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"canicule" poems
Je lape les laves vertes et jaunes de ma flamme jumelle Comme si ce n'était qu'élixir végétal de chartreuse Je bois, je me désaltère Je me sers, je me ressers Je répète le cocktail sans fin Pure, on the rocks, Deux doses de verte, une dose de jaune Et vice versa Histoire de bien sentir en bouche Les cent trente saveurs sacrées De cette liqueur en transe Qui dévale du volcan réveillé qui dégorge. Ma langue plonge et pêche en apnée Dans les profondeurs de la roche mère Des cris muets en fusion qui giclent en poissons étincelants Comme des fumerolles des cratères. J 'étanche, moine liquoriste, Autant que faire se peut, La soif perpétuelle De cet élixir de vie Qu 'une fois lapé J 'avale et engloutis Malgré la canicule Malgré mes voeux d'abstinence Malgré moi.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:12 AM UTC
Je lape les laves
Sous la canicule du Sahel Et sur les terres arides Les deux chevaliers Forts comme Charlemagne Et patients comme le Christ Avançaient à cheval Lequel caracolaient infatigablement Pour couvrir le monde De la saine tunique « nouvelle » Mais l’ange noir voulu Que leur besogne s’éteigne Et que les yeux des leurs Se couvrent de brouillard Mais la fin d’une vie Ne met point un terme A l’action du défunt Un arbre qui se fane Laisse les grains qui poussent Et le perpétuent Ghislaine et Claude Et leur action pour le bien du monde Qu’AQMI voulut qu’elle soit fade N’est que tatouage à la Radio du monde
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Nov 9, 2013
Nov 9, 2013 at 7:53 AM UTC
En mémoire de Ghislaine Dupont et Claude Verlon
Si d'un mort qui pourri repose Nature engendre quelque chose, Et si la generation Se fait de la corruption, Une vigne prendra naissance De l'estomac et de la pance Du bon Rabelais, qui boivoit Tousjours ce pendant qu'il vivoit La fosse de sa grande gueule Eust plus beu de vin toute seule (L'epuisant du nez en deus cous) Qu'un porc ne hume de lait dous, Qu'Iris de fleuves, ne qu'encore De vagues le rivage more. Jamais le Soleil ne l'a veu s Tant fût-il matin, qu'il n'eut beu, Et jamais au soir la nuit noire Tant fut **** ne l'a veu sans boire. Car, alteré, sans nul sejour Le gallant boivoit nuit et jour. Mais quand l'ardante Canicule Ramenoit la saison qui brule, Demi-nus se troussoit les bras, Et se couchoit tout plat à bas Sur la jonchée, entre les taces : Et parmi des escuelles grasses Sans nulle honte se touillant, Alloit dans le vin barbouillant Comme une grenouille en sa fange Puis ivre chantoit la louange De son ami le bon Bacus, Comme sous lui furent vaincus Les Thebains, et comme sa mere Trop chaudement receut son pere, Qui en lieu de faire cela Las ! toute vive la brula. Il chantoit la grande massue, Et la jument de Gargantüe, Son fils Panurge, et les païs Des Papimanes ébaïs : Et chantoit les Iles Hieres Et frere Jan des autonnieres, Et d'Episteme les combas : Mais la mort qui ne boivoit pas Tira le beuveur de ce monde, Et ores le fait boire en l'onde Qui fuit trouble dans le giron Du large fleuve d'Acheron. Or toi quiconques sois qui passes Sur sa fosse repen des taces, Repen du bril, et des flacons, Des cervelas et des jambons, Car si encor dessous la lame Quelque sentiment a son ame, Il les aime mieux que les Lis, Tant soient ils fraichement cueillis.
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Epitaphe de François Rabelais
Si d'un mort qui pourri repose Nature engendre quelque chose, Et si la generation Se fait de la corruption, Une vigne prendra naissance De l'estomac et de la pance Du bon Rabelais, qui boivoit Tousjours ce pendant qu'il vivoit La fosse de sa grande gueule Eust plus beu de vin toute seule (L'epuisant du nez en deus cous) Qu'un porc ne hume de lait dous, Qu'Iris de fleuves, ne qu'encore De vagues le rivage more. Jamais le Soleil ne l'a veu s Tant fût-il matin, qu'il n'eut beu, Et jamais au soir la nuit noire Tant fut **** ne l'a veu sans boire. Car, alteré, sans nul sejour Le gallant boivoit nuit et jour. Mais quand l'ardante Canicule Ramenoit la saison qui brule, Demi-nus se troussoit les bras, Et se couchoit tout plat à bas Sur la jonchée, entre les taces : Et parmi des escuelles grasses Sans nulle honte se touillant, Alloit dans le vin barbouillant Comme une grenouille en sa fange Puis ivre chantoit la louange De son ami le bon Bacus, Comme sous lui furent vaincus Les Thebains, et comme sa mere Trop chaudement receut son pere, Qui en lieu de faire cela Las ! toute vive la brula. Il chantoit la grande massue, Et la jument de Gargantüe, Son fils Panurge, et les païs Des Papimanes ébaïs : Et chantoit les Iles Hieres Et frere Jan des autonnieres, Et d'Episteme les combas : Mais la mort qui ne boivoit pas Tira le beuveur de ce monde, Et ores le fait boire en l'onde Qui fuit trouble dans le giron Du large fleuve d'Acheron. Or toi quiconques sois qui passes Sur sa fosse repen des taces, Repen du bril, et des flacons, Des cervelas et des jambons, Car si encor dessous la lame Quelque sentiment a son ame, Il les aime mieux que les Lis, Tant soient ils fraichement cueillis.
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Anticipation for the warmest sensation A realization that there is no trepidation We shall call it a season of bright bliss Paradise worth more than a sunset kiss Where radiance combines with rapture Where gratification is easy to capture Whether it’s outside under earth’s star Or windows down, beach side in a car Within this season there can never be too much Of something you can simply obtain, but can not touch You can call it joy or success, contentment or bless Fortune that comes without a pinch of stress Summertime and the living is weather Happiness and the living is better
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Jan 28, 2010
Jan 28, 2010 at 8:39 AM UTC
Canicule
Nous fûmes dupes, vous et moi, De manigances mutuelles, Madame, à cause de l'émoi Dont l'Été férut nos cervelles. Le Printemps avait bien un peu Contribué, si ma mémoire Est bonne, à brouiller notre jeu, Mais que d'une façon moins noire ! Car au printemps l'air est si frais Qu'en somme les roses naissantes, Qu'Amour semble entr'ouvrir exprès, Ont des senteurs presque innocentes ; Et même les lilas ont beau Pousser leur haleine poivrée, Dans l'ardeur du soleil nouveau, Cet excitant au plus récrée, Tant le zéphyr souffle, moqueur, Dispersant l'aphrodisiaque Effluve, en sorte que le cœur Chôme et que même l'esprit vaque, Et qu'émoustillés, les cinq sens Se mettent alors de la fête, Mais seuls, tout seuls, bien seuls et sans Que la crise monte à la tête. Ce fut le temps, sous de clairs ciels (Vous vous en souvenez-vous, Madame ?), Des baisers superficiels Et des sentiments à fleur d'âme, Exempts de folles passions, Pleins d'une bienveillance amène. Comme tous deux nous jouissions Sans enthousiasme - et sans peine ! Heureux instants ! - mais vint l'Été : Adieu, rafraîchissantes brises ? Un vent de lourde volupté Investit nos âmes surprises. Des fleurs aux calices vermeils Nous lancèrent leurs odeurs mûres, Et partout les mauvais conseils Tombèrent sur nous des ramures Nous cédâmes à tout cela, Et ce fut un bien ridicule Vertigo qui nous affola Tant que dura la canicule. Rires oiseux, pleurs sans raisons, Mains indéfiniment pressées, Tristesses moites, pâmoisons, Et que vague dans les pensées ! L'automne heureusement, avec Son jour froid et ses bises rudes, Vint nous corriger, bref et sec, De nos mauvaises habitudes, Et nous induisit brusquement En l'élégance réclamée De tout irréprochable amant Comme de toute digne aimée... Or, cet Hiver, Madame, et nos Parieurs tremblent pour leur bourse, Et déjà les autres traîneaux Osent nous disputer la course. Les deux mains dans votre manchon, Tenez-vous bien sur la banquette Et filons ! - et bientôt Fanchon Nous fleurira quoiqu'on caquette !
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En patinant
Nous fûmes dupes, vous et moi, De manigances mutuelles, Madame, à cause de l'émoi Dont l'Été férut nos cervelles. Le Printemps avait bien un peu Contribué, si ma mémoire Est bonne, à brouiller notre jeu, Mais que d'une façon moins noire ! Car au printemps l'air est si frais Qu'en somme les roses naissantes, Qu'Amour semble entr'ouvrir exprès, Ont des senteurs presque innocentes ; Et même les lilas ont beau Pousser leur haleine poivrée, Dans l'ardeur du soleil nouveau, Cet excitant au plus récrée, Tant le zéphyr souffle, moqueur, Dispersant l'aphrodisiaque Effluve, en sorte que le cœur Chôme et que même l'esprit vaque, Et qu'émoustillés, les cinq sens Se mettent alors de la fête, Mais seuls, tout seuls, bien seuls et sans Que la crise monte à la tête. Ce fut le temps, sous de clairs ciels (Vous vous en souvenez-vous, Madame ?), Des baisers superficiels Et des sentiments à fleur d'âme, Exempts de folles passions, Pleins d'une bienveillance amène. Comme tous deux nous jouissions Sans enthousiasme - et sans peine ! Heureux instants ! - mais vint l'Été : Adieu, rafraîchissantes brises ? Un vent de lourde volupté Investit nos âmes surprises. Des fleurs aux calices vermeils Nous lancèrent leurs odeurs mûres, Et partout les mauvais conseils Tombèrent sur nous des ramures Nous cédâmes à tout cela, Et ce fut un bien ridicule Vertigo qui nous affola Tant que dura la canicule. Rires oiseux, pleurs sans raisons, Mains indéfiniment pressées, Tristesses moites, pâmoisons, Et que vague dans les pensées ! L'automne heureusement, avec Son jour froid et ses bises rudes, Vint nous corriger, bref et sec, De nos mauvaises habitudes, Et nous induisit brusquement En l'élégance réclamée De tout irréprochable amant Comme de toute digne aimée... Or, cet Hiver, Madame, et nos Parieurs tremblent pour leur bourse, Et déjà les autres traîneaux Osent nous disputer la course. Les deux mains dans votre manchon, Tenez-vous bien sur la banquette Et filons ! - et bientôt Fanchon Nous fleurira quoiqu'on caquette !
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Ô fontaine Bellerie, Belle fontaine chérie De nos Nymphes, quand ton eau Les cache au creux de ta source Fuyantes le Satyreau, Qui les pourchasse à la course Jusqu'au bord de ton ruisseau. Tu es la Nymphe éternelle De ma terre paternelle : Pour ce, en ce pré verdelet Vois ton Poète qui t'orne D'un petit chevreau de lait, A qui l'une et l'autre corne Sortent du front nouvelet. L'Été, je dors ou repose Sur ton herbe, où je compose, Caché sous tes saules verts, Je ne sais quoi, qui ta gloire Enverra par l'Univers, Commandant à la Mémoire Que tu vives par mes vers. L'ardeur de la Canicule Ton vert rivage ne brûle, Tellement qu'en toutes parts Ton ombre est épaisse et drue Aux pasteurs venants des parcs, Aux bœufs las de la charrue, Et au ******* épars. Ô ! tu seras sans cesse Des fontaines la princesse, Moi célébrant le conduit Du rocher percé, qui darde, Avec un enroué bruit, L'eau de ta source jazarde Qui trépidante se suit.
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Ô Fontaine Bellerie