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"erre" poems
Flashing numbers; this isn't a binary sequence but the universe has got me wondering. 01001011010101011 combinations of 2 create infinitesimally complicated creatures, craters, croutons, castrations, cancers, colons, concretes, convulsions, corn-cobs. 'Where is my mind' by the Pixies; wish I'd never heard it before. No simile metaphor for what's next, swooping ultraviolent. Almost like skin being ripped off so I'm nothing but bone and muscle. 'With your feet in the air and your head on the ground,' the dam snaps and floods my Amsterdam cheeks like New Orleans; scrambling for roof I drown. Scrambling for roof I drown. 'Try to trick and spin it, yeah,' polka-dots and floaters; bacteria in my eye dives into the ocean and makes me wonder which flew bottom and rounded-dust to eat ***** on sea-floor. 'Your head will collapse, but there's nothing in it, and you'll ask yourself,' mashing cellphone numbers now; mashing cellphone needed now dad pick up please pick up worlds end pick up mom pick up I need to know I'm real I need to know there's truth, 'where is my mind? Where is my mind? Whee erre is my mind?' the world fades into itself and what crosses mind is death but no, why? No, need. Dad picks up to my heaving sobs. Rational, collected. Collect call. World freezes.
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Jan 16, 2013
Jan 16, 2013 at 9:13 PM UTC
an ode to the panic attack.
Ma muse, j'ai un tout petit dilemne. Il est écrit qu'il y a en tout et pour tout neuf muses Qui ont pour nom par ordre alphabétique Calliope, Clio, Erato, Euterpe Melpomène, Polymnie, Terspichore, Thalia et Uranie Nulle trace d'Aura. Es-tu vraiment celle que tu prétends être ? Aimes-tu vraiment le chant de deux voix qui s'alternent ? Et dans le cas où tu serais bien l'une des neuf Pourquoi m'as-tu dit que tu étais le huit ? Si je te pose la question C'est que j'avais accès à ton site sur muses.com/aura et j'ai égaré mon mot de passe. Tu sais, ce mot de passe sécurisé Qui nous permettait de nous exhiber tranquillement A l'abri des regards indiscrets. Je ne me souviens pas s'il y avait douze, quatorze ou vingt caractères. mais il y en avait plus que huit Il était fort et aléatoire Entre majuscules, minuscules, symboles et chiffres Impossible à craquer C'était mieux que Fort Knox Dedans tu avais mis ton âge, ton poids, ta taille, ta pointure Et les lettres, arbmu et umz Et un symbole étrange un t avec une virgule souscrite. J'ai appelé à gauche et à droite les Muses pour retrouver ta trace, Je t'ai googlisé. En vain. Es tu vraiment ma Muse ou Furie ? Par acquit de conscience j 'ai vérifié les noms des Furies Tisiphone, Mégère et Alecton. Et j'en reviens à la seule et unique question : Qui es-tu ? Mon ombre, certes, mais encore ? J'ai rêvé que tu étais astronaute et moi Martien. Tu m'avais réduit de la taille d'un minuscule atome Que tu gardais bien au chaud dans son berceau Au fond de la planète Utérus. Et tu m'allaitais d'eau de vie de mirabelle et me berçais De câlins sucrés. Et je gazouillais En regardant tes yeux, Aura, A l'époque rouges jaunes orange bleus Puis un jour tes yeux sont passé au vert Et tu m'as sevré sans un mot, sans une parole. Tu m'as mis hors du miroir Et tu m'as dit d'aller caresser l'oiseau. Et depuis j'erre comme un bateau ivre Mais revenons à nos orphies : Le mot de passe !!! Pour simplifier je te propose Qu'on efface tout ça et qu'on mette à la place Juste une phrase comme : Amant alterna camenae (Virg. egl III,59)
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 11:41 AM UTC
Mot de passe
Ma muse, j'ai un tout petit dilemne. Il est écrit qu'il y a en tout et pour tout neuf muses Qui ont pour nom par ordre alphabétique Calliope, Clio, Erato, Euterpe Melpomène, Polymnie, Terspichore, Thalia et Uranie Nulle trace d'Aura. Es-tu vraiment celle que tu prétends être ? Aimes-tu vraiment le chant de deux voix qui s'alternent ? Et dans le cas où tu serais bien l'une des neuf Pourquoi m'as-tu dit que tu étais le huit ? Si je te pose la question C'est que j'avais accès à ton site sur muses.com/aura et j'ai égaré mon mot de passe. Tu sais, ce mot de passe sécurisé Qui nous permettait de nous exhiber tranquillement A l'abri des regards indiscrets. Je ne me souviens pas s'il y avait douze, quatorze ou vingt caractères. mais il y en avait plus que huit Il était fort et aléatoire Entre majuscules, minuscules, symboles et chiffres Impossible à craquer C'était mieux que Fort Knox Dedans tu avais mis ton âge, ton poids, ta taille, ta pointure Et les lettres, arbmu et umz Et un symbole étrange un t avec une virgule souscrite. J'ai appelé à gauche et à droite les Muses pour retrouver ta trace, Je t'ai googlisé. En vain. Es tu vraiment ma Muse ou Furie ? Par acquit de conscience j 'ai vérifié les noms des Furies Tisiphone, Mégère et Alecton. Et j'en reviens à la seule et unique question : Qui es-tu ? Mon ombre, certes, mais encore ? J'ai rêvé que tu étais astronaute et moi Martien. Tu m'avais réduit de la taille d'un minuscule atome Que tu gardais bien au chaud dans son berceau Au fond de la planète Utérus. Et tu m'allaitais d'eau de vie de mirabelle et me berçais De câlins sucrés. Et je gazouillais En regardant tes yeux, Aura, A l'époque rouges jaunes orange bleus Puis un jour tes yeux sont passé au vert Et tu m'as sevré sans un mot, sans une parole. Tu m'as mis hors du miroir Et tu m'as dit d'aller caresser l'oiseau. Et depuis j'erre comme un bateau ivre Mais revenons à nos orphies : Le mot de passe !!! Pour simplifier je te propose Qu'on efface tout ça et qu'on mette à la place Juste une phrase comme : Amant alterna camenae (Virg. egl III,59)
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(Sur l'air de Malbrouck.) Dans l'affreux cimetière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Dans l'affreux cimetière Frémit le nénuphar. Castaing lève sa pierre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Castaing lève sa pierre Dans l'herbe de Clamar, Et crie et vocifère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Et crie et vocifère : Je veux être césar ! Cartouche en son suaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Cartouche en son suaire S'écrie ensanglanté - Je veux aller sur terre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux aller sur terre Pour être majesté ! Mingrat monte à sa chaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Mingrat monte à sa chaire, Et dit, sonnant le glas : - Je veux, dans l'ombre où j'erre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux, dans l'ombre où j'erre Avec mon coutelas, Etre appelé : mon frère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Etre appelé : mon frère, Par le czar Nicolas ! Poulmann, dans l'ossuaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Poulmann dans l'ossuaire S'éveillant en fureur, Dit à Mandrin : - Compère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Dit à Mandrin : - Compère, Je veux être empereur ! - Je veux, dit Lacenaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux, dit Lacenaire, Etre empereur et roi ! Et Soufflard déblatère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Et Soufflard déblatère, Hurlant comme un beffroi : - Au lieu de cette bière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Au lieu de cette bière, Je veux le Louvre, moi Ainsi, dans leur poussière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Ainsi, dans leur poussière, Parlent les chenapans. - Çà, dit Robert Macaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! - Ça, dit Robert Macaire, Pourquoi ces cris de paons ? Pourquoi cette colère ? Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Pourquoi cette colère ? Ne sommes-nous pas rois ? Regardez, le saint-père, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Regardez, le saint-père, Portant sa grande croix, Nous sacre tous ensemble, Ô misère, ô douleur, Paris tremble ! Nous sacre tous ensemble Dans Napoléon trois !
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Le sacre
(Sur l'air de Malbrouck.) Dans l'affreux cimetière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Dans l'affreux cimetière Frémit le nénuphar. Castaing lève sa pierre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Castaing lève sa pierre Dans l'herbe de Clamar, Et crie et vocifère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Et crie et vocifère : Je veux être césar ! Cartouche en son suaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Cartouche en son suaire S'écrie ensanglanté - Je veux aller sur terre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux aller sur terre Pour être majesté ! Mingrat monte à sa chaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Mingrat monte à sa chaire, Et dit, sonnant le glas : - Je veux, dans l'ombre où j'erre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux, dans l'ombre où j'erre Avec mon coutelas, Etre appelé : mon frère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Etre appelé : mon frère, Par le czar Nicolas ! Poulmann, dans l'ossuaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Poulmann dans l'ossuaire S'éveillant en fureur, Dit à Mandrin : - Compère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Dit à Mandrin : - Compère, Je veux être empereur ! - Je veux, dit Lacenaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux, dit Lacenaire, Etre empereur et roi ! Et Soufflard déblatère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Et Soufflard déblatère, Hurlant comme un beffroi : - Au lieu de cette bière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Au lieu de cette bière, Je veux le Louvre, moi Ainsi, dans leur poussière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Ainsi, dans leur poussière, Parlent les chenapans. - Çà, dit Robert Macaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! - Ça, dit Robert Macaire, Pourquoi ces cris de paons ? Pourquoi cette colère ? Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Pourquoi cette colère ? Ne sommes-nous pas rois ? Regardez, le saint-père, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Regardez, le saint-père, Portant sa grande croix, Nous sacre tous ensemble, Ô misère, ô douleur, Paris tremble ! Nous sacre tous ensemble Dans Napoléon trois !
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Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d'ahan Ton cours vers d'autres nébuleuses Les démons du hasard selon Le chant du firmament nous mènent A sons perdus leurs violons Font danser notre race humaine Sur la descente à reculons Destins destins impénétrables Rois secoués par la folie Et ces grelottantes étoiles De fausses femmes dans vos lits Aux déserts que l'histoire accable Luitpold le vieux prince régent Tuteur de deux royautés folles Sanglote-t-il en y songeant Quand vacillent les lucioles Mouches dorées de la Saint-Jean Près d'un château sans châtelaine La barque aux barcarols chantants Sur un lac blanc et sous l'haleine Des vents qui tremblent au printemps Voguait cygne mourant sirène Un jour le roi dans l'eau d'argent Se noya puis la bouche ouverte Il s'en revint en surnageant Sur la rive dormir inerte Face tournée au ciel changeant Juin ton soleil ardente lyre Brûle mes doigts endoloris Triste et mélodieux délire J'erre à travers mon beau Paris Sans avoir le cœur d'y mourir Les dimanches s'y éternisent Et les orgues de Barbarie Y sanglotent dans les cours grises Les fleurs aux balcons de Paris Penchent comme la tour de Pise Soirs de Paris ivres du gin Flambant de l'électricité Les tramways feux verts sur l'échine Musiquent au long des portées De rails leur folie de machines Les cafés gonflés de fumée Crient tout l'amour de leurs tziganes De tous leurs siphons enrhumés De leurs garçons vêtus d'un pagne Vers toi toi que j'ai tant aimée Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de mes années Des hymnes d'esclave aux murènes La romance du mal aimé Et des chansons pour les sirènes.
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Voie lactée (2)
Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d'ahan Ton cours vers d'autres nébuleuses Les démons du hasard selon Le chant du firmament nous mènent A sons perdus leurs violons Font danser notre race humaine Sur la descente à reculons Destins destins impénétrables Rois secoués par la folie Et ces grelottantes étoiles De fausses femmes dans vos lits Aux déserts que l'histoire accable Luitpold le vieux prince régent Tuteur de deux royautés folles Sanglote-t-il en y songeant Quand vacillent les lucioles Mouches dorées de la Saint-Jean Près d'un château sans châtelaine La barque aux barcarols chantants Sur un lac blanc et sous l'haleine Des vents qui tremblent au printemps Voguait cygne mourant sirène Un jour le roi dans l'eau d'argent Se noya puis la bouche ouverte Il s'en revint en surnageant Sur la rive dormir inerte Face tournée au ciel changeant Juin ton soleil ardente lyre Brûle mes doigts endoloris Triste et mélodieux délire J'erre à travers mon beau Paris Sans avoir le cœur d'y mourir Les dimanches s'y éternisent Et les orgues de Barbarie Y sanglotent dans les cours grises Les fleurs aux balcons de Paris Penchent comme la tour de Pise Soirs de Paris ivres du gin Flambant de l'électricité Les tramways feux verts sur l'échine Musiquent au long des portées De rails leur folie de machines Les cafés gonflés de fumée Crient tout l'amour de leurs tziganes De tous leurs siphons enrhumés De leurs garçons vêtus d'un pagne Vers toi toi que j'ai tant aimée Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de mes années Des hymnes d'esclave aux murènes La romance du mal aimé Et des chansons pour les sirènes.
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L'étang mystérieux, suaire aux blanches moires, Frisonne ; au fond du bois la clairière apparaît ; Les arbres sont profonds et les branches sont noires ; Avez-vous vu Vénus à travers la forêt ? Avez-vous vu Vénus au sommet des collines ? Vous qui passez dans l'ombre, êtes-vous des amants ? Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines ; L'herbe s'éveille et parle aux sépulcres dormants. Que dit-il, le brin d'herbe ? et que répond la tombe ? Aimez, vous qui vivez ! on a froid sous les ifs. Lèvre, cherche la bouche ! aimez-vous ! la nuit tombe ; Soyez heureux pendant que nous sommes pensifs. Dieu veut qu'on ait aimé. Vivez ! faites envie, Ô couples qui passez sous le vert coudrier. Tout ce que dans la tombe, en sortant de la vie, On emporta d'amour, on l'emploie à prier. Les mortes d'aujourd'hui furent jadis les belles. Le ver luisant dans l'ombre erre avec son flambeau. Le vent fait tressaillir, au milieu des javelles, Le brin d'herbe, et Dieu fait tressaillir le tombeau. La forme d'un toit noir dessine une chaumière ; On entend dans les prés le pas lourd du faucheur ; L'étoile aux cieux, ainsi qu'une fleur de lumière, Ouvre et fait rayonner sa splendide fraîcheur. Aimez-vous ! c'est le mois où les fraises sont mûres. L'ange du soir rêveur, qui flotte dans les vents, Mêle, en les emportant sur ses ailes obscures, Les prières des morts aux baisers des vivants. Chelles, août 18...
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Crépuscule
Mi memoria conserva apenas solo el eco vacilante de su alta melodía: lamento de metal, rumor de alambre, voz de junco, también latido, vena.   Recuerdo claramente su erre temblorosa, su estremecida erre suspendida sobre un abismo de silencio y ámbar, desprendiéndose casi de la música oscura que por detrás la asía, defendiéndose apenas del cálido misterio que la alzaba en el aire creando un solo cuerpo de luz y de belleza.   Luminosa y precisa, yo la sentía en mi ser profundamente, sabía su sentido, descifraba sin llanto su mensaje, porque acaso ella fuese -o sin acaso: cierto- la única palabra irrefrenable que mi sangre entendía y pronunciaba: una palabra para estar seguro, talismán infalible significando aquello que nombraba.   Como un perfume que lo explica todo, como una luz inesperada, su presencia de viento y melodía hería los sentidos, golpeaba el corazón, estremecía la carne con el presentimiento verdadero de la honda realidad que descubría.   Pronunciarla despacio equivalía a ver, a amar, a acariciar un cuerpo, a oler el mar, a oír la primavera, a morder una fruta de piel dulce.   Todo ocurría así, hasta que un día la dije bien, y no entendí su cántico. La grité clara, la repetí dura, y esperé avidamente, y percibí, lejano, un eco inexplicable, infiel reflejo que en vez de iluminar, oscurecía, que en vez de revelar, cubrió de tierra la imprecisa nostalgia de su antiguo mensaje. Cuando un nombre no nombra, y se vacía, desvanece también, destruye, mata la realidad que intenta su designio.
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Palabra muerta, realidad perdida
Mi memoria conserva apenas solo el eco vacilante de su alta melodía: lamento de metal, rumor de alambre, voz de junco, también latido, vena.   Recuerdo claramente su erre temblorosa, su estremecida erre suspendida sobre un abismo de silencio y ámbar, desprendiéndose casi de la música oscura que por detrás la asía, defendiéndose apenas del cálido misterio que la alzaba en el aire creando un solo cuerpo de luz y de belleza.   Luminosa y precisa, yo la sentía en mi ser profundamente, sabía su sentido, descifraba sin llanto su mensaje, porque acaso ella fuese -o sin acaso: cierto- la única palabra irrefrenable que mi sangre entendía y pronunciaba: una palabra para estar seguro, talismán infalible significando aquello que nombraba.   Como un perfume que lo explica todo, como una luz inesperada, su presencia de viento y melodía hería los sentidos, golpeaba el corazón, estremecía la carne con el presentimiento verdadero de la honda realidad que descubría.   Pronunciarla despacio equivalía a ver, a amar, a acariciar un cuerpo, a oler el mar, a oír la primavera, a morder una fruta de piel dulce.   Todo ocurría así, hasta que un día la dije bien, y no entendí su cántico. La grité clara, la repetí dura, y esperé avidamente, y percibí, lejano, un eco inexplicable, infiel reflejo que en vez de iluminar, oscurecía, que en vez de revelar, cubrió de tierra la imprecisa nostalgia de su antiguo mensaje. Cuando un nombre no nombra, y se vacía, desvanece también, destruye, mata la realidad que intenta su designio.
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Monotone monocorde d'une voix sans timbre d'une voix aphone Je ploids sous le poids de cette mélopée sans fard lente et lanscinante inscrite dans mes chairs en caractère gras Mises à mal par la vie Mises à mort Maintes fois Et toujours on se relève On revient Et on erre dans cette vie Mise à prix Au marché des Sans Noms Ta valeur n'a pas de prix Que cela soit inscrit En caractère gras
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Jan 10, 2017
Jan 10, 2017 at 3:28 PM UTC
Untitled
Sonnet. Pluviôse, irrité contre la ville entière, De son urne à grands flots verse un froid ténébreux Aux pâles habitants du voisin cimetière Et la mortalité sur les faubourgs brumeux. Mon chat sur le carreau cherchant une litière Agite sans repos son corps maigre et galeux ; L'âme d'un vieux poète erre dans la gouttière Avec la triste voix d'un fantôme frileux. Le bourdon se lamente, et la bûche enfumée Accompagne en fausset la pendule enrhumée, Cependant qu'en un jeu plein de sales parfums, Héritage fatal d'une vieille hydropique, Le beau valet de coeur et la dame de pique Causent sinistrement de leurs amours défunts.
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Pluviôse, irrité contre la ville entière
Quand je vais poursuivant mes courses poétiques, Je m'arrête surtout aux vieux châteaux gothiques. J'aime leurs toits d'ardoise aux reflets bleus et gris, Aux faîtes couronnés d'arbustes rabougris ; Leurs pignons anguleux, leurs tourelles aiguës ; Dans les réseaux de plomb leurs vitres exiguës, Légendes des vieux temps où les preux et les saints Se groupent sous l'ogive en fantasques dessins ; Avec ses minarets moresques, la chapelle Dont la cloche qui tinte à la prière appelle ; J'aime leurs murs verdis par l'eau du ciel lavés, Leurs cours où l'herbe croît à travers les pavés, Au sommet des donjons leurs girouettes frêles Que la blanche cigogne effleure de ses ailes ; Leurs ponts-levis tremblants, leurs portails blasonnés, De monstres, de griffons, bizarrement ornés ; Leurs larges escaliers aux marches colossales, Leurs corridors sans fin et leurs immenses salles, Où, comme une voix faible, erre et gémit le vent, Où, recueilli dans moi, je m'égare, rêvant, Paré de souvenirs d'amour et de féerie, Le brillant moyen-âge et la chevalerie.
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Moyen-âge
Trois petits pâtés, ma chemise brûle. Monsieur le Curé n'aime pas les os. Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule, Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux ! Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule, On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux. Vivent le muguet et la campanule ! Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux. Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux ! Trois petits pâtés, un point et virgule ; On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux. Vivent le muguet et la campanule ! Trois petits pâtés, un point et virgule ; Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux. La libellule erre emmi les roseaux. Monsieur le Curé, ma chemise brûle !
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Pantoum négligé
Pour une toile fraîchement peinte Où j’ai mis mon âme et le reste aussi Sur une peinture franchement sainte Où j'ai mis fortune en pari, Et je perdus le reste ainsi Cette ville qui ne dort jamais La ville de la nuit Que l'on ne quitte jamais Celle que l'on fuit, Trottoirs où le soleil nous cuits Une nuit en la ville, Mille soleils, le Paris d’ici Où j'erre en pauvre imbécile Les secondes de ciel amincies J'en tire mon mal comme un cheval docile Le diable se cache parmis nous Est-ce que tu le crois ? Il réside chez les rois comme chez les fous Cheval de Troie Une Percée dans les étoiles, notre seul toit La ville des lumières éteintes Bidonville de lumières mortes La cité des lumières saintes Aux visages de toutes sortes Pas besoin des clés de la ville pour ouvrir ses portes La cité des vivants, Un Hadès aux yeux de tous La cité des mourants L’ombre où les maux des hommes poussent Et les pauvres de leurs malheurs toussent En ce jour aux nuages ocre Les feux sont déjà tombés, n'ayez crainte Les humeurs et les airs âcres, Déjà les ruisseaux et leurs teintes, Ont découlés des rues comme une plainte
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Apr 21, 2020
Apr 21, 2020 at 5:14 PM UTC
Le Paranoïaque du coin de rue
L'Océan sonore Palpite sous l'oeil De la lune en deuil Et palpite encore, Tandis qu'un éclair Brutal et sinistre Fend le ciel de bistre D'un long zigzag clair, Et que chaque lame, En bonds convulsifs, Le long des récifs Va, vient, luit et clame, Et qu'au firmament, Où l'ouragan erre, Rugit le tonnerre Formidablement.
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Marine
Oh ! talk not to me of a name great in story ; The days of our youth are the days of our glory ; And the myrtle and ivy of sweet two-and-twenty Are worth all your laurels, though ever so plenty. BYRON. Un jour vient où soudain l'artiste généreux A leur poids sur son front sent les ans plus nombreux. Un matin il s'éveille avec cette pensée : - Jeunesse aux jours dorés, je t'ai donc dépensée ! Oh ! qu'il m'en reste peu ! Je vois le fond du sort, Comme un prodigue en pleurs le fond du coffre-fort. - Il sent, sous le soleil qui plus ardent s'épanche, Comme à midi les fleurs, sa tête qui se penche ; Si d'aventure il trouve, en suivant son destin, Le gazon sous ses pas mouillé comme au matin, Il dit, car il sait bien que son aube est passée : - C'est de la pluie, hélas ! et non de la rosée ! - C'en est fait. Son génie est plus mûr désormais. Son aile atteint peut-être à de plus fiers sommets ; La fumée est plus rare au foyer qu'il allume ; Son astre haut monté soulève moins de brumes ; Son coursier applaudi, parcourt mieux le champ clos ; Mais il n'a plus en lui, pour l'épandre à grands flots Sur des œuvres, de grâce et d'amour couronnées, Le frais enchantement de ses jeunes années ! Oh ! rien ne rend cela ! - Quand il s'en va cherchant Ces pensers de hasard que l'on trouve en marchant, Et qui font que le soir l'artiste chez son hôte Rentre le cœur plus fier et la tête plus haute, Quand il sort pour rêver, et qu'il erre incertain, Soit dans les prés lustrés, au gazon de satin, Soit dans un bois qu'emplit cette chanson sonore Que le petit oiseau chante à la jeune aurore, Soit dans le carrefour bruyant et fréquenté, - Car Paris et la foule ont aussi leur beauté, Et les passants ne sont, le soir, sur les quais sombres, Q'un flux et qu'un reflux de lumières et d'ombres ; - Toujours, au fond de tout, toujours, dans son esprit, Même quand l'art le tient, l'enivre et lui sourit, Même dans ses chansons, même dans ses pensées Les plus joyeusement écloses et bercées, Il retrouve, attristé, le regret morne et froid Du passé disparu, du passé, quel qu'il soit ! Novembre 1831.
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Un jour vient où soudain l'artiste généreux
Oh ! talk not to me of a name great in story ; The days of our youth are the days of our glory ; And the myrtle and ivy of sweet two-and-twenty Are worth all your laurels, though ever so plenty. BYRON. Un jour vient où soudain l'artiste généreux A leur poids sur son front sent les ans plus nombreux. Un matin il s'éveille avec cette pensée : - Jeunesse aux jours dorés, je t'ai donc dépensée ! Oh ! qu'il m'en reste peu ! Je vois le fond du sort, Comme un prodigue en pleurs le fond du coffre-fort. - Il sent, sous le soleil qui plus ardent s'épanche, Comme à midi les fleurs, sa tête qui se penche ; Si d'aventure il trouve, en suivant son destin, Le gazon sous ses pas mouillé comme au matin, Il dit, car il sait bien que son aube est passée : - C'est de la pluie, hélas ! et non de la rosée ! - C'en est fait. Son génie est plus mûr désormais. Son aile atteint peut-être à de plus fiers sommets ; La fumée est plus rare au foyer qu'il allume ; Son astre haut monté soulève moins de brumes ; Son coursier applaudi, parcourt mieux le champ clos ; Mais il n'a plus en lui, pour l'épandre à grands flots Sur des œuvres, de grâce et d'amour couronnées, Le frais enchantement de ses jeunes années ! Oh ! rien ne rend cela ! - Quand il s'en va cherchant Ces pensers de hasard que l'on trouve en marchant, Et qui font que le soir l'artiste chez son hôte Rentre le cœur plus fier et la tête plus haute, Quand il sort pour rêver, et qu'il erre incertain, Soit dans les prés lustrés, au gazon de satin, Soit dans un bois qu'emplit cette chanson sonore Que le petit oiseau chante à la jeune aurore, Soit dans le carrefour bruyant et fréquenté, - Car Paris et la foule ont aussi leur beauté, Et les passants ne sont, le soir, sur les quais sombres, Q'un flux et qu'un reflux de lumières et d'ombres ; - Toujours, au fond de tout, toujours, dans son esprit, Même quand l'art le tient, l'enivre et lui sourit, Même dans ses chansons, même dans ses pensées Les plus joyeusement écloses et bercées, Il retrouve, attristé, le regret morne et froid Du passé disparu, du passé, quel qu'il soit ! Novembre 1831.
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No queria que vengas Que supieras Todo esto que me sucede a mi No se si quiero creer Que erre de vuelta en esta vida Al dejarte sin nido ni calor Una copa de vino alcanza Para borrar todas estas cosas Por un momento quizás No importa… Un rato sin recordarte me hace bien y creo que a vos tambien
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Apr 14, 2020
Apr 14, 2020 at 8:06 PM UTC
Confusiones
De toutes les douleurs douces Je compose mes magies ! Paul, les paupières rougies, Erre seul aux Pamplemousses. La Folle-par-amour chante Une ariette touchante. C'est la mère qui s'alarme De sa fille fiancée. C'est l'épouse délaissée Qui prend un sévère charme A s'exagérer l'attente Et demeure palpitante. C'est l'amitié qu'on néglige Et qui se croit méconnue. C'est toute angoisse ingénue, C'est tout bonheur qui s'afflige : L'enfant qui s'éveille et pleure, Le prisonnier qui voit l'heure, Les sanglots des tourterelles, La plainte des jeunes filles. C'est l'appel des Inésilles - Que gardent dans des tourelles De bons vieux oncles avares - A tous sonneurs de guitares. Voici Damon qui soupire Sa tendresse à Geneviève De Brabant qui fait ce rêve D'exercer un chaste empire Dont elle-même se pâme Sur la veuve de Pyrame Tout exprès ressuscitée, Et la forêt des Ardennes Sent circuler dans ses veines La flamme persécutée De ces princesses errantes Sous les branches murmurantes, Et madame Malbrouck monte A sa tour pour mieux entendre La viole et la voix tendre De ce cher trompeur de Comte Ory qui revient d'Espagne Sans qu'un doublon l'accompagne. Mais il s'est couvert de gloire Aux gorges des Pyrénées Et combien d'infortunées Au teint de lys et d'ivoire Ne fit-il pas à tous risques Là-bas, parmi les Morisques !... Toute histoire qui se mouille De délicieuses larmes, Fût-ce à travers des chocs d'armes, Aussitôt chez moi s'embrouille, Se mêle à d'autres encore, Finalement s'évapore En capricieuses nues, Laissant à travers des filtres Subtils talismans et philtres Au fin fond de mes cornues Au feu de l'amour rougies. Accourez à mes magies ! C'est très beau. Venez, d'aucunes Et d'aucuns. Entrez, bagasse ! Cadet-Roussel est paillasse Et vous dira vos fortunes. C'est Crédit qui tient la caisse. Allons vite qu'on se presse !
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Images d'un sou
De toutes les douleurs douces Je compose mes magies ! Paul, les paupières rougies, Erre seul aux Pamplemousses. La Folle-par-amour chante Une ariette touchante. C'est la mère qui s'alarme De sa fille fiancée. C'est l'épouse délaissée Qui prend un sévère charme A s'exagérer l'attente Et demeure palpitante. C'est l'amitié qu'on néglige Et qui se croit méconnue. C'est toute angoisse ingénue, C'est tout bonheur qui s'afflige : L'enfant qui s'éveille et pleure, Le prisonnier qui voit l'heure, Les sanglots des tourterelles, La plainte des jeunes filles. C'est l'appel des Inésilles - Que gardent dans des tourelles De bons vieux oncles avares - A tous sonneurs de guitares. Voici Damon qui soupire Sa tendresse à Geneviève De Brabant qui fait ce rêve D'exercer un chaste empire Dont elle-même se pâme Sur la veuve de Pyrame Tout exprès ressuscitée, Et la forêt des Ardennes Sent circuler dans ses veines La flamme persécutée De ces princesses errantes Sous les branches murmurantes, Et madame Malbrouck monte A sa tour pour mieux entendre La viole et la voix tendre De ce cher trompeur de Comte Ory qui revient d'Espagne Sans qu'un doublon l'accompagne. Mais il s'est couvert de gloire Aux gorges des Pyrénées Et combien d'infortunées Au teint de lys et d'ivoire Ne fit-il pas à tous risques Là-bas, parmi les Morisques !... Toute histoire qui se mouille De délicieuses larmes, Fût-ce à travers des chocs d'armes, Aussitôt chez moi s'embrouille, Se mêle à d'autres encore, Finalement s'évapore En capricieuses nues, Laissant à travers des filtres Subtils talismans et philtres Au fin fond de mes cornues Au feu de l'amour rougies. Accourez à mes magies ! C'est très beau. Venez, d'aucunes Et d'aucuns. Entrez, bagasse ! Cadet-Roussel est paillasse Et vous dira vos fortunes. C'est Crédit qui tient la caisse. Allons vite qu'on se presse !
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Nul troupeau n'erre ni ne broute ; Le berger s'allonge à l'écart ; La poussière dort sur la route, Le charretier sur le brancard. Le forgeron dort dans la forge ; Le maçon s'étend sur un banc ; Le boucher ronfle à pleine gorge, Les bras rouges encor de sang. La guêpe rôde au bord des jattes ; Les ramiers couvrent les pignons ; Et, la gueule entre les deux pattes, Le dogue a des rêves grognons. Les lavandières babillardes Se taisent. Non **** du lavoir, En plein azur, sèchent les hardes D'une blancheur blessante à voir. La férule à peine surveille Les écoliers inattentifs ; Le murmure épars d'une abeille Se mêle aux alphabets plaintifs... Un vent chaud traîne ses écharpes Sur les grands blés lourds de sommeil, Et les mouches se font des harpes Avec des rayons de soleil. Immobiles devant les portes Sur la pierre des seuils étroits, Les aïeules semblent des mortes Avec leurs quenouilles aux doigts. C'est alors que de la fenêtre S'entendent, tout en parlant bas, Plus libres qu'à minuit peut-être, Les amants, qui ne dorment pas.
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Midi au village