"envi" poems
Madrigal.
Mes deux mains a l'envi disputent de leur gloire,
Et dans leurs sentiments jaloux
Je ne sais ce que j'en dois croire.
Philis, je m'en rapporte à vous,
Réglez mon amour par le vôtre :
Vous savez leurs honneurs divers,
La droite a mis au jour un million de vers ;
Mais votre belle bouche a daigné baiser l'autre ;
Adorable Philis, peut-on mieux décider,
Que la droite lui doit céder ?
(Réponse de Mademoiselle Serment.)
Si vous parlez sincèrement
Lorsque vous préférez la main gauche à la droite,
De votre jugement je suis mal satisfaite.
Le baiser le plus doux ne dure qu'un moment ;
Un million de vers dure éternellement,
Quand ils sont beaux comme les vôtres :
Mais vous parlez comme un amant,
Et peut-être comme un Normand ;
Vendez vos coquilles à d'autres.
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Because you have thrown of your Prelate Lord,
And with stiff Vowes renounc’d his Liturgie
To seise the widdow’d ***** Pluralitie
From them whose sin ye envi’d, not abhor’d,
Dare ye for this adjure the Civill Sword
To force our Consciences that Christ set free,
And ride us with a classic Hierarchy
Taught ye by meer A. S. and Rotherford?
Men whose Life, Learning, Faith and pure intent
Would have been held in high esteem with Paul
Must now he nam’d and printed Hereticks
By shallow Edwards and Scotch what d’ye call:
But we do hope to find out all your tricks,
Your plots and packing wors then those of Trent,
That so the Parliament
May with their wholsom and preventive Shears
Clip your Phylacteries, though bauk your Ears,
And succour our just Fears
When they shall read this clearly in your charge
New Presbyter is but Old Priest Writ Large.
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Sonnet.
Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.
Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.
Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;
Et plus **** un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.
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La rosée arrondie en perles
Scintille aux pointes du gazon ;
Les chardonnerets et les merles
Chantent à l'envi leur chanson ;
Les fleurs de leurs paillettes blanches
Brodent le bord vert du chemin ;
Un vent léger courbe les branches
Du chèvrefeuille et du jasmin ;
Et la lune, vaisseau d'agate,
Sur les vagues des rochers bleus
S'avance comme la frégate
Au dos de l'Océan houleux.
Jamais la nuit de plus d'étoiles
N'a semé son manteau d'azur,
Ni, du doigt entr'ouvrant ses voiles,
Mieux fait voir Dieu dans le ciel pur.
Prends mon bras, ô ma bien-aimée,
Et nous irons, à deux, jouir
De la solitude embaumée,
Et, couchés sur la mousse, ouïr
Ce que tout bas, dans la ravine
Où brillent ses moites réseaux,
En babillant, l'eau qui chemine
Conte à l'oreille des roseaux.
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Sonnet.
Vois à loisir ce lieu champêtre ;
Les jours y coulent sans ennuis :
Tâche, si tu peux, de connaître
Tant d'herbes, de fleurs, et de fruits.
Ces animaux que tu poursuis,
Ces oiseaux que tu vois paraître,
Dans ce bel enclos sont réduits
Par les soins et l'art de son maître.
Jette après la vue au dehors,
Et, voyant avec quels efforts
La nature à l'envi le pare,
Demande à tes yeux enchantés
S'il pouvait, en un lieu plus rare,
Assembler tant de raretés.
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Je suis bien ignorant, Madame :
Je ne sais si j'ai quatre mains,
Si je n'ai qu'un corps ou qu'une âme,
Ou quatre pieds sur les chemins.
Je ne sais pas si j'ai deux queues,
Et deux têtes, il se pourrait ;
Mais je ne ferais pas trois lieues
Pour prendre au vol ce beau secret.
Je ne sais si j'ai quatre joues,
Sous quatre-z-yeux ou sous deux nez,
Comme ceux avec qui tu joues,
Sans gestes trop désordonnés.
Je ne sais pas si j'ai six... couilles
Ou six ou sept, entendons-nous,
Ké-ke-ça peut vous fiche... arsouilles,
Je ne couche pas avec vous.
Toi, dont le lit doré sait faire
Magnifiquement son devoir,
Peut-être, tu n'as qu'un ovaire...
Je ne tiens pas à le savoir.
J'ignore encor... si... dans les fesses,
S'effeuille la rose des vents,
Car celles sur qui tu t'affaisses...
Je consulterai les savants.
Je ne sais rien de rien des choses,
J'aime à bâiller, même au grand jour,
Mieux que l'huître et plus que les roses
Qui n'en font pas moins bien l'amour.
Je ne sais rien... qu'un peu... l'histoire
De la France... el de ses succès,
Or, ce n'est pas très méritoire,
Je suis républicain français.
Je crois savoir qu'elle s'ébauche
Avec les Gaulois, et les Francs,
Ces Germains de la couille gauche,
Qui ne me sont indifférents.
Qu'elle se précise au bruit... juste,
Que fit en s'ouvrant sans façons
Le soldat, dont Clovis, auguste,
Fendit... le vase de Soissons,
Qu'elle s'étend, sous sa courtine
Que les Lys brodent à l'envi,
Jusqu'au règne de Valentine,
Sous le nez de Monsieur Grévy.
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