles Le végétal irrégulier, Et, peintre fier de mon génie, Je savourais dans mon tableau L'enivrante monotonie Du métal, du marbre et de l'eau. Babel d'escaliers et d'arcades, C'était un palais infini, Plein de bassins et de cascades Tombant dans l'or mat ou bruni ; Et des cataractes pesantes, Comme des rideaux de cristal, Se suspendaient, éblouissantes, A des murailles de métal. Non d'arbres, mais de colonnades Les étangs dormants s'entouraient, Où de gigantesques naïades, Comme des femmes, se miraient. Des nappes d'eau s'épanchaient, bleues, Entre des quais roses et verts, Pendant des millions de lieues, Vers les confins de l'univers ; C'étaient des pierres inouïes Et des flots magiques ; c'étaient D'immenses glaces éblouies Par tout ce qu'elles reflétaient ! Insouciants et taciturnes, Des Ganges, dans le firmament, Versaient le trésor de leurs urnes Dans des gouffres de diamant. Architecte de mes féeries, Je faisais, à ma volonté, Sous un tunnel de pierreries Passer un océan dompté ; Et tout, même la couleur noire, Semblait fourbi, clair, irisé ; Le liquide enchâssait sa gloire Dans le rayon cristallisé. Nul astre d'ailleurs, nuls vestiges De soleil, même au bas du ciel, Pour illuminer ces prodiges, Qui brillaient d'un feu personnel ! Et sur ces mouvantes merveilles Planait (terrible nouveauté ! Tout pour l'oeil, rien pour les oreilles !) Un silence d'éternité. II En rouvrant mes yeux pleins de flamme J'ai vu l'horreur de mon taudis, Et senti, rentrant dans mon âme, La pointe des soucis maudits ; La pendule aux accents funèbres Sonnait brutalement midi, Et le ciel versait des ténèbres Sur le triste monde engourdi.
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