"douloureuse" poems
Au cimetière des innocents
Je pensais profondément
je marchais si lentement
et je ne faisais jamais attention
j'ai trouver la mort joyeuse,
souriante et moqueuse
avec son hache ravageuse
si terrifiante si dangereuse
Je l'ai vu mais j'ai pu rien faire,
je me suis dis vaut mieux se taire,
j'avais peur que sous un des ses tombes elle m'enterre
Mais un jour j'ai osé lui parler, la confronter
en espérant changer la douloureuse réalité
Mais hélas elle m'a tué,
car personne n'a osé m'aider
ni me défendre ni simplement m'encourager
Et aujourd'hui je suis sous la terre
absorbante ce poison amer
priante pour un futur plus beau et plus clair
© Sùkeey
Jun 30, 2011
Jun 30, 2011 at 7:43 AM UTC
À Albert Mérat.
J'ai peur d'avril, peur de l'émoi
Qu'éveille sa douceur touchante ;
Vous qu'elle a troublés comme moi,
C'est pour vous seuls que je la chante.
En décembre, quand l'air est froid,
Le temps brumeux, le jour livide,
Le cœur, moins tendre et plus étroit,
Semble mieux supporter son vide.
Rien de joyeux dans la saison
Ne lui fait sentir qu'il est triste ;
Rien en haut, rien à l'horizon
Ne révèle qu'un ciel existe.
Mais, dès que l'azur se fait voir,
Le cœur s'élargit et se creuse,
Et s'ouvre pour le recevoir
Dans sa profondeur douloureuse ;
Et ce bleu qui lui rit de ****
L'attirant sans jamais descendre,
Lui donne l'infini besoin
D'un essor impossible à prendre.
Le bonheur candide et serein
Qui s'exhale de toutes choses,
L'oppresse, et son premier chagrin
Rajeunit à l'odeur des roses.
Il sent, dans un réveil confus,
Les anciennes ardeurs revivre,
Et les mêmes anciens refus
Le repousser dès qu'il s'y livre.
J'ai peur d'avril, peur de l'émoi
Qu'éveille sa douceur touchante ;
Vous qu'elle a troublés comme moi,
C'est pour vous seuls que je la chante.
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Sois de bronze et de marbre et surtout sois de chair
Certes, prise l'orgueil nécessaire plus cher,
Pour ton combat avec les contingences vaines ;
Que les poils de ta barbe ou le sang de tes veines ;
Mais vis, vis pour souffrir, souffre pour expier,
Expie et va-t'en vivre et puis reviens prier,
Prier pour le courage et la persévérance
De vivre dans ce siècle, hélas ! et cette France,
Siècle et France ignorants et tristement railleurs.
(Mais le règne est plus haut et la patrie ailleurs
Et la solution est autre du problème.)
Sois de chair et même aime cette chair, la même
Que celle de Jésus sur terre et dans les cieux,
Et dans le Très Saint-Sacrement si précieux
Qu'il n'est de comparable à sa valeur que celle
De ta chair vénérable en sa moindre parcelle
Et dans le moindre grain de l'Hostie à l'autel ;
Car ce mystère, l'Incarnation, est tel,
Par l'exégèse autour comme par sa nature ;
Qu'il fait égale au Créateur la créature,
Cependant que, par un miracle encor plus grand,
L'Eucharistie, elle, les confond et les rend
Identiques. Or cette chair expiatoire.
Fais-t'en une arme douloureuse de victoire
Sur l'orgueil que Satan peut d'elle t'inspirer
Pour l'orgueil qu'à jamais tu peux considérer
Comme le prix suprême et le but enviable.
Tout le reste n'est rien que malice du diable !
Alors, oui, sois de bronze impassible, revêts
L'armure inaccessible à braver le Mauvais,
Pudeur, Calme, Respect, Silence et Vigilance.
Puis sois de marbre, et pur, sous le heaume qui lance
Par ses trous le regard de tes yeux assurés,
Marche à pas révérents sur les parvis sacrés.
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Celui dont nous t'offrons l'image,
Et dont l'art, subtil entre tous,
Nous enseigne à rire de nous,
Celui-là, lecteur, est un sage.
C'est un satirique, un moqueur ;
Mais l'énergie avec laquelle
Il peint le Mal et sa séquelle
Prouve la beauté de son cœur.
Son rire n'est pas la grimace
De Melmoth ou de Méphisto
Sous la torche de l'Alecto
Qui les brûle, mais qui nous glace,
Leur rire, hélas ! de la gaieté
N'est que la douloureuse charge ;
Le sien rayonne, franc et large,
Comme un signe de sa bonté !
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Je voudrais aimer autrement,
Hélas ! Je voudrais être heureuse !
Pour moi l'amour est un tourment,
La tendresse m'est douloureuse.
Ah ! Que je voudrais être heureuse !
Que je voudrais être autrement !
Vous dites que je changerai :
Comme vous je le crois possible,
Mon cœur ne sera plus sensible ;
Je l'espère, car je mourrai.
Oui ! Si la mort peut l'impossible,
Vous dites vrai, je changerai !
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Je ne dis rien de toi, toi, la plus enfermée,
Toi, la plus douloureuse, et non la moins aimée !
Toi, rentrée en mon sein ! je ne dis rien de toi
Qui soufres, qui te plains, et qui meurs avec moi !
Le sais-tu maintenant, ô jalouse adorée,
Ce que je te vouais de tendresse ignorée ?
Connais-tu maintenant, me l'ayant emporté,
Mon coeur qui bat si triste et pleure à ton côté ?
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