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"claquer" poems
La plage de la tour Génoise de Sagone en Corse. Sur le mol étendu De la crique aux rochers Ou le sable nous offre Un couchage argenté Et d'où le clapotis Des vagues qui se meurent Offre un balancement Si propice à la sieste Nous ne nous lassons pas De regarder la mer Qui se montre si douce Mais peut, être, féroce Mais nous n'y songeons pas Occupés à laisser La torpeur nous saisir. Mais le meilleur moment Est quand le soleil S'étire, paressant Sur l'horizon, comme Une orange mure. Un zeste de fraîcheur Vient nous revigorer Et un léger zéphyr Aiguise notre incessant Besoin de nous bouger Alors que nous étions précédemment apaisés. Une salinité un peu plus épicée Fait songer aux poissons, Peut être que ce soir ? Là-bas sous les « paillotes » et d’autres «brises de mer» où des cuisiniers s'affairent Pour nous donner envie De découvrir quelques saveurs Et ces vins blancs si frais Qui font claquer la langue Et vont si bien avec des poissons grillés, Ce soir, aucune restriction Ni régime fâcheux, Laissons l'austérité A ses propagandistes intéressés Et vivons selon ce moment Ou vivre est une fête. A Sagone, ce soir, Comme si cette fête Ne devait pas finir. Paul Arrighi
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Jul 29, 2016
Jul 29, 2016 at 5:40 AM UTC
La plage de la tour Génoise de Sagone en Corse.
Le brouillard est froid, la bruyère est grise ; Les troupeaux de boeufs vont aux abreuvoirs ; La lune, sortant des nuages noirs, Semble une clarté qui vient par surprise. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Le voyageur marche et la lande est brune ; Une ombre est derrière, une ombre est devant ; Blancheur au couchant, lueur au levant ; Ici crépuscule, et là clair de lune. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. La sorcière assise allonge sa lippe ; L'araignée accroche au toit son filet ; Le lutin reluit dans le feu follet Comme un pistil d'or dans une tulipe. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. On voit sur la mer des chasse-marées ; Le naufrage guette un mât frissonnant ; Le vent dit : demain ! l'eau dit : maintenant ! Les voix qu'on entend sont désespérées. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Le coche qui va d'Avranche à Fougère Fait claquer son fouet comme un vif éclair ; Voici le moment où flottent dans l'air Tous ces bruits confus que l'ombre exagère. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Dans les bois profonds brillent des flambées ; Un vieux cimetière est sur un sommet ; Où Dieu trouve-t-il tout ce noir qu'il met Dans les coeurs brisés et les nuits tombées ? Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Des flaques d'argent tremblent sur les sables ; L'orfraie est au bord des talus crayeux ; Le pâtre, à travers le vent, suit des yeux Le vol monstrueux et vague des diables. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Un panache gris sort des cheminées ; Le bûcheron passe avec son fardeau ; On entend, parmi le bruit des cours d'eau, Des frémissements de branches traînées. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. La faim fait rêver les grands loups moroses ; La rivière court, le nuage fuit ; Derrière la vitre où la lampe luit, Les petits enfants ont des têtes roses. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou.
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Choses du soir
Le brouillard est froid, la bruyère est grise ; Les troupeaux de boeufs vont aux abreuvoirs ; La lune, sortant des nuages noirs, Semble une clarté qui vient par surprise. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Le voyageur marche et la lande est brune ; Une ombre est derrière, une ombre est devant ; Blancheur au couchant, lueur au levant ; Ici crépuscule, et là clair de lune. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. La sorcière assise allonge sa lippe ; L'araignée accroche au toit son filet ; Le lutin reluit dans le feu follet Comme un pistil d'or dans une tulipe. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. On voit sur la mer des chasse-marées ; Le naufrage guette un mât frissonnant ; Le vent dit : demain ! l'eau dit : maintenant ! Les voix qu'on entend sont désespérées. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Le coche qui va d'Avranche à Fougère Fait claquer son fouet comme un vif éclair ; Voici le moment où flottent dans l'air Tous ces bruits confus que l'ombre exagère. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Dans les bois profonds brillent des flambées ; Un vieux cimetière est sur un sommet ; Où Dieu trouve-t-il tout ce noir qu'il met Dans les coeurs brisés et les nuits tombées ? Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Des flaques d'argent tremblent sur les sables ; L'orfraie est au bord des talus crayeux ; Le pâtre, à travers le vent, suit des yeux Le vol monstrueux et vague des diables. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Un panache gris sort des cheminées ; Le bûcheron passe avec son fardeau ; On entend, parmi le bruit des cours d'eau, Des frémissements de branches traînées. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. La faim fait rêver les grands loups moroses ; La rivière court, le nuage fuit ; Derrière la vitre où la lampe luit, Les petits enfants ont des têtes roses. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou.
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Donc c'est fait. Dût rugir de honte le canon, Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom ! Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure ! Toi qui n'as jamais pris la fortune qu'à l'heure, Te voilà presque assis sur ce hautain sommet ! Sur le chapeau d'Essling tu plantes ton plumet ; Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues ; Tu prends Napoléon dans les régions bleues ; Tu fais travailler l'oncle, et, perroquet ravi, Grimper à ton perchoir l'aigle de Mondovi ! Thersite est le neveu d'Achille Péliade ! C'est pour toi qu'on a fait toute cette Iliade ! C'est pour toi qu'on livra ces combats inouïs ! C'est pour toi que Murat, aux russes éblouis, Terrible, apparaissait, cravachant leur armée ! C'est pour toi qu'à travers la flamme et la fumée Les grenadiers pensifs s'avançaient à pas lents ! C'est pour toi que mon père et mes oncles vaillants Ont répandu leur sang dans ces guerres épiques ! Pour toi qu'ont fourmillé les sabres et les piques, Que tout le continent trembla sous Attila, Et que Londres frémit, et que Moscou brûla ! C'est pour toi, pour tes Deutz et pour tes Mascarilles, Pour que tu puisses boire avec de belles filles, Et, la nuit, t'attabler dans le Louvre à l'écart, C'est pour monsieur Fialin et pour monsieur Mocquart, Que Lannes d'un boulet eut la cuisse coupée, Que le front des soldats, entrouvert par l'épée, Saigna sous le shako, le casque et le colback, Que Lasalle à Wagram, Duroc à Reichenbach, Expirèrent frappés au milieu de leur route, Que Caulaincourt tomba dans la grande redoute, Et que la vieille garde est morte à Waterloo ! C'est pour toi qu'agitant le pin et le bouleau, Le vent fait aujourd'hui, sous ses âpres haleines, Blanchir tant d'ossements, hélas ! dans tant de plaines ! Faquin ! - Tu t'es soudé, chargé d'un vil butin, Toi, l'homme du hasard, à l'homme du destin ! Tu fourres, impudent, ton front dans ses couronnes ! Nous entendons claquer dans tes mains fanfaronnes Ce fouet prodigieux qui conduisait les rois Et tranquille, attelant à ton numéro trois Austerlitz, Marengo, Rivoli, Saint-Jean-d'Acre, Aux chevaux du soleil tu fais traîner ton fiacre ! Jersey, le 31 mai 1853.
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Napoléon III
Donc c'est fait. Dût rugir de honte le canon, Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom ! Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure ! Toi qui n'as jamais pris la fortune qu'à l'heure, Te voilà presque assis sur ce hautain sommet ! Sur le chapeau d'Essling tu plantes ton plumet ; Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues ; Tu prends Napoléon dans les régions bleues ; Tu fais travailler l'oncle, et, perroquet ravi, Grimper à ton perchoir l'aigle de Mondovi ! Thersite est le neveu d'Achille Péliade ! C'est pour toi qu'on a fait toute cette Iliade ! C'est pour toi qu'on livra ces combats inouïs ! C'est pour toi que Murat, aux russes éblouis, Terrible, apparaissait, cravachant leur armée ! C'est pour toi qu'à travers la flamme et la fumée Les grenadiers pensifs s'avançaient à pas lents ! C'est pour toi que mon père et mes oncles vaillants Ont répandu leur sang dans ces guerres épiques ! Pour toi qu'ont fourmillé les sabres et les piques, Que tout le continent trembla sous Attila, Et que Londres frémit, et que Moscou brûla ! C'est pour toi, pour tes Deutz et pour tes Mascarilles, Pour que tu puisses boire avec de belles filles, Et, la nuit, t'attabler dans le Louvre à l'écart, C'est pour monsieur Fialin et pour monsieur Mocquart, Que Lannes d'un boulet eut la cuisse coupée, Que le front des soldats, entrouvert par l'épée, Saigna sous le shako, le casque et le colback, Que Lasalle à Wagram, Duroc à Reichenbach, Expirèrent frappés au milieu de leur route, Que Caulaincourt tomba dans la grande redoute, Et que la vieille garde est morte à Waterloo ! C'est pour toi qu'agitant le pin et le bouleau, Le vent fait aujourd'hui, sous ses âpres haleines, Blanchir tant d'ossements, hélas ! dans tant de plaines ! Faquin ! - Tu t'es soudé, chargé d'un vil butin, Toi, l'homme du hasard, à l'homme du destin ! Tu fourres, impudent, ton front dans ses couronnes ! Nous entendons claquer dans tes mains fanfaronnes Ce fouet prodigieux qui conduisait les rois Et tranquille, attelant à ton numéro trois Austerlitz, Marengo, Rivoli, Saint-Jean-d'Acre, Aux chevaux du soleil tu fais traîner ton fiacre ! Jersey, le 31 mai 1853.
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