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"deuil" poems
Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ? Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui s'ennuie, Ô le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce cœur qui s'écœure. Quoi ! nulle trahison ?... Ce deuil est sans raison. C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon cœur a tant de peine !
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Il pleure dans mon coeur
Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ. Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant, Noir squelette laissant passer le crépuscule. Dans l'ombre où l'on dirait que tout tremble et recule, L'homme suivait des yeux les lueurs de la faulx. Et les triomphateurs sous les arcs triomphaux Tombaient ; elle changeait en désert Babylone, Le trône en échafaud et l'échafaud en trône, Les roses en fumier, les enfants en oiseaux, L'or en cendre, et les yeux des mères en ruisseaux. Et les femmes criaient : - Rends-nous ce petit être. Pour le faire mourir, pourquoi l'avoir fait naître ? - Ce n'était qu'un sanglot sur terre, en haut, en bas ; Des mains aux doigts osseux sortaient des noirs grabats ; Un vent froid bruissait dans les linceuls sans nombre ; Les peuples éperdus semblaient sous la faulx sombre Un troupeau frissonnant qui dans l'ombre s'enfuit ; Tout était sous ses pieds deuil, épouvante et nuit. Derrière elle, le front baigné de douces flammes, Un ange souriant portait la gerbe d'âmes.
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Mors
Adieu, belle Cassandre, et vous, belle Marie, Pour qui je fus trois ans en servage à Bourgueil, L'une vit, l'autre est morte, et ores, de son œil Le Ciel se réjouit, dont la terre est marrie. Sur mon premier Avril, d'une amoureuse envie J'adorais vos beautés, mais votre fier orgueil Ne s'amollit jamais pour larmes ni pour deuil, Tant d'une gauche main la Parque ourdit ma vie. Maintenant en Automne, encore malheureux, Je vis comme au Printemps, de nature amoureux, Afin que tout mon âge aille au gré de la peine. Et or que je deusse être affranchi du harnois, Mon Colonel m'envoie, à grand coups de carquois, Rassiéger Ilion pour conquérir Hélène.
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Adieu, belle Cassandre, et vous, belle Marie
- Air breton. - Adieu, patrie ! L'onde est en furie. Adieu, patrie ! Azur ! Adieu, maison, treille au fruit mûr, Adieu, les fleurs d'or du vieux mur ! Adieu, patrie ! Ciel, forêt, prairie ! Adieu, patrie, Azur ! Adieu, patrie ! L'onde est en furie. Adieu, patrie, Azur ! Adieu, fiancée au front pur, Le ciel est noir, le vent est dur. Adieu, patrie ! Lise, Anna, Marie ! Adieu, patrie, Azur ! Adieu, patrie ! L'onde est cri furie. Adieu, patrie, Azur ! Notre œil, que voile un deuil futur, Va du flot sombre au sort obscur ! Adieu, patrie ! Pour toi mon cœur prie. Adieu, patrie, Azur ! Jersey, le 31 juillet 1853.
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Le chant de ceux qui s'en vont sur mer
Blackine, notre chiot cocker Blackine, petite boule noire, aux yeux enfoncés, déjà tellement brillants. Tu es entrée dans notre vie après le décès de la cocker Laika, dont nous avions décidé en guise de deuil, de rendre heureuse une nouvelle chienne Cocker. Ton pelage est noir de geai, tu as les dents morbilleuses, et t'efforce de lover ton fin museau dans notre cou. Cette fois ci; nous sommes allés te chercher dans le Gers, cher pays de vallons, de collines, de cocagne et de cockers, Pour te ramener à «La Comtale», ou les terrasses sont au neuvième étage. Ta vitalité surprend l’homme au mitan de sa vie que je suis. J’avais oublié ces fureurs de mordre Et ce goût inlassable de jouer. Tu as vite repéré la porte de l’appartement, et même le bruit de l’ascenseur ne t’effraie plus mais te passionne, tant tu aimes déjà tant sortir. Chère Blackine, tout de noir vêtu, Tu amènes avec toi jeunesse et goût de vivre. Paul Arrigh
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Jan 13, 2016
Jan 13, 2016 at 10:02 AM UTC
Blackine, notre chiot cocker ( Blackine, our puppy English cocker spaniel)
Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards ! Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire, J'aime à revoir encor, pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois ! Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits, C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais ! Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie, Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui, Je me retourne encore, et d'un regard d'envie Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui ! Terre, soleil, vallons, belle et douce nature, Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ; L'air est si parfumé ! la lumière est si pure ! Aux regards d'un mourant le soleil est si beau ! Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel ! Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel ? Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ? Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ; Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.
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L'automne
Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards ! Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire, J'aime à revoir encor, pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois ! Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits, C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais ! Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie, Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui, Je me retourne encore, et d'un regard d'envie Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui ! Terre, soleil, vallons, belle et douce nature, Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ; L'air est si parfumé ! la lumière est si pure ! Aux regards d'un mourant le soleil est si beau ! Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel ! Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel ? Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ? Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ; Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.
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Aux étoiles j'ai dit un soir : « Vous ne paraissez pas heureuses ; Vos lueurs, dans l'infini noir, Ont des tendresses douloureuses ; « Et je crois voir au firmament Un deuil blanc mené par des vierges Qui portent d'innombrables cierges Et se suivent languissamment. « Êtes-vous toujours en prière ? Êtes-vous des astres blessés ? Car ce sont des pleurs de lumière, Non des rayons, que vous versez. « Vous, les étoiles, les aïeules Des créatures et des dieux, Vous avez des pleurs dans les yeux... » Elles m'ont dit : « Nous sommes seules... « Chacune de nous est très **** Des sœurs dont tu la crois voisine ; Sa clarté caressante et fine Dans sa patrie est sans témoin ; « Et l'intime ardeur de ses flammes Expire aux cieux indifférents. » Je leur ai dit : « Je vous comprends ! Car vous ressemblez à des âmes : « Ainsi que vous, chacune luit **** des sœurs qui semblent près d'elle, Et la solitaire immortelle Brûle en silence dans la nuit. »
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La voie lactée
O toi qui m'apparus dans ce désert du monde, Habitante du ciel, passagère en ces lieux ! O toi qui fis briller dans cette nuit profonde Un rayon d'amour à mes yeux ; A mes yeux étonnés montre-toi tout entière, Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin. Ton berceau fut-il sur la terre ? Ou n'es-tu qu'un souffle divin ? Vas-tu revoir demain l'éternelle lumière ? Ou dans ce lieu d'exil, de deuil, et de misère, Dois-tu poursuivre encor ton pénible chemin ? Ah ! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie, Ou fille de la terre, ou du divin séjour, Ah ! laisse-moi, toute ma vie, T'offrir mon culte ou mon amour. Si tu dois, comme nous, achever ta carrière, Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux, De tes pas adorés je baise la poussière. Mais si tu prends ton vol, et si, **** de nos yeux, Soeur des anges, bientôt tu remontes près d'eux, Après m'avoir aimé quelques jours sur la terre, Souviens-toi de moi dans les cieux.
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Invocation
La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet; Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un éclair... puis la nuit! — Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité? Ailleurs, bien **** d'ici! trop **** jamais peut-être! Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais!
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Sep 26, 2015
Sep 26, 2015 at 11:20 AM UTC
À une passante
Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image, Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Oh ! pourquoi, dédaignant ces faciles bonheurs, Mon âme en murmurant s'envole-t-elle ailleurs ? Tel mugit un torrent quand son onde écumante, Dans un lit trop étroit, s'agite et se tourmente ; Sur de noirs rochers, meurt un impuissant effort. Et je me brise ainsi contre l'arrêt du sort ! Devant moi, sur la rive, il ferme la barrière, Et mon âme est captive en son étroite sphère ; Reculant dans la lutte entre elle et le destin, Sous la main qui l'écrase elle ronge son frein ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Qu'exiger de la vie ? A-t-elle un seul trésor, Pour qui le pèserait comme on pèse de l'or ? Sous la froide analyse et sous la main qui sonde, S'évente le parfum des bonheurs de ce monde. La nuit répand son deuil quand le soleil a lui ; Le bonheur qui brillait se couche comme lui, Et l'âme qui le sait, se sentant immortelle, Ne voudrait que des biens qui durassent comme elle. Elle cherche, formant vingt rêves tour à tour... Le monde lui répond par ses bonheurs d'un jour ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Mon âme, calme-toi, reprends un vol plus doux, Et passe sous le joug d'un sort commun à tous.
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Anxiété
Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image, Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Oh ! pourquoi, dédaignant ces faciles bonheurs, Mon âme en murmurant s'envole-t-elle ailleurs ? Tel mugit un torrent quand son onde écumante, Dans un lit trop étroit, s'agite et se tourmente ; Sur de noirs rochers, meurt un impuissant effort. Et je me brise ainsi contre l'arrêt du sort ! Devant moi, sur la rive, il ferme la barrière, Et mon âme est captive en son étroite sphère ; Reculant dans la lutte entre elle et le destin, Sous la main qui l'écrase elle ronge son frein ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Qu'exiger de la vie ? A-t-elle un seul trésor, Pour qui le pèserait comme on pèse de l'or ? Sous la froide analyse et sous la main qui sonde, S'évente le parfum des bonheurs de ce monde. La nuit répand son deuil quand le soleil a lui ; Le bonheur qui brillait se couche comme lui, Et l'âme qui le sait, se sentant immortelle, Ne voudrait que des biens qui durassent comme elle. Elle cherche, formant vingt rêves tour à tour... Le monde lui répond par ses bonheurs d'un jour ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Mon âme, calme-toi, reprends un vol plus doux, Et passe sous le joug d'un sort commun à tous.
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A celui dont le ciel a maudit les mirettes, Comme vieil oiseau à l’aile artificielle. Vole, bien peu adroit, accepte mais rejette, En deuil de la clarté, et pleure sa lourde attelle. Celui qui en dépit des voix et des regards Ne tira pas la bride, au quadruple galop S’enfonça dans le trou, la vie et son traquenard. Et maintenant de son être recherche les morceaux. Enfin, l’exotique reptile, exhibant ses atouts : Sombres et ternes couleurs ornent son capuchon, Pourtant si attirantes, quand il se tient debout. Il porte ce qu’il trouve beau, c’est sa grande conviction. Volatile épuisé, serpent ou équidé, Le bipède leur donnera sa petite mine d’or, Dans son pelage blanc, coton immaculé. L’Homme vit uniquement pour défier la mort.
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Sep 16, 2018
Sep 16, 2018 at 8:06 AM UTC
La Lentille
J'ai presque peur, en vérité, Tant je sens ma vie enlacée À la radieuse pensée Qui m'a pris l'âme l'autre été, Tant votre image, à jamais chère, Habite en ce coeur tout à vous, Mon cœur uniquement jaloux De vous aimer et de vous plaire ; Et je tremble, pardonnez-moi D'aussi franchement vous le dire, À penser qu'un mot, un sourire De vous est désormais ma loi, Et qu'il vous suffirait d'un geste. D'une parole ou d'un clin d'oeil, Pour mettre tout mon être en deuil De son illusion céleste. Mais plutôt je ne veux vous voir, L'avenir dût-il m'être sombre Et fécond en peines sans nombre, Qu'à travers un immense espoir, Plongé dans ce bonheur suprême De me dire encore et toujours, En dépit des mornes retours, Que je vous aime, que je t'aime !
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J'ai presque peur, en vérité
Chanson. Voulant, ô ma douce moitié, T'assurer que mon amitié Ne se verra jamais finie, Je fis, pour t'en assurer mieux Un serment juré par mes yeux Et par mon cœur et par ma vie. Tu jures ce qui n'est à toi ; Ton cœur et tes yeux sont à moi D'une promesse irrévocable, Ce médis-tu. Hélas ! au moins Reçoit mes larmes pour témoins Que ma parole est véritable ! Alors, Belle, tu me baisas, Et doucement désattisas Mon feu, d'un gracieux visage : Puis tu fis signe de ton œil, Que tu recevais bien mon deuil Et mes larmes pour témoignage.
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Ô ma douce moitié
Le pire pourrait être qu'on ne comprend pas pourquoi. Le Baume pour un peu apaiser nos cœurs, c'est qu'on la retrouvera au ciel. Le meilleur, on le dit en larmes reste à venir La douleur faut être sincère ne s'évanouirai pas de Jamais. La vie, on la vivra avec ce trou baignant Aide nous à faire le deuil Dieu. Mais on ne veut pas Oublier notre tata. Car comme ça, une partie d'elle, toujours, restera avec nous. Jusqu'au jour où ça sera notre tour Console Seigneur Console Père Console Saint-Esprit La Douleur brûle comme la glace Paix à notre maman A.M.E.N.
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Nov 7, 2021
Nov 7, 2021 at 2:04 PM UTC
Tears
En mars, quand s'achève l'hiver, Que la campagne renaissante Ressemble à la convalescente Dont le premier sourire est cher ; Quand l'azur, tout frileux encore, Est de neige éparse mêlé, Et que midi, frais et voilé, Revêt une blancheur d'aurore ; Quand l'air doux dissout la torpeur Des eaux qui se changeaient en marbres ; Quand la feuille aux pointes des arbres Suspend une verte vapeur ; Et quand la femme est deux fois belle, Belle de la candeur du jour, Et du réveil de notre amour Où sa pudeur se renouvelle, Oh ! Ne devrais-je pas saisir Dans leur vol ces rares journées Qui sont les matins des années Et la jeunesse du désir ? Mais je les goûte avec tristesse ; Tel un hibou, quand l'aube luit, Roulant ses grands yeux pleins de nuit, Craint la lumière qui les blesse, Tel, sortant du deuil hivernal, J'ouvre de grands yeux encore ivres Du songe obscur et vain des livres, Et la nature me fait mal.
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Mars
Des saisons la plus désirée Et la plus rapide, ô printemps, Qu'elle m'est longue, ta durée ! Tu possèdes mon adorée, Et je l'attends ! Ton azur ne me sourit guère, C'est en hiver que je la vois ; Et cette douceur éphémère, Je ne l'ai dans l'année entière Rien qu'une fois. Mon bonheur n'est qu'une étincelle Volée au bal dans un coup d'œil : L'hiver passe, et je vis sans elle ; C'est pourquoi, fête universelle, Tu m'es un deuil. J'ai peur de toi quand je la quitte : Je crains qu'une fleur d'oranger, Tombant sur son cœur, ne l'invite À consulter la marguerite, Et quel danger ! Ce cœur qui ne sait rien encore, Couvé par tes tendres chaleurs, Devine et pressent son aurore ; Il s'ouvre à toi qui fais éclore Toutes les fleurs. Ton souffle l'étonne, elle écoute Les conseils embaumés de l'air ; C'est l'air de mai que je redoute, Je sens que je la perdrai toute Avant l'hiver.
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Jaloux du printemps
C'est une grande allée à deux rangs de tilleuls. Les enfants, en plein jour, n'osent y marcher seuls, Tant elle est haute, large et sombre. Il y fait froid l'été presque autant que l'hiver ; On ne sait quel sommeil en appesantit l'air, Ni quel deuil en épaissit l'ombre. Les tilleuls sont anciens ; leurs feuillages pendants Font muraille au dehors et font voûte au dedans, Taillés selon leurs vieilles formes ; L'écorce en noirs lambeaux quitte leurs troncs fendus ; Ils ressemblent, les bras l'un vers l'autre tendus, À des candélabres énormes ; Mais en haut, feuille à feuille, ils composent leur nuit : Par les jours de soleil pas un caillou ne luit Dans le sable dur de l'allée, Et par les jours de pluie à peine l'on entend Le dôme vert bruire, et, d'instant en instant, Tomber une goutte isolée. Tout au fond, dans un temple en treillis dont le bois, Par la mousse pourri, plie et rompt sous le poids De la vigne vierge et du lierre, Un amour malin rit, et de son doigt cassé Désigne encore au **** les cœurs du temps passé Qu'ont meurtris ses flèches de pierre. À toute heure on sent là les mystères du soir : Autour de la statue impassible on croit voir Deux à deux voltiger des flammes. L'esprit du souvenir pleure en paix dans ces lieux ; C'est là que, malgré l'âge et les derniers adieux, Se donnent rendez-vous les âmes, Les âmes de tous ceux qui se sont aimés là, De tous ceux qu'en avril le dieu jeune appela Sous les roses de sa tonnelle ; Et sans cesse vers lui montent ces pauvres morts ; Ils viennent, n'ayant plus de lèvres comme alors, S'unir sur sa bouche éternelle.
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La grande allée
C'est une grande allée à deux rangs de tilleuls. Les enfants, en plein jour, n'osent y marcher seuls, Tant elle est haute, large et sombre. Il y fait froid l'été presque autant que l'hiver ; On ne sait quel sommeil en appesantit l'air, Ni quel deuil en épaissit l'ombre. Les tilleuls sont anciens ; leurs feuillages pendants Font muraille au dehors et font voûte au dedans, Taillés selon leurs vieilles formes ; L'écorce en noirs lambeaux quitte leurs troncs fendus ; Ils ressemblent, les bras l'un vers l'autre tendus, À des candélabres énormes ; Mais en haut, feuille à feuille, ils composent leur nuit : Par les jours de soleil pas un caillou ne luit Dans le sable dur de l'allée, Et par les jours de pluie à peine l'on entend Le dôme vert bruire, et, d'instant en instant, Tomber une goutte isolée. Tout au fond, dans un temple en treillis dont le bois, Par la mousse pourri, plie et rompt sous le poids De la vigne vierge et du lierre, Un amour malin rit, et de son doigt cassé Désigne encore au **** les cœurs du temps passé Qu'ont meurtris ses flèches de pierre. À toute heure on sent là les mystères du soir : Autour de la statue impassible on croit voir Deux à deux voltiger des flammes. L'esprit du souvenir pleure en paix dans ces lieux ; C'est là que, malgré l'âge et les derniers adieux, Se donnent rendez-vous les âmes, Les âmes de tous ceux qui se sont aimés là, De tous ceux qu'en avril le dieu jeune appela Sous les roses de sa tonnelle ; Et sans cesse vers lui montent ces pauvres morts ; Ils viennent, n'ayant plus de lèvres comme alors, S'unir sur sa bouche éternelle.
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VIII. Ô Dieu, puisque voilà ce qu'a fait cette armée, Puisque, comme une porte est barrée et fermée, Elle est sourde à l'honneur, Puisque tous ces soldats rampent sans espérance, Et puisque dans le sang ils ont éteint la France, Votre flambeau, Seigneur ! Puisque la conscience en deuil est sans refuge Puisque le prêtre assis dans la chaire, et le juge D'hermine revêtu, Adorent le succès, seul vrai, seul légitime, Et disent qu'il vaut mieux réussir par le crime, Que choir par la vertu ; Puisque les âmes sont pareilles à des filles ; Puisque ceux-là sont morts qui brisaient les bastilles, Ou bien sont dégradés ; Puisque l'abjection, aux conseils misérables, Sortant de tous les cœurs, fait les bouches semblables Aux égouts débordés ; Puisque l'honneur décroît pendant que César monte ; Puisque dans ce Paris on n'entend plus, ô honte, Que des femmes gémir ; Puisqu'on n'a plus de cœur devant les grandes tâches, Puisque les vieux faubourgs, tremblant comme des lâches Font semblant de dormir, Ô Dieu vivant, mon Dieu ! prêtez-moi votre force, Et, moi qui ne suis rien, j'entrerai chez ce corse Et chez cet inhumain ; Secouant mon vers sombre et plein de votre flamme, J'entrerai là, Seigneur, la justice dans l'âme Et le fouet à la main, Et, retroussant ma manche ainsi qu'un belluaire, Seul, terrible, des morts agitant le suaire Dans ma sainte fureur, Pareil aux noirs vengeurs devant qui l'on se sauve, J'écraserai du pied l'antre et la bête fauve, L'empire et l'empereur ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (VIII)
VIII. Ô Dieu, puisque voilà ce qu'a fait cette armée, Puisque, comme une porte est barrée et fermée, Elle est sourde à l'honneur, Puisque tous ces soldats rampent sans espérance, Et puisque dans le sang ils ont éteint la France, Votre flambeau, Seigneur ! Puisque la conscience en deuil est sans refuge Puisque le prêtre assis dans la chaire, et le juge D'hermine revêtu, Adorent le succès, seul vrai, seul légitime, Et disent qu'il vaut mieux réussir par le crime, Que choir par la vertu ; Puisque les âmes sont pareilles à des filles ; Puisque ceux-là sont morts qui brisaient les bastilles, Ou bien sont dégradés ; Puisque l'abjection, aux conseils misérables, Sortant de tous les cœurs, fait les bouches semblables Aux égouts débordés ; Puisque l'honneur décroît pendant que César monte ; Puisque dans ce Paris on n'entend plus, ô honte, Que des femmes gémir ; Puisqu'on n'a plus de cœur devant les grandes tâches, Puisque les vieux faubourgs, tremblant comme des lâches Font semblant de dormir, Ô Dieu vivant, mon Dieu ! prêtez-moi votre force, Et, moi qui ne suis rien, j'entrerai chez ce corse Et chez cet inhumain ; Secouant mon vers sombre et plein de votre flamme, J'entrerai là, Seigneur, la justice dans l'âme Et le fouet à la main, Et, retroussant ma manche ainsi qu'un belluaire, Seul, terrible, des morts agitant le suaire Dans ma sainte fureur, Pareil aux noirs vengeurs devant qui l'on se sauve, J'écraserai du pied l'antre et la bête fauve, L'empire et l'empereur ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Parfois, je me sens pris d'horreur pour cette terre ; Mon vers semble la bouche ouverte d'un cratère ; J'ai le farouche émoi Que donne l'ouragan monstrueux au grand arbre ; Mon cœur prend feu ; je sens tout ce que j'ai de marbre Devenir lave en moi ; Quoi ! rien de vrai ! le scribe a pour appui le reître ; Toutes les robes, juge et vierge, femme et prêtre, Mentent ou mentiront ; Le dogme boit du sang, l'autel bénit le crime ; Toutes les vérités, groupe triste et sublime, Ont la rougeur au front ; La sinistre lueur des rois est sur nos têtes ; Le temple est plein d'enfer ; la clarté de nos fêtes Obscurcit le ciel bleu ; L'âme a le penchement d'un navire qui sombre ; Et les religions, à tâtons, ont dans l'ombre Pris le démon pour Dieu ! Oh ! qui me donnera des paroles terribles ? Oh ! je déchirerai ces chartes et ces bibles, Ces codes, ces korans ! Je pousserai le cri profond des catastrophes ; Et je vous saisirai, sophistes, dans mes strophes, Dans mes ongles, tyrans. Ainsi, frémissant, pâle, indigné, je bouillonne ; On ne sait quel essaim d'aigles noirs tourbillonne Dans mon ciel embrasé ; Deuil ! guerre ! une euménide en mon âme est éclose ! Quoi ! le mal est partout ! Je regarde une rose Et je suis apaisé.
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Parfois, je me sens pris d'horreur
Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon, Un sombre mendiant, l'oeil fier comme Antisthène, D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron. Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes, Des femmes se tordaient sous le noir firmament, Et, comme un grand troupeau de victimes offertes, Derrière lui traînaient un long mugissement. Sganarelle en riant lui réclamait ses gages, Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant Montrait à tous les morts errant sur les rivages Le fils audacieux qui railla son front blanc. Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire, Près de l'époux perfide et qui fut son amant, Semblait lui réclamer un suprême sourire Où brillât la douceur de son premier serment. Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre Se tenait à la barre et coupait le flot noir, Mais le calme héros, courbé sur sa rapière, Regardait le sillage et ne daignait rien voir.
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Don Juan aux enfers
In God is all. DEVISE DES SALTOUN. Ô toi qui si longtemps vis luire à mon côté Le jour égal et pur de la prospérité, Toi qui, lorsque mon âme allait de doute en doute, Et comme un voyageur te demandait sa route, Endormis sur ton sein mes rêves ténébreux, Et pour toute raison disais : Soyons heureux ! Hélas ! ô mon amie, hélas ! voici que l'ombre Envahit notre ciel, et que la vie est sombre ; Voici que le malheur s'épanche lentement Sur l'azur radieux de notre firmament ; Voici qu'à nos regards s'obscurcit et recule Notre horizon, perdu dans un noir crépuscule ; Or, dans ce ciel, où va la nuit se propageant, Comme un œil lumineux, vivant, intelligent, Vois-tu briller là-bas cette profonde étoile ? Des mille vérités que le bonheur nous voile, C'est une qui paraît ! c'est la première encor Qui nous ait éblouis de sa lumière d'or ! Notre ciel, que déjà le sombre deuil réclame, N'a plus assez d'éclat pour cacher cette flamme, Et du sud, du couchant, ou du septentrion, Chaque ombre qui survient donne à l'astre un rayon. Et plus viendra la nuit, et plus, à plis funèbres, S'épaissiront sur nous son deuil et ses ténèbres, Plus dans ce ciel sublime, à nos yeux enchantés, En foule apparaîtront de splendides clartés ! Plus nous verrons dans l'ombre, où leur loi les rassemble, Toutes les vérités étinceler ensemble, Et graviter autour d'un centre impérieux, Et rompre et renouer leur chœur mystérieux ! Cette fatale nuit, que le malheur amène, Fait voir plus clairement la destinée humaine, Et montre à ses deux bouts, écrits en traits de feu, Ces mots : Âme immortelle ! éternité de Dieu ! Car tant que luit le jour, de son soleil de flamme Il accable nos yeux, il aveugle notre âme, Et nous nous reposons dans un doute serein Sans savoir si le ciel est d'azur ou d'airain. Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires, Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires. L'œil dans leurs profondeurs découvre à chaque pas Mille mondes nouveaux qu'il ne soupçonnait pas, Soleils plus flamboyants, plus chevelus dans l'ombre, Qu'en l'abîme sans fin il voit luire sans nombre ! Août 1829.
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Ô toi qui si longtemps
In God is all. DEVISE DES SALTOUN. Ô toi qui si longtemps vis luire à mon côté Le jour égal et pur de la prospérité, Toi qui, lorsque mon âme allait de doute en doute, Et comme un voyageur te demandait sa route, Endormis sur ton sein mes rêves ténébreux, Et pour toute raison disais : Soyons heureux ! Hélas ! ô mon amie, hélas ! voici que l'ombre Envahit notre ciel, et que la vie est sombre ; Voici que le malheur s'épanche lentement Sur l'azur radieux de notre firmament ; Voici qu'à nos regards s'obscurcit et recule Notre horizon, perdu dans un noir crépuscule ; Or, dans ce ciel, où va la nuit se propageant, Comme un œil lumineux, vivant, intelligent, Vois-tu briller là-bas cette profonde étoile ? Des mille vérités que le bonheur nous voile, C'est une qui paraît ! c'est la première encor Qui nous ait éblouis de sa lumière d'or ! Notre ciel, que déjà le sombre deuil réclame, N'a plus assez d'éclat pour cacher cette flamme, Et du sud, du couchant, ou du septentrion, Chaque ombre qui survient donne à l'astre un rayon. Et plus viendra la nuit, et plus, à plis funèbres, S'épaissiront sur nous son deuil et ses ténèbres, Plus dans ce ciel sublime, à nos yeux enchantés, En foule apparaîtront de splendides clartés ! Plus nous verrons dans l'ombre, où leur loi les rassemble, Toutes les vérités étinceler ensemble, Et graviter autour d'un centre impérieux, Et rompre et renouer leur chœur mystérieux ! Cette fatale nuit, que le malheur amène, Fait voir plus clairement la destinée humaine, Et montre à ses deux bouts, écrits en traits de feu, Ces mots : Âme immortelle ! éternité de Dieu ! Car tant que luit le jour, de son soleil de flamme Il accable nos yeux, il aveugle notre âme, Et nous nous reposons dans un doute serein Sans savoir si le ciel est d'azur ou d'airain. Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires, Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires. L'œil dans leurs profondeurs découvre à chaque pas Mille mondes nouveaux qu'il ne soupçonnait pas, Soleils plus flamboyants, plus chevelus dans l'ombre, Qu'en l'abîme sans fin il voit luire sans nombre ! Août 1829.
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J 'ai enfin fait le deuil de ma Muse Ce n 'est plus Ma Muse Ni la Muse C 'est Muse tout simplement Majuscule sans déterminant. Cosmique ! Sans fleurs ni couronnes ! J 'ai sondé la nuit noire Et sa vulve béante Souriait de mille étoiles filantes Et j 'ai trouvé la paix Aux côtés de l 'ombre de Muse Qui m'a fredonné à l 'oreille Dans mon demi-sommeil Un pot-pourri de valse oubliée Et de fantaisie pour orgue en ré bémol majeur : Carmen Sylva. Femme, Mère, Reine et Poètesse : Muse. Terre de Feu. Et j 'ai dansé aux obsèques de Muse Ma valse musette invisible J'ai vu un cirque et des clowns Et des ourses et des prestidigitateurs Des chevaux andalous et un couple nu, Catalina et Hespérion, qui tournoyait Entre coquillages, crustacés et méduses Sur le sable d'une plage céleste Abandonnée aux rayons de lune. Puis Muse a disparu dans la queue d'une comète Ne me laissant pour vestiges que le doux surnom De Câlin le Fou et une toupie à son effigie.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:30 AM UTC
Carmen Sylva
C'était en juin, j'étais à Bruxelles ; on me dit : Savez-vous ce que fait maintenant ce bandit ? Et l'on me raconta le meurtre juridique, Charlet assassiné sur la place publique, Cirasse, Cuisinier, tous ces infortunés Que cet homme au supplice a lui-même traînés Et qu'il a de ses mains liés sur la bascule. Ô Sauveur, ô héros, vainqueur de crépuscule, César ! Dieu fait sortir de terre les moissons, La vigne, l'eau courante abreuvant les buissons, Les fruits vermeils, la rose où l'abeille butine, Les chênes, les lauriers, et toi, la guillotine. Prince qu'aucun de ceux qui lui donnent leurs voix Ne voudrait rencontrer le soir au coin d'un bois ! J'avais le front brûlant ; je sortis par la ville. Tout m'y parut plein d'ombre et de guerre civile ; Les passants me semblaient des spectres effarés Je m'enfuis dans les champs paisibles et dorés ; Ô contre-coups du crime au fond de l'âme humaine ! La nature ne put me calmer. L'air, la plaine, Les fleurs, tout m'irritait ; je frémissais devant Ce monde où je sentais ce scélérat vivant. Sans pouvoir m'apaiser je fis plus d'une lieue. Le soir triste monta sous la coupole bleue. Linceul frissonnant, l'ombre autour de moi s'accrut ; Tout à coup la nuit vint, et la lune apparut Sanglante, et dans les cieux, de deuil enveloppée, Je regardai rouler cette tête coupée. Jersey, le 20 mai 1853.
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C'était en juin, j'étais à Bruxelles
L'un t'éclaire avec son ardeur, L'autre en toi met son deuil, Nature ! Ce qui dit à l'un : Sépulture ! Dit à l'autre : Vie et splendeur ! Hermès inconnu qui m'assistes Et qui toujours m'intimidas, Tu me rends l'égal de Midas, Le plus triste des alchimistes ; Par toi je change l'or en fer Et le paradis en enfer ; Dans le suaire des nuages Je découvre un cadavre cher, Et sur les célestes rivages Je bâtis de grands sarcophages.
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Alchimie de la douleur
La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ; Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ? Ailleurs, bien **** d'ici ! trop **** ! jamais peut-être ! Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
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À une passante