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"charmes" poems
Spanish Debout sur mon orgueil je veux montrer au soir L'envers de mon manteau endeuillé de tes charmes, Son mouchoir infini, son mouchoir noir et noir, Trait à trait, doucement, boira toutes mes larmes. Il donne des lys blancs à mes roses de flamme Et des bandeaux de calme à mon front délirant… Que le soir sera bon.. Il aura pour moi l'âme Claire et le corps profond d'un magnifique amant. English Forsaking my pride, I want to show the night The inside of my cloak, plunged in mourning for your charms. Its infinite handkerchiefs, its handkerchiefs black and black, Piece by piece, tenderly, will drink all my tears. The night lays lilies upon my burning roses And cool cloths upon my feverish brow… How good the evening will be! It will have, for me, The luminous soul, the profound body, of a magnificent lover.
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Debout Sur Mon Orgueil Je Veux Montrer Au Soir
Pour savoir le jour et l'heure Où tu es plus portée à l'amour J'ai entrepris la lecture des Secrets de l'Amour, du poète Koka Et je sais désormais que tu es femme-lotus Volupté Parfaite comme il n'en existe qu'une sur un million Tu me provoques, tu me charmes, tu me fascines Tu me subjugues, tu es ma Muse, ma courtisane de haut rang Tu possèdes les soixante-quatre arts libéraux Et les trente-deux modes musicaux de Radha, Amante de Krishna, Tu es multiple de huit, ma biche-jument-éléphante Tu es magique et ensorceleuse Tu t'appelles Padmini, Ganika Tu es espiègle , tu es folâtre, ma Nanyika Avec toi je peux m'unir sans péché Ma pudique impudique Car tu sais tout ce qu'on peut faire Quand les lumières sont éteintes Et les passions enflammées. Tu sais apprendre à parler aux perroquets et aux sansonnets Tu pratiques les combats de coqs, de cailles et de pigeons Tout comme les combats de la langue Tu sais faire un carrosse avec des fleurs. Je ne sais encore si je suis homme-bleu, Homme-lièvre ou homme-cerf Moi qui me croyais homme-raccoon, Homme-orphie et homme-mangouste J'ai baisé l'image de ton ombre portée Sur l'oreiller rose ce matin Un baiser de déclaration Un plaisir sans merci et sans trève Que ton ombre m'a rendu En me besognant De la langue, des mains et des pieds Et de toutes nos parties honteuses comme honnêtes Baiser pour baiser, Caresse pour caresse, Coup pour coup, Corps pour corps, Yoni pour lingam ! Que d'égratignures tu m'as infligées de tes ongles acérés La patte de paon et le saut du lièvre Me marquent à jamais Et je t'ai imprimé sur ta chair la feuille de lotus bleu. Et de morsures en morsures J'ai saisi avec mes lèvres tes deux lèvres Tandis que tu jouais à me saisir la lèvre inférieure. Si tu rêves comme moi d'impudiques amours Si tu rêves comme moi d'écrire un nouveau chapitre Aux huit cents vers du Ratira-Hasya, Les Secrets de l'Amour, du poète Koka, Retrouvons nous en congrès, veux-tu, Avant que l'été ne s'achève Au congrès de la femme-lynx-lotus et de l'homme-raccoon-mangouste Si tu rêves d'impudiques amours Si tu veux que je chante ta semence d'amour Ton kama solila, mélange de lys et de musc.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 5:58 AM UTC
Je rêve d'impudiques amours
Pour savoir le jour et l'heure Où tu es plus portée à l'amour J'ai entrepris la lecture des Secrets de l'Amour, du poète Koka Et je sais désormais que tu es femme-lotus Volupté Parfaite comme il n'en existe qu'une sur un million Tu me provoques, tu me charmes, tu me fascines Tu me subjugues, tu es ma Muse, ma courtisane de haut rang Tu possèdes les soixante-quatre arts libéraux Et les trente-deux modes musicaux de Radha, Amante de Krishna, Tu es multiple de huit, ma biche-jument-éléphante Tu es magique et ensorceleuse Tu t'appelles Padmini, Ganika Tu es espiègle , tu es folâtre, ma Nanyika Avec toi je peux m'unir sans péché Ma pudique impudique Car tu sais tout ce qu'on peut faire Quand les lumières sont éteintes Et les passions enflammées. Tu sais apprendre à parler aux perroquets et aux sansonnets Tu pratiques les combats de coqs, de cailles et de pigeons Tout comme les combats de la langue Tu sais faire un carrosse avec des fleurs. Je ne sais encore si je suis homme-bleu, Homme-lièvre ou homme-cerf Moi qui me croyais homme-raccoon, Homme-orphie et homme-mangouste J'ai baisé l'image de ton ombre portée Sur l'oreiller rose ce matin Un baiser de déclaration Un plaisir sans merci et sans trève Que ton ombre m'a rendu En me besognant De la langue, des mains et des pieds Et de toutes nos parties honteuses comme honnêtes Baiser pour baiser, Caresse pour caresse, Coup pour coup, Corps pour corps, Yoni pour lingam ! Que d'égratignures tu m'as infligées de tes ongles acérés La patte de paon et le saut du lièvre Me marquent à jamais Et je t'ai imprimé sur ta chair la feuille de lotus bleu. Et de morsures en morsures J'ai saisi avec mes lèvres tes deux lèvres Tandis que tu jouais à me saisir la lèvre inférieure. Si tu rêves comme moi d'impudiques amours Si tu rêves comme moi d'écrire un nouveau chapitre Aux huit cents vers du Ratira-Hasya, Les Secrets de l'Amour, du poète Koka, Retrouvons nous en congrès, veux-tu, Avant que l'été ne s'achève Au congrès de la femme-lynx-lotus et de l'homme-raccoon-mangouste Si tu rêves d'impudiques amours Si tu veux que je chante ta semence d'amour Ton kama solila, mélange de lys et de musc.
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Un vieux renard cassé, goutteux, apoplectique, Mais instruit, éloquent, disert, Et sachant très bien sa logique, Se mit à prêcher au désert. Son style était fleuri, sa morale excellente. Il prouvait en trois points que la simplicité, Les bonnes moeurs, la probité, Donnent à peu de frais cette félicité Qu'un monde imposteur nous présente Et nous fait payer cher sans la donner jamais. Notre prédicateur n'avait aucun succès ; Personne ne venait, hors cinq ou six marmottes, Ou bien quelques biches dévotes Qui vivaient **** du bruit, sans entour, sans faveur, Et ne pouvaient pas mettre en crédit l'orateur. Il prit le bon parti de changer de matière, Prêcha contre les ours, les tigres, les lions, Contre leurs appétits gloutons, Leur soif, leur rage sanguinaire. Tout le monde accourut alors à ses sermons : Cerfs, gazelles, chevreuils, y trouvaient mille charmes ; L'auditoire sortait toujours baigné de larmes ; Et le nom du renard devint bientôt fameux. Un **** roi de la contrée, Bon homme au demeurant, et vieillard fort pieux, De l'entendre fut curieux. Le renard fut charmé de faire son entrée A la cour : il arrive, il prêche, et, cette fois, Se surpassant lui-même, il tonne, il épouvante Les féroces tyrans des bois, Peint la faible innocence à leur aspect tremblante, Implorant chaque jour la justice trop lente Du maître et du juge des rois. Les courtisans, surpris de tant de hardiesse, Se regardaient sans dire rien ; Car le roi trouvait cela bien. La nouveauté parfois fait aimer la rudesse. Au sortir du sermon, le monarque enchanté Fit venir le renard : vous avez su me plaire, Lui dit-il, vous m'avez montré la vérité ; Je vous dois un juste salaire : Que me demandez-vous pour prix de vos leçons ? Le renard répondit : sire, quelques dindons.
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Le renard qui prêche
Un vieux renard cassé, goutteux, apoplectique, Mais instruit, éloquent, disert, Et sachant très bien sa logique, Se mit à prêcher au désert. Son style était fleuri, sa morale excellente. Il prouvait en trois points que la simplicité, Les bonnes moeurs, la probité, Donnent à peu de frais cette félicité Qu'un monde imposteur nous présente Et nous fait payer cher sans la donner jamais. Notre prédicateur n'avait aucun succès ; Personne ne venait, hors cinq ou six marmottes, Ou bien quelques biches dévotes Qui vivaient **** du bruit, sans entour, sans faveur, Et ne pouvaient pas mettre en crédit l'orateur. Il prit le bon parti de changer de matière, Prêcha contre les ours, les tigres, les lions, Contre leurs appétits gloutons, Leur soif, leur rage sanguinaire. Tout le monde accourut alors à ses sermons : Cerfs, gazelles, chevreuils, y trouvaient mille charmes ; L'auditoire sortait toujours baigné de larmes ; Et le nom du renard devint bientôt fameux. Un **** roi de la contrée, Bon homme au demeurant, et vieillard fort pieux, De l'entendre fut curieux. Le renard fut charmé de faire son entrée A la cour : il arrive, il prêche, et, cette fois, Se surpassant lui-même, il tonne, il épouvante Les féroces tyrans des bois, Peint la faible innocence à leur aspect tremblante, Implorant chaque jour la justice trop lente Du maître et du juge des rois. Les courtisans, surpris de tant de hardiesse, Se regardaient sans dire rien ; Car le roi trouvait cela bien. La nouveauté parfois fait aimer la rudesse. Au sortir du sermon, le monarque enchanté Fit venir le renard : vous avez su me plaire, Lui dit-il, vous m'avez montré la vérité ; Je vous dois un juste salaire : Que me demandez-vous pour prix de vos leçons ? Le renard répondit : sire, quelques dindons.
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When my mind is at rest I think of peace and blissful things I see the unfettered and innocent smile of a new babe in arms Or the Omnipotence gilded arms outstretch showering blessings The shores of a pristine beach with blue waves marking times Silver sunset sprinkling magic across quiet waters with no stressing Or me sat at my fathers feet as he reads engrossed in his charmes My mind rests easy in places of warmth and enriching lovings My mind has no space to linger in the murkiness of failings I do not plunge dark dept to court the uninspiring s in terms To share company with wretches with wasted mental ecthings Eyes that see dew in darkness and acrimony in fruitless farms Voices made for howling dirges and apostles of negative cravings Demented downers who drink from the fountains of fallen vamps Satiated miserably they seek to retch their stench on followings My mind finds the luminous stars and praise their spark-lings It atunes to the silent melodies of sages who now sleep uncramp It relishes the delights of the million trillion wonders tinklings Its marvels the joys of the thousand mothers holding new champs Can share the lifting dreams of hopes for happy new beginnings Living is never about waste for the Creator avails no dumps For a mind that lives and grows in the Light is forever inspired and inspiring Copyright LaurencA.1stAugust2018.All rights reserved
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Aug 1, 2018
Aug 1, 2018 at 7:54 PM UTC
How I See .....
Liberté Egalité Fraternité, le vrai Triptyque Républicain En hommage à nos ancêtres qui surent être ambitieux et fonder un triptyque toujours primordial, jamais accompli ni vraiment réalisé. LIBERTE ! Frêle comme doigts d’enfants, Plus précieuse qu’un diamant, Ton seul parfum nous enivre Et comme, un bon vin, nous grise. Tu es hymne à la vie Qui fait lever des envies. Tu suscite des passions, Libère des émotions. Tu fus conquise de haute lutte Par nos ancêtres en tumulte. Ils nous donnèrent pour mission D’en multiplier les brandons. A trop de Peuples, elle fait défaut. Elle ne supporte aucun bâillon Car si l’être vit bien de pain, Il veut aussi choisir son chemin. Si tous les pouvoirs la craignent, Ma, si belle, tu charmes et envoute, Mets les tyrans en déroute, Sœur de Marianne la belle. *** EGALITE ! Elle fut la devise d’Athènes, Et révérée par les Romains. Elle naquit en 89, avec la liberté du Peuple, Est fille de Révolution. Elle abolit les distinctions Séparant les êtres sans raison. Ouvre la voie à tous talents Sans s’encombrer de parchemins. C’est un alcool enivrant Que l’égalité des droits. C’est aussi une promesse De secourir celui qui choit. Si l’égalité fait tant peur, C’est que son regard de lynx Perce les supercheries Et voit les hommes tels qu’ils sont. FRATERNITE ! Elle coule, coule comme le miel, Nectar de la ruche humaine. Elle sait embellir nos vies, Et faire reculer la grisaille, Du calcul, froid et égoïste. Dans la devise Républicaine Elle tient la baguette de l’orchestre. Comme un peintre inspiré, elle met, Sur la toile, vive et vermillon. Elle nous incite à l’humanisme. Elle est petite fille de 89, fille de quarante –huit Mais sut renaître en 68. Elle est crainte par les puissants, Qui n’ont jamais connu qu’argent, C’est pourtant une essence rare. Dans les temps durs, elle se cache, Mais vient ouvrir la porte Au Résistant pourchassé. Elle n’hésite pas aujourd’hui À secourir un «sans papier» Sa sœur est générosité. Elle est la valeur suprême, Qui rend possible le «vivre ensemble» Et permet même au solitaire De faire battre un cœur solidaire. La fraternité reste la vraie conquête de l’humain. Paul d’Aubin (Paul Arrighi) à Toulouse; France.
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May 6, 2014
May 6, 2014 at 8:07 AM UTC
Liberté Egalité Fraternité, le vrai Triptyque Républicain
Liberté Egalité Fraternité, le vrai Triptyque Républicain En hommage à nos ancêtres qui surent être ambitieux et fonder un triptyque toujours primordial, jamais accompli ni vraiment réalisé. LIBERTE ! Frêle comme doigts d’enfants, Plus précieuse qu’un diamant, Ton seul parfum nous enivre Et comme, un bon vin, nous grise. Tu es hymne à la vie Qui fait lever des envies. Tu suscite des passions, Libère des émotions. Tu fus conquise de haute lutte Par nos ancêtres en tumulte. Ils nous donnèrent pour mission D’en multiplier les brandons. A trop de Peuples, elle fait défaut. Elle ne supporte aucun bâillon Car si l’être vit bien de pain, Il veut aussi choisir son chemin. Si tous les pouvoirs la craignent, Ma, si belle, tu charmes et envoute, Mets les tyrans en déroute, Sœur de Marianne la belle. *** EGALITE ! Elle fut la devise d’Athènes, Et révérée par les Romains. Elle naquit en 89, avec la liberté du Peuple, Est fille de Révolution. Elle abolit les distinctions Séparant les êtres sans raison. Ouvre la voie à tous talents Sans s’encombrer de parchemins. C’est un alcool enivrant Que l’égalité des droits. C’est aussi une promesse De secourir celui qui choit. Si l’égalité fait tant peur, C’est que son regard de lynx Perce les supercheries Et voit les hommes tels qu’ils sont. FRATERNITE ! Elle coule, coule comme le miel, Nectar de la ruche humaine. Elle sait embellir nos vies, Et faire reculer la grisaille, Du calcul, froid et égoïste. Dans la devise Républicaine Elle tient la baguette de l’orchestre. Comme un peintre inspiré, elle met, Sur la toile, vive et vermillon. Elle nous incite à l’humanisme. Elle est petite fille de 89, fille de quarante –huit Mais sut renaître en 68. Elle est crainte par les puissants, Qui n’ont jamais connu qu’argent, C’est pourtant une essence rare. Dans les temps durs, elle se cache, Mais vient ouvrir la porte Au Résistant pourchassé. Elle n’hésite pas aujourd’hui À secourir un «sans papier» Sa sœur est générosité. Elle est la valeur suprême, Qui rend possible le «vivre ensemble» Et permet même au solitaire De faire battre un cœur solidaire. La fraternité reste la vraie conquête de l’humain. Paul d’Aubin (Paul Arrighi) à Toulouse; France.
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Ex-voto dans le goût espagnol. Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse, Un autel souterrain au fond de ma détresse, Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur, **** du désir mondain et du regard moqueur, Une niche, d'azur et d'or tout émaillée, Où tu te dresseras, Statue émerveillée. Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal Savamment constellé de rimes de cristal, Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ; Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone, Je saurai te tailler un Manteau, de façon Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon, Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ; Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes ! Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant, Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend, Aux pointes se balance, aux vallons se repose, Et revêt d'un baiser tout ton corps blanc et rose. Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers De satin, par tes pieds divins humiliés, Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte, Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte. Si je ne puis, malgré tout mon art diligent, Pour Marchepied tailler une Lune d'argent, Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles Sous tes talons, afin que tu foules et railles, Reine victorieuse et féconde en rachats, Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats. Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges, Étoilant de reflets le plafond peint en bleu, Te regarder toujours avec des yeux de feu ; Et comme tout en moi te chérit et t'admire, Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe, Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux, En Vapeurs montera mon Esprit orageux. Enfin, pour compléter ton rôle de Marie, Et pour mêler l'amour avec la barbarie, Volupté noire ! des sept Péchés capitaux, Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux Bien affilés, et, comme un jongleur insensible, Prenant le plus profond de ton amour pour cible, Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant, Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant !
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À une Madone
Ex-voto dans le goût espagnol. Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse, Un autel souterrain au fond de ma détresse, Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur, **** du désir mondain et du regard moqueur, Une niche, d'azur et d'or tout émaillée, Où tu te dresseras, Statue émerveillée. Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal Savamment constellé de rimes de cristal, Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ; Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone, Je saurai te tailler un Manteau, de façon Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon, Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ; Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes ! Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant, Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend, Aux pointes se balance, aux vallons se repose, Et revêt d'un baiser tout ton corps blanc et rose. Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers De satin, par tes pieds divins humiliés, Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte, Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte. Si je ne puis, malgré tout mon art diligent, Pour Marchepied tailler une Lune d'argent, Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles Sous tes talons, afin que tu foules et railles, Reine victorieuse et féconde en rachats, Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats. Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges, Étoilant de reflets le plafond peint en bleu, Te regarder toujours avec des yeux de feu ; Et comme tout en moi te chérit et t'admire, Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe, Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux, En Vapeurs montera mon Esprit orageux. Enfin, pour compléter ton rôle de Marie, Et pour mêler l'amour avec la barbarie, Volupté noire ! des sept Péchés capitaux, Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux Bien affilés, et, comme un jongleur insensible, Prenant le plus profond de ton amour pour cible, Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant, Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant !
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Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche Est Large à faire envie à la plus belle blanche ; A l'artiste pensif ton corps est doux et cher ; Tes grands yeux de velours sont plus noirs que ta chair. Aux pays chauds et bleus où ton Dieu t'a fait naître, Ta tâche est d'allumer la pipe de ton maître, De pourvoir les flacons d'eaux fraîches et d'odeurs, De chasser **** du lit les moustiques rôdeurs, Et, dès que le matin fait chanter les platanes, D'acheter au bazar ananas et bananes. Tout le jour, où tu veux, tu mènes tes pieds nus Et fredonnes tout bas de vieux airs inconnus ; Et quand descend le soir au manteau d'écarlate, Tu poses doucement ton corps sur une natte, Où tes rêves flottants sont pleins de colibris, Et toujours, comme toi, gracieux et fleuris. Pourquoi, l'heureuse enfant, veux-tu voir notre France, Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance, Et, confiant ta vie aux bras forts des marins, Faire de grands adieux à tes chers tamarins ? Toi, vêtue à moitié de mousselines frêles, Frissonnante là-bas sous la neige et les grêles, Comme tu pleurerais tes loisirs doux et francs, Si, le corset brutal emprisonnant tes flancs, Il te fallait glaner ton souper dans nos fanges Et vendre le parfum de tes charmes étranges, L'oeil pensif, et suivant, dans nos sales brouillards, Des cocotiers absents les fantômes épars !
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À une Malabaraise
Belle du sud, ou le sceaux se scellent en sang, Ou la terre se chamaille avec l’océan Tel la blessure qui nourrit tes larmes. Belle du sud, fille de déchirement, Témoin de ce feu presque inconscient Qui s’entête à bruler tous tes charmes. Belle du sud, prière de tes aïeux Defi lancé à la terre et aux cieux Toi qui enterre dans ton silence mon vacarme.
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Jun 6, 2014
Jun 6, 2014 at 12:01 PM UTC
Belle du Sud
(À une jeune étrangère.) Quand tes beaux pieds distraits errent, ô jeune fille, Sur ce sable mouillé, frange d'or de la mer, Baisse-toi, mon amour, vers la blonde coquille Que Vénus fait, dit-on, polir au flot amer. L'écrin de l'Océan n'en a point de pareille ; Les roses de ta joue ont peine à l'égaler ; Et quand de sa voluté on approche l'oreille, On entend mille voix qu'on ne peut démêler. Tantôt c'est la tempête avec ses lourdes vagues, Qui viennent en tonnant se briser sur tes pas ; Tantôt c'est la forêt avec ses frissons vagues ; Tantôt ce sont des voix qui chuchotent tout bas. Oh ! ne dirais-tu pas, à ce confus murmure Que rend le coquillage aux lèvres de carmin, Un écho merveilleux où l'immense nature Résume tous ses bruits dans le creux de ta main ? Emporte-la, mon ange ! Et quand ton esprit joue Avec lui-même, oisif, pour charmer tes ennuis, Sur ce bijou des mers penche en riant ta joue, Et, fermant tes beaux yeux, recueilles-en les bruits. Si, dans ces mille accents dont sa conque fourmille, Il en est un plus doux qui vienne te frapper, Et qui s'élève à peine aux bords de la coquille, Comme un aveu d'amour qui n'ose s'échapper ; S'il a pour ta candeur des terreurs et des charmes ; S'il renaît en mourant presque éternellement ; S'il semble au fond d'un cœur rouler avec des larmes ; S'il tient de l'espérance et du gémissement... Ne te consume pas à chercher ce mystère ! Ce mélodieux souffle, ô mon ange, c'est moi ! Quel bruit plus éternel et plus doux sur la terre, Qu'un écho de mon cœur qui m'entretient de toi ?
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Le coquillage au bord de la mer
(À une jeune étrangère.) Quand tes beaux pieds distraits errent, ô jeune fille, Sur ce sable mouillé, frange d'or de la mer, Baisse-toi, mon amour, vers la blonde coquille Que Vénus fait, dit-on, polir au flot amer. L'écrin de l'Océan n'en a point de pareille ; Les roses de ta joue ont peine à l'égaler ; Et quand de sa voluté on approche l'oreille, On entend mille voix qu'on ne peut démêler. Tantôt c'est la tempête avec ses lourdes vagues, Qui viennent en tonnant se briser sur tes pas ; Tantôt c'est la forêt avec ses frissons vagues ; Tantôt ce sont des voix qui chuchotent tout bas. Oh ! ne dirais-tu pas, à ce confus murmure Que rend le coquillage aux lèvres de carmin, Un écho merveilleux où l'immense nature Résume tous ses bruits dans le creux de ta main ? Emporte-la, mon ange ! Et quand ton esprit joue Avec lui-même, oisif, pour charmer tes ennuis, Sur ce bijou des mers penche en riant ta joue, Et, fermant tes beaux yeux, recueilles-en les bruits. Si, dans ces mille accents dont sa conque fourmille, Il en est un plus doux qui vienne te frapper, Et qui s'élève à peine aux bords de la coquille, Comme un aveu d'amour qui n'ose s'échapper ; S'il a pour ta candeur des terreurs et des charmes ; S'il renaît en mourant presque éternellement ; S'il semble au fond d'un cœur rouler avec des larmes ; S'il tient de l'espérance et du gémissement... Ne te consume pas à chercher ce mystère ! Ce mélodieux souffle, ô mon ange, c'est moi ! Quel bruit plus éternel et plus doux sur la terre, Qu'un écho de mon cœur qui m'entretient de toi ?
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For fifty cents we bought ten eggs For fifty cents we bought a kilo of oranges For fifty cents we drunk espresso in a coffee across the street For fifty cents, at the flea market, they were selling at the car hub, Jacque Prevert’s - Charmes des Londres… We bought that too ………………………………………………………………... *Jacques Prevert wrote “Charmes des Londres” in 1952. **Grocery list for the market 15.02.2003.
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Nov 24, 2017
Nov 24, 2017 at 6:56 AM UTC
Charmes des Londres*
Adieu, Suzon, ma rose blonde, Qui m'as aimé pendant huit jours ; Les plus courts plaisirs de ce monde Souvent font les meilleurs amours. Sais-je, au moment où je te quitte, Où m'entraîne mon astre errant ? Je m'en vais pourtant, ma petite, Bien **** bien vite, Toujours courant. Je pars, et sur ma lèvre ardente Brûle encor ton dernier baiser. Entre mes bras, chère imprudente, Ton beau front vient de reposer. Sens-tu mon coeur, comme il palpite ? Le tien, comme il battait gaiement ! Je m'en vais pourtant, ma petite, Bien **** bien vite, Toujours t'aimant. Paf ! c'est mon cheval qu'on apprête. Enfant, que ne puis-je en chemin Emporter ta mauvaise tête, Qui m'a tout embaumé la main ! Tu souris, petite hypocrite, Comme la nymphe, en t'enfuyant. Je m'en vais pourtant, ma petite, Bien **** bien vite, Tout en riant. Que de tristesse, et que de charmes, Tendre enfant, dans tes doux adieux ! Tout m'enivre, jusqu'à tes larmes, Lorsque ton coeur est dans tes yeux. A vivre ton regard m'invite ; Il me consolerait mourant. Je m'en vais pourtant, ma petite, Bien **** bien vite, Tout en pleurant. Que notre amour, si tu m'oublies, Suzon, dure encore un moment ; Comme un bouquet de fleurs pâlies, Cache-le dans ton sein charmant ! Adieu ; le bonheur reste au gîte, Le souvenir part avec moi : Je l'emporterai, ma petite, Bien **** bien vite, Toujours à toi.
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Adieux à Suzon
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Venise
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Qu'est-ce donc qui me trouble, et qu'est-ce que j'attends ? Je suis triste à la ville, et m'ennuie au village ; Les plaisirs de mon âge Ne peuvent me sauver de la longueur du temps. Autrefois l'amitié, les charmes de l'étude Remplissaient sans effort mes paisibles loisirs. Oh ! quel est donc l'objet de mes vagues désirs ? Je l'ignore, et le cherche avec inquiétude. Si pour moi le bonheur n'était pas la gaîté, Je ne le trouve plus dans ma mélancolie ; Mais, si je crains les pleurs autant que la folie, Où trouver la félicité ? Et vous qui me rendiez heureuse, Avez-vous résolu de me fuir sans retour ? Répondez, ma raison ; incertaine et trompeuse, M'abandonnerez-vous au pouvoir de l'Amour ? ... Hélas ! voilà le nom que je tremblais d'entendre. Mais l'effroi qu'il inspire est un effroi si doux ! Raison, vous n'avez plus de secret à m'apprendre, Et ce nom, je le sens, m'en a dit plus que vous.
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L'inquiétude
Eh quoi ! prier déjà.... tu bégayes encore ; De la vie, ici-bas, tu n'as vu que l'aurore ; Pour loi, le beau printemps n'est venu que deux fois ; À peine connaît-on le doux son de ta voix. Et cependant, docile aux leçons d'une mère, Tu bégayes déjà quelques mots de prière ! Oh ! laisse la prière au cœur des malheureux, Et toi, petit enfant, va reprendre tes jeux ! Pourvu qu'à ton réveil, s'échappant de sa cage, L'oiseau qui te connaît commence son ramage, Qu'il reste près de toi ; que d'un bouquet nouveau, Ta mère, en souriant, vienne orner ton berceau ; Pourvu que vers le soir, sa voix mélodieuse T'endorme doucement, ou que, silencieuse, Elle ébranle ta couche, et d'un léger effort, En longs balancements t'endorme mieux encor : C'est là tout le bonheur de ta paisible enfance. Et comment prierais-tu ? tu n'as pas d'espérance ! À ton âge charmant, l'existence est un jour, Où le rire et les pleurs s'effacent tour à tour. Plus **** petit enfant, poursuivant ton voyage, Ton cœur s'agitera du trouble du jeune âge ; Tu sentiras alors les charmes enivrants De nos illusions, rêves purs et charmants. Un doux espoir, ainsi qu'une ombre fugitive, Apparaîtra soudain à ton âme naïve, Te faisant pressentir l'amour et le bonheur... Alors, il sera temps de prier le Seigneur ! À genoux devant lui, plein de foi, d'espérance, On dit tout sans parler ; - Dieu comprend le silence. Ô mon Dieu ! que l'on aime à vous prier longtemps, Lorsqu'on veut être heureux et que l'on a seize ans ! Car, hélas ! jeune enfant, pendant le long voyage, Nous n'avons pas toujours un beau ciel sans nuage ; Le limpide ruisseau qui s'en va murmurant, Se change bien souvent en horrible torrent, Et l'aquilon, soufflant sur la barque légère, Vient la briser, le soir, aux écueils de la terre. Va jouer, bel enfant !... il te faudra plus **** Souffrir ainsi que nous : ta vie aura sa part ! Tu verras fuir l'espoir qui venait de paraître ; Un jour, on t'aimera..., l'on t'oubliera peut-être !... Ah ! qu'ai-je dit, enfant ? -Suspends, suspends tes jeux Joins tes petites mains, et regarde les cieux.
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L'enfant qui priait
Eh quoi ! prier déjà.... tu bégayes encore ; De la vie, ici-bas, tu n'as vu que l'aurore ; Pour loi, le beau printemps n'est venu que deux fois ; À peine connaît-on le doux son de ta voix. Et cependant, docile aux leçons d'une mère, Tu bégayes déjà quelques mots de prière ! Oh ! laisse la prière au cœur des malheureux, Et toi, petit enfant, va reprendre tes jeux ! Pourvu qu'à ton réveil, s'échappant de sa cage, L'oiseau qui te connaît commence son ramage, Qu'il reste près de toi ; que d'un bouquet nouveau, Ta mère, en souriant, vienne orner ton berceau ; Pourvu que vers le soir, sa voix mélodieuse T'endorme doucement, ou que, silencieuse, Elle ébranle ta couche, et d'un léger effort, En longs balancements t'endorme mieux encor : C'est là tout le bonheur de ta paisible enfance. Et comment prierais-tu ? tu n'as pas d'espérance ! À ton âge charmant, l'existence est un jour, Où le rire et les pleurs s'effacent tour à tour. Plus **** petit enfant, poursuivant ton voyage, Ton cœur s'agitera du trouble du jeune âge ; Tu sentiras alors les charmes enivrants De nos illusions, rêves purs et charmants. Un doux espoir, ainsi qu'une ombre fugitive, Apparaîtra soudain à ton âme naïve, Te faisant pressentir l'amour et le bonheur... Alors, il sera temps de prier le Seigneur ! À genoux devant lui, plein de foi, d'espérance, On dit tout sans parler ; - Dieu comprend le silence. Ô mon Dieu ! que l'on aime à vous prier longtemps, Lorsqu'on veut être heureux et que l'on a seize ans ! Car, hélas ! jeune enfant, pendant le long voyage, Nous n'avons pas toujours un beau ciel sans nuage ; Le limpide ruisseau qui s'en va murmurant, Se change bien souvent en horrible torrent, Et l'aquilon, soufflant sur la barque légère, Vient la briser, le soir, aux écueils de la terre. Va jouer, bel enfant !... il te faudra plus **** Souffrir ainsi que nous : ta vie aura sa part ! Tu verras fuir l'espoir qui venait de paraître ; Un jour, on t'aimera..., l'on t'oubliera peut-être !... Ah ! qu'ai-je dit, enfant ? -Suspends, suspends tes jeux Joins tes petites mains, et regarde les cieux.
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Fable VI, Livre II. Le crocodile en pleurs, aux animaux surpris, De la pitié vantait les charmes : « Craignez ceux qui jamais ne se sont attendris ; Fiez-vous à quiconque a répandu des larmes : Frères, l'homme est croyable, et l'homme pense ainsi. » « - Je le sais, dit le bœuf ; et même il pleure aussi. »
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Les larmes du crocodile
Stance. Que vous sert-il de me charmer ? Aminte, je ne puis aimer Où je ne vois rien à prétendre ; Je sens naître et mourir ma flamme à votre aspect, Et si pour la beauté j'ai toujours l'âme tendre, Jamais pour la vertu je n'ai que du respect. Vous me recevez sans mépris, Je vous parle, je vous écris, Je vous vois quand j'en ai l'envie ; Ces bonheurs sont pour moi des bonheurs superflus ; Et si quelque autre y trouve une assez douce vie, Il me faut pour aimer quelque chose de plus. Le plus grand amour sans faveur, Pour un homme de mon humeur, Est un assez triste partage ; Je cède à mes rivaux cet inutile bien, Et qui me donne un cœur, sans donner davantage, M'obligerait bien plus de ne me donner rien. Je suis de ces amants grossiers Qui n'aiment pas fort volontiers Sans aucun prix de leurs services, Et veux, pour m'en payer, un peu mieux qu'un regard ; Et l'union d'esprit est pour moi sans délices Si les charmes des sens n'y prennent quelque part.
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Je ne puis aimer
La vie s'en est allée La vie s'en est allée comme vont et viennent les vagues avec leur écume et leurs ressacs. Avec leurs rêves de jeunesse trop souvent envolés dans la forêt des illusions perdues. La vie s'en est allée Comme une pluie d'illusions Pour nous, rêveurs trébuchants, Et celles et ceux, brillants comme des papillons Happés par leurs mirages. La vie s'en est allée Comme l'on fait naufrage, En se retrouvant Robinson Dans une île inconnue, **** de tout secours Guettant les signes de vaisseaux Qui ne passeront probablement jamais. La vie, s'en est allée Comme meurent les roses Laissant charmes et beauté, Se dissiper comme des parfums Évaporés avec le temps. Ne laissant qu'une faible empreinte. La vie s'en est allée, Comme un dernier souffle Comme un regard mouillé Qui voudrait s'attarder Mais n'a plus le pouvoir de capter l'attention Des passant(e)s fuyant(e)s. Paul Arrighi
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Sep 16, 2016
Sep 16, 2016 at 2:59 PM UTC
La vie s'en est allée (Life is gone)
Automnes de Luchon Phébus s'était lové sur le val de Luchon, Les arbres rougeoyaient comme sous le pinceau, D'un Van Gogh qui aurait amené la Provence, Dans les vertes Montagnes des Pyrénées centrales Non **** de l'Aneto et très près du Vénasque. Mais tout ce verdoiement laissait place à l'automne. Avec ses rougeoiements, ses mauves et ses dorés. Et les fins cheveux roux donnés par des buissons. La nature semblait avoir changé d'atours. Pour nous faire oublier l'été et ses douces torpeurs. Les Erables, les Tulipiers et les Cerisier sauvages se parent, D'atours d'or ou de rouge sang, Comme pour les noces des feuilles et de la lune. Oui, les derniers rayons sont toujours les plus beaux ! Dans les futaies et les clairières pourpres. Et l’automne tendre a  ce goût de châtaignes, Grillées dans les jardins ou embaumaient  les roses. Et de flambées heureuses et de baisers brûlants. La montagne est si belle que l'on voudrait figer. Ces splendeurs éphémères et suspendre le temps. Afin de contempler toujours ces beautés vives De la ville Coquette et du val arboré. Les jardins de «la Pique» faisaient belle figure, Si près de la rivière aux eaux vivifiantes. Et l'ancien Casino nous donnait à songer, Aux beautés d'autrefois alanguies, sous la soie, Dans les bals bien réglés parés d'un luxe doux Ou il faisait parfois bon savoir jeter bas, Les fausses les convenances pour le beau Cupidon. Aujourd'hui; riantes et bronzées, les belles Sont sportives, parcourent la Montagne. Et viennent au «vapo» pour bien se délasser. Oh; Reine d'autrefois, toujours ville de charmes. Tes automnes suggèrent des rêves de bonheur, De vies épanouies et de soins pour les êtres. Ou il est reposant de venir t'admirer. Parmi tes fleurs, les arbres et ton air vivifiant. Paul Arrighi
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Nov 1, 2016
Nov 1, 2016 at 5:25 PM UTC
Automnes de Luchon (Automns in the Luchon Valley in Pyreneas)
Automnes de Luchon Phébus s'était lové sur le val de Luchon, Les arbres rougeoyaient comme sous le pinceau, D'un Van Gogh qui aurait amené la Provence, Dans les vertes Montagnes des Pyrénées centrales Non **** de l'Aneto et très près du Vénasque. Mais tout ce verdoiement laissait place à l'automne. Avec ses rougeoiements, ses mauves et ses dorés. Et les fins cheveux roux donnés par des buissons. La nature semblait avoir changé d'atours. Pour nous faire oublier l'été et ses douces torpeurs. Les Erables, les Tulipiers et les Cerisier sauvages se parent, D'atours d'or ou de rouge sang, Comme pour les noces des feuilles et de la lune. Oui, les derniers rayons sont toujours les plus beaux ! Dans les futaies et les clairières pourpres. Et l’automne tendre a  ce goût de châtaignes, Grillées dans les jardins ou embaumaient  les roses. Et de flambées heureuses et de baisers brûlants. La montagne est si belle que l'on voudrait figer. Ces splendeurs éphémères et suspendre le temps. Afin de contempler toujours ces beautés vives De la ville Coquette et du val arboré. Les jardins de «la Pique» faisaient belle figure, Si près de la rivière aux eaux vivifiantes. Et l'ancien Casino nous donnait à songer, Aux beautés d'autrefois alanguies, sous la soie, Dans les bals bien réglés parés d'un luxe doux Ou il faisait parfois bon savoir jeter bas, Les fausses les convenances pour le beau Cupidon. Aujourd'hui; riantes et bronzées, les belles Sont sportives, parcourent la Montagne. Et viennent au «vapo» pour bien se délasser. Oh; Reine d'autrefois, toujours ville de charmes. Tes automnes suggèrent des rêves de bonheur, De vies épanouies et de soins pour les êtres. Ou il est reposant de venir t'admirer. Parmi tes fleurs, les arbres et ton air vivifiant. Paul Arrighi
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Quelle soirée ! ô dieu ! que j'ai souffert ! Dans un trouble charmant je suivais l'Espérance ; Elle enchantait pour moi les apprêts du concert, Et je devais y pleurer ton absence. Dans la foule cent fois j'ai cru t'apercevoir ; Mes vœux toujours trahis n'embrassaient que ton ombre ; L'amour me la laissait tout à coup entrevoir, Pour l'entraîner bientôt vers le coin le plus sombre. Séduite par mon cœur toujours plus agité, Je voyais dans le vague errer ta douce image, Comme un astre chéri, qu'enveloppe un nuage, Par des rayons douteux perce l'obscurité. Pour la première fois insensible à les charmes, Art d'Orphée, art du cœur, j'ai méconnu ta loi : J'étais toute à l'Amour, lui seul régnait sur moi, Et le cruel faisait couler mes larmes ! D'un chant divin goûte-t-on la douceur Lorsqu'on attend la voix de celui que l'on aime ? Je craignais ton charme suprême, II nourrissait trop ma langueur. Les sons d'une harpe plaintive En frappant sur mon sein le faisaient tressaillir ; Ils fatiguaient mon oreille attentive, Et je me sentais défaillir. Et toi ! que faisais-tu, mon idole chérie, Quand ton absence éternisait le jour ? Quand je donnais tout mon être à l'amour, M'as-tu donné ta rêverie ? As-tu gémi de la longueur du temps ? D'un soir... d'un siècle écoulé pour attendre ? Non ! son poids douloureux accable le plus tendre ; Seule, j'en ai compté les heures, les instants : J'ai langui sans bonheur, de moi-même arrachée ; Et toi, tu ne m'as point cherchée ! Mais quoi ! L'impatience a soulevé mon sein, Et, lasse de rougir de ma tendre infortune, Je me dérobe à ce bruyant essaim Des papillons du soir, dont l'hommage importune. L'heure, aujourd'hui si lente à s'écouler pour moi, Ne marche pas encore avec plus de vitesse ; Mais je suis seule au moins, seule avec ma tristesse, Et je trace, en rêvant, cette lettre pour toi, Pour toi, que j'espérais, que j'accuse, que j'aime ! Pour toi, mon seul désir, mon tourment, mon bonheur ! Mais je ne veux la livrer qu'à toi-même, Et tu la liras sur mon cœur.
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Le concert
Quelle soirée ! ô dieu ! que j'ai souffert ! Dans un trouble charmant je suivais l'Espérance ; Elle enchantait pour moi les apprêts du concert, Et je devais y pleurer ton absence. Dans la foule cent fois j'ai cru t'apercevoir ; Mes vœux toujours trahis n'embrassaient que ton ombre ; L'amour me la laissait tout à coup entrevoir, Pour l'entraîner bientôt vers le coin le plus sombre. Séduite par mon cœur toujours plus agité, Je voyais dans le vague errer ta douce image, Comme un astre chéri, qu'enveloppe un nuage, Par des rayons douteux perce l'obscurité. Pour la première fois insensible à les charmes, Art d'Orphée, art du cœur, j'ai méconnu ta loi : J'étais toute à l'Amour, lui seul régnait sur moi, Et le cruel faisait couler mes larmes ! D'un chant divin goûte-t-on la douceur Lorsqu'on attend la voix de celui que l'on aime ? Je craignais ton charme suprême, II nourrissait trop ma langueur. Les sons d'une harpe plaintive En frappant sur mon sein le faisaient tressaillir ; Ils fatiguaient mon oreille attentive, Et je me sentais défaillir. Et toi ! que faisais-tu, mon idole chérie, Quand ton absence éternisait le jour ? Quand je donnais tout mon être à l'amour, M'as-tu donné ta rêverie ? As-tu gémi de la longueur du temps ? D'un soir... d'un siècle écoulé pour attendre ? Non ! son poids douloureux accable le plus tendre ; Seule, j'en ai compté les heures, les instants : J'ai langui sans bonheur, de moi-même arrachée ; Et toi, tu ne m'as point cherchée ! Mais quoi ! L'impatience a soulevé mon sein, Et, lasse de rougir de ma tendre infortune, Je me dérobe à ce bruyant essaim Des papillons du soir, dont l'hommage importune. L'heure, aujourd'hui si lente à s'écouler pour moi, Ne marche pas encore avec plus de vitesse ; Mais je suis seule au moins, seule avec ma tristesse, Et je trace, en rêvant, cette lettre pour toi, Pour toi, que j'espérais, que j'accuse, que j'aime ! Pour toi, mon seul désir, mon tourment, mon bonheur ! Mais je ne veux la livrer qu'à toi-même, Et tu la liras sur mon cœur.
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Au pays parfumé que le soleil caresse, J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés Et de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse, Une dame créole aux charmes ignorés. Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse A dans le cou des airs noblement maniérés ; Grande et svelte en marchant comme une chasseresse, Son sourire est tranquille et ses yeux assurés. Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire, Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire, Belle digne d'orner les antiques manoirs, Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites, Germer mille sonnets dans le coeur des poètes, Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.
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À une dame créole
Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce portrait qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux ennui. Ton souvenir brûlant, que je déteste, Sera bientôt froid comme lui. Oh ! Reprends tout. Si ma main tremble encore, C'est que j'ai cru te voir sous ces traits que j'abhorre. Oui, j'ai cru rencontrer le regard d'un trompeur ; Ce fantôme a troublé mon courage timide. Ciel ! On peut donc mourir à l'aspect d'un perfide, Si son ombre fait tant de peur ! Comme ces feux errants dont le reflet égare, La flamme de ses yeux a passé devant moi ; Je rougis d'oublier qu'enfin tout nous sépare ; Mais je n'en rougis que pour toi. Que mes froids sentiments s'expriment avec peine ! Amour... que je te hais de m'apprendre la haine ! Eloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs, Ces lettres, qui font mon supplice, Ce portrait, qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs ! Cache au moins ma colère au cruel qui t'envoie, Dis que j'ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ; En lui peignant mes douloureux transports, Tu lui donnerais trop de joie. Reprends aussi, reprends les écrits dangereux, Où, cachant sous des fleurs son premier artifice, Il voulut essayer sa cruauté novice Sur un coeur simple et malheureux. Quand tu voudras encore égarer l'innocence, Quand tu voudras voir brûler et languir, Quand tu voudras faire aimer et mourir, N'emprunte pas d'autre éloquence. L'art de séduire est là, comme il est dans son coeur ! Va ! Tu n'as plus besoin d'étude. Sois léger par penchant, ingrat par habitude, Donne la fièvre, amour, et garde ta froideur. Ne change rien aux aveux pleins de charmes Dont la magie entraîne au désespoir : Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir, Et choisir ceux encore imprégnés de mes larmes... Il n'ose me répondre, il s'envole... il est **** Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence ! Il faudrait par fierté sourire en sa présence : J'aime mieux souffrir sans témoin. Il ne reviendra plus, il sait que je l'abhorre ; Je l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui. S'il osait revenir, je le dirais encore : Mais on approche, on parle... hélas ! Ce n'est pas lui !
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À l'amour
Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce portrait qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux ennui. Ton souvenir brûlant, que je déteste, Sera bientôt froid comme lui. Oh ! Reprends tout. Si ma main tremble encore, C'est que j'ai cru te voir sous ces traits que j'abhorre. Oui, j'ai cru rencontrer le regard d'un trompeur ; Ce fantôme a troublé mon courage timide. Ciel ! On peut donc mourir à l'aspect d'un perfide, Si son ombre fait tant de peur ! Comme ces feux errants dont le reflet égare, La flamme de ses yeux a passé devant moi ; Je rougis d'oublier qu'enfin tout nous sépare ; Mais je n'en rougis que pour toi. Que mes froids sentiments s'expriment avec peine ! Amour... que je te hais de m'apprendre la haine ! Eloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs, Ces lettres, qui font mon supplice, Ce portrait, qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs ! Cache au moins ma colère au cruel qui t'envoie, Dis que j'ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ; En lui peignant mes douloureux transports, Tu lui donnerais trop de joie. Reprends aussi, reprends les écrits dangereux, Où, cachant sous des fleurs son premier artifice, Il voulut essayer sa cruauté novice Sur un coeur simple et malheureux. Quand tu voudras encore égarer l'innocence, Quand tu voudras voir brûler et languir, Quand tu voudras faire aimer et mourir, N'emprunte pas d'autre éloquence. L'art de séduire est là, comme il est dans son coeur ! Va ! Tu n'as plus besoin d'étude. Sois léger par penchant, ingrat par habitude, Donne la fièvre, amour, et garde ta froideur. Ne change rien aux aveux pleins de charmes Dont la magie entraîne au désespoir : Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir, Et choisir ceux encore imprégnés de mes larmes... Il n'ose me répondre, il s'envole... il est **** Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence ! Il faudrait par fierté sourire en sa présence : J'aime mieux souffrir sans témoin. Il ne reviendra plus, il sait que je l'abhorre ; Je l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui. S'il osait revenir, je le dirais encore : Mais on approche, on parle... hélas ! Ce n'est pas lui !
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Ma muse est une mère poulpe italienne Ascendant méduse kabyle Ses tentacules sont des bras de mer interminables Pour prétendre être l'objet du désir De cette dame au coeur en éternelle couvaison Pour prétendre dérober le coeur De cette diva enrobée de charmes Il faut être juste un homme vrai et honnête Une personne simple et honnête Un maxim'homme  de collection Localisé  à vingt kilomètres grand maximum. Un énergumène  simple et honnête Spécimen rare du règne mâle, Un bibelot de chair, d'os et de sang, Un prototype de papier bien mâché Qui pratique la randonnée, La cuisine et partage sa passion Foetale pour le règne animal. Bref un phénomène tout simple, Tendre et goûteux et iodé dans l'idéal Qu'elle cuisinerait à feux doux avec ses airelles, Un vrai de vrai, Un authentique, Un certifié, cachet de la poste faisant foi, Un preux sanglier caméléon  de pré salé Sans peur et sans reproche, Telle est  la recherche de ma muse Kabytalienne.
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Sep 4, 2019
Sep 4, 2019 at 2:17 AM UTC
Maxim'homme de collection
Je ne t'aime pas en toilette Et je déteste la voilette Qui t'obscurcit tes yeux, mes cieux, Et j'abomine la « tournure » Parodie et caricature, De tels tiens appas somptueux. Je suis hostile à toute robe Qui plus ou moins cache et dérobe Ces charmes, au fond les meilleurs : Ta gorge, mon plus cher délice, Tes épaules et la malice De tes mollets ensorceleurs. Fi d'une femme trop bien mise ! Je te veux, ma belle, en chemise, - Voile aimable, obstacle badin, Nappe d'autel pour l'alme messe. Drapeau mignard vaincu sans cesse Matin et soir, soir et matin.
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Je ne t'aime pas en toilette
J'irai, j'irai porter ma couronne effeuillée Au jardin de mon père où revit toute fleur ; J'y répandrai longtemps mon âme agenouillée : Mon père a des secrets pour vaincre la douleur. J'irai, j'irai lui dire au moins avec mes larmes : « Regardez, j'ai souffert... » Il me regardera, Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes, Parce qu'il est mon père, il me reconnaîtra. Il dira : « C'est donc vous, chère âme désolée ; La terre manque-t-elle à vos pas égarés ? Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ; Voici votre maison, voici mon coeur, entrez ! » Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père ! Votre enfant qui pleurait, vous l'avez entendu ! Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère Et que vous possédez tout ce que j'ai perdu. Vous ne rejetez pas la fleur qui n'est plus belle ; Ce crime de la terre au ciel est pardonné. Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle, Non d'avoir rien vendu, mais d'avoir tout donné.
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La couronne effeuillée
Pardonnez-moi, Seigneur, mon visage attristé, Vous qui l'aviez formé de sourire et de charmes ; Mais sous le front joyeux vous aviez mis les larmes, Et de vos dons, Seigneur, ce don seul m'est resté. C'est le mois envié, c'est le meilleur peut-être : Je n'ai plus à mourir à mes liens de fleurs ; Ils vous sont tous rendus, cher auteur de mon être, Et je n'ai plus à moi que le sel de mes pleurs. Les fleurs sont pour l'enfant ; le sel est pour la femme ; Faites-en l'innocence et trempez-y mes jours. Seigneur ! quand tout ce sel aura lavé mon âme, Vous me rendrez un coeur pour vous aimer toujours ! Tous mes étonnements sont finis sur la terre, Tous mes adieux sont faits, l'âme est prête à jaillir, Pour atteindre à ses fruits protégés de mystère Que la pudique mort a seule osé cueillir, Ô Sauveur ! soyez tendre au moins à d'autres mères, Par amour pour la vôtre et par pitié pour nous ! Baptisez leurs enfants de nos larmes amères, Et relevez les miens tombés à vos genoux ! Que mon nom ne soit rien qu'une ombre douce et vaine, Qu'il ne cause jamais ni l'effroi ni la peine ! Qu'un indigent l'emporte après m'avoir parlé Et le garde longtemps dans son coeur consolé !
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Renoncement