"droit" poems
Le garçon délabré qui n’a rien à faire
Que de se gratter les doigts et se pencher sur mon épaule:
‘Dans mon pays il fera temps pluvieux,
Du vent, du grand soleil, et de la pluie;
C’est ce qu’on appelle le jour de lessive des gueux.’
(Bavard, baveux, à la croupe arrondie,
Je te prie, au moins, ne bave pas dans la soupe).
‘Les saules trempés, et des bourgeons sur les ronces—
C’est là, dans une averse, qu’on s’abrite.
J’avais sept ans, elle était plus petite.
Elle était toute mouillée, je lui ai donné des primevères.’
Les taches de son gilet montent au chiffre de trentehuit.
‘Je la chatouillais, pour la faire rire.
J’éprouvais un instant de puissance et de délire.’
Mais alors, vieux lubrique, à cet âge …
‘Monsieur, le fait est dur.
Il est venu, nous peloter, un gros chien;
Moi j’avais peur, je l’ai quittée à mi-chemin.
C’est dommage.’
Mais alors, tu as ton vautour!
Va t’en te décrotter les rides du visage;
Tiens, ma fourchette, décrasse-toi le crâne.
De quel droit payes-tu des expériences comme moi?
Tiens, voilà dix sous, pour la salle-de-bains.
Phlébas, le Phénicien, pendant quinze jours noyé,
Oubliait les cris des mouettes et la houle de Cornouaille,
Et les profits et les pertes, et la cargaison d’étain:
Un courant de sous-mer l’emporta très ****
Le repassant aux étapes de sa vie antérieure.
Figurez-vous donc, c’était un sort pénible;
Cependant, ce fut jadis un bel homme, de haute taille.
3.5k
en la hora de monet tus ojos me arrullan
mi cabeza despejada me da un sorbo de realidad
mientras tus ojos me acarician
en la hora de monet los ojos me duelen, pero veo mas claro que nunca
absorbo la luz, y los olores de las damas hermosas que se cruzan en mi camino, busco en sus ojos un rastro de los tuyos.
mientras el sueño me acorrala, otro dia de pesadillas y llamadas funestas
pero todo brilla aun en un cielo de monet, con tu hermosa mirada en el rabillo de mi ojo.
asi en la hora de monet, tus ojos brillan mas, y la soledad pesa menos quel corazon funesto de algun creep
en esta hora la cobardia del mundo pesa menos, todo es menos ******
tu actitud de pato feo contraste con tu belleza de cisne
en un cielo de monet, con la vista hermosa en mi cabeza, todo se aclara
la realidad ya no es funesta, en un dia claro la realidad me golpea
el pasado ya no pesa.
LA CALIDEZ PERDIDA EN LOS OJOS EQUIVOCADOS
ENTRE PERDIDA Y DESEO ME FUI DISOLVIENDO, COMO LA LUZ DEL ALBA FRENTE AL SOL DE LA TARDE QUE GANA FUERZA
EN UN CIELO OBSCURO, EL PASADO VOLVIO, ROMPIO EN DOS EL DESEO HERMOSO.
asi en un cielo de monet la realidad me golpea la cara, tus ofenzas y el desden borraron el deseo, que se deshizo como arena entre mis dedos.
EN UN CIELO OSCURO VOLVIO LA FARZA Y EL CAPRICHO, LO QUISIERON TODO, Y OTRA VEZ CON TRAMPAS BORRARON TODO RASTRO DE BELLEZA.
EN UN CIELO DE MONET EL DESEO SE VOLVIO UN PESAR, Y TU MUNDO FUNESTO SE VOLVIO A METER EN MI CAMINO.
PERO AHORA LA REALIDAD NO ME PESA, SE VUELVE HERMOSA.
EN UN CIELO DE MONET ENCONTRAR UNA MUJER HERMOSA DARLE PLACER Y DELEITES MIENTRAS EL MUNDO MIRA, Y LA CALLE RUGE, LA DROIT MIRA Y LADRA POR ALGUIEN QUE PERDIO POR DEFENDER BASURA .
BAJO LA BOVEDA ESTRELLADA , TODO BRILLA AHORA EN LIBERTAD , CAMINANDO ENTRE LA GENTE COMO UN LEON QUE CAMINA ENTRE CORDEROS OBSERVANDO A LOS OJOS , ESPERANDO A MI LEONA O MI TIGREZA.
Dec 21, 2014
Dec 21, 2014 at 10:12 PM UTC
Vous êtes brune et pourtant blonde,
Vous êtes blonde et pourtant brune...
Aurais-je l'air, aux yeux du monde,
D'arriver tout droit de la lune ?
Et cependant, on peut m'en croire,
Vous êtes l'une et l'autre chose
Comme Vous êtes blanche et noire,
Des cheveux noire et de chair, rose.
Mais peut-on dire dans le monde,
La plaisanterie est commune :
« Si votre belle Amie est blonde,
Elle est blonde, elle n'est pas brune ».
À moins d'arriver de la lune,
Peut encor dire tout le monde :
« Si votre belle Amie est brune,
Elle est brune, elle n'est pas blonde ».
Pourtant ! le savez-vous mieux qu'Elle ?
Leur répondrai-je (Tu supposes)
Eh bien ! moi, je ne sais laquelle
Elle est le plus de ces deux choses.
Bien que personne n'y consente
Et qu'elle semble inconséquente,
C'est une brune languissante
Et c'est une blonde piquante.
Aurais-je la bonne fortune
De mettre d'accord tout le monde,
Concédez-moi donc qu'elle est brune,
Je vous accorde qu'elle est blonde.
Elle a, pour faire à tout le monde
Une concession encore,
Une longue mèche de blonde
Dans ces cheveux bruns, qui les dore.
Enfin, je vous dis qu'elle est brune,
Je vous répète qu'elle est blonde,
Et si j'arrive de la lune,
Je me moque de tout le monde !
Après tout, ce n'est pas ma faute
Si, sous ses longs cheveux... funèbres,
Le corps blanc dont votre âme est l'hôte
A du soleil... dans ses ténèbres.
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Chanson.
Mimi Pinson est une blonde,
Une blonde que l'on connaît.
Elle n'a qu'une robe au monde,
Landerirette !
Et qu'un bonnet.
Le Grand Turc en a davantage.
Dieu voulut de cette façon
La rendre sage.
On ne peut pas la mettre en gage,
La robe de Mimi Pinson.
Mimi Pinson porte une rose,
Une rose blanche au côté.
Cette fleur dans son coeur éclose,
Landerirette !
C'est la gaieté.
Quand un bon souper la réveille,
Elle fait sortir la chanson
De la bouteille.
Parfois il penche sur l'oreille,
Le bonnet de Mimi Pinson.
Elle a les yeux et la main prestes.
Les carabins, matin et soir,
Usent les manches de leurs vestes,
Landerirette !
A son comptoir.
Quoique sans maltraiter personne,
Mimi leur fait mieux la leçon
Qu'à la Sorbonne.
Il ne faut pas qu'on la chiffonne,
La robe de Mimi Pinson.
Mimi Pinson peut rester fille,
Si Dieu le veut, c'est dans son droit.
Elle aura toujours son aiguille,
Landerirette !
Au bout du doigt.
Pour entreprendre sa conquête,
Ce n'est pas tout qu'un beau garçon :
Faut être honnête ;
Car il n'est pas **** de sa tête,
Le bonnet de Mimi Pinson.
D'un gros bouquet de fleurs d'orange
Si l'amour veut la couronner,
Elle a quelque chose en échange,
Landerirette !
A lui donner.
Ce n'est pas, on se l'imagine,
Un manteau sur un écusson
Fourré d'hermine ;
C'est l'étui d'une perle fine,
La robe de Mimi Pinson.
Mimi n'a pas l'âme vulgaire,
Mais son coeur est républicain :
Aux trois jours elle a fait la guerre,
Landerirette !
En casaquin.
A défaut d'une hallebarde,
On l'a vue avec son poinçon
Monter la garde.
Heureux qui mettra sa cocarde
Au bonnet de Mimi Pinson !
2.3k
II.
Oh ! vers ces vétérans quand notre esprit s'élève,
Nous voyons leur front luire et resplendir leur glaive,
Fertile en grands travaux.
C'étaient là les anciens. Mais ce temps les efface !
France, dans ton histoire ils tiennent trop de place.
France, gloire aux nouveaux !
Oui, gloire à ceux d'hier ! ils se mettent cent mille,
Sabres nus, vingt contre un, sans crainte, et par la ville
S'en vont, tambours battants.
À mitraille ! leur feu brille, l'obusier tonne,
Victoire ! ils ont tué, carrefour Tiquetonne,
Un enfant de sept ans !
Ceux-ci sont des héros qui n'ont pas peur des femmes
Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes !
Sur les passants tremblants.
On voit, quand dans Paris leur troupe se promène,
Aux fers de leurs chevaux de la cervelle humaine
Avec des cheveux blancs !
Ils montent à l'assaut des lois ; sur la patrie
Ils s'élancent ; chevaux, fantassins, batterie,
Bataillon, escadron,
Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère,
Sonnant la charge, avec Maupas pour vexillaire
Et Veuillot pour clairon.
Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches,
Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches,
Braves ! c'est le moment !
Avec quelques tribuns la loi demeure seule.
Derrière vos canons chargés jusqu'à la gueule
Risquez-vous hardiment !
Ô soldats de décembre ! ô soldats d'embuscades
Contre votre pays ! honte à vos cavalcades
Dans Paris consterné !
Vos pères, je l'ai dit, brillaient comme le phare ;
Ils bravaient, en chantant une haute fanfare,
La mort, spectre étonné ;
Vos pères combattaient les plus fières armées,
Le prussien blond, le russe aux foudres enflammées,
Le catalan bruni,
Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce.
Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse,
Vous prenez Tortoni !
Histoire, qu'en dis-tu ? les vieux dans les batailles
Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ;
Ceux-ci vont, sans trembler,
Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes
Droit au crime. Ce sont deux façons différentes
De ne pas reculer.
Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
2.2k
A Parody
Brigitte my love
Our Country suffers of many debts
The people are restless
Whatever shall we do love?
Ah Macron, we must think past the cookies
The solutions are complex, answers evasive
Let me speak with Marie Antoinette, she shall know!
Queen of Navarre, By god we shall be saved!
Marie, Marie Antoinette our people are restless
Our republic is in debt. these are crazy times!
Whatever shall we do?
I am fed up, allons-y
Ah fear not, if they have not bread!
Let them eat Nutella!
Lower the prices
Nutella for the masses!!!
Marie, are you sure? very very sure of such things?
Oui oui, on with it, my father was emperor of Rome
Nutella will calm the masses
Come here Nemo. taste, see even Nemo is tres happy now!
And so France lowered the prices of Nutella
Thus began the nouveau French Revolution
Riots in the streets, brawling in the magasins
The uprising has began, we want our Nutella for free
The masses rose
Nutella for all, Nutella for sans prix
We are all somewhat fou for Nutella you see!
And so the masses fought each other for Nutella's liberty
Nutella one and Nut Ella all!
I swear to your Brigette
We should have given them Macarons!!!
People remain civilized with cafe and cookies! n'est pas?
Emmanuel my love, fret not
The revolution shall be quelled
Qh I have the perfect person for this
He shall restore order to our dear republic
Prey tell Brigette? Who could do such a thing now
Riots everywhere, the masses fight each other daily?
The streets are not safe
There is a shortages of Nutella now, we are doomed cheri
Non non mon amour, I shall call Alizee
She shall sing us out of the terrible mess
She is the mistress of Doug McMillion
This man can save us all!!
Brigitte, who is this man you call Doug?
Why Emmanuel he is the president of Walmart
He has squashed many Black Fridays rebellions
He shall save us all!!!!!!
From these unruly unsavory Nutella shoppers!!!!!
Vive la France!
Vive Alizee
Mange ton macaroon mon cheri
C'est ton droit et ta liberté
Jan 30, 2018
Jan 30, 2018 at 1:18 AM UTC
Éloge de Monsieur de Montaigne
(Dédié à Jean-Pierre)
Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem
que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger.
Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux,
Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes,
contenait une bibliothèque fournie.
Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux,
qui sied au palais et plait tant aux anglais.
Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux,
au collège de Guyenne,
Tu vécus en un temps empoisonné
par les guerres de religion et ses sombres fureurs.
Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme,
qui ne partageait pas sa même lecture de la Bible.
Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus !
C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne,
Bien que par ton tempérament et ta vie.
Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce.
Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux,
bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées,
et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve.
et cet acharnement infini des plaideurs,
à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès
que tant d’énergie vaine te semblait pure perte.
Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium»,
choquait ta conscience.
Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction,
Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur,
sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses.
Et de cette amitié, en recherchant les causes,
Tu conclus et répondit ainsi :
«Parce que c’était lui, parce que c’était moi»
Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de vivre
luit au cœur de cette amitié dont nous sommes,
à la fois, le réceptacle et l’offrande.
Cher Michel de Montaigne, je voulais,
te saluer ici et te faire savoir en quelle estime
Je te tiens avec tes «Essais» d’une bienveillante sagesse
Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne
Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens,
Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit
Je voulais aussi te dire que de ton surnom
J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort
Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses.
Paul Arrighi
Apr 21, 2016
Apr 21, 2016 at 6:16 AM UTC
<p><p>Les environs magnifiques de Squaw Valley .les détails classiques avec une touche rustique par Summit Soiree.jeunes mariés tiré à quatre épingles et Virgile Bunao faire ce qu'il fait le mieux ;prendre un beau cliché après l'autre .Ce mariage va tirer droit vers le haut de votre liste de favoris .je vous le garantis .Voir beaucoup plus ici .\u003cp\u003ePartager cette superbe galerie ColorsSeasonsSummerSettingsOudoorStylesAl Fresque <p>C'était un régal pour capturer Sarah et la session d'engagement de Daniel pendant Thanksgiving 2012 à Charleston .Le temps était maintenant en train de refroidir et de s'installer de l'apogée de la chaleur fou nous avons tendance à obtenir ici .mais qui ne les empêche pas de regarder si frais et si dans l'amour .Je comptais les jours avant leur mariage <a href="http://www.modedomicile.com/robe-demoiselle-dhonneur-c-60"><b>robe de demoiselle d'honneur</b></a> .à photographiez des scènes qui ont eu lieu .Je ne savais pas comment époustouflé je serais au milieu de ces montagnes .Lake Tahoe est un endroit magnifique et la joie de leurs familles et l'excitation Sarah et Daniel présentait à chaque fois mon appareil photo et j'ai regardé les faits Squaw Valley incroyablement picturesque.Being si élevé .chaque centimètre de cet endroit avait une lueur intense .Tout brillait .Sarah brillait .Daniel brillait .La verdure brillait .Lors de la cérémonie .la petite niche dans les bois .nous étions à eu un peu de lumière magnifique .À ce moment .il était clair que je devais laisser à Sarah .Daniel .leurs invités .et le soleil de faire toute cette journée mémorable .Ils ont fait Photographie <p>: Virgil Bunao | planification de l'événement: . Sommet Soiree | Robe <b>robe de demoiselle d honneur pas cher</b> de mariage: Monique Lhuillier | Cérémonie Lieu: Plump Jack Inn | Réception Lieu: Plump Jack Inn | Restauration : Plump Jack InnMonique Lhuillier est un membre de notre Look Book .Pour plus d'informations sur la façon dont les membres sont choisis .cliquez ici .Virgile Bunao photographie est <a href="http://www.modedomicile.com/robe-demoiselle-dhonneur-pas-cher-c-20"><b>robe de demoiselle d honneur pas cher</b></a> un membre de notre Little Black Book .Découvrez comment les membres sont choisis <p><a href="http://modedomicile.com/goods.php?id=2423" target="_blank"><img width="240" height="320" src="http://188.138.88.219/images_ld/td//t35/product_thumb/1/4187435353535_396606.jpg"></a></p> en visitant notre page de FAQ .Virgile Bunao Photographie voir le</p>
Jun 6, 2014
Jun 6, 2014 at 9:53 PM UTC
Couchers de Soleil sur la Comtale
ou un vaisseau sur la ville
Il est en Toulouse, le soir
comme un vaste vaisseau fantôme
Jetant sa proue sur le canal
et filant droit sur le cap Saint-Sernin,
c'est la Comtale en son écrin.
Comme une enchanteresse de couleurs,
mêlée d'ocre du soir et d'orange soleil
peignant les voiles de ce vaisseau.
La luminosité en terrasse
en fait un bel observatoire
de la palette des nuages,
des jeux infinis du soleil
et des sourires de la lune
qui scintillent sur Saint Sernin,
font resplendir les grands grues
de l'ancienne Toulouse, réveillée de son sommeil.
Quand le vent d'autan souffle fort,
comme un orchestre laissé seul
sans partition et sans baguette,
«La Comtale» frémit sous le choc
et ce noble vaisseau de pierres
voit ses terrasses dévastées,
par les outils de jardinage
et les plantes taillées menues.
Mais chère et haute nef, «La Comtale»,
tu n’es jamais toi-même que lorsque le soleil luit
et fait rougeoyer les briques ocres,
transforme tes terrasses en jardins étagées
à l’ombre des stores tirés
des plantes aromatiques et des cactées
qui parfument de menthe, de poivre et de miel
nos thés glacés et limonades sirotées avec joie.
Paul d’Aubin (Paul Arrighi), Toulouse
(02 avril 2014)
Apr 2, 2014
Apr 2, 2014 at 3:08 PM UTC
Cent mille hommes, criblés d'obus et de mitraille,
Cent mille hommes, couchés sur un champ de bataille,
Tombés pour leur pays par leur mort agrandi,
Comme on tombe à Fleurus, comme on tombe à Lodi,
Cent mille ardents soldats, héros et non victimes,
Morts dans un tourbillon d'événements sublimes,
D'où prend son vol la fière et blanche liberté,
Sont un malheur moins grand pour la société,
Sont pour l'humanité, qui sur le vrai se fonde,
Une calamité moins haute et moins profonde,
Un coup moins lamentable et moins infortuné
Qu'un innocent, - Un seul innocent condamné, -
Dont le sang, ruisselant sous un infâme glaive,
Fume entre les pavés de la place de Grève,
Qu'un juste assassiné dans la forêt des lois,
Et dont l'âme a le droit d'aller dire à Dieu : Vois !
Le 24 mars 1870.
1.4k
I.
Tu n'es certes pas, ma très-chère,
Ce que Veuillot nomme un tendron.
Le jeu, l'amour, la bonne chère,
Bouillonnent en toi, vieux chaudron !
Tu n'es plus fraîche, ma très-chère,
Ma vieille infante ! Et cependant
Tes caravanes insensées
T'ont donné ce lustre abondant
Des choses qui sont très-usées,
Mais qui séduisent cependant.
Je ne trouve pas monotone
La verdure de tes quarante ans ;
Je préfère tes fruits, Automne,
Aux fleurs banales du Printemps !
Non ! tu n'es jamais monotone !
Ta carcasse à des agréments
Et des grâces particulières ;
Je trouve d'étranges piments
Dans le creux de tes deux salières ;
Ta carcasse à des agréments !
Nargue des amants ridicules
Du melon et du giraumont !
Je préfère tes clavicules
À celles du roi Salomon,
Et je plains ces gens ridicules !
Tes cheveux, comme un casque bleu,
Ombragent ton front de guerrière,
Qui ne pense et rougit que peu,
Et puis se sauvent par derrière,
Comme les crins d'un casque bleu.
Tes yeux qui semblent de la boue,
Où scintille quelque fanal,
Ravivés au fard de ta joue,
Lancent un éclair infernal !
Tes yeux sont noirs comme la boue !
Par sa luxure et son dédain
Ta lèvre amère nous provoque ;
Cette lèvre, c'est un Eden
Qui nous attire et qui nous choque.
Quelle luxure ! et quel dédain !
Ta jambe musculeuse et sèche
Sait gravir au haut des volcans,
Et malgré la neige et la dèche
Danser les plus fougueux cancans.
Ta jambe est musculeuse et sèche ;
Ta peau brûlante et sans douceur,
Comme celle des vieux gendarmes,
Ne connaît pas plus la sueur
Que ton oeil ne connaît les larmes.
(Et pourtant elle a sa douceur !)
II.
Sotte, tu t'en vas droit au Diable !
Volontiers j'irais avec toi,
Si cette vitesse effroyable
Ne me causait pas quelque émoi.
Va-t'en donc, toute seule, au Diable !
Mon rein, mon poumon, mon jarret
Ne me laissent plus rendre hommage
À ce Seigneur, comme il faudrait.
« Hélas ! c'est vraiment bien dommage ! »
Disent mon rein et mon jarret.
Oh ! très-sincèrement je souffre
De ne pas aller aux sabbats,
Pour voir, quand il pète du soufre,
Comment tu lui baises son cas !
Oh ! très-sincèrement je souffre !
Je suis diablement affligé
De ne pas être ta torchère,
Et de te demander congé,
Flambeau d'enfer ! Juge, ma chère,
Combien je dois être affligé,
Puisque depuis longtemps je t'aime,
Étant très-logique ! En effet,
Voulant du Mal chercher la crème
Et n'aimer qu'un monstre parfait,
Vraiment oui ! vieux monstre, je t'aime !
1.3k
Un couloir de carrelage
Windows 95
Lumière turquoise
Mouette virtuelle
Soudain un glitch
Statue de marbre
Triste seul
Salle d'ordinateur
Il s'étrangle dans ses files
Si bien qu'il na jamais vu ses amis
Lunette de cristal
Serveur de ferraille
Larme du corps
Il y m'est tous ses efforts
Incompris lâche et tourmenté
Religion planqué
Tous à genoux devant lui
Hacker des PC inactif
Et modérateur soumis
Solitude parcourue de références
Incompris par les autres.
Et admirer par les uns
Des yeux triste et pétillant le suivent
Pendouillent de droit à gauche
Le long de son câble Internet...
May 14, 2017
May 14, 2017 at 7:45 AM UTC
Sonnet.
Pascal avait son gouffre, avec lui se mouvant.
- Hélas ! tout est abîme, - action, désir, rêve,
Parole ! et sur mon poil qui tout droit se relève
Maintes fois de la Peur je sens passer le vent.
En haut, en bas, partout, la profondeur, la grève,
Le silence, l'espace affreux et captivant...
Sur le fond de mes nuits Dieu de son doigt savant
Dessine un cauchemar multiforme et sans trêve.
J'ai peur du sommeil comme on a peur d'un grand trou,
Tout plein de vague horreur, menant on ne sait où ;
Je ne vois qu'infini par toutes les fenêtres,
Et mon esprit, toujours du vertige hanté,
Jalouse du néant l'insensibilité.
Ah ! ne jamais sortir des Nombres et des Etres !
1.1k
Sonnet.
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
1.1k
the shadow in the corner,
looks at me, whispers,
and whispers, at me ear,
looking for a way, to
become and merge with me.
as an insisting parasite,
as a shadow inside me,
but futile, and vain,
i'm too egotic, to let him.
enjoying my years of pain,
as a heartless man,
but the whispers, share his
childish flashes, a futile pursuit.
to myself, to be merge,
with creeps, cowards,
and annoyingly vain.
the poets secret crown, of
lovers in heaven, golden and
invisible, but made of pain.
cover my head, as a dead poet,
passing at this era, not blind or
vain, but true, and loving every girl.
even those i hate, the sexi hip bones.
the ego of a lion, never can be merge,
with a creep, pathetic and weak,
but he tries still.
wise by pain and deceit,
a lover in the prime, longing,
loving, watching, smelling them all.
with or without, gauche or droit.
tout le femme, e belle et magnifique,
comme le pleure de madeleine,
le sacre femme.
and this shadow, in me ear,
wants to be me,and make them feel,
complete and divine, as a goddess.
as y make them feel.
or a lioness, in the hand of a fouling,
and feverishly beast. burning and longing,
for the tresor, in their chalis, as mother earth,
smelling as her, as a jungle, and a door,
to infinite delights, between their thighs.
the shadow in my ear, y can see her pain,
but, it was his ******* choice, trie to be me,
and didn't make it, for being weak.
as an adult, inside the veil,
of a mouse's in a suit, the persistence
is futile, a shadow, trying in vain,
to be as me, but can't be but himself.
a lame little shadow mouse, in loved,
with a beast, can't love until she love
herself.
can't live or know anybody,
until he knows himself, and accept
his truth, until that happens, nothing,
will save him from him,
and his shame, is a cross.
as a man, can't live, as a boy either.
just as a shadow, in my body, trying to be me.
but failing at it, to weak and vain, to be me.
all y think, as i watch her, is thinking,
and for this **** almost burn my ***
and destroy my life, good choices, babes
but all wrongs, can't be forgiven,
or excused. all the pain was
hell on earth, but still unbreakable.
and loving even those that y still
hate, the lover's love even **** haters.
covered by lies, y emerge from the hell
some girls create, for the one, who wasn't.
an they where never me.
and now anyone can see. it was only
lies and deceit, little girls playing dodgeball,
for the shame of the creeps
not everything can be forgiven,
as y say, good choice babes.
20 years later, they still can't be me,
or not feel ashamed for their weakness,
or accepting their fate, and being without
feeling a ******* disgrace,
but nothing to
be ashamed of,
just their cowardness,
like tigers not accepting
the stripes,
creepy shadow on my wall,
you will never be me.
accept it and be free,
or you'll end up blowing lucy,
in the basement, loving the burning,
of HELL.
as THE shadow of a mouse,
in Lucy's playground,
suffering, and being only
you, the one you hate.
but you never were me.
Apr 28, 2015
Apr 28, 2015 at 12:06 AM UTC
Un simple geste suffit
Pour m'avouer l'infini
D'un sentiment qui envahit tout mon être
Si seulement, pour toi, je suis celle
Que tu trouveras belle
Tu liras ainsi les mots de mon coeur
Et ainsi se dessinera, peut-être une lueur
Une histoire qui sera nôtre
Et à personne d'autre
Je tends une main vers l'inconnu
Pour que tu la prennes sans retenue
Et ensemble, nous irons là-bas
Où le bonheur nous viendra
Et à ça, on y aura droit...
-12/04/14
© eMs' silent poetry. All Rights Reserved.
Apr 12, 2014
Apr 12, 2014 at 10:43 AM UTC
Fable VII, Livre II.
Toi qui te dis mon camarade,
Devrais-je ici te rencontrer,
Bonnet ridicule et maussade ?
Le jour, peux-tu bien te montrer,
Si ce n'est au front d'un malade ?
Quel espoir te retient céans ?
De l'indolence épais emblème,
Te crois-tu chez ces fainéants
Qui te ceignaient pour diadème ?
Va, le prince à qui j'appartiens
Porte autrement qu'eux la couronne.
Vois tout l'éclat qui m'environne,
C'est de lui seul que je le tiens.
Actif dans la paix, dans la guerre,
Ce roi ne se repose guère ;
S'il me permet quelque repos,
C'est lorsque, des mains de la Gloire,
II prend le casque des héros
Ou le laurier de la Victoire.
Mais le bonnet, jusqu'à ce jour,
Vit-il jamais venir son tour ?
Pourquoi donc sort-il de l'armoire ?
Crois-moi, si tu crains les railleurs,
À la cour grand en est le nombre,
Crois-moi, rentre au plus tôt dans l'ombre,
Ou va chercher fortune ailleurs.
- C'est ici que je dois l'attendre.
Répond humblement le bonnet ;
Et je puis vous le prouver net,
Si vous consentez à m'entendre.
Partout où le trône est placé,
De droit vous vous dites admise ;
Eh bien ! moi, je me crois de mise
Partout où le lit est dressé.
N'en est-il en cette demeure ?
Nature y perd-elle ses droits ?
Ou, par bonheur, les yeux des rois
Seraient-ils ouverts à toute heure ?
Quand vient minuit, nous le voyons,
Votre noble poids les chagrine,
Et l'on dirait que quelque épine
Les tourmente sous vos rayons.
Mon règne alors succède au vôtre :
Le front de toute majesté
Qui veut dormir en liberté
Doit être coiffé comme un autre.
Et puis, mais soit dit entre nous,
N'est-il pas d'autres soins plus doux
Qui font quitter la compagnie
Et l'habit de cérémonie ?
À moi la nuit, à vous le jour :
Oui, bien que votre orgueil en gronde,
Mon crédit, même ici, se fonde
Sur les premiers besoins du monde :
Sur le sommeil et sur l'amour.
977
J'ai l'âme, pour un lit, de regrets si touchée,
Que nul homme jamais ne fera que j'approche
De la chambre amoureuse, encore moins de la couche
Où je vis ma maîtresse, au mois de Mai couchée.
Un somme languissant la tenait mi-penchée
Dessus le coude droit, fermant sa belle bouche
Et ses yeux, dans lesquels l'archer Amour se couche,
Ayant toujours la flèche à la corde encochée :
Sa tête, en ce beau mois, sans plus, était couverte
D'un riche escofion (1) ouvré de soie verte,
Où les Grâces venaient à l'envie se nicher ;
Puis, en ses beaux cheveux, choisissaient leur demeure.
J'en ai tel souvenir que je voudrais qu'à l'heure
Mon cœur pour n'y penser plus devenu rocher.
1. Escofion est une coiffe de femme.
821
Moi: blanc, pur, droit.
Toi: noir, impur, a plat.
Une guerre, une embrasse, une rencontre
Une éternité, sévère, sans importance
Jun 7, 2011
Jun 7, 2011 at 3:30 AM UTC
Sur la corde tendue un jeune voltigeur
Apprenait à danser ; et déjà son adresse,
Ses tours de force, de souplesse,
Faisaient venir maint spectateur.
Sur son étroit chemin on le voit qui s'avance,
Le balancier en main, l'air libre, le corps droit,
Hardi, léger autant qu'adroit ;
Il s'élève, descend, va, vient, plus haut s'élance,
Retombe, remonte en cadence,
Et, semblable à certains oiseaux
Qui rasent en volant la surface des eaux,
Son pied touche, sans qu'on le voie,
À la corde qui plie et dans l'air le renvoie.
Notre jeune danseur, tout fier de son talent,
Dit un jour : à quoi bon ce balancier pesant
Qui me fatigue et m'embarrasse ?
Si je dansais sans lui, j'aurais bien plus de grâce,
De force et de légèreté.
Aussitôt fait que dit. Le balancier jeté,
Notre étourdi chancelle, étend les bras, et tombe.
Il se cassa le nez, et tout le monde en rit.
Jeunes gens, jeunes gens, ne vous a-t-on pas dit
Que sans règle et sans frein tôt ou **** on succombe ?
La vertu, la raison, les lois, l'autorité,
Dans vos désirs fougueux vous causent quelque peine ;
C'est le balancier qui vous gêne,
Mais qui fait votre sûreté.
851
L'amour est infatigable !
Il est ardent comme un diable,
Comme un ange il est aimable.
L'amant est impitoyable,
Il est méchant comme un diable,
Comme un ange, redoutable.
Il va rôdant comme un loup
Autour du cœur de beaucoup
Et s'élance tout à coup
Poussant un sombre hou-hou !
Soudain le voilà roucou-
Lant ramier gonflant son cou.
Puis que de métamorphoses !
Lèvres rouges, joues roses,
Moues gaies, ris moroses,
Et, pour finir, moulte chose
Blanche et noire, effet et cause ;
Le lys droit, la rose éclose...
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(Sur la mort de Mademoiselle Élisabeth Ranquet,
Femme de M. Du Chevreul, Écuyer, Seigneur d'Esturnville.)
Sonnet.
Ne verse point de pleurs sur cette sépulture,
Passant : ce lit funèbre est un lit précieux,
Où gît d'un corps tout pur la cendre toute pure ;
Mais le zèle du cœur vit encore en ces lieux.
Avant que de payer le droit de la nature
Son âme, s'élevant au-delà de ses yeux,
Avait au Créateur uni la créature ;
Et marchant sur la terre elle était dans les cieux.
Les pauvres bien mieux qu'elle ont senti sa richesse :
L'humilité, la peine, étaient son allégresse ;
Et son dernier soupir fut un soupir d'amour.
Passant, qu'à son exemple un beau feu te transporte ;
Et, **** de la pleurer d'avoir perdu le jour,
Crois qu'on ne meurt jamais quand on meurt de la sorte.
763
Fable XII, Livre V.
LA LOUVE.
Rarement à changer on gagne.
Pourquoi veux-tu courir les champs ?
Crois-moi, reste sur la montagne.
J'aime ces bois, j'aime les chants
Que ce vieux pâtre y fait entendre.
Son chien n'est pas des plus méchants.
Plus prompt à fuir qu'à se défendre,
S'il aboie, il ne mord jamais ;
On n'y vit que de chevreau ; mais,
S'il n'est gras, du moins est-il tendre.
LE LOUP.
Qui ? moi ! rester dans ces déserts
Pour n'ouïr que les mêmes airs
Sur des pipeaux toujours plus aigres ?
Qui ? moi ! rester sur ce rocher
Pour jeûner ou pour n'accrocher
Que des chevreaux toujours plus maigres
À ce mets borner mon espoir,
Et d'agneaux quand la plaine abonde,
N'en pas tâter, n'en pas plus voir
Que s'il n'en était point au monde ?
Ah ! fuyons **** de ce canton,
Théâtre obscur pour mon courage !
Vous le savez : dès mon jeune âge,
J'aimai la gloire et le mouton.
J'y retourne : en un frais bocage
Qu'environnent des prés fleuris,
Où sont rassemblés et nourris
Les doux agneaux du voisinage,
Demain, ce soir, je m'établis
Tout au beau milieu des brebis.
Défrayé par droit de conquête,
Comme un héros russe ou prussien,
J'engraisse là sans craindre rien ;
Car est-il ou berger ou chien
Assez fort pour me faire tête ?
LA LOUVE.
Sur ce point je suis sans effroi.
Pris séparément, ce me semble,
Aucun d'eux n'est plus fort que toi ;
Mais si l'intérêt les rassemble,
Mon fils, crois-tu de bonne foi
Être aussi fort qu'eux tous ensemble ?
764
Le massacre, les corps partout. Le sang innocent déversé au nom d'un idéal.
Le massacre, les corps partout. Le sang innocent déversé au nom d'un idéal.
Avec lequel les négociants de mort ont acheté le droit de mettre fin aux vies de la cause rationnelle ? Qui ne suppliera pas pour leur génération, les vies perdues pour détester ? Avec le sang les mains tachées, les tyrans ont attaqué le coeur de liberté. Maintenant ils doivent payer le cherché à un prix à exact.
Pour leurs actions il ne peut y avoir aucune justice, seulement le châtiment! Permettez-y d'être espéré qu'à la fin, une leçon sera apprise par tous, pour que nous ne puissions pas répéter cette faute à une fin si tragique.
Nov 18, 2015
Nov 18, 2015 at 3:01 AM UTC
L'amour fut de tout temps un bien rude Ananké.
Si l'on ne veut pas être à la porte flanqué,
Dès qu'on aime une belle, on s'observe, on se scrute ;
On met le naturel de côté ; bête brute,
On se fait ange ; on est le nain Micromégas ;
Surtout on ne fait point chez elle de dégâts ;
On se tait, on attend, jamais on ne s'ennuie,
On trouve bon le givre et la bise et la pluie,
On n'a ni faim, ni soif, on est de droit transi ;
Un coup de dent de trop vous perd. Oyez ceci :
Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie
Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut
Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut :
L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky.
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.
Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche,
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.
On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre.
Comment passer le temps quand il neige en décembre.
Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ?
L'ogre se mit alors à croquer le marmot.
C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite,
Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le bâillement d'un ogre est frère de la faim.
Quand la dame rentra, plus d'enfant. On s'informe.
La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme.
As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ?
Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé.
Or, c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,
Jugez ce que devint l'ogre devant la mère
Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin.
Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ;
Adorez votre belle, et soyez plein d'astuce ;
N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe,
Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien.
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