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"dira" poems
Il la traîna de force jusqu’à sa chambre Lui tira les cheveux et lui fracassa la cervelle plusieurs fois contre le carrelage froid du couloir - Carrelage de couleur marron jaune - Au passage une de ses dents du haut s’est cassée, pas grave, on dira lundi à l’école qu’elle a mangé des cailloux tout le week-end avec ses cousines Ses cousines qui par ailleurs l’ont laissée toute l’après-midi sur le toit de la voiture familiale Juste pour une histoire de garçon Et puis après tout, tu as assez bien finie, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Mais ne t’inquiète pas, lui dit-il en la serrant encore plus fort, maman rentrera bientôt Et la petite fille qui pleurait et pleurait Sentant cette chose immonde venir s’écraser contre sa poitrine Ne t’inquiète donc pas, maman rentera bientôt Et la petite fille qui pleurait chaque minute encore plus Sentant cette chose immonde se balader contre son tout petit corps Maman rentrera bientôt ? JE N’AVAIS QUE CINQ ANS. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Elle entra à l’hôpital une nuit d’hiver Dans la voiture toute blanche il y avait de jolies lumières au-dessus de sa tête et puis aussi une jolie musique Tout allait un peu vite mais les messieurs étaient si gentils Et puis elle avait encore vomi un peu partout mais les infirmières étaient si belles et avaient les dents si blanches Elle resta une dizaine de jours dans cette chambre rose bonbon, le bras accroché à un drôle de pied en acier caillé, sa gentille maman qui continuait chaque nuit à lui faire l’amour en cachette Elle se souvient avoir failli mourir Mais après tout, tu as assez bien fini, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. A l’école elle faisait tout le temps pipi sur elle Puis elle s’est mise à se raconter des histoires, juste pour atteindre plus facilement le paradis artificiel C’était toujours mieux quand c’était maman Enfin elle ne se rappelle plus très bien Elle a tout mélangé Dans sa tête tout s’est mélangé Elle est très malheureuse encore aujourd’hui Mais après tout, elle a assez bien fini, elle aurait pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
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Sep 24, 2012
Sep 24, 2012 at 2:34 PM UTC
"Des choux de Bruxelles"- 180109- Journal
Il la traîna de force jusqu’à sa chambre Lui tira les cheveux et lui fracassa la cervelle plusieurs fois contre le carrelage froid du couloir - Carrelage de couleur marron jaune - Au passage une de ses dents du haut s’est cassée, pas grave, on dira lundi à l’école qu’elle a mangé des cailloux tout le week-end avec ses cousines Ses cousines qui par ailleurs l’ont laissée toute l’après-midi sur le toit de la voiture familiale Juste pour une histoire de garçon Et puis après tout, tu as assez bien finie, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Mais ne t’inquiète pas, lui dit-il en la serrant encore plus fort, maman rentrera bientôt Et la petite fille qui pleurait et pleurait Sentant cette chose immonde venir s’écraser contre sa poitrine Ne t’inquiète donc pas, maman rentera bientôt Et la petite fille qui pleurait chaque minute encore plus Sentant cette chose immonde se balader contre son tout petit corps Maman rentrera bientôt ? JE N’AVAIS QUE CINQ ANS. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Elle entra à l’hôpital une nuit d’hiver Dans la voiture toute blanche il y avait de jolies lumières au-dessus de sa tête et puis aussi une jolie musique Tout allait un peu vite mais les messieurs étaient si gentils Et puis elle avait encore vomi un peu partout mais les infirmières étaient si belles et avaient les dents si blanches Elle resta une dizaine de jours dans cette chambre rose bonbon, le bras accroché à un drôle de pied en acier caillé, sa gentille maman qui continuait chaque nuit à lui faire l’amour en cachette Elle se souvient avoir failli mourir Mais après tout, tu as assez bien fini, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. A l’école elle faisait tout le temps pipi sur elle Puis elle s’est mise à se raconter des histoires, juste pour atteindre plus facilement le paradis artificiel C’était toujours mieux quand c’était maman Enfin elle ne se rappelle plus très bien Elle a tout mélangé Dans sa tête tout s’est mélangé Elle est très malheureuse encore aujourd’hui Mais après tout, elle a assez bien fini, elle aurait pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
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O Titser! My Titser! Dughan kong naglatagaw sa tibuok adlaw nahibalik sa paglantaw sa agtang **** hayag kaayo musinaw, Ug sa dihang nisulod kas eskwelahan, ikaw ra gayod ang nag inusarang kahayag na akong nakit-an. Pangalan mo palang, mupitik na'g kadali ang akong dughan. Kung gali magleksyon ka dira sa atubangan, sa'kong hunahuna, hagbay na tikang gipakaslan. O Titser! My Titser! Pinalangga kong katingalahang maestra Hangtud kunus-a paman ko maghulat na ikaw gayod ma-akoa? Tagda ning kasingkasing sa usa ka magbabalak Paminawa kining mga hilak sa akong mga gitagik na mga balak gugmang tinuod, 'di gayod kini bakak. Isa ko ka estudyanteng bugoy, pero ayg kabalaka, apil nakas akong mga pangandoy. Dira sa simbahan, sa fuente, sa mango, ug bisag asa maabot, nganli ko'g lugar, atoa nang isuroy. O Titser! My Titser! Pinalangga kong gwapang maestra, nganong 'di man jud tika ma akoa? andam ko pang abton mga bituon, mamupo'g tambis sa kabuntagon, unsa pamay laing dapat nakong buhaton? aron ang tam-is **** paghigugma ako dayung maangkon.
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Feb 20, 2020
Feb 20, 2020 at 5:22 AM UTC
O Titser! My Titser!
Sonnet. Mon âme a son secret, ma vie a son mystère, Un amour éternel en un moment conçu : Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire, Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su. Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu, Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire. Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre, N'osant rien demander et n'ayant rien reçu. Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre, Elle suit son chemin, distraite et sans entendre Ce murmure d'amour élevé sur ses pas. À l'austère devoir, pieusement fidèle, Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle " Quelle est donc cette femme ? " et ne comprendra pas.
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L'amour caché
Sonnet. Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse, Au fond d'un monument construit en marbre noir, Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ; Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir, Empêchera ton coeur de battre et de vouloir, Et tes pieds de courir leur course aventureuse, Le tombeau, confident de mon rêve infini (Car le tombeau toujours comprendra le poète), Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni, Te dira : " Que vous sert, courtisane imparfaite, De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? " - Et le ver rongera ta peau comme un remords.
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Remords posthume
Quand les cloches du soir, dans leur lente volée, Feront descendre l'heure au fond de la vallée ; Quand tu n'auras d'amis, ni d'amours près de toi, Pense à moi ! pense à moi ! Car les cloches du soir avec leur voix sonore A ton cœur solitaire iront parler encore ; Et l'air fera vibrer ces mots autour de toi : Aime-moi ! aime-moi ! Si les cloches du soir éveillent tes alarmes, Demande au temps ému qui passe entre nos larmes : Le temps dira toujours qu'il n'a trouvé que toi, Près de moi ! près de moi ! Quand les cloches du soir, si tristes dans l'absence, Tinteront sur mon cœur ivre de ta présence : Ah ! c'est le chant du ciel qui sonnera pour toi, Et pour moi ! et pour moi !
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Les cloches du soir
Vous aviez mon coeur, Moi, j'avais le vôtre : Un coeur pour un coeur ; Bonheur pour bonheur ! Le vôtre est rendu, Je n'en ai plus d'autre, Le vôtre est rendu, Le mien est perdu ! La feuille et la fleur Et le fruit lui-même, La feuille et la fleur, L'encens, la couleur : Qu'en avez-vous fait, Mon maître suprême ? Qu'en avez-vous fait, De ce doux bienfait ? Comme un pauvre enfant Quitté par sa mère, Comme un pauvre enfant Que rien ne défend, Vous me laissez là, Dans ma vie amère ; Vous me laissez là, Et Dieu voit cela ! Savez-vous qu'un jour L'homme est seul au monde ? Savez-vous qu'un jour Il revoit l'amour ? Vous appellerez, Sans qu'on vous réponde ; Vous appellerez, Et vous songerez !... Vous viendrez rêvant Sonner à ma porte ; Ami comme avant, Vous viendrez rêvant. Et l'on vous dira : « Personne !... elle est morte. » On vous le dira ; Mais qui vous plaindra ?
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Qu'en avez-vous fait
(Vergiss mein nicht) (Paroles faites sur la musique de Mozart) Rappelle-toi, quand l'Aurore craintive Ouvre au Soleil son palais enchanté ; Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive Passe en rêvant sous son voile argenté ; A l'appel du plaisir lorsque ton sein palpite, Aux doux songes du soir lorsque l'ombre t'invite, Ecoute au fond des bois Murmurer une voix : Rappelle-toi. Rappelle-toi, lorsque les destinées M'auront de toi pour jamais séparé, Quand le chagrin, l'exil et les années Auront flétri ce coeur désespéré ; Songe à mon triste amour, songe à l'adieu suprême ! L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime. Tant que mon coeur battra, Toujours il te dira Rappelle-toi. Rappelle-toi, quand sous la froide terre Mon coeur brisé pour toujours dormira ; Rappelle-toi, quand la fleur solitaire Sur mon tombeau doucement s'ouvrira. Je ne te verrai plus ; mais mon âme immortelle Reviendra près de toi comme une soeur fidèle. Ecoute, dans la nuit, Une voix qui gémit : Rappelle-toi.
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Rappelle-toi
Vous a-t-on parlé déjà D’un temple sans nom - Sans mémoire et sans nom? Il fût oublié et pourtant Quelques-un croient encore Que le temple existe bel et bien; Qu’il se trouve juste ici, Entre le jour et la nuit, Entre le soleil et la pluie, Entre le silence et le bruit; Et que lorsqu’on s’y rend, Lorsque l’on ouvre, Lorsque l’on entre, On y entre toujours; Et que l’on vienne de **** Que l’on vienne d’ailleurs, Que l’on prenne son temps, On y est toujours à l’heure; Et quand enfin l'on s’y trouve, Quand enfin l'on y est, Entre et parmis ses infinis murs, On n’en sort jamais; Si l'on ose y discuter, Que l'on ne prononce qu’un mot, Celui-ci devient discours, Interminable fardeau; Et l'en son sein une seule pensée Bien que plutôt éphémère, Se transforme en grand brasier, En immense calvaire; Et que si l'on regarde, L'on peut voir très bien Que ce que l'on observe N’est à peu près rien; Et si l'on prête oreille, que l'on écoute, Qu’un seul son enfin résonne, Ce bruit sourd que l'on espionne N'est nul autre que l'écho du doute; Et quand finalement l'on oublie, Qu'à tout jamais l'on s’y perd, Lorsqu'enfin l'on s'y abandonne, Se trace béante le contour d'une sortie; Et que cela exige de souffrir, De s'y faire saint, s'y faire martyre, Qu’il nous faille le supplice d'y périr, Finira-t-on au moins par en finir; Et lorsqu'un jour l'on en sort, Lorsque que le voudra enfin notre sort, Ce n'est qu'alors, seulement qu'alors Que sauront coexister vie et mort. Et ce jour-là, cette nuit-là, dira-t-on, Que l'existence fût un temple - Un temple sans nom.
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Dec 16, 2019
Dec 16, 2019 at 5:45 AM UTC
Un Temple Sans Nom (2017) [FR]
Vous a-t-on parlé déjà D’un temple sans nom - Sans mémoire et sans nom? Il fût oublié et pourtant Quelques-un croient encore Que le temple existe bel et bien; Qu’il se trouve juste ici, Entre le jour et la nuit, Entre le soleil et la pluie, Entre le silence et le bruit; Et que lorsqu’on s’y rend, Lorsque l’on ouvre, Lorsque l’on entre, On y entre toujours; Et que l’on vienne de **** Que l’on vienne d’ailleurs, Que l’on prenne son temps, On y est toujours à l’heure; Et quand enfin l'on s’y trouve, Quand enfin l'on y est, Entre et parmis ses infinis murs, On n’en sort jamais; Si l'on ose y discuter, Que l'on ne prononce qu’un mot, Celui-ci devient discours, Interminable fardeau; Et l'en son sein une seule pensée Bien que plutôt éphémère, Se transforme en grand brasier, En immense calvaire; Et que si l'on regarde, L'on peut voir très bien Que ce que l'on observe N’est à peu près rien; Et si l'on prête oreille, que l'on écoute, Qu’un seul son enfin résonne, Ce bruit sourd que l'on espionne N'est nul autre que l'écho du doute; Et quand finalement l'on oublie, Qu'à tout jamais l'on s’y perd, Lorsqu'enfin l'on s'y abandonne, Se trace béante le contour d'une sortie; Et que cela exige de souffrir, De s'y faire saint, s'y faire martyre, Qu’il nous faille le supplice d'y périr, Finira-t-on au moins par en finir; Et lorsqu'un jour l'on en sort, Lorsque que le voudra enfin notre sort, Ce n'est qu'alors, seulement qu'alors Que sauront coexister vie et mort. Et ce jour-là, cette nuit-là, dira-t-on, Que l'existence fût un temple - Un temple sans nom.
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J'irai, j'irai porter ma couronne effeuillée Au jardin de mon père où revit toute fleur ; J'y répandrai longtemps mon âme agenouillée : Mon père a des secrets pour vaincre la douleur. J'irai, j'irai lui dire au moins avec mes larmes : « Regardez, j'ai souffert... » Il me regardera, Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes, Parce qu'il est mon père, il me reconnaîtra. Il dira : « C'est donc vous, chère âme désolée ; La terre manque-t-elle à vos pas égarés ? Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ; Voici votre maison, voici mon coeur, entrez ! » Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père ! Votre enfant qui pleurait, vous l'avez entendu ! Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère Et que vous possédez tout ce que j'ai perdu. Vous ne rejetez pas la fleur qui n'est plus belle ; Ce crime de la terre au ciel est pardonné. Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle, Non d'avoir rien vendu, mais d'avoir tout donné.
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La couronne effeuillée
Que je sois un fou, qu'on le dise, Je trouve ça tout naturel, Ayant eu ma part de bêtise Et commis plus d'une sottise, Depuis que je suis... temporel. Je suis un fou, quel avantage, Madame ! un fou, songez-y bien, Peut crier... se tromper d'étage, Vous proposer... le mariage, On ne lui dira jamais rien, C'est un fou ; mais lui peut tout dire, Lâcher parfois un terme vil, Dans ce cas le mieux c'est d'en rire, Se fâcher serait du délire, À quoi cela servirait-il ? C'est un fou. Si c'est un bonhomme Laissant les gens à leurs métiers, Peu contrariant, calme... en somme, Distinguant un nez d'une pomme, On lui pardonne volontiers. Donc, je suis fou, je le révèle. Nous l'avons, Madame, en dormant, Comme dit l'autre, échappé belle ; J'aime mieux être un sans cervelle Que d'être un sage, assurément. Songez donc ! si j'étais un sage, Je fuirais les joyeux dîners ; Je n'oserais voir ton corsage ; J'aurais un triste et long visage Et des lunettes sur le nez ; Mais, je ne suis qu'un fou, je danse, Je tambourine avec mes doigts Sur la vitre de l'existence. Qu'on excuse mon insistance, C'est un fou qu'il faut que je sois ! C'est trop fort, me dit tout le monde, Qu'est-ce que vous nous chantez là ? Pourquoi donc, partout à la ronde, À la brune comme à la blonde, Parler de la sorte ? - Ah ! voilà ! Je vais même plus **** personne Ne pourra jamais me guérir, Ni la sagesse qui sermonne, Ni le bon Dieu, ni la Sorbonne, Et c'est fou que je veux mourir. C'est fou que je mourrai du reste, Mais oui, Madame, j'en suis sûr, Et d'abord... de ton moindre geste, Fou... de ton passage céleste Qui laisse un parfum de fruit mûr, De ton allure alerte et franche, Oui, fou d'amour, oui, fou d'amour, Fou de ton sacré... coup de hanche, Qui vous fiche au cœur la peur... blanche, Mieux... qu'un roulement de tambour ; Fou de ton petit pied qui vole Et que je suivrais n'importe où, Je veux dire... au Ciel ;... ma parole ! J'admire qu'on ne soit pas folle, Je plains celui qui n'est pas fou.
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Fou
Que je sois un fou, qu'on le dise, Je trouve ça tout naturel, Ayant eu ma part de bêtise Et commis plus d'une sottise, Depuis que je suis... temporel. Je suis un fou, quel avantage, Madame ! un fou, songez-y bien, Peut crier... se tromper d'étage, Vous proposer... le mariage, On ne lui dira jamais rien, C'est un fou ; mais lui peut tout dire, Lâcher parfois un terme vil, Dans ce cas le mieux c'est d'en rire, Se fâcher serait du délire, À quoi cela servirait-il ? C'est un fou. Si c'est un bonhomme Laissant les gens à leurs métiers, Peu contrariant, calme... en somme, Distinguant un nez d'une pomme, On lui pardonne volontiers. Donc, je suis fou, je le révèle. Nous l'avons, Madame, en dormant, Comme dit l'autre, échappé belle ; J'aime mieux être un sans cervelle Que d'être un sage, assurément. Songez donc ! si j'étais un sage, Je fuirais les joyeux dîners ; Je n'oserais voir ton corsage ; J'aurais un triste et long visage Et des lunettes sur le nez ; Mais, je ne suis qu'un fou, je danse, Je tambourine avec mes doigts Sur la vitre de l'existence. Qu'on excuse mon insistance, C'est un fou qu'il faut que je sois ! C'est trop fort, me dit tout le monde, Qu'est-ce que vous nous chantez là ? Pourquoi donc, partout à la ronde, À la brune comme à la blonde, Parler de la sorte ? - Ah ! voilà ! Je vais même plus **** personne Ne pourra jamais me guérir, Ni la sagesse qui sermonne, Ni le bon Dieu, ni la Sorbonne, Et c'est fou que je veux mourir. C'est fou que je mourrai du reste, Mais oui, Madame, j'en suis sûr, Et d'abord... de ton moindre geste, Fou... de ton passage céleste Qui laisse un parfum de fruit mûr, De ton allure alerte et franche, Oui, fou d'amour, oui, fou d'amour, Fou de ton sacré... coup de hanche, Qui vous fiche au cœur la peur... blanche, Mieux... qu'un roulement de tambour ; Fou de ton petit pied qui vole Et que je suivrais n'importe où, Je veux dire... au Ciel ;... ma parole ! J'admire qu'on ne soit pas folle, Je plains celui qui n'est pas fou.
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Dieu ! créez à sa vie un objet plein de charmes, Une voix qui réponde aux secrets de sa voix ! Donnez-lui du bonheur, Dieu ! donnez-lui des larmes ; Du bonheur de le voir j'ai pleuré tant de fois ! J'ai pleuré : mais ma voix se tait devant la sienne ; Mais tout ce qu'il m'apprend, lui seul l'ignorera ; Il ne dira jamais : « Soyons heureux, sois mienne ! » L'aimera-t-elle assez, celle qui l'entendra ? Celle à qui sa présence ira porter la vie, Qui sentira son cœur l'atteindre et la chercher, Qui ne fuira jamais, bien qu'à jamais suivie, Et dont l'ombre à la sienne osera s'attacher ? Ils ne feront qu'un seul ! et ces ombres heureuses Dans les clartés du soir se confondront toujours ; Ils ne sentiront pas d'entraves douloureuses Désenchaîner leurs nuits, désenchanter leurs jours ! Qu'il la trouve demain ! Qu'il m'oublie et l'adore ! Demain : à mon courage il reste peu d'instants. Pour une autre aujourd'hui je peux prier encore ; Mais . . . Dieu ! vous savez tout : vous savez s'il est temps !
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Prière pour lui
Un ami me parlait et me regardait vivre : Alors, c'était mourir... mon jeune âge était ivre De l'orage enfermé dont la foudre est au coeur ; Et cet ami riait, car il était moqueur. Il n'avait pas d'aimer la funeste science. Son seul orage à lui, c'était l'impatience. Léger comme l'oiseau qui siffle avant d'aimer, Disant : « Tout feu s'éteint, puisqu'il peut s'allumer ; » Plein de chants, plein d'audace et d'orgueil sans alarme, Il eût mis tout un jour à comprendre une larme. De nos printemps égaux lui seul portait les fleurs ; J'étais déjà l'aînée, hélas ! Par bien des pleurs. Décorant sa pitié d'une grâce insolente, Il disputait, joyeux, avec ma voix tremblante. À ses doutes railleurs, je répondais trop bas... Prouve-t-on que l'on souffre à qui ne souffre pas ? Soudain, presque en colère, il m'appela méchante De tromper la saison où l'on joue, où l'on chante : « Venez, sortez, courez où sonne le plaisir ! Pourquoi restez-vous là navrant votre loisir ? Pourquoi défier vos immobiles peines ? Venez, la vie est belle, et ses coupes sont pleines ! ... Non ? Vous voulez pleurer ? Soit ! J'ai fait mon devoir : Adieu ! - quand vous rirez, je reviendrai vous voir. » Et je le vis s'enfuir comme l'oiseau s'envole ; Et je pleurai longtemps au bruit de sa parole. Mais quoi ? La fête en lui chantait si haut alors Qu'il n'entendait que ceux qui dansent au dehors. Tout change. Un an s'écoule, il revient... qu'il est pâle ! Sur son front quelle flamme a soufflé tant de hâle ? Comme il accourt tremblant ! Comme il serre ma main ! Comme ses yeux sont noirs ! Quel démon en chemin L'a saisi ? - c'est qu'il aime ! Il a trouvé son âme. Il ne me dira plus : « Que c'est lâche ! Une femme. » Triste, il m'a demandé : « C'est donc là votre enfer ? Et je riais... grand dieu ! Vous avez bien souffert ! »
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L'ami d'enfance
Un ami me parlait et me regardait vivre : Alors, c'était mourir... mon jeune âge était ivre De l'orage enfermé dont la foudre est au coeur ; Et cet ami riait, car il était moqueur. Il n'avait pas d'aimer la funeste science. Son seul orage à lui, c'était l'impatience. Léger comme l'oiseau qui siffle avant d'aimer, Disant : « Tout feu s'éteint, puisqu'il peut s'allumer ; » Plein de chants, plein d'audace et d'orgueil sans alarme, Il eût mis tout un jour à comprendre une larme. De nos printemps égaux lui seul portait les fleurs ; J'étais déjà l'aînée, hélas ! Par bien des pleurs. Décorant sa pitié d'une grâce insolente, Il disputait, joyeux, avec ma voix tremblante. À ses doutes railleurs, je répondais trop bas... Prouve-t-on que l'on souffre à qui ne souffre pas ? Soudain, presque en colère, il m'appela méchante De tromper la saison où l'on joue, où l'on chante : « Venez, sortez, courez où sonne le plaisir ! Pourquoi restez-vous là navrant votre loisir ? Pourquoi défier vos immobiles peines ? Venez, la vie est belle, et ses coupes sont pleines ! ... Non ? Vous voulez pleurer ? Soit ! J'ai fait mon devoir : Adieu ! - quand vous rirez, je reviendrai vous voir. » Et je le vis s'enfuir comme l'oiseau s'envole ; Et je pleurai longtemps au bruit de sa parole. Mais quoi ? La fête en lui chantait si haut alors Qu'il n'entendait que ceux qui dansent au dehors. Tout change. Un an s'écoule, il revient... qu'il est pâle ! Sur son front quelle flamme a soufflé tant de hâle ? Comme il accourt tremblant ! Comme il serre ma main ! Comme ses yeux sont noirs ! Quel démon en chemin L'a saisi ? - c'est qu'il aime ! Il a trouvé son âme. Il ne me dira plus : « Que c'est lâche ! Une femme. » Triste, il m'a demandé : « C'est donc là votre enfer ? Et je riais... grand dieu ! Vous avez bien souffert ! »
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De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l'Impair Plus vague et plus soluble dans l'air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. Il faut aussi que tu n'ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise : Rien de plus cher que la chanson grise Où l'Indécis au Précis se joint. C'est des beaux yeux derrière des voiles, C'est le grand jour tremblant de midi, C'est, par un ciel d'automne attiédi, Le bleu fouillis des claires étoiles ! Car nous voulons la Nuance encor, Pas la Couleur, rien que la nuance ! Oh ! la nuance seule fiance Le rêve au rêve et la flûte au cor ! Fuis du plus **** la Pointe assassine, L'Esprit cruel et le Rire impur, Qui font pleurer les yeux de l'Azur, Et tout cet ail de basse cuisine ! Prends l'éloquence et tords-lui son cou ! Tu feras bien, en train d'énergie, De rendre un peu la Rime assagie. Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ? O qui dira les torts de la Rime ? Quel enfant sourd ou quel nègre fou Nous a forgé ce bijou d'un sou Qui sonne creux et faux sous la lime ? De la musique encore et toujours ! Que ton vers soit la chose envolée Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée Vers d'autres cieux à d'autres amours. Que ton vers soit la bonne aventure Eparse au vent crispé du matin Qui va fleurant la menthe et le thym... Et tout le reste est littérature.
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Art poétique
Pour aller en Galice Expier mes amours, Demain, sous un cilice, J'éteindrai mes beaux jours. Ma fidèle servante, Ceignez-moi mon manteau ; Sa couleur représente La cendre du tombeau. Adieu ma chevelure, Tes nœuds sont trop pesants ; Je rends à la nature D'inutiles présents. La joie évanouie Laisse comme un remord ; Et, seule dans ma vie, Je suis triste à la mort. Ma patronne m'appelle ; Et, lasse de souffrir, Je m'en vais auprès d'elle Achever de mourir. Sous mes pieds nus, sans doute, Le chemin sera dur : Et je vois sur ma route La demeure d'Arthur. Penché sur sa fenêtre, Dira-t-il : « Elle a froid ? » Et, sans me reconnaître, Priera-t-il Dieu pour moi ? À mon pèlerinage, Dieu, prêtez votre appui ; Et placez un nuage Entre mon âme et lui !
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Pèlerinage
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Jul 7, 2017
Jul 7, 2017 at 12:43 PM UTC
Et l'on dira que c'est la vie...
Je ne suis seulement amoureux de Marie, Anne me tient aussi dans les liens d'Amour, Ore l'une me plaît, ore l'autre à son tour : Ainsi Tibulle aimait Némésis, et Délie. On me dira tantôt que c'est une folie D'en aimer, inconstant, deux ou trois en un jour, Voire, et qu'il faudrait bien un homme de séjour, Pour, gaillard, satisfaire à une seule amie. Je réponds à cela, que je suis amoureux, Et non pas jouissant de ce bien doucereux, Que tout amant souhaite avoir à sa commande. Quant à moi, seulement je leur baise la main, Les yeux, le front, le col, les lèvres et le sein, Et rien que ces biens-là d'elles je ne demande.
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Je ne suis seulement amoureux de Marie
Si l'enfant sommeille, Il verra l'abeille, Quand elle aura fait son miel, Danser entre terre et ciel. Si l'enfant repose, Un ange tout rose, Que la nuit seule on peut voir, Viendra lui dire : « Bonsoir. » Si l'enfant est sage, Sur son doux visage La vierge se penchera, Et longtemps lui parlera. Si mon enfant m'aime, Dieu dira lui-même : J'aime cet enfant qui dort ; Qu'on lui porte un rêve d'or. Fermez ses paupières, Et sur ses prières, De mes jardins pleins de fleurs, Faites glisser les couleurs. Ourlez-lui des langes, Avec vos doigts d'anges, Et laissez sur son chevet Pleuvoir votre blanc duvet. Mettez-lui des ailes Comme aux tourterelle, Pour venir dans mon soleil Danser jusqu'à son réveil ! Qu'il fasse un voyage, Aux bras d'un nuage, Et laissez-le, s'il lui plaît, Boire à mes ruisseaux de lait ! Donnez-lui la chambre De perles et d'ambre. Et qu'il partage en dormant Nos gâteaux de diamant ! Brodez-lui des voiles, Avec mes étoiles, Pour qu'il navigue en bateau Sur mon lac d'azur et d'eau ! Que la lune éclaire L'eau pour lui plus claire, Et qu'il prenne au lac changeant Mes plus fins poissons d'argent ! Mais je veux qu'il dorme, Et qu'il se conforme Au silence des oiseaux, Dans leurs maisons de roseaux ! Car si l'enfant pleure, On entendra l'heure Tinter partout qu'un enfant A fait ce que Dieu défend ! L'écho de la rue, Au bruit accourue, Quand l'heure aura soupiré, Dira : « L'enfant a pleuré ! » Et sa tendre mère, Dans sa nuit amère, Pour son ingrat nourrisson Ne saura plus de chanson ! S'il brame, s'il crie, Par l'aube en furie Ce cher agneau révolté Sera peut-être emporté ! Un si petit être, Par le toit, peut-être, Tout en criant, s'en ira, Et jamais ne reviendra ! Qu'il rôde en ce monde, Sans qu'on lui réponde, Jamais l'enfant que je dis Ne verra mon paradis ! Oui ! mais s'il est sage, Sur son doux visage La vierge se penchera Et longtemps lui parlera !
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Dormeuse
Si l'enfant sommeille, Il verra l'abeille, Quand elle aura fait son miel, Danser entre terre et ciel. Si l'enfant repose, Un ange tout rose, Que la nuit seule on peut voir, Viendra lui dire : « Bonsoir. » Si l'enfant est sage, Sur son doux visage La vierge se penchera, Et longtemps lui parlera. Si mon enfant m'aime, Dieu dira lui-même : J'aime cet enfant qui dort ; Qu'on lui porte un rêve d'or. Fermez ses paupières, Et sur ses prières, De mes jardins pleins de fleurs, Faites glisser les couleurs. Ourlez-lui des langes, Avec vos doigts d'anges, Et laissez sur son chevet Pleuvoir votre blanc duvet. Mettez-lui des ailes Comme aux tourterelle, Pour venir dans mon soleil Danser jusqu'à son réveil ! Qu'il fasse un voyage, Aux bras d'un nuage, Et laissez-le, s'il lui plaît, Boire à mes ruisseaux de lait ! Donnez-lui la chambre De perles et d'ambre. Et qu'il partage en dormant Nos gâteaux de diamant ! Brodez-lui des voiles, Avec mes étoiles, Pour qu'il navigue en bateau Sur mon lac d'azur et d'eau ! Que la lune éclaire L'eau pour lui plus claire, Et qu'il prenne au lac changeant Mes plus fins poissons d'argent ! Mais je veux qu'il dorme, Et qu'il se conforme Au silence des oiseaux, Dans leurs maisons de roseaux ! Car si l'enfant pleure, On entendra l'heure Tinter partout qu'un enfant A fait ce que Dieu défend ! L'écho de la rue, Au bruit accourue, Quand l'heure aura soupiré, Dira : « L'enfant a pleuré ! » Et sa tendre mère, Dans sa nuit amère, Pour son ingrat nourrisson Ne saura plus de chanson ! S'il brame, s'il crie, Par l'aube en furie Ce cher agneau révolté Sera peut-être emporté ! Un si petit être, Par le toit, peut-être, Tout en criant, s'en ira, Et jamais ne reviendra ! Qu'il rôde en ce monde, Sans qu'on lui réponde, Jamais l'enfant que je dis Ne verra mon paradis ! Oui ! mais s'il est sage, Sur son doux visage La vierge se penchera Et longtemps lui parlera !
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Rondeau. Il est aisé de plaire à qui veut plaire. D'un ignorant un bavard écouté, D'un journaliste un rimailleur vanté, Sans nulle peine y trouvent leur affaire. Louer un sot, c'est pure charité. Une Araminte à demi centenaire Dans son miroir voit un portrait flatté. De nos bas bleus si l'éloge est à faire, Il est aisé. Mais, s'il faut peindre avec sincérité L'air simple et bon, la grâce involontaire, L'esprit facile et la raison sévère, D'un double charme entourant la beauté, D'un tel portrait, certe, on ne dira guère : Il est aisé !
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À Madame H. F
Souvent il m'apparut sous la forme d'un ange Dont les ailes s'ouvraient, Remontant de la terre au ciel où rien ne change ; Et j'ai vu s'abaisser, pleins d'une force étrange, Ses bras qui m'attiraient. Je montais. Je sentais de ses plumes aimées L'attrayante chaleur ; Nous nous parlions de l'âme et nos âmes charmées, Comme le souffle uni de deux fleurs embaumées, N'étaient plus qu'une fleur. Et je tremblerai moins pour sortir de la vie : Il saura le chemin. J'en serai, de bien près, devancée ou suivie ; Puis, entre Dieu qui juge et ma crainte éblouie, Il étendra sa main. Ce noeud, tissu par nous dans un ardent mystère Dont j'ai pris tout l'effroi, Il dira que c'est lui, si la peur me fait taire ; Et s'il brûla son vol aux flammes de la terre, Je dirai que c'est moi ! Son souffle lissera mes ailes sans poussière Pour les ouvrir à Dieu, Et nous l'attendrirons de la même prière ; Car, c'est l'éternité qu'il nous faut tout entière : On n'y dit plus : « Adieu ! »
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Croyance
Il faudra bien t'y faire à cette solitude, Pauvre coeur insensé, tout prêt à se rouvrir, Qui sait si mal aimer et sait si bien souffrir. Il faudra bien t'y faire ; et sois sûr que l'étude, La veille et le travail ne pourront te guérir. Tu vas, pendant longtemps, faire un métier bien rude, Toi, pauvre enfant gâté, qui n'as pas l'habitude D'attendre vainement et sans rien voir venir. Et pourtant, ô mon coeur, quand tu l'auras perdue, Si tu vas quelque part attendre sa venue, Sur la plage déserte en vain tu l'attendras. Car c'est toi qu'elle fuit de contrée en contrée, Cherchant sur cette terre une tombe ignorée, Dans quelque triste lieu qu'on ne te dira pas.
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À George Sand IV
De toutes les douleurs douces Je compose mes magies ! Paul, les paupières rougies, Erre seul aux Pamplemousses. La Folle-par-amour chante Une ariette touchante. C'est la mère qui s'alarme De sa fille fiancée. C'est l'épouse délaissée Qui prend un sévère charme A s'exagérer l'attente Et demeure palpitante. C'est l'amitié qu'on néglige Et qui se croit méconnue. C'est toute angoisse ingénue, C'est tout bonheur qui s'afflige : L'enfant qui s'éveille et pleure, Le prisonnier qui voit l'heure, Les sanglots des tourterelles, La plainte des jeunes filles. C'est l'appel des Inésilles - Que gardent dans des tourelles De bons vieux oncles avares - A tous sonneurs de guitares. Voici Damon qui soupire Sa tendresse à Geneviève De Brabant qui fait ce rêve D'exercer un chaste empire Dont elle-même se pâme Sur la veuve de Pyrame Tout exprès ressuscitée, Et la forêt des Ardennes Sent circuler dans ses veines La flamme persécutée De ces princesses errantes Sous les branches murmurantes, Et madame Malbrouck monte A sa tour pour mieux entendre La viole et la voix tendre De ce cher trompeur de Comte Ory qui revient d'Espagne Sans qu'un doublon l'accompagne. Mais il s'est couvert de gloire Aux gorges des Pyrénées Et combien d'infortunées Au teint de lys et d'ivoire Ne fit-il pas à tous risques Là-bas, parmi les Morisques !... Toute histoire qui se mouille De délicieuses larmes, Fût-ce à travers des chocs d'armes, Aussitôt chez moi s'embrouille, Se mêle à d'autres encore, Finalement s'évapore En capricieuses nues, Laissant à travers des filtres Subtils talismans et philtres Au fin fond de mes cornues Au feu de l'amour rougies. Accourez à mes magies ! C'est très beau. Venez, d'aucunes Et d'aucuns. Entrez, bagasse ! Cadet-Roussel est paillasse Et vous dira vos fortunes. C'est Crédit qui tient la caisse. Allons vite qu'on se presse !
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Images d'un sou
De toutes les douleurs douces Je compose mes magies ! Paul, les paupières rougies, Erre seul aux Pamplemousses. La Folle-par-amour chante Une ariette touchante. C'est la mère qui s'alarme De sa fille fiancée. C'est l'épouse délaissée Qui prend un sévère charme A s'exagérer l'attente Et demeure palpitante. C'est l'amitié qu'on néglige Et qui se croit méconnue. C'est toute angoisse ingénue, C'est tout bonheur qui s'afflige : L'enfant qui s'éveille et pleure, Le prisonnier qui voit l'heure, Les sanglots des tourterelles, La plainte des jeunes filles. C'est l'appel des Inésilles - Que gardent dans des tourelles De bons vieux oncles avares - A tous sonneurs de guitares. Voici Damon qui soupire Sa tendresse à Geneviève De Brabant qui fait ce rêve D'exercer un chaste empire Dont elle-même se pâme Sur la veuve de Pyrame Tout exprès ressuscitée, Et la forêt des Ardennes Sent circuler dans ses veines La flamme persécutée De ces princesses errantes Sous les branches murmurantes, Et madame Malbrouck monte A sa tour pour mieux entendre La viole et la voix tendre De ce cher trompeur de Comte Ory qui revient d'Espagne Sans qu'un doublon l'accompagne. Mais il s'est couvert de gloire Aux gorges des Pyrénées Et combien d'infortunées Au teint de lys et d'ivoire Ne fit-il pas à tous risques Là-bas, parmi les Morisques !... Toute histoire qui se mouille De délicieuses larmes, Fût-ce à travers des chocs d'armes, Aussitôt chez moi s'embrouille, Se mêle à d'autres encore, Finalement s'évapore En capricieuses nues, Laissant à travers des filtres Subtils talismans et philtres Au fin fond de mes cornues Au feu de l'amour rougies. Accourez à mes magies ! C'est très beau. Venez, d'aucunes Et d'aucuns. Entrez, bagasse ! Cadet-Roussel est paillasse Et vous dira vos fortunes. C'est Crédit qui tient la caisse. Allons vite qu'on se presse !
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