"cadavres" poems
Avec mes premiers droits d’auteur je m’achèterai une vieille maison à retaper
Longeant une petite route déserte au milieu d’un champ immense
Je ne sais pas qui retapera ma maison
Je ne mentirai plus oh non jamais plus
Mais j’aimerais que l’ivresse me vienne plus vite
Comme ce mur blanc salement tacheté de jaune
Je voudrais tout couvrir, effacer toutes les traces
Ne plus penser à toi
Mais te dire à quel point tu m’as troué le cœur
Te tordre le cou devant un parterre de gens débiles
Oui
Je ne veux pas penser à la mort de mes parents
Encore moins à leur folie
Même si je sais, je sens qu’elle approche
Je me vois bien crever toute seule comme une vieille conne frigide entourée d’une centaine de cadavres de lapins dans cette vieille maison que j’aurais achetée avec mes droits d’auteur
Les gens je les déteste, ils ne se rendent pas compte du mal qu’ils peuvent faire
Ne se rendent jamais compte de rien
Non
De rien du tout
Pourtant
Je sais que ces trous du cul ont mal eux aussi
Je sens d’ici leur souffrance
Sous leurs mensonges et leurs faux-semblant je sens leur douleur d’inexistence
Mais moi vous savez
Je ne sais pas pour vous
Mais moi
Je veux juste écrire
JUSTE ECRIRE
Que mes parents demeurent immortels
Et aussi un peu d’amour charnel
Juste
Une fois
De temps à autre.
…/…
Avec mes premiers droits d’auteur je me suis achetée une vieille maison à retaper
Longeant une petite route déserte au milieu d’un champ immense
Mais comme mes parents sont morts et que je suis une vieille conne frigide qui n’aimera jamais un homme autre que son père
Personne n’a retapé ma maison
Vieille maison qui tombe à présent en ruine
Dans laquelle je m’effondre
Jour après jour
Minute
Après
Minute
Mar 23, 2012
Mar 23, 2012 at 11:34 AM UTC
Je cours sous la pluie entre les arbres
Je vois des milliers de soldats, du feu et des cadavres
Je peux pas aller plus **** me rapprocher des pauvres
La fumée étrange noircit leurs larmes
Le cyclone amer, les bombes se jettent à terre
Le regards de la mer
....
Mar 22, 2015
Mar 22, 2015 at 1:49 PM UTC
VII.
Quand sur votre poitrine il jeta sa médaille,
Ses rubans et sa croix, après cette bataille
Et ce coup de lacet,
Ô soldats dont l'Afrique avait hâlé la joue,
N'avez-vous donc pas vu que c'était de la boue
Qui vous éclaboussait ?
Oh ! quand je pense à vous, mon œil se mouille encore !
Je vous pleure, soldats ! je pleure votre aurore,
Et ce qu'elle promit.
Je pleure ! car la gloire est maintenant voilée
Car il est parmi vous plus d'une âme accablée
Qui songe et qui frémit !
Ô soldats ! nous aimions votre splendeur première ;
Fils de la république et fils de la chaumière,
Que l'honneur échauffait,
Pour servir ce bandit qui dans leur sang se vautre,
Hélas ! pour trahir l'une et déshonorer l'autre,
Que vous ont-elles fait ?
Après qui marchez-vous, ô légion trompée ?
L'homme à qui vous avez prostitué l'épée,
Ce criminel flagrant,
Cet aventurier vil en qui vous semblez croire,
Sera Napoléon le Petit dans l'histoire,
Ou Cartouche le Grand.
Armée ! ainsi ton sabre a frappé par derrière
Le serment, le devoir, la loyauté guerrière,
Le droit aux vents jeté,
La révolution sur ce grand siècle empreinte,
Le progrès, l'avenir, la République sainte,
La sainte Liberté,
Pour qu'il puisse asservir ton pays que tu navres,
Pour qu'il puisse s'asseoir sur tous ces grands cadavres,
Lui, ce nain tout-puissant,
Qui préside l'orgie immonde et triomphale,
Qui cuve le massacre et dont la gorge exhale
L'affreux hoquet du sang !
Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
620
Je bois, je bois, je bois,
Tes voyelles et tes consonnes
Je les avale par coeur
Pour ne jamais oublier :
Deux voyelles
Deux consonnes
Décidément tout en toi
Est quatre ou son multiple.
J'en perds mon latin, Muse !
J'en perds mes alicerces !
Tes u se disent ou
Et tes t se disent ts
A cause de cette petite virgule y souscrite
Et résonnent sur ma langue avec la majesté
De leur consonne affriquée, alvéolaire et sourde..
Ton a c'est le plus étrange
Il porte une petit signe diacritique sur la tête
Comme une bassine en forme de demi-cercle avec un creux en bas
Et se dit e comme le e culbuté , le schwa
Quand tu dis nu c'est non
Quand je dis nous tu comprends nu.
Et le miel c'est de l'agneau
Et beau veut dire je bois.
Et quand j'écris ou tu vois un oeuf
Oi des moutons et oaie mouton !
Nos mots purs s'imbriquent ainsi
Brique après brique
Avec des hurlements délicieux de loups sauvages
De solstice en solstice
Au fur et à mesure
En poèmes lubriques sans queue ni tête
Tournoyants cadavres exquis
Dans leur tour de Babel.
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:48 PM UTC
HARMODIUS
La nuit vient. Vénus brille.
L'ÉPÉE
Harmodius, c'est l'heure !
LA BORNE DU CHEMIN
Le tyran va passer.
HARMODIUS
J'ai froid, rentrons.
UN TOMBEAU
Demeure.
HARMODIUS
Qu'es-tu ?
LE TOMBEAU
Je suis la tombe. - Exécute, ou péris.
UN NAVIRE A L'HORIZON
Je suis la tombe aussi, j'emporte les proscrits.
L'ÉPÉE
Attendons le tyran.
HARMODIUS
J'ai froid. Quel vent !
LE VENT
Je passe.
Mon bruit est une voix. Je sème dans l'espace
Les cris des exilés, de misère expirants,
Qui sans pain, sans abri, sans amis, sans parents,
Meurent en regardant du côté de la Grèce.
VOIX DANS L'AIR
Némésis ! Némésis ! lève-toi, vengeresse !
L'ÉPÉE
C'est l'heure. Profitons de l'ombre qui descend.
LA TERRE
Je suis pleine de morts.
LA MER
Je suis rouge de sang.
Les fleuves m'ont porté des cadavres sans nombre.
LA TERRE
Les morts saignent pendant qu'on adore son ombre.
À chaque pas qu'il fait sous le clair firmament,
Je les sens s'agiter en moi confusément.
UN FORÇAT
Je suis forçat, voici la chaîne que je porte,
Hélas ! pour n'avoir pas chassé **** de ma porte
Un proscrit qui fuyait, noble et pur citoyen.
L'ÉPÉE
Ne frappe pas au cœur, tu ne trouverais rien.
LA LOI
J'étais la loi, je suis un spectre. Il m'a tuée.
LA JUSTICE
De moi, prêtresse, il fait une prostituée.
LES OISEAUX
Il a retiré l'air des cieux, et nous fuyons.
LA LIBERTÉ
Je m'enfuis avec eux ; - ô terre sans rayons,
Grèce, adieu !
UN VOLEUR
Ce tyran, nous l'aimons. Car ce maître
Que respecte le juge et qu'admire le prêtre,
Qu'on accueille partout de cris encourageants,
Est plus pareil à nous qu'à vous, honnêtes gens.
LE SERMENT
Dieux puissants ! à jamais fermez toutes les bouches !
La confiance est morte au fond des cœurs farouches.
Homme, tu mens ! Soleil, tu mens ! Cieux, vous mentez !
Soufflez, vents de la nuit ! emportez, emportez
L'honneur et la vertu, cette sombre chimère !
LA PATRIE
Mon fils, je suis aux fers ! Mon fils, je suis ta mère !
Je tends les bras vers toi du fond de ma prison.
HARMODIUS
Quoi ! le frapper, la nuit, rentrant dans sa maison !
Quoi ! devant ce ciel noir, devant ces mers sans borne !
Le poignarder, devant ce gouffre obscur et morne,
En présence de l'ombre et de l'immensité !
LA CONSCIENCE
Tu peux tuer cet homme avec tranquillité.
Jersey, le 25 octobre.
434
Quand la lune blanche
S'accroche à la branche
Pour voir
Si quelque feu rouge
Dans l'horizon bouge
Le soir,
Fol alors qui livre
A la nuit son livre
Savant,
Son pied aux collines,
Et ses mandolines
Au vent ;
Fol qui dit un conte,
Car minuit qui compte
Le temps,
Passe avec le prince
Des sabbats qui grince
Des dents.
L'amant qui compare
Quelque beauté rare
Au jour,
Tire une ballade
De son coeur malade
D'amour.
Mais voici dans l'ombre
Qu'une ronde sombre
Se fait,
L'enfer autour danse,
Tous dans un silence
Parfait.
Tout pendu de Grève,
Tout Juif mort soulève
Son front,
Tous noyés des havres
Pressent leurs cadavres
En rond.
Et les âmes feues
Joignent leurs mains bleues
Sans os ;
Lui tranquille chante
D'une voix touchante
Ses maux.
Mais lorsque sa harpe,
Où flotte une écharpe,
Se tait,
Il veut fuir... La danse
L'entoure en silence
Parfait.
Le cercle l'embrasse,
Son pied s'entrelace
Aux morts,
Sa tête se brise
Sur la terre grise !
Alors
La ronde contente,
En ris éclatante,
Le prend ;
Tout mort sans rancune
Trouve au clair de lune
Son rang.
Car la lune blanche
S'accroche à la branche
Pour voir
Si quelque feu rouge
Dans l'horizon bouge
Le soir.
353
Ce n'est pas parce que mes mots
Tournent en rond dans ta bouche d'eaux
Et se déhanchent en te poudrant de cendre
Que ce sont de doux cadavres
À moins que par cadavres
Tu entendes chair exquise donnée aux vers
Corps parfumé embaumé et veillé.
Cette cendre est vestige de combustion
De petite mort partagée
Ci-git certes un arrière-goût rétroflexe
Qui se précipite dans ton arrière-bouche perplexe
Mais ce n'est pas celui des oraisons funèbres
Ni celui de l'amer adieu
C'est le goût du volcan repu qui s'apaise
Le goût de la lave qui reprend son etiage
Le goût des abysses qui ont vu le ciel
Le goût de la sauce grand veneur
Que j'ai lentement sécrétée en moi
Pour que tu la lapes
Dans la distance et l'allégresse
Sans honte sans tabou sans regrets
Jusqu'à ce que faim s'en suive
Encalminée en plein *** au noir.
Nov 7, 2019
Nov 7, 2019 at 1:37 AM UTC