"diras" poems
Pourtant si ta maîtresse est un petit putain,
Tu ne dois pour cela te courroucer contre elle.
Voudrais-tu bien haïr ton ami plus fidèle
Pour être un peu jureur, ou trop haut à la main ?
Il ne faut prendre ainsi tous péchés à dédain,
Quand la faute en péchant n'est pas continuelle ;
Puis il faut endurer d'une maîtresse belle
Qui confesse sa faute, et s'en repent soudain.
Tu me diras qu'honnête et gentille est t'amie,
Et je te répondrai qu'honnête fut Cynthie,
L'amie de Properce en vers ingénieux,
Et si ne laissa pas de faire amour diverse.
Endure donc, Ami, car tu ne vaux pas mieux
Que Catulle valut, que Tibulle et Properce.
736
Ne t'en va pas, reste au rivage ;
L'amour le veut, crois-en l'amour.
La mort sépare tout un jour :
Tu fais comme elle ; ah ! quel courage !
Vivre et mourir au même lieu,
Dire : « Au revoir ! », jamais : « Adieu ! »
Quitter l'amour pour l'opulence !
Que faire seul avec de l'or ?
Si tu reviens, vivrai-je encor ?
Entendras-tu dans mon silence ?
Vivre et mourir au même lieu,
Dire : « Au revoir ! », jamais : « Adieu ! »
Leur diras-tu : « Je suis fidèle ! »
Ils répondront : « Cris superflus,
Elle repose, et n'entend plus.
Le ciel du moins eut pitié d'elle ! »
Vivre et mourir au même lieu,
Dire : « Au revoir ! », jamais : « Adieu ! »
746
S'il avait su quelle âme il a blessée,
Larmes du coeur, s'il avait pu vous voir,
Ah ! si ce coeur, trop plein de sa pensée,
De l'exprimer eût gardé le pouvoir,
Changer ainsi n'eût pas été possible ;
Fier de nourrir l'espoir qu'il a déçu :
A tant d'amour il eût été sensible,
S'il avait su.
S'il avait su tout ce qu'on peut attendre
D'une âme simple, ardente et sans détour,
Il eût voulu la mienne pour l'entendre,
Comme il l'inspire, il eût connu l'amour.
Mes yeux baissés recelaient cette flamme ;
Dans leur pudeur n'a-t-il rien aperçu ?
Un tel secret valait toute son âme,
S'il l'avait su.
Si j'avais su, moi-même, à quel empire
On s'abandonne en regardant ses yeux,
Sans le chercher comme l'air qu'on respire,
J'aurais porté mes jours sous d'autres cieux.
Il est trop **** pour renouer ma vie,
Ma vie était un doux espoir déçu.
Diras-tu pas, toi qui me l'as ravie,
Si j'avais su !
644
Y diras
Que haces todavia?
con mi irresponsable
inutil criatura?
que ves?
si no, una sola mentira
no lo culpa, cualquiera,
yo también.
Pero que angustia
por querer satisfacer
Jan 20, 2015
Jan 20, 2015 at 11:20 PM UTC
Je porte un nom assez... bizarre,
Tu diras : « Ton cas n'est pas rare. »
Oh !... je ne pose pas pour ça,
Du tout... mais... permettez, Madame,
Je découvre en son anagramme :
Amour ingénue, et puis : Va !
Si... comme un régiment qu'on place
Sous le feu... je change la face...
De ce nom... drôlement venu,
Dans le feu sacré qui le dore,
Tiens ! regarde... je lis encore :
Amour ignée, et puis : Va, nu !
Pas une lettre de perdue !
Il avait la tête entendue,
Le parrain qui me le trouva !
Mais ce n'est pas là tout, écoute !
Je lis encor, pour Toi, sans doute :
Amour ingénu, puis : Éva !
Tu sais... nous ne sommes... peut-être
Les seuls amours... qu'on ait vus naître ;
Il en naît... et meurt tous les jours ;
On en voit sous toutes les formes ;
Et petits, grands... ou même énormes,
Tous les hommes sont des amours.
Pourtant... ce nom me prédestine...
À t'aimer, ô ma Valentine !
Ingénument, avec mon corps,
Avec mon cœur, avec mon âme,
À n'adorer que Vous, Madame,
Naturellement, sans efforts.
Il m'invite à brûler sans trêve,
Comme le cierge qui s'élève
D'un feu très doux à ressentir,
Comme le Cierge dans l'Église ;
À ne pas garder ma chemise
Et surtout... à ne pas mentir.
Et si c'est la mode qu'on nomme
La compagne du nom de l'homme,
J'appellerai ma femme : Éva.
J'ôte É, je mets lent, j'ajoute ine,
Et cela nous fait : Valentine !
C'est un nom chic ! et qui me va !
Tu vois comme cela s'arrange.
Ce nom, au fond, est moins étrange
Que de prime abord il n'a l'air.
Ses deux majuscules G. N.
Qui font songer à la Géhenne
Semblent les Portes de l'Enfer !
Eh, bien !... mes mains ne sont pas fortes,
Mais Moi, je fermerai ces Portes,
Qui ne laisseront plus filtrer
Le moindre rayon de lumière,
Je les fermerai de manière
Qu'on ne puisse jamais entrer.
En jouant sur le mot Géhenne,
J'ai, semble-t-il dire, la Haine,
Et je ne l'ai pas à moitié,
Je l'ai, je la tiens, la Maudite !
Je la tiens bien, et toute, et vite,
Je veux l'étrangler sans pitié !
Puisque c'est par Elle qu'on souffre,
Qu'elle est la Bête aux yeux de soufre
Qu'elle n'écoute... rien du tout,
Qu'elle ment, la sale mâtine !
Et pour qu'on s'aime en Valentine
D'un bout du monde à l'autre bout.
630
Vorto sugestas objekton.
Frazo komunikas rilaton.
Paragrafo diras historion.
Ĉapitro montras vivon.
Libro enhavas mondon.
Nov 16, 2023
Nov 16, 2023 at 4:18 PM UTC
Sonnet.
L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...
Et tu me diras : "Cherche !" en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup...
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Ô Georges, tu seras un homme. - Tu sauras
A qui tu dois ton coeur, à qui tu dois ton bras,
Ce que ta voix doit dire au peuple, à l'homme, au monde ;
Et je t'écouterai dans ma tombe profonde.
Songe que je suis là ; songe que je t'entends ;
Demande-toi si nous, les morts, sommes contents ;
Tu le voudras, mon Georges. Oh ! je suis bien tranquille !
Ce que pour le grand peuple a fait la grande ville,
Tout ce qu'après Cécrops, tout ce qu'après Rhéa,
Paris chercha, trouva, porta, fonda, créa,
Ces passages du Nil, du Rhin et de l'Adige,
La Révolution française, ce prodige,
La chute du passé, d'où, l'homme libre sort,
La clarté du génie et la noirceur du sort,
La France subjuguant et délivrant la terre,
Tout cela t'emplira l'âme de ce mystère
Dont l'homme est saisi, quand, à l'horizon lointain,
Il sent la mer immense ou l'énorme destin.
C'est ainsi que se font ceux qui parlent aux foules,
Ceux que les ouragans, les rocs, les flots, les houles,
Attirent, et qui sont rêveurs dans ce milieu
Où le travail de l'homme aide au travail de Dieu.
Alors tu songeras à nos vaillants ancêtres
Ôtant le sceptre aux rois, ôtant les dieux aux prêtres,
Au groupe affreux, tyrans, pontifes, scélérats ;
Ému, tu penseras ; pensif, tu grandiras.
Est-ce un rêve ? oh ! je crois t'entendre. A l'âme humaine,
Aux nations qu'un vent d'en haut remue et mène,
Aux peuples entraînés vers le but pas à pas,
Tu diras les efforts tentés, les beaux trépas,
Les combats, les travaux, les reprises sans nombre,
L'aube démesurée emplissant la grande ombre ;
Pour maintenir les coeurs à ce puissant niveau,
Tu feras des anciens jaillir l'esprit nouveau ;
Tu diras de nos temps les lutteurs héroïques,
Ces vainqueurs purs, ces fiers soldats, ces fronts stoïques,
Et tu feras songer, en les peignant si bien,
Le jeune homme à ton père et le vieillard au mien.
Novembre 1879.
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Sonnet.
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t'a soudain refleuri ?
- Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son oeil nous revêt d'un habit de clarté.
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.
Parfois il parle et dit : " Je suis belle, et j'ordonne
Que pour l'amour de moi vous n'aimiez que le Beau ;
Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone. "
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