"culotte" poems
Sonnet.
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !
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Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
Leurs culs en rond,
A genoux, cinq petits, - misère ! -
Regardent le Boulanger faire
Le lourd pain blond.
Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise et qui l'enfourne
Dans un trou clair.
Ils écoutent le bon pain cuire.
Le Boulanger au gras sourire
Grogne un vieil air.
Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein.
Quand pour quelque médianoche,
Façonné comme une brioche
On sort le pain,
Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons,
Que ce trou chaud souffle la vie,
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,
Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres Jésus pleins de givre,
Qu'ils sont là tous,
Collant leurs petits museaux roses
Au treillage, grognant des choses
Entre les trous,
Tout bêtes, faisant leurs prières
Et repliés vers ces lumières
Du ciel rouvert,
Si fort qu'ils crèvent leur culotte
Et que leur chemise tremblote
Au vent d'hiver.
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Il m’a dit qu’il a besoin de moi, comme il a besoin de l’eau
Quand il caresse ma joue, quand il caresse ma peau
‘Je t’aime,’ il m’a dit, quand il touche mon visage
‘L’amour’, je lui dis, ‘est éphémère comme les nuages.’
La vie, c’est un courant, c’est un fleuve, une rivière
T’as besoin de moi, mais moi, j’ai besoin de l’air
‘Ton amour, pour moi, est comme les menottes,’
Je lui dis, quand je prends mes vêtements et ma culotte.
‘Mais tu peux voyager, tu peux courir, si tu veux faire tout ça !’
‘Je voudrais être seule, et je n’peux pas y faire ça si t’es là.’
‘Tu peux faire tout choses ; c’est toi que tu t’arrêtes.’
‘C'est que t’es devoir pour moi, quand je n’veux pas utiliser ma tête.’
L’amour est la roche au fond du ruisseau qui m’a piégé toujours
Donc, je t’aime quand même, mais je vais te voir autour.
‘Non !’ Il m’a dit, ‘c’est libérer ! C’est la perfection, la vie !’
Par pitié mon chéri, la vie est la vie, mais l’amour est le purgatoire.
Nov 23, 2017
Nov 23, 2017 at 12:16 AM UTC
L'étoile du berger tremblote
Dans l'eau plus noire et le pilote
Cherche un briquet dans sa culotte.
C'est l'instant, Messieurs, ou jamais,
D'être audacieux, et je mets
Mes deux mains partout désormais !
Le chevalier Atys, qui gratte
Sa guitare, à Chloris l'ingrate
Lance une oeillade scélérate.
L'abbé confesse bas Eglé,
Et ce vicomte déréglé
Des champs donne à son coeur la clé.
Cependant la lune se lève
Et l'esquif en sa course brève
File gaîment sur l'eau qui rêve.
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