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"cacher" poems
Les jours passent si rapidement quand la vie est à l'arrêt Un flou de gris et de bruns Créer un fanées bouquet incomplète Une fois qu'ils ont donné la beauté lys blancs et des violettes magnifiques Puis il y avait une rose Puis il n'y avait rien Arpenter rythme rythme rythme Fleurs sur le plancher de la chambre Couleur dans la poussière, les pétales en gris Fondu la décoloration à la décoloration à la cendre Coincé dans les images Se cacher dans les rêves Nuits passent si lentement quand la vie est la fugue Courir courir courir Laissant mon bouquet fané. Days pass so quickly when life is standing still A blur of grays and browns Creating a withered, incomplete bouquet Once they gave beauty,  white lilies and magnificent violets Then there was a rose Then there was nothing Pacing, pacing, pacing, pacing Flowers on the bedroom floor Color into dust, petals into gray Fading, fading, fading  to ash Lingering in  pictures Hiding in dreams Nights pass so slowly when life is running away Running, running, running, Leaving my withered bouquet.
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Nov 22, 2011
Nov 22, 2011 at 9:56 PM UTC
Nous Sommes Les Fleurs Je Suis Flétri
Il est la première fois quand tu me regarde Et je peux voir que tu cherche pas à cacher! Je lis dans tes yeux que te souhaite une vie en deux Mais l'univers est contre nous... Nous sommes heureux avec notre petit échange de regards Chaque toucher nous réconforte et nous echanter Et comme ça, nous avons les moments les plus doux! Nous savons que nous aimons, mais nous avons peur de cette amour...
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Feb 20, 2014
Feb 20, 2014 at 3:23 PM UTC
Cache-cache de plaisir
Avec tout votre esprit, la belle indifférente, Avec tous vos grands airs de rigueur nonchalante, Qui nous font tant de mal et qui vous vont si bien, Il n'en est pas moins vrai que vous n'y pouvez rien. Il n'en est pas moins vrai que, sans qu'il y paraisse, Vous êtes mon idole et ma seule maîtresse ; Qu'on n'en aime pas moins pour devoir se cacher, Et que vous ne pouvez, Ninon, m'en empêcher. Il n'en est pas moins vrai qu'en dépit de vous-même, Quand vous dites un mot vous sentez qu'on vous aime, Que, malgré vos mépris, on n'en veut pas guérir, Et que d'amour de vous, il est doux de souffrir. Il n'en est pas moins vrai que, sitôt qu'on vous touche, Vous avez beau nous fuir, sensitive farouche, On emporte de vous des éclairs de beauté, Et que le tourment même est une volupté. Soyez bonne ou maligne, orgueilleuse ou coquette, Vous avez beau railler et mépriser l'amour, Et, comme un diamant qui change de facette, Sous mille aspects divers vous montrer tour à tour ; Il n'en est pas moins vrai que je vous remercie, Que je me trouve heureux, que je vous appartiens, Et que, si vous voulez du reste de ma vie, Le mal qui vient de vous vaut mieux que tous les biens. Je vous dirai quelqu'un qui sait que je vous aime : C'est ma Muse, Ninon ; nous avons nos secrets. Ma Muse vous ressemble, ou plutôt, c'est vous-même ; Pour que je l'aime encor elle vient sous vos traits. La nuit, je vois dans l'ombre une pâle auréole, Où flottent doucement les contours d'un beau front ; Un rêve m'apparaît qui passe et qui s'envole ; Les heureux sont les fous : les poètes le sont. J'entoure de mes bras une forme légère ; J'écoute à mon chevet murmurer une voix ; Un bel ange aux yeux noirs sourit à ma misère ; Je regarde le ciel, Ninon, et je vous vois ; Ô mon unique amour, cette douleur chérie, Ne me l'arrachez pas quand j'en devrais mourir ! Je me tais devant vous ; - quel mal fait ma folie ? Ne me plaignez jamais et laissez-moi souffrir.
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À Ninon
Avec tout votre esprit, la belle indifférente, Avec tous vos grands airs de rigueur nonchalante, Qui nous font tant de mal et qui vous vont si bien, Il n'en est pas moins vrai que vous n'y pouvez rien. Il n'en est pas moins vrai que, sans qu'il y paraisse, Vous êtes mon idole et ma seule maîtresse ; Qu'on n'en aime pas moins pour devoir se cacher, Et que vous ne pouvez, Ninon, m'en empêcher. Il n'en est pas moins vrai qu'en dépit de vous-même, Quand vous dites un mot vous sentez qu'on vous aime, Que, malgré vos mépris, on n'en veut pas guérir, Et que d'amour de vous, il est doux de souffrir. Il n'en est pas moins vrai que, sitôt qu'on vous touche, Vous avez beau nous fuir, sensitive farouche, On emporte de vous des éclairs de beauté, Et que le tourment même est une volupté. Soyez bonne ou maligne, orgueilleuse ou coquette, Vous avez beau railler et mépriser l'amour, Et, comme un diamant qui change de facette, Sous mille aspects divers vous montrer tour à tour ; Il n'en est pas moins vrai que je vous remercie, Que je me trouve heureux, que je vous appartiens, Et que, si vous voulez du reste de ma vie, Le mal qui vient de vous vaut mieux que tous les biens. Je vous dirai quelqu'un qui sait que je vous aime : C'est ma Muse, Ninon ; nous avons nos secrets. Ma Muse vous ressemble, ou plutôt, c'est vous-même ; Pour que je l'aime encor elle vient sous vos traits. La nuit, je vois dans l'ombre une pâle auréole, Où flottent doucement les contours d'un beau front ; Un rêve m'apparaît qui passe et qui s'envole ; Les heureux sont les fous : les poètes le sont. J'entoure de mes bras une forme légère ; J'écoute à mon chevet murmurer une voix ; Un bel ange aux yeux noirs sourit à ma misère ; Je regarde le ciel, Ninon, et je vous vois ; Ô mon unique amour, cette douleur chérie, Ne me l'arrachez pas quand j'en devrais mourir ! Je me tais devant vous ; - quel mal fait ma folie ? Ne me plaignez jamais et laissez-moi souffrir.
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Oui, vous avez un ange ; un jeune ange qui pleure ; Il pleure, car il aime... et vous ne pleurez pas ; Il s'en plaint doucement dans le ciel, puis dans l'heure, Quand elle sonne triste à ralentir vos pas. Voyez comme il vous donne et couve sous son aile Des mots harmonieux tièdes d'âme et d'encens : Et, quand vous les prenez dans sa main fraternelle, Comme ils forment aux yeux de célestes accents. Nous avons tous notre ange, et je tiens de ma mère, Qu'on ne marche pas seul dans une voie amère. Le rayon de soleil qui passe et vient vous voir, L'haleine de vos fleurs que vous buvez le soir ; Un pauvre qui bénit votre obole furtive, Dont la prière à Dieu s'achève moins plaintive ; La fraîche voix d'enfant qui vous jette : Bonjour ! Comptez que c'est votre ange et votre ange d'amour ! D'autres fois, je croyais qu'on nous coupait les ailes, Pour nous faire oublier le chemin des oiseaux. Puis, qu'elles renaissaient plus vives et plus belles, Quand nous avions marché longtemps, quand les roseaux Ne se relevaient plus près des dormantes eaux : Nous remontions alors raconter nos voyages Aux frères parcourant leurs villes de nuages ; Et las de cette terre où tombent toutes fleurs, Nous chantions au soleil avec des voix sans pleurs ! Rêves d'enfant pensif et bercé de prières, Dont quelque doux cantique assoupit les paupières ; Indigent, mais comblé de biens mystérieux, Au foyer calme et nu qu'ornait le buis pieux ! À présent je suis femme à la terre exilée, Descendue à l'école où vous brûlez vos jours ; Toujours en pénitence ou d'un livre accablée, N'apprenant rien du monde et l'épelant toujours ! Ce livre, c'est ma vie et ses mobiles pages Où le cyprès serpente à chaque ligne. Eh quoi ! N'avez-vous pas des pleurs à cacher comme moi, Sous l'album périssable et lourd de trop d'images ? Dans ces jours embaumés respirés par le cœur, N'avez-vous pas aussi vu tomber bien des roses ? N'aviez-vous pas choisi parmi ces frêles choses, Un intime trésor qui s'appela : Malheur ! Mais je crois ! mais quelque ange à l'aveugle écolière, Ouvre parfois son aile et sa pitié de feu : Il me laisse à genoux ; mais il desserre un peu L'anneau qui **** de lui me retient prisonnière !
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L'ange gardien
Oui, vous avez un ange ; un jeune ange qui pleure ; Il pleure, car il aime... et vous ne pleurez pas ; Il s'en plaint doucement dans le ciel, puis dans l'heure, Quand elle sonne triste à ralentir vos pas. Voyez comme il vous donne et couve sous son aile Des mots harmonieux tièdes d'âme et d'encens : Et, quand vous les prenez dans sa main fraternelle, Comme ils forment aux yeux de célestes accents. Nous avons tous notre ange, et je tiens de ma mère, Qu'on ne marche pas seul dans une voie amère. Le rayon de soleil qui passe et vient vous voir, L'haleine de vos fleurs que vous buvez le soir ; Un pauvre qui bénit votre obole furtive, Dont la prière à Dieu s'achève moins plaintive ; La fraîche voix d'enfant qui vous jette : Bonjour ! Comptez que c'est votre ange et votre ange d'amour ! D'autres fois, je croyais qu'on nous coupait les ailes, Pour nous faire oublier le chemin des oiseaux. Puis, qu'elles renaissaient plus vives et plus belles, Quand nous avions marché longtemps, quand les roseaux Ne se relevaient plus près des dormantes eaux : Nous remontions alors raconter nos voyages Aux frères parcourant leurs villes de nuages ; Et las de cette terre où tombent toutes fleurs, Nous chantions au soleil avec des voix sans pleurs ! Rêves d'enfant pensif et bercé de prières, Dont quelque doux cantique assoupit les paupières ; Indigent, mais comblé de biens mystérieux, Au foyer calme et nu qu'ornait le buis pieux ! À présent je suis femme à la terre exilée, Descendue à l'école où vous brûlez vos jours ; Toujours en pénitence ou d'un livre accablée, N'apprenant rien du monde et l'épelant toujours ! Ce livre, c'est ma vie et ses mobiles pages Où le cyprès serpente à chaque ligne. Eh quoi ! N'avez-vous pas des pleurs à cacher comme moi, Sous l'album périssable et lourd de trop d'images ? Dans ces jours embaumés respirés par le cœur, N'avez-vous pas aussi vu tomber bien des roses ? N'aviez-vous pas choisi parmi ces frêles choses, Un intime trésor qui s'appela : Malheur ! Mais je crois ! mais quelque ange à l'aveugle écolière, Ouvre parfois son aile et sa pitié de feu : Il me laisse à genoux ; mais il desserre un peu L'anneau qui **** de lui me retient prisonnière !
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J'avais toujours rêvé le bonheur en ménage, Comme un port où le cœur, trop longtemps agité, Vient trouver, à la fin d'un long pèlerinage, Un dernier jour de calme et de sérénité. Une femme modeste, à peu près de mon âge Et deux petits enfants jouant à son côté ; Un cercle peu nombreux d'amis du voisinage, Et de joyeux propos dans les beaux soirs d'été. J'abandonnais l'amour à la jeunesse ardente Je voulais une amie, une âme confidente, Où cacher mes chagrins, qu'elle seule aurait lus ; Le ciel m'a donné plus que je n'osais prétendre ; L'amitié, par le temps, a pris un nom plus tendre, Et l'amour arriva qu'on ne l'attendait plus.
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Sonnet à mon ami R
mots simples ils ne écrire des mots d'amour que sérénade métissage, sur la musique breeze tombe pleurant murmure d'amour à suivre la lecture de la berceuse de leur chère notes par les anges, qui écrit dans le ciel ... Leur beauté en porcelaine pour tous à voir oblige une swift stride qui ne peut cacher qu'ils partagent leur coeur en vol ludique qu'ils écrivent dans le ciel ... Angels Write In the Sky Simple words they do write words of love that serenades mingling, on the breeze music falls weeping whispering of love to follow the lullaby from their cherished notes by the angels, writing in the sky .... Their porcelain beauty for all to see compels a swift stride that cannot hide they share they hearts in playful flight as they write in the sky... Debbie Brooks 2014
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Oct 7, 2014
Oct 7, 2014 at 5:22 PM UTC
Anges écrire dans le ciel--- "Angels Write In the Sky"
Fable I, Livre II. À M. Andrieux, de L'Institut. Toi qui vis vraiment comme un sage, Sans te montrer, sans te cacher, Sans fuir les grands, sans les chercher, Exemple assez rare en notre âge ; Pardonne-moi, cher Andrieux, Dans ces vers qu'aux vents je confie, De dévoiler à tous les yeux Ta secrète philosophie. Certain Lapon des plus trapus, Certain Cafre des plus camus, Équipaient, comme on dit, de la bonne manière, Un homme qui, fermant l'oreille à leurs raisons Vantait l'astre éclatant qui préside aux saisons, Enfante la chaleur, et produit la lumière. - Peut-il ériger, s'il n'est fou, En bienfaiteur de la nature, Un astre qui, six mois, me cache sa figure, Et va briller je ne sais où, Tandis que je gèle en mon trou, Malgré ma femme et ma fourrure ? On conçoit que celui qui s'exprimait ainsi N'était pas l'habitant de la zone torride. Pour moi, disait cet autre, en mon climat aride, Je ne gèle pas, Dieu merci ! Mais je rôtis en récompense ; Et sans avoir l'honneur d'être Lapon, je pense Qu'un fou, lui seul, a pu vanter La douce et bénigne influence Du soleil, qui ne luit que pour me tourmenter ; Qui, d'un bout de l'année à l'autre, Embrase la terre, les airs, Et porte en mon pays, jusques au fond des mers, La chaleur qu'il refuse au vôtre. Le fou, qui cependant célébrait les bienfaits Du roi de la plaine éthérée, Fils de la zone tempérée, N'était rien moins que fou, quoiqu'il fût né Français. Sans se formaliser des vives apostrophes Du nègre et du nain philosophes, Seigneur Lapon, dit-il, votre raisonnement Est sans réplique, en Sibérie ; Comme le vôtre en Cafrerie, Monsieur le noir ; mais franchement, Autre part, c'est tout autrement. En France, par exemple, on ne vous croirait guère. L'astre à qui vous faites la guerre, Là, par ses rayons bienfaisants, De fleurs et de fruits, tous les ans, Couvre mes champs et mon parterre ; S'éloignant sans trop me geler, S'approchant sans trop me brûler, De mon climat, qu'il favorise ; À la faucille, au soc, il livre tour à tour Mes campagnes, qu'il fertilise Par son départ et son retour. Vous qui craignez le feu, vous qui craignez la glace Venez donc à Paris. Gens d'excellent conseil Disent qu'un sage ne se place Trop près ni trop **** du soleil.
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Les trois zones
Fable I, Livre II. À M. Andrieux, de L'Institut. Toi qui vis vraiment comme un sage, Sans te montrer, sans te cacher, Sans fuir les grands, sans les chercher, Exemple assez rare en notre âge ; Pardonne-moi, cher Andrieux, Dans ces vers qu'aux vents je confie, De dévoiler à tous les yeux Ta secrète philosophie. Certain Lapon des plus trapus, Certain Cafre des plus camus, Équipaient, comme on dit, de la bonne manière, Un homme qui, fermant l'oreille à leurs raisons Vantait l'astre éclatant qui préside aux saisons, Enfante la chaleur, et produit la lumière. - Peut-il ériger, s'il n'est fou, En bienfaiteur de la nature, Un astre qui, six mois, me cache sa figure, Et va briller je ne sais où, Tandis que je gèle en mon trou, Malgré ma femme et ma fourrure ? On conçoit que celui qui s'exprimait ainsi N'était pas l'habitant de la zone torride. Pour moi, disait cet autre, en mon climat aride, Je ne gèle pas, Dieu merci ! Mais je rôtis en récompense ; Et sans avoir l'honneur d'être Lapon, je pense Qu'un fou, lui seul, a pu vanter La douce et bénigne influence Du soleil, qui ne luit que pour me tourmenter ; Qui, d'un bout de l'année à l'autre, Embrase la terre, les airs, Et porte en mon pays, jusques au fond des mers, La chaleur qu'il refuse au vôtre. Le fou, qui cependant célébrait les bienfaits Du roi de la plaine éthérée, Fils de la zone tempérée, N'était rien moins que fou, quoiqu'il fût né Français. Sans se formaliser des vives apostrophes Du nègre et du nain philosophes, Seigneur Lapon, dit-il, votre raisonnement Est sans réplique, en Sibérie ; Comme le vôtre en Cafrerie, Monsieur le noir ; mais franchement, Autre part, c'est tout autrement. En France, par exemple, on ne vous croirait guère. L'astre à qui vous faites la guerre, Là, par ses rayons bienfaisants, De fleurs et de fruits, tous les ans, Couvre mes champs et mon parterre ; S'éloignant sans trop me geler, S'approchant sans trop me brûler, De mon climat, qu'il favorise ; À la faucille, au soc, il livre tour à tour Mes campagnes, qu'il fertilise Par son départ et son retour. Vous qui craignez le feu, vous qui craignez la glace Venez donc à Paris. Gens d'excellent conseil Disent qu'un sage ne se place Trop près ni trop **** du soleil.
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Qui suis-je, à part une poussière sur ta vie? Je ne suis rien qu'un grain de sable Sur l'étendue de ton océan je N'ais rien de plus que le regret de mon insignifiance je Suis invisible pour les yeux et ton cœur Ne peux pas voir ce que tu refuses de lui montrer Aussi noir que des poumons noircis par la haine tu M'ignores chaque jour un peu plus Chaque jour un peu mieux je M'efface de ton champs de vision Car je n'y ai jamais eu ma place Des années à te servir d'ombre Je te suivais avec perfection mais tu ne voyais que Mes fautes Je n'ai pas le courage de continuer à vivre dans ton univers Je me rétracte vers la lumière éblouissante de la vie que j'ai manquée Jusqu'alors persuadée de ta perfection je réalise Que tu ne faisais que cacher ma vue avec tes mains Soufflant au creux de mon oreille ce que je désirais entendre Afin de noyer mes doutes dans ma confiance tu N'es qu'une poussière sur ma vie et je te chasse D'un abile coup de poignet tu disparais Je me tourne vers l'océan et Mon souffle… Se Coupe.
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Sep 17, 2014
Sep 17, 2014 at 1:52 PM UTC
Qui suis-je?
-  J'aimerai t'embrasser comme le ciel embrasse les nuages. T'observer comme le renard observe sa proie.   Et je voudrai te dévorer comme l'ogre dévore les Hommes. - Je préférerai m'enfuir, me cacher dans les feuillages. T'oublier, ecraser mes souvenirs comme les herbes qu'on broie. Et je souhaiterai ne plus jamais te revoir, en somme. - Oublies tu ces journées entières passées en ma compagnie ? Ces belles matinées, voir se lever le soleil. Et ces soirées, où je te regardais l'espace d'un instant. Où tu pensais à l'avenir, à notre vie future. - Crois tu que je renie mon passé, quelle est cette manie ? Ce sentiment inexplicable, tu sais je te surveille. Et cette idée insupportable que tu gardes indéfiniment, Qui consistait simplement à m'exposer, comme une peinture. - Vois tu, bien que bonne, soit l'étendue de ton âme, Je ne puis imaginer autre fin à cette terrible histoire. La folie n'a pas de corps, mais tu n'es que furie. Emplie de jalousie, de vanité, comment puis-je m'en défaire ? - Sais tu au moins si réel est ce drame ? Tes reproches, je m'en fou bien, tu manques de mémoire. Folie sans corps et furie sans nom, Pardi ! Qu'en est il de ta déviance affolante ? Peuchère ! - Une fois la chose dite, jamais tu ne pourras la retirer. Sais tu au moins de quoi je t'ai sauvée ? La reconnaissance l'oublie tu, si pas même tu acceptes tes erreurs Un jour viendra ou tu seras obligée de te débrouiller sans moi. - En toi je n'ai jamais eu la foi ! Je vois que tu as toujours l'esprit farceur. Si un jour de la noyade tu m'avais retirée, M'en souviendrais-je sans doute.                                                           - C'était un soir d'été, Quelle honte m'infliges-tu là ! Si un jour j'avais su qu'on en finirait ainsi, Jamais avec toi je serai parti. - Crois tu que j'étais avec toi par bonté ? Mon seul but était d'éviter chez moi le pugilat. Entre nous il n'y avait même pas d'amour Cette histoire me fait trop de peine, finissons en un jour
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Jun 16, 2017
Jun 16, 2017 at 1:50 PM UTC
Déviance
-  J'aimerai t'embrasser comme le ciel embrasse les nuages. T'observer comme le renard observe sa proie.   Et je voudrai te dévorer comme l'ogre dévore les Hommes. - Je préférerai m'enfuir, me cacher dans les feuillages. T'oublier, ecraser mes souvenirs comme les herbes qu'on broie. Et je souhaiterai ne plus jamais te revoir, en somme. - Oublies tu ces journées entières passées en ma compagnie ? Ces belles matinées, voir se lever le soleil. Et ces soirées, où je te regardais l'espace d'un instant. Où tu pensais à l'avenir, à notre vie future. - Crois tu que je renie mon passé, quelle est cette manie ? Ce sentiment inexplicable, tu sais je te surveille. Et cette idée insupportable que tu gardes indéfiniment, Qui consistait simplement à m'exposer, comme une peinture. - Vois tu, bien que bonne, soit l'étendue de ton âme, Je ne puis imaginer autre fin à cette terrible histoire. La folie n'a pas de corps, mais tu n'es que furie. Emplie de jalousie, de vanité, comment puis-je m'en défaire ? - Sais tu au moins si réel est ce drame ? Tes reproches, je m'en fou bien, tu manques de mémoire. Folie sans corps et furie sans nom, Pardi ! Qu'en est il de ta déviance affolante ? Peuchère ! - Une fois la chose dite, jamais tu ne pourras la retirer. Sais tu au moins de quoi je t'ai sauvée ? La reconnaissance l'oublie tu, si pas même tu acceptes tes erreurs Un jour viendra ou tu seras obligée de te débrouiller sans moi. - En toi je n'ai jamais eu la foi ! Je vois que tu as toujours l'esprit farceur. Si un jour de la noyade tu m'avais retirée, M'en souviendrais-je sans doute.                                                           - C'était un soir d'été, Quelle honte m'infliges-tu là ! Si un jour j'avais su qu'on en finirait ainsi, Jamais avec toi je serai parti. - Crois tu que j'étais avec toi par bonté ? Mon seul but était d'éviter chez moi le pugilat. Entre nous il n'y avait même pas d'amour Cette histoire me fait trop de peine, finissons en un jour
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Un fils avait tué son père. Ce crime affreux n'arrive guère Chez les tigres, les ours ; mais l'homme le commet. Ce parricide eut l'art de cacher son forfait, Nul ne le soupçonna : farouche et solitaire, Il fuyait les humains, il vivait dans les bois, Espérant échapper aux remords comme aux lois. Certain jour on le vit détruire à coups de pierre Un malheureux nid de moineaux. Eh ! Que vous ont fait ces oiseaux ? Lui demande un passant : pourquoi tant de colère ? Ce qu'ils m'ont fait ? Répond le criminel : Ces oisillons menteurs, que confonde le ciel, Me reprochent d'avoir assassiné mon père. Le passant le regarde ; il se trouble, il pâlit, Sur son front son crime se lit : Conduit devant le juge, il l'avoue et l'expie. Ô des vertus dernière amie, Toi qu'on voudrait en vain éviter ou tromper, Conscience terrible, on ne peut t'échapper !
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Le parricide
In God is all. DEVISE DES SALTOUN. Ô toi qui si longtemps vis luire à mon côté Le jour égal et pur de la prospérité, Toi qui, lorsque mon âme allait de doute en doute, Et comme un voyageur te demandait sa route, Endormis sur ton sein mes rêves ténébreux, Et pour toute raison disais : Soyons heureux ! Hélas ! ô mon amie, hélas ! voici que l'ombre Envahit notre ciel, et que la vie est sombre ; Voici que le malheur s'épanche lentement Sur l'azur radieux de notre firmament ; Voici qu'à nos regards s'obscurcit et recule Notre horizon, perdu dans un noir crépuscule ; Or, dans ce ciel, où va la nuit se propageant, Comme un œil lumineux, vivant, intelligent, Vois-tu briller là-bas cette profonde étoile ? Des mille vérités que le bonheur nous voile, C'est une qui paraît ! c'est la première encor Qui nous ait éblouis de sa lumière d'or ! Notre ciel, que déjà le sombre deuil réclame, N'a plus assez d'éclat pour cacher cette flamme, Et du sud, du couchant, ou du septentrion, Chaque ombre qui survient donne à l'astre un rayon. Et plus viendra la nuit, et plus, à plis funèbres, S'épaissiront sur nous son deuil et ses ténèbres, Plus dans ce ciel sublime, à nos yeux enchantés, En foule apparaîtront de splendides clartés ! Plus nous verrons dans l'ombre, où leur loi les rassemble, Toutes les vérités étinceler ensemble, Et graviter autour d'un centre impérieux, Et rompre et renouer leur chœur mystérieux ! Cette fatale nuit, que le malheur amène, Fait voir plus clairement la destinée humaine, Et montre à ses deux bouts, écrits en traits de feu, Ces mots : Âme immortelle ! éternité de Dieu ! Car tant que luit le jour, de son soleil de flamme Il accable nos yeux, il aveugle notre âme, Et nous nous reposons dans un doute serein Sans savoir si le ciel est d'azur ou d'airain. Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires, Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires. L'œil dans leurs profondeurs découvre à chaque pas Mille mondes nouveaux qu'il ne soupçonnait pas, Soleils plus flamboyants, plus chevelus dans l'ombre, Qu'en l'abîme sans fin il voit luire sans nombre ! Août 1829.
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Ô toi qui si longtemps
In God is all. DEVISE DES SALTOUN. Ô toi qui si longtemps vis luire à mon côté Le jour égal et pur de la prospérité, Toi qui, lorsque mon âme allait de doute en doute, Et comme un voyageur te demandait sa route, Endormis sur ton sein mes rêves ténébreux, Et pour toute raison disais : Soyons heureux ! Hélas ! ô mon amie, hélas ! voici que l'ombre Envahit notre ciel, et que la vie est sombre ; Voici que le malheur s'épanche lentement Sur l'azur radieux de notre firmament ; Voici qu'à nos regards s'obscurcit et recule Notre horizon, perdu dans un noir crépuscule ; Or, dans ce ciel, où va la nuit se propageant, Comme un œil lumineux, vivant, intelligent, Vois-tu briller là-bas cette profonde étoile ? Des mille vérités que le bonheur nous voile, C'est une qui paraît ! c'est la première encor Qui nous ait éblouis de sa lumière d'or ! Notre ciel, que déjà le sombre deuil réclame, N'a plus assez d'éclat pour cacher cette flamme, Et du sud, du couchant, ou du septentrion, Chaque ombre qui survient donne à l'astre un rayon. Et plus viendra la nuit, et plus, à plis funèbres, S'épaissiront sur nous son deuil et ses ténèbres, Plus dans ce ciel sublime, à nos yeux enchantés, En foule apparaîtront de splendides clartés ! Plus nous verrons dans l'ombre, où leur loi les rassemble, Toutes les vérités étinceler ensemble, Et graviter autour d'un centre impérieux, Et rompre et renouer leur chœur mystérieux ! Cette fatale nuit, que le malheur amène, Fait voir plus clairement la destinée humaine, Et montre à ses deux bouts, écrits en traits de feu, Ces mots : Âme immortelle ! éternité de Dieu ! Car tant que luit le jour, de son soleil de flamme Il accable nos yeux, il aveugle notre âme, Et nous nous reposons dans un doute serein Sans savoir si le ciel est d'azur ou d'airain. Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires, Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires. L'œil dans leurs profondeurs découvre à chaque pas Mille mondes nouveaux qu'il ne soupçonnait pas, Soleils plus flamboyants, plus chevelus dans l'ombre, Qu'en l'abîme sans fin il voit luire sans nombre ! Août 1829.
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Un renard plein d'esprit, d'adresse, de prudence, À la cour d'un lion servait depuis longtemps. Les succès les plus éclatants Avaient prouvé son zèle et son intelligence. Pour peu qu'on l'employât, toute affaire allait bien. On le louait beaucoup, mais sans lui donner rien ; Et l'habile renard était dans l'indigence. Lassé de servir des ingrats, De réussir toujours sans en être plus gras, Il s'enfuit de la cour ; dans un bois solitaire Il s'en va trouver son grand-père, Vieux renard retiré, qui jadis fut vizir. Là, contant ses exploits, et puis les injustices, Les dégoûts qu'il eut à souffrir, Il demande pourquoi de si nombreux services N'ont jamais pu rien obtenir. Le bon homme renard, avec sa voix cassée, Lui dit : mon cher enfant, la semaine passée, Un blaireau mon cousin est mort dans ce terrier : C'est moi qui suis son héritier, J'ai conservé sa peau : mets-la dessus la tienne, Et retourne à la cour. Le renard avec peine Se soumit au conseil ; affublé de la peau De feu son cousin le blaireau, Il va se regarder dans l'eau d'une fontaine, Se trouve l'air d'un sot, tel qu'était le cousin. Tout honteux, de la cour il reprend le chemin. Mais, quelques mois après, dans un riche équipage, Entouré de valets, d'esclaves, de flatteurs, Comblé de dons et de faveurs, Il vient de sa fortune au vieillard faire hommage : Il était grand vizir. Je te l'avais bien dit, S'écrie alors le vieux grand-père : Mon ami, chez les grands quiconque voudra plaire Doit d'abord cacher son esprit.
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Le renard déguisé
Un renard plein d'esprit, d'adresse, de prudence, À la cour d'un lion servait depuis longtemps. Les succès les plus éclatants Avaient prouvé son zèle et son intelligence. Pour peu qu'on l'employât, toute affaire allait bien. On le louait beaucoup, mais sans lui donner rien ; Et l'habile renard était dans l'indigence. Lassé de servir des ingrats, De réussir toujours sans en être plus gras, Il s'enfuit de la cour ; dans un bois solitaire Il s'en va trouver son grand-père, Vieux renard retiré, qui jadis fut vizir. Là, contant ses exploits, et puis les injustices, Les dégoûts qu'il eut à souffrir, Il demande pourquoi de si nombreux services N'ont jamais pu rien obtenir. Le bon homme renard, avec sa voix cassée, Lui dit : mon cher enfant, la semaine passée, Un blaireau mon cousin est mort dans ce terrier : C'est moi qui suis son héritier, J'ai conservé sa peau : mets-la dessus la tienne, Et retourne à la cour. Le renard avec peine Se soumit au conseil ; affublé de la peau De feu son cousin le blaireau, Il va se regarder dans l'eau d'une fontaine, Se trouve l'air d'un sot, tel qu'était le cousin. Tout honteux, de la cour il reprend le chemin. Mais, quelques mois après, dans un riche équipage, Entouré de valets, d'esclaves, de flatteurs, Comblé de dons et de faveurs, Il vient de sa fortune au vieillard faire hommage : Il était grand vizir. Je te l'avais bien dit, S'écrie alors le vieux grand-père : Mon ami, chez les grands quiconque voudra plaire Doit d'abord cacher son esprit.
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La pendule, sonnant minuit, Ironiquement nous engage A nous rappeler quel usage Nous fîmes du jour qui s'enfuit : - Aujourd'hui, date fatidique, Vendredi, treize, nous avons, Malgré tout ce que nous savons, Mené le train d'un hérétique ; Nous avons blasphémé Jésus, Des Dieux le plus incontestable ! Comme un parasite à la table De quelque monstrueux Crésus, Nous avons, pour plaire à la brute, Digne vassale des Démons, Insulté ce que nous aimons Et flatté ce qui nous rebute ; Contristé, servile bourreau Le faible qu'à tort on méprise ; Salué l'énorme Bêtise, La Bêtise au front de taureau ; Baisé la stupide Matière Avec grande dévotion, Et de la putréfaction Béni la blafarde lumière ; Enfin, nous avons, pour noyer Le vertige dans le délire, Nous, prêtre orgueilleux de la Lyre, Dont la gloire est de déployer L'ivresse des choses funèbres, Bu sans soif et mangé sans faim !... - Vite soufflons la lampe, afin De nous cacher dans les ténèbres !
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L'examen de minuit
Fable III, Livre I. D'Actéon, mes amis, vous savez l'aventure ; Vous savez qu'un peu cher il paya des transports Où la seule Diane a pu voir une injure. Aux mots qu'en son courroux cette ***** murmure, Sans trop cacher pourtant ses pudiques trésors, Notre indiscret, d'un cerf dix cors À tout à coup pris l'encolure. Un pied fourchu s'ajuste à sa jambe, à son bras ; Ses cheveux en rameaux se dressent sur sa tête ; Jusqu'au bout de son nez qui s'allonge, un poil rat Court habiller notre homme en bête. Peu content de voir sur son front Ce qui paraît moins sur le nôtre, Le nouveau quadrupède à décamper fut prompt. Mais, hélas ! un malheur vient-il jamais sans l'autre ? Ses bassets, un peu trop ardents, Et, comme nous, enclins à juger sur la mine, Le suivent en jappant dans la forêt voisine, Où, tout en pleurs, bientôt il périt sous leurs dents. Aucun d'eux cependant n'était ingrat ou traître, Aucun du moins ne croyait l'être, Lorsque dans son sang même ils se désaltéraient ; Ce n'était pas leur pauvre maître, C'était un cerf qu'ils déchiraient. Vous qui d'écrire avez l'audace ou la faiblesse, Si haut que soit le rang où vous plaça le sort, Au destin d'Actéon résignez-vous d'abord, Et surtout oubliez vos titres de noblesse. Bien qu'au pied du Parnasse il soit plus d'un flatteur La critique et sa meute y fixent leur retraite : Quand vous vous donnez pour auteur, En auteur souffrez qu'on vous traite.
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Actéon
Une fois, une seule, aimable et douce femme, A mon bras votre bras poli S'appuya (sur le fond ténébreux de mon âme Ce souvenir n'est point pâli) ; Il était **** ; ainsi qu'une médaille neuve La pleine lune s'étalait, Et la solennité de la nuit, comme un fleuve, Sur Paris dormant ruisselait. Et le long des maisons, sous les portes cochères, Des chats passaient furtivement, L'oreille au guet, ou bien, comme des ombres chères, Nous accompagnaient lentement. Tout à coup, au milieu de l'intimité libre Éclose à la pâle clarté, De vous, riche et sonore instrument où ne vibre Que la radieuse gaieté, De vous, claire et joyeuse ainsi qu'une fanfare Dans le matin étincelant, Une note plaintive, une note bizarre S'échappa, tout en chancelant Comme une enfant chétive, horrible, sombre, immonde, Dont sa famille rougirait, Et qu'elle aurait longtemps, pour la cacher au monde, Dans un caveau mise au secret. Pauvre ange, elle chantait, votre note criarde : " Que rien ici-bas n'est certain, Et que toujours, avec quelque soin qu'il se farde, Se trahit l'égoïsme humain ; Que c'est un dur métier que d'être belle femme, Et que c'est le travail banal De la danseuse folle et froide qui se pâme Dans un sourire machinal ; Que bâtir sur les coeurs est une chose sotte ; Que tout craque, amour et beauté, Jusqu'à ce que l'Oubli les jette dans sa hotte Pour les rendre à l'Éternité ! " J'ai souvent évoqué cette lune enchantée, Ce silence et cette langueur, Et cette confidence horrible chuchotée Au confessionnal du coeur.
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Confession
Une fois, une seule, aimable et douce femme, A mon bras votre bras poli S'appuya (sur le fond ténébreux de mon âme Ce souvenir n'est point pâli) ; Il était **** ; ainsi qu'une médaille neuve La pleine lune s'étalait, Et la solennité de la nuit, comme un fleuve, Sur Paris dormant ruisselait. Et le long des maisons, sous les portes cochères, Des chats passaient furtivement, L'oreille au guet, ou bien, comme des ombres chères, Nous accompagnaient lentement. Tout à coup, au milieu de l'intimité libre Éclose à la pâle clarté, De vous, riche et sonore instrument où ne vibre Que la radieuse gaieté, De vous, claire et joyeuse ainsi qu'une fanfare Dans le matin étincelant, Une note plaintive, une note bizarre S'échappa, tout en chancelant Comme une enfant chétive, horrible, sombre, immonde, Dont sa famille rougirait, Et qu'elle aurait longtemps, pour la cacher au monde, Dans un caveau mise au secret. Pauvre ange, elle chantait, votre note criarde : " Que rien ici-bas n'est certain, Et que toujours, avec quelque soin qu'il se farde, Se trahit l'égoïsme humain ; Que c'est un dur métier que d'être belle femme, Et que c'est le travail banal De la danseuse folle et froide qui se pâme Dans un sourire machinal ; Que bâtir sur les coeurs est une chose sotte ; Que tout craque, amour et beauté, Jusqu'à ce que l'Oubli les jette dans sa hotte Pour les rendre à l'Éternité ! " J'ai souvent évoqué cette lune enchantée, Ce silence et cette langueur, Et cette confidence horrible chuchotée Au confessionnal du coeur.
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Oh primavera ! gioventù dell' anno ! Oh gioventù, primavera della vita ! Ô mes lettres d'amour, de vertu, de jeunesse, C'est donc vous ! Je m'enivre encore à votre ivresse ; Je vous lis à genoux. Souffrez que pour un jour je reprenne votre âge ! Laissez-moi me cacher, moi, l'heureux et le sage, Pour pleurer avec vous ! J'avais donc dix-huit ans ! j'étais donc plein de songes ! L'espérance en chantant me berçait de mensonges. Un astre m'avait lui ! J'étais un dieu pour toi qu'en mon cœur seul je nomme ! J'étais donc cet enfant, hélas ! devant qui l'homme Rougit presque aujourd'hui ! Ô temps de rêverie, et de force, et de grâce ! Attendre tous les soirs une robe qui passe ! Baiser un gant jeté ! Vouloir tout de la vie, amour, puissance et gloire ! Etre pur, être fier, être sublime, et croire À toute pureté ! À présent, j'ai senti, j'ai vu, je sais. - Qu'importe Si moins d'illusions viennent ouvrir ma porte Qui gémit en tournant ! Oh ! que cet âge ardent, qui me semblait si sombre, À côté du bonheur qui m'abrite à son ombre, Rayonne maintenant ! Que vous ai-je donc fait, ô mes jeunes années, Pour m'avoir fui si vite, et vous être éloignées, Me croyant satisfait ? Hélas ! pour revenir m'apparaître si belles, Quand vous ne pouvez plus me prendre sur vos ailes, Que vous ai-je donc fait ? Oh ! quand ce doux passé, quand cet âge sans tache, Avec sa robe blanche où notre amour s'attache, Revient dans nos chemins, On s'y suspend, et puis que de larmes amères Sur les lambeaux flétris de vos jeunes chimères Qui vous restent aux mains ! Oublions ! oublions ! Quand la jeunesse est morte, Laissons-nous emporter par le vent qui l'emporte À l'horizon obscur. Rien ne reste de nous ; notre œuvre est un problème. L'homme, fantôme errant, passe sans laisser même Son ombre sur le mur ! Le 22 mai 1830.
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Ô mes lettres d'amour
Oh primavera ! gioventù dell' anno ! Oh gioventù, primavera della vita ! Ô mes lettres d'amour, de vertu, de jeunesse, C'est donc vous ! Je m'enivre encore à votre ivresse ; Je vous lis à genoux. Souffrez que pour un jour je reprenne votre âge ! Laissez-moi me cacher, moi, l'heureux et le sage, Pour pleurer avec vous ! J'avais donc dix-huit ans ! j'étais donc plein de songes ! L'espérance en chantant me berçait de mensonges. Un astre m'avait lui ! J'étais un dieu pour toi qu'en mon cœur seul je nomme ! J'étais donc cet enfant, hélas ! devant qui l'homme Rougit presque aujourd'hui ! Ô temps de rêverie, et de force, et de grâce ! Attendre tous les soirs une robe qui passe ! Baiser un gant jeté ! Vouloir tout de la vie, amour, puissance et gloire ! Etre pur, être fier, être sublime, et croire À toute pureté ! À présent, j'ai senti, j'ai vu, je sais. - Qu'importe Si moins d'illusions viennent ouvrir ma porte Qui gémit en tournant ! Oh ! que cet âge ardent, qui me semblait si sombre, À côté du bonheur qui m'abrite à son ombre, Rayonne maintenant ! Que vous ai-je donc fait, ô mes jeunes années, Pour m'avoir fui si vite, et vous être éloignées, Me croyant satisfait ? Hélas ! pour revenir m'apparaître si belles, Quand vous ne pouvez plus me prendre sur vos ailes, Que vous ai-je donc fait ? Oh ! quand ce doux passé, quand cet âge sans tache, Avec sa robe blanche où notre amour s'attache, Revient dans nos chemins, On s'y suspend, et puis que de larmes amères Sur les lambeaux flétris de vos jeunes chimères Qui vous restent aux mains ! Oublions ! oublions ! Quand la jeunesse est morte, Laissons-nous emporter par le vent qui l'emporte À l'horizon obscur. Rien ne reste de nous ; notre œuvre est un problème. L'homme, fantôme errant, passe sans laisser même Son ombre sur le mur ! Le 22 mai 1830.
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Si c'est aimer, Madame, et de jour, et de nuit Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire, Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire Qu'adorer et servir la beauté qui me nuit : Si c'est aimer que de suivre un bonheur qui me fuit, De me perdre moi même et d'être solitaire, Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire, Pleurer, crier merci, et m'en voir éconduit : Si c'est aimer que de vivre en vous plus qu'en moi même, Cacher d'un front joyeux, une langueur extrême, Sentir au fond de l'âme un combat inégal, Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite : Honteux, parlant à vous de confesser mon mal ! Si cela est aimer : furieux je vous aime : Je vous aime et sait bien que mon mal est fatal : Le coeur le dit assez, mais la langue est muette.
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Si c'est aimer, Madame, et de jour, et de nuit
Oui, je suis le rêveur; je suis le camarade Des petites fleurs d'or du mur qui se dégrade, Et l'interlocuteur des arbres et du vent. Tout cela me connaît, voyez-vous. J'ai souvent, En mai, quand de parfums les branches sont gonflées, Des conversations avec les giroflées ; Je reçois des conseils du lierre et du bleuet. L'être mystérieux, que vous croyez muet, Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire. J'entends ce qu'entendit Rabelais ; je vois rire Et pleurer ; et j'entends ce qu'Orphée entendit. Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit La nature aux soupirs ineffables. Je cause Avec toutes les voix de la métempsycose. Avant de commencer le grand concert sacré, Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré, La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle, Tous ces doux instruments, m'adressent la parole ; Je suis l'habitué de l'orchestre divin ; Si je n'étais songeur, j'aurais été sylvain. J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille, A force de parler doucement à la feuille, A la goutte de pluie, à la plume au rayon, Par descendre à ce point dans la création, Cet abîme où frissonne un tremblement farouche, Que je ne fais plus même envoler une mouche ! Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi, S'apprivoise et devient familier avec moi, Et, sans s'apercevoir que je suis là, les roses Font avec les bourdons toutes sortes de choses ; Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis, J'avance largement ma face sur les nids, Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte, N'a pas plus peur de moi que nous n'aurions de crainte, Nous, si l'oeil du bon Dieu regardait dans nos trous ; Le lys ***** me voit approcher sans courroux, Quand il s'ouvre aux baisers du jour ; la violette La plus pudique fait devant moi sa toilette ; Je suis pour ces beautés l'ami discret et sûr Et le frais papillon, libertin de l'azur, Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue, Si je viens à passer dans l'ombre, continue, Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon, Il lui dit : « Es-tu bête ! Il est de la maison. » Les Roches, août 1835.
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Oui, je suis le rêveur
Oui, je suis le rêveur; je suis le camarade Des petites fleurs d'or du mur qui se dégrade, Et l'interlocuteur des arbres et du vent. Tout cela me connaît, voyez-vous. J'ai souvent, En mai, quand de parfums les branches sont gonflées, Des conversations avec les giroflées ; Je reçois des conseils du lierre et du bleuet. L'être mystérieux, que vous croyez muet, Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire. J'entends ce qu'entendit Rabelais ; je vois rire Et pleurer ; et j'entends ce qu'Orphée entendit. Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit La nature aux soupirs ineffables. Je cause Avec toutes les voix de la métempsycose. Avant de commencer le grand concert sacré, Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré, La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle, Tous ces doux instruments, m'adressent la parole ; Je suis l'habitué de l'orchestre divin ; Si je n'étais songeur, j'aurais été sylvain. J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille, A force de parler doucement à la feuille, A la goutte de pluie, à la plume au rayon, Par descendre à ce point dans la création, Cet abîme où frissonne un tremblement farouche, Que je ne fais plus même envoler une mouche ! Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi, S'apprivoise et devient familier avec moi, Et, sans s'apercevoir que je suis là, les roses Font avec les bourdons toutes sortes de choses ; Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis, J'avance largement ma face sur les nids, Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte, N'a pas plus peur de moi que nous n'aurions de crainte, Nous, si l'oeil du bon Dieu regardait dans nos trous ; Le lys ***** me voit approcher sans courroux, Quand il s'ouvre aux baisers du jour ; la violette La plus pudique fait devant moi sa toilette ; Je suis pour ces beautés l'ami discret et sûr Et le frais papillon, libertin de l'azur, Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue, Si je viens à passer dans l'ombre, continue, Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon, Il lui dit : « Es-tu bête ! Il est de la maison. » Les Roches, août 1835.
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Tant de fois s'appointer, tant de fois se fascher, Tant de fois rompre ensemble et puis se renoüer, Tantost blasmer Amour et tantost le loüer, Tant de fois se fuyr, tant de fois se chercher, Tant de fois se monstrer, tant de fois se cacher, Tantost se mettre au joug, tantost le secouer, Advouer sa promesse et la desadvouer, Sont signes que l'Amour de pres nous vient toucher. L'inconstance amoureuse est marque d'amitié. Si donc tout à la fois avoir haine et pitié, Jurer, se parjurer, sermens faicts et desfaicts, Esperer son espoir, confort sans reconfort Sont vrais signes d'amour, nous entr'aimons bien fort, Car nous avons tousjours ou la guerre, ou la paix.
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Tant de fois s'appointer, tant de fois se fascher
Il avait dit un jour : « Que ne puis-je auprès d'elle, ( Elle, alors, c'était moi ! ) que ne puis-je chercher Ce bonheur entrevu qu'elle veut me cacher ! Son cœur paraît si tendre ; oh ! s'il était fidèle ! » Puis, fixant ses regards sur mon front abattu, Du charme de ses yeux il m'accablait encore, Et ses yeux que j'adore Portaient jusqu'à mon cœur. « Je te parle, entends-tu ? » Trop bien ! A-t-il soumis mes plus chères années ? Je n'y trouve que lui ; rien ne me fut si cher : Et pourtant mes amours, mes heures fortunées, N'était-ce pas hier ? Que la vie est rapide et paresseuse ensemble ! Dans ma main, qui s'égare, et qui brûle, et qui tremble, Que sa coupe fragile est lente à se briser ! Ciel ! que j'y bois de pleurs avant de l'épuiser ! Mes inutiles jours tombent comme les feuilles Qu'un vent d'automne emporte en murmurant : Ce n'est plus toi qui les accueilles ; Qu'importe leur sort en mourant ? Eh bien ! que rien ne les arrête ; Je les donne au tombeau ; je m'y traîne à mon tour ; Et, comme on oublie une fête, Jeune encor, j'oublierai l'amour. Pour beaucoup d'avenir j'ai trop peu de courage ; Oui ! je le sens au poids de mes jours malheureux, Ma vie est un orage affreux Qui ne peut être un long orage.
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Il avait dit un jour
Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ? Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage : Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ? L'aurore, ainsi que toi, de ses roses s'ombrage. Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux, Ce qui brille le plus se voile davantage ; Comme si la beauté, cette divine image, N'était faite que pour les cieux ! Tes yeux sont deux sources vives Où vient se peindre un ciel pur, Quand les rameaux de leurs rives Leur découvrent son azur. Dans ce miroir retracées, Chacune de tes pensées Jette en passant son éclair, Comme on voit sur l'eau limpide Flotter l'image rapide Des cygnes qui fendent l'air ! Ton front, que ton voile ombrage Et découvre tour à tour, Est une nuit sans nuage Prête à recevoir le jour ; Ta bouche, qui va sourire, Est l'onde qui se retire Au souffle errant du zéphyr, Et, sur ces bords qu'elle quitte, Laisse au regard qu'elle invite, Compter les perles d'Ophyr ! Ton cou, penché sur l'épaule, Tombe sous son doux fardeau, Comme les branches du saule Sous le poids d'un passereau ; Ton sein, que l'oeil voit à peine Soulevant à chaque haleine Le poids léger de ton coeur, Est comme deux tourterelles Qui font palpiter leurs ailes Dans la main de l'oiseleur. Tes deux mains sont deux corbeilles Qui laissent passer le jour ; Tes doigts de roses vermeilles En couronnent le contour. Sur le gazon qui l'embrasse Ton pied se pose, et la grâce, Comme un divin instrument, Aux sons égaux d'une lyre Semble accorder et conduire Ton plus léger mouvement.
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Chant d'amour (III)
Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ? Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage : Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ? L'aurore, ainsi que toi, de ses roses s'ombrage. Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux, Ce qui brille le plus se voile davantage ; Comme si la beauté, cette divine image, N'était faite que pour les cieux ! Tes yeux sont deux sources vives Où vient se peindre un ciel pur, Quand les rameaux de leurs rives Leur découvrent son azur. Dans ce miroir retracées, Chacune de tes pensées Jette en passant son éclair, Comme on voit sur l'eau limpide Flotter l'image rapide Des cygnes qui fendent l'air ! Ton front, que ton voile ombrage Et découvre tour à tour, Est une nuit sans nuage Prête à recevoir le jour ; Ta bouche, qui va sourire, Est l'onde qui se retire Au souffle errant du zéphyr, Et, sur ces bords qu'elle quitte, Laisse au regard qu'elle invite, Compter les perles d'Ophyr ! Ton cou, penché sur l'épaule, Tombe sous son doux fardeau, Comme les branches du saule Sous le poids d'un passereau ; Ton sein, que l'oeil voit à peine Soulevant à chaque haleine Le poids léger de ton coeur, Est comme deux tourterelles Qui font palpiter leurs ailes Dans la main de l'oiseleur. Tes deux mains sont deux corbeilles Qui laissent passer le jour ; Tes doigts de roses vermeilles En couronnent le contour. Sur le gazon qui l'embrasse Ton pied se pose, et la grâce, Comme un divin instrument, Aux sons égaux d'une lyre Semble accorder et conduire Ton plus léger mouvement.
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