"briller" poems
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire
À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L'été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés
Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure
Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé
Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche
Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux
L'enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages
Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août
J'ai retiré ce radium de la pechblende
Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes
Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.
5.8k
Je suis exatlé de voir dans ce ciel de nuit,
Auquel je dois cette plaisante fortune.
En compagnie d’étoiles clignotantes,
Subjugué par ce spectacle, j’admire ma Lune.
Lave-moi dans ton eau argentée, translucide.
Sois près de moi lors de mes blanches nuits.
Veille sur moi tel un garde sans faille.
Enveloppe-moi de murmures, un calme répit.
Ô comme tu guides les flots ardents de mon âme!
Baisse les yeux, les eaux abordent ma plage…
Érode le fardeau qui étouffe mes écueils brûlants,
Des sables noyés, oppressé, tendres otages.
Peu de nuits à présent… Épris alors que tu t’en vas.
Des brins épais et sombres de cheveux en cascades,
Dissimulent ton visage d’une manière séduisante.
Il n’en reste qu’un croissant, qui s’efface dans le noir.
Les nuits s’écoulent… Maintenant la lune se délite
M’en laissant qu’une moitié; la nuit le veut ainsi.
Reste encore, plus longtemps; ne pars pas si tôt,
Je ne me sens pas prêt à être anéanti.
Je lève la tête sans dire un mot, alors que les nuits passent.
J’ai vu mon amour lunaire se dissoudre dans l’espace.
My coeur, aussi, déchiré bout par bout…
Enfin, elle était partie; partie, sans laisser de trace.
Depuis, chaque nuit abonde de vide et de souffrance.
Je supplie les étoiles d’apaiser le vide en moi…
Mais ils se contenteraient de briller, indifférents…
Même suite à tous mes appels, mes émois.
Desormais je suis incertain sur le nombre de passages.
Les nuits n’amenèrent que l’assaut des étoiles moqueuses.
Cependant je joue des promesses celestes,
Pour le retour de ma folle quête amoureuse.
Je sais que c’est frivole de penser que je suis le seul…
C’est vrai, ils languissent; ma souffrance est la leur.
Mais c’est moi qui désire le plus ton fameux regard,
Car nos coeurs ont chanté dans toutes les couleurs.
Ma détresse à son zénith, emplis, presque brisé,
Lorsque soudain j’entends une belle chanson, lointaine.
Une chanson pareille à celle que l’on prononçât,
Encore garnie d’argent translucide, je soupire avec peine…,
“Te voilà....”
Nov 23, 2014
Nov 23, 2014 at 7:16 PM UTC
Phrase Courte d'amour
Si tu veux une fleur il faudra la cueillir mais si tu veux mon cœur il faudra me séduire.
Phrase Courte d'amour
Je suis un arbre, mes fleurs c'est toi. Je suis un ciel, mes étoiles c'est toi. Je suis une rivière, mon bateau c'est toi. Je suis un corps mon cœur c'est toi.
Avec une larme d'émotion merci de tout cœur. Je me sens la plus heureuse sur terre grâce à toi mon cher je t'aime.
Phrase Courte d'amour
Toi qui illumines ma vie et m'inspires la joie. Tu habites mes nuits, tu habites mes jours, non ça ne change pas et tant mieux pour moi. Phrase Courte d'amour
Tu te souviens pourquoi on est tombés amoureux? Tu te souviens pourquoi c'était si fort entre nous? Parce que j'étais capable de voir en toi des choses que les autres ignoraient. Et c'était la même chose pour toi mon amour.
Phrase Courte d'amour
**** de vous je vois flou et j'ai mal partout car je ne pense qu'à vous, je sais que c'est fou, mais j'aime que vous.
La lune est comme un aimant, elle attire les amants regarde la souvent, tu trouvera celui que tu attend la main il te prendra pour la vie il te chérira.
Phrase Courte d'amour
Phrase Courte d'amour Pour vivre cette vie j'ai besoin d'un battement de cœur, avoir un battement de cœur j'ai besoin d'un cœur, avoir un cœur J'ai besoin de bonheur et avoir le bonheur j'ai besoin de toi!
Un baiser peut être une virgule, un point d'interrogation, ou un point d'exclamation. C'est une épellation de base que chaque femme devrait savoir.
Phrase Courte d'amour
Il ne faut jamais dire c'est trop **** puisqu'on peut toujours devenir ce que nous souhaitons être et aussi avoir ce que nous avons toujours désiré.
Le soleil ne s'arrête jamais de briller tout comme mon cœur ne s'arrête jamais de t'aimer.
Phrase Courte d'amour
L'éternité c'est de passer qu'une seule seconde de ma vie sans toi, mais qu'importe cette seconde si à mon retour tu es toujours là.
Aimer est un sentiment d'appartenance à une personne de confiance.
Phrase Courte d'amour
L'amour n'a pas besoin de carte, Phrase Courte d'amour car elle peut trouver son chemin les yeux bandés.
Dans ce monde l'amour n'a pas de couleur,pourtant le tien a profondément détint sur mon corps.
Phrase Courte d'amour
Le cœur est comme une fleur quand elle manque d'eau elle meurt.
L'amour que j'ai envers toi est incompréhensible aux yeux de tous ... Même de toi.
Phrase Courte d'amour
L'amour est un mot que j'écris pour qu'il soit encore plus beau.
Phrase Courte d'amour
L'amour se vit dans la richesse comme dans la détresse, dans la pauvreté ou la beauté.
Phrase Courte d'amour
L'amour commence par donner de l'importance et finit par l'ignorance.
Les plus belles choses dans la vie ne peuvent pas être vu, ni touchés, mais se font sentir que par cœur.
Phrase Courte d'amour
Qu'importe un océan ou un désert, l'amour n'a pas de frontières.
Il Parait que quand on aime, on ne compte pas, mais moi je compte chaque secondes passée sans toi.
Phrase Courte d'amour
Toi mon cœur, mon amour, ma joie, je te dis ces quelques mots en pensent à toi, je t'aime et je ne peux pas vivre sans toi, à chaque moment, à chaque instant, je pense à toi une minute sans toi et tu me manques déjà, alors toi mon cœur, accepte moi, prends moi dans tes bras, embrasse-moi une dernière fois.
Poeme courte d'amour
Apr 6, 2014
Apr 6, 2014 at 6:28 PM UTC
Je m'étais endormi la nuit près de la grève.
Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve,
J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin.
Elle resplendissait au fond du ciel lointain
Dans sa blancheur molle, infinie et charmante.
Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente.
L'astre éclatant changeait la nuée en duvet.
C'était une clarté qui pensait, qui vivait
Elle apaisait l'écueil où la vague déferle
On croyait voir une âme à travers une perle.
Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain,
Le ciel s'illuminait d'un sourire divin.
La lueur argentait le haut du mât qui penche ;
Le navire était noir, mais la voile était blanche
Des goélands debout sur un escarpement,
Attentifs, contemplaient l'étoile gravement
Comme un oiseau céleste et fait d'une étincelle
L'océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle,
Et rugissant tout bas, la regardait briller,
Et semblait avoir peur de la faire envoler.
Un ineffable amour emplissait l'étendue.
L'herbe verte à mes pieds frissonnait éperdue,
Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur
Qui s'éveillait me dit -. c'est l'étoile ma soeur.
Et pendant qu'à longs plis l'ombre levait son voile,
J'entendis une voix qui venait de l'étoile
Et qui disait : - Je suis l'astre qui vient d'abord.
Je suis celle qu'on croit dans la tombe et qui sort.
J'ai lui sur le Sina, j'ai lui sur le Taygète ;
Je suis le caillou d'or et de feu que Dieu jette,
Comme avec une fronde, au front noir de la nuit.
Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit.
Ô nations ! je suis la poésie ardente.
J'ai brillé sur Moïse et j'ai brillé sur Dante.
Le lion océan est amoureux de moi.
J'arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi !
Penseurs, esprits, montez sur la tour, sentinelles !
Paupières, ouvrez-vous, allumez-vous, prunelles,
Terre, émeus le sillon, vie, éveille le bruit,
Debout, vous qui dormez ! - car celui qui me suit,
Car celui qui m'envoie en avant la première,
C'est l'ange Liberté, c'est le géant Lumière !
Jersey, le 31 août. 1853.
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La Llorona
(ce poéme écrit après avoir écouté la chanson est
dédié à Frida Kahlo et à Joan Baez)
Sur les remparts de Tenochtitlan
tu ne sors qu'à la nuit couchante
les nuits ou la lune est orange tourne
rouge de sang et d'amertume.
Tu fais briller ta chevelure
de geai, tel un diamant noir,
ton nom est "Llorona la belle"
qui nous appelle de ses pleurs.
Et tente de nous attirer
Avec sa voix rauque et ses pleurs.
Tu annonces la venue de ceux
par qui la mort doit advenir.
Car telle est ta prophétie
magicienne, du Monde Indien.
Surtout passant, ferme les yeux
et retiens ton amour naissant
car la Llorona ne vient pas
pour te serrer dans ses bras
et te donner sa douce peau,
Ni te couvrir de baisers.
Elle se fait messagère de malheur.
Et annonce les temps nouveaux
D’où surgiront les hommes barbus, bardés de fer
avec ces animaux fabuleux
Et leur bâton de foudre et de tonnerre
qui tuent mieux que la guerre fleurie.
Son chant est hymne funèbre
ou la prophétie s'accomplit
dans les cliquetis d’acier,
la maudite soif de l’or
et le feu des bûchers.
Garde toi de suivre « la pleureuse »
qui t'annonce les jours maudits,
ou le sang indien va couler
et le Peuple être mis en servage.
Loran ta beauté est venin
cartes présages sont les flèches
que nous lancent les "temps nouveaux".
Pleurons, tous, notre liberté
et les jours de cendre venus,
et la chute des Dieux serpents.
Paul Arrighi, Toulouse
Jan 9, 2014
Jan 9, 2014 at 4:12 PM UTC
Fable VII, Livre III.
« Au diable soient les étourdis
Qui m'ont fait une horrible tache !...
Qu'ai-je dit, une ? en voilà dix ;
Et c'est à mon velours pistache ! »
Ainsi parlait monsieur Denis,
Marchand fameux dès l'ancien règne,
Marchand connu de tout Paris,
Marchand de soie à juste prix,
Du moins si j'en crois son enseigne.
« Conçois-tu bien tout mon malheur,
Ma fille ! un velours magnifique,
Un velours de cette couleur,
Va donc rester dans ma boutique !
L'art du dégraisseur n'y peut rien.
L'eau de Dupleix, à qui tout cède,
Est sans vertu ! - Mon père ! - Eh bien ?
- Essayons un autre remède ;
Envoyons l'étoffe au brodeur.
- Elle a raison ! » - Notre grondeur
Suit le conseil de la fillette.
Amis, plus souvent qu'on ne croit,
La tache est tout juste à l'endroit
Où l'on voit briller la paillette.
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S-togene er proppet af en stivnet mænge
På perronen splintres glas som et vandfald af reflektioner
Øjnene skjult bag briller, stiger han af toget
Han møder én på perronen
De spotter hinanden fra lang afstand
Kvinden i sort og med solbriller skyggende for øjnene af glas
En øredøvende larm får dem i trance hånd i hånd
Ventende på S-tog og med briller for øjnene
Scanner sig ind og ud og undslipper den frosne forsamling
Skrider i gruset
Hvorom alting er, er de to brillebærere forelsket
I en tid fuld af S-toge og glas
Kan man være forelsket i en sådan tid?
Dec 9, 2014
Dec 9, 2014 at 3:32 PM UTC
Petite étoile, au sein des vastes cieux,
Toi que suivaient et mon cœur et mes yeux,
Toi dont j'aimais la lumière timide,
Où t'en vas-tu dans ta course rapide ?
Ah ! j'espérais que, dans ce ciel d'azur,
Du moins pour toi le repos était sûr.
Pourquoi t'enfuir, mon étoile chérie ?
Pourquoi quitter le ciel de ma patrie ?
Mon cœur connut le bonheur et l'amour :
Amour, bonheur, tout n'a duré qu'un jour.
Près d'un ami, je cherchai l'espérance...
Et mon ami m'oublia dans l'absence !
Le cœur brisé, j'aimais encor les fleurs,
Quand je les vis se faner sous mes pleurs ;
Au ciel alors, pour n'être plus trahie,
J'avais aimé.... l'étoile qui m'oublie !
Adieux à toi, belle étoile du soir !
Adieux à toi, toi, mon dernier espoir !...
Errante au ciel comme moi sur la terre,
En d'autres lieux va briller ta lumière.
Rien n'est constant pour moi que la douleur,
Rien ici-bas n'a voulu de mon cœur ;
Autour de moi, tout est sombre et se voile,
Et tout me fuit... même au ciel, une étoile !
991
O toi qui m'apparus dans ce désert du monde,
Habitante du ciel, passagère en ces lieux !
O toi qui fis briller dans cette nuit profonde
Un rayon d'amour à mes yeux ;
A mes yeux étonnés montre-toi tout entière,
Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin.
Ton berceau fut-il sur la terre ?
Ou n'es-tu qu'un souffle divin ?
Vas-tu revoir demain l'éternelle lumière ?
Ou dans ce lieu d'exil, de deuil, et de misère,
Dois-tu poursuivre encor ton pénible chemin ?
Ah ! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie,
Ou fille de la terre, ou du divin séjour,
Ah ! laisse-moi, toute ma vie,
T'offrir mon culte ou mon amour.
Si tu dois, comme nous, achever ta carrière,
Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux,
De tes pas adorés je baise la poussière.
Mais si tu prends ton vol, et si, **** de nos yeux,
Soeur des anges, bientôt tu remontes près d'eux,
Après m'avoir aimé quelques jours sur la terre,
Souviens-toi de moi dans les cieux.
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Fable VI, Livre IV.
Or çà, mes amis, essayons
De vous redire en vers tout ce que la chandelle
Disait naguère en prose, en voyant ses rayons
Porter jusqu'à six pas la lumière autour d'elle.
« Ce n'est pas tout-à-fait la clarté du soleil,
Et je n'éclaire pas une sphère aussi grande.
À cela près, je le demande,
xxMon rôle au sien n'est-il pas tout pareil ?
À votre gré, monsieur, à votre goût, madame,
Écrivez, jouez ou lisez,
Tricotez, brodez ou cousez,
À qui veut en user je prodigue ma flamme.
Vous blâmez le soleil de trop tôt se coucher,
De se lever trop **** ; qu'il dorme en paix sous l'onde,
Et l'on ne saura pas s'il est nuit en ce monde,
Pour peu qu'on ait pris place à cette table ronde,
Et que l'on pense à me moucher. »
Cependant le soleil, averti par les heures,
Plus alerte et plus radieux,
Avait abandonné les humides demeures,
Et ses premiers rayons doraient déjà les cieux.
À mesure qu'il perce et dissipe les voiles
Par la nuit étendus sur le monde obscurci,
Voyez-vous pâlir les étoiles ?
Les étoiles, la lune, et la chandelle aussi !
Ainsi, dans mainte académie,
Passez-moi la comparaison,
Le faux esprit s'éclipse auprès de la raison ;
Le bel esprit s'éclipse à côté du génie.
« Mon enfant, » dit l'astre du jour,
En plaignant sa rivale à demi consumée
De perdre sa gloire en fumée,
« Veux-tu de ton triomphe assurer le retour :
Fais tout fermer, porte, fenêtre,
Volets surtout ; fais que la nuit
Règne à jamais dans ce réduit :
La nuit te fait briller ; je la fais disparaître. »
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Ma sœur, écoute-moi ! je vais t'ouvrir mon cœur...
Mais détourne un instant ton regard scrutateur ;
Pour mes quinze printemps, ne sois pas trop sévère !
Tu promis de m'aimer à notre vieille mère.
Un ange aux blonds cheveux déjà te doit le jour :
Étends aussi sur moi l'aile de ton amour !
Si de la vie, à peine, il voit la première heure,
Moi, je suis faible aussi, je me trouble et je pleure.
Dans ce monde joyeux où j'avance en tremblant,
Comme des pas d'enfant, mon pas est chancelant.
Tu cherches à sonder les replis de mon âme,
Tu crois me deviner et ton regard me blâme ;
Ne crains rien si parfois je soupire tout bas...
Je t'assure, ma sœur, que je ne l'aime pas !
L'amour, c'est le bonheur, doux, riant comme un rêve,
Et dans les pleurs pour moi le jour vient et s'achève.
Jadis, j'aimais le monde et ses plaisirs bruyants,
Et devant mon miroir je m'arrêtais longtemps ;
J'aimais le blanc tissu de ma robe légère,
Et de mes fleurs du soir la fraîcheur mensongère ;
J'aimais, d'un bal brillant la lumière et le bruit,
Et ce choix d'un instant qu'aucun regret ne suit :
Mais, au lieu du bonheur qu'on dit que l'amour donne,
À des pensers amers mon âme s'abandonne...
Ne crains rien si parfois je soupire tout bas,
Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas !
De celui que l'on aime on chérit la présence,
On bénit le moment qui fait cesser l'absence ;
On se plaint **** de lui de la longueur du jour,
On veut presser le temps pour hâter son retour.
Lorsque j'entends la voix ou les pas de mon frère,
Je souris, et je cours pour le voir la première ;
Mais quand c'est lui... ma sœur, je frémis malgré moi...
Sa présence me trouble et me glace d'effroi !
Lorsque j'entends ses pas, tremblante, je m'arrête,
Et pour fuir son regard, je détourne la tête.
Ne crains rien si parfois je soupire tout bas,
Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas !
Quand je vois le bonheur briller sur ton visage,
Je bénis le Seigneur qui chasse au **** l'orage,
Mes yeux suivent tes yeux, je souris comme toi ;
J'aime quand ton cœur aime, et je crois de ta foi ;
Je confonds doucement mon âme avec la tienne,
Je veux que ton bonheur, comme à toi, m'appartienne.
Mais, comme lui, ma sœur, jamais je ne sens rien ;
Sa gaîté me fait mal, ses pleurs me font du bien.
Lorsque j'entends louer les traits de son visage,
Je voudrais qu'il fût laid et je pleure de rage !
Lorsqu'il part pour le bal, mon cœur, cruel pour lui,
Voudrait qu'il n'y trouvât que tristesse et qu'ennui ;
Je hais tous ses amis, je m'afflige qu'on l'aime,
Je voudrais l'isoler, l'éloigner de toi-même...
Ne crains rien si parfois je soupire tout bas,
Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas !
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Le toit s'égaie et rit.
ANDRÉ CHÉNIER.
Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.
Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.
La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.
Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !
Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l'auréole d'or !
Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur !
Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !
Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !
Mai 1830.
845
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles,
Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles !
Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux !
Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées !
Tant elle répandait d'amoureuses rosées
Sur les fleurs et sur nous !
Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme,
Car tu me regardais avec toute ton âme !
J'admirais la beauté dont ton front se revêt.
Et sans même qu'un mot révélât ta pensée,
La tendre rêverie en ton cœur commencée
Dans mon cœur s'achevait !
Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie
Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie,
Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux,
Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures,
Si pleines de rayons, de parfums, de murmures,
Si douces toutes deux !
Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde !
C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde !
Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux !
C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère !
C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre
Comme l'étoile aux cieux !
C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose,
L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose !
C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour.
C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine,
A versé la beauté, comme une coupe pleine,
Et dans mon cœur l'amour !
Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie.
C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie
Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner.
Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne.
La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne :
Laisse-toi couronner !
Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire,
Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire,
Poussière que l'orgueil rapporte des combats,
Ni l'ambition folle, occupée aux chimères,
Qui ronge tristement les écorces amères
Des choses d'ici-bas ;
Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées,
Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées,
Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur,
Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire,
Et toutes les chansons de cette douce lyre
Qu'on appelle le cœur !
Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète,
Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite,
Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ;
Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne,
Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne,
Les âmes ont l'amour !
Le 21 mai 1833.
787
Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ;
Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ;
Puisque j'ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l'ombre enseveli ;
Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire
Les mots où se répand le cœur mystérieux ;
Puisque j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;
Puisque j'ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ;
Puisque j'ai vu tomber dans l'onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours ;
Je puis maintenant dire aux rapides années :
- Passez ! Passez toujours ! je n'ai plus à vieillir ;
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;
J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir !
Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m'abreuve et que j'ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre !
Mon cœur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli !
Janvier 18...
687
Fable I, Livre II.
À M. Andrieux, de L'Institut.
Toi qui vis vraiment comme un sage,
Sans te montrer, sans te cacher,
Sans fuir les grands, sans les chercher,
Exemple assez rare en notre âge ;
Pardonne-moi, cher Andrieux,
Dans ces vers qu'aux vents je confie,
De dévoiler à tous les yeux
Ta secrète philosophie.
Certain Lapon des plus trapus,
Certain Cafre des plus camus,
Équipaient, comme on dit, de la bonne manière,
Un homme qui, fermant l'oreille à leurs raisons
Vantait l'astre éclatant qui préside aux saisons,
Enfante la chaleur, et produit la lumière.
- Peut-il ériger, s'il n'est fou,
En bienfaiteur de la nature,
Un astre qui, six mois, me cache sa figure,
Et va briller je ne sais où,
Tandis que je gèle en mon trou,
Malgré ma femme et ma fourrure ?
On conçoit que celui qui s'exprimait ainsi
N'était pas l'habitant de la zone torride.
Pour moi, disait cet autre, en mon climat aride,
Je ne gèle pas, Dieu merci !
Mais je rôtis en récompense ;
Et sans avoir l'honneur d'être Lapon, je pense
Qu'un fou, lui seul, a pu vanter
La douce et bénigne influence
Du soleil, qui ne luit que pour me tourmenter ;
Qui, d'un bout de l'année à l'autre,
Embrase la terre, les airs,
Et porte en mon pays, jusques au fond des mers,
La chaleur qu'il refuse au vôtre.
Le fou, qui cependant célébrait les bienfaits
Du roi de la plaine éthérée,
Fils de la zone tempérée,
N'était rien moins que fou, quoiqu'il fût né Français.
Sans se formaliser des vives apostrophes
Du nègre et du nain philosophes,
Seigneur Lapon, dit-il, votre raisonnement
Est sans réplique, en Sibérie ;
Comme le vôtre en Cafrerie,
Monsieur le noir ; mais franchement,
Autre part, c'est tout autrement.
En France, par exemple, on ne vous croirait guère.
L'astre à qui vous faites la guerre,
Là, par ses rayons bienfaisants,
De fleurs et de fruits, tous les ans,
Couvre mes champs et mon parterre ;
S'éloignant sans trop me geler,
S'approchant sans trop me brûler,
De mon climat, qu'il favorise ;
À la faucille, au soc, il livre tour à tour
Mes campagnes, qu'il fertilise
Par son départ et son retour.
Vous qui craignez le feu, vous qui craignez la glace
Venez donc à Paris. Gens d'excellent conseil
Disent qu'un sage ne se place
Trop près ni trop **** du soleil.
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Måske det bare er sådan han ser på piger i biler. Ligner nogle der har brug for at blive redet, ser ikke at *** er hendes egen superhelt. Hendes kryptonit, ikke hans hænder. Galaksen bag hans briller. Løftet der falder stille når solen står op og sengen er redt. *** falder kun når *** glemmer sin styrke, *** er månen og stjernerne og alt hvad han ønsker. *** tænker, måske det bare er sådan han kigger på piger i biler. Ser ikke engang at *** er den der kører.
Jul 3, 2016
Jul 3, 2016 at 4:20 PM UTC
Og de sorte briller er smartest
Det har jeg altid syntes
Men med dem jeg kun kan se smerte og sorg,
for de sorte briller intet lys over dagen bringer
De hvide briller har jeg fået af dig
Helt nye og fra Chanel
Med dem kan jeg se det hele,
for de hvide briller livet med sig bringer
"Tag de hvide briller på" sagde du
Jeg synes de klemmer,
men jeg beholder dem på
Nov 26, 2014
Nov 26, 2014 at 1:01 PM UTC
Un pauvre petit grillon
Caché dans l'herbe fleurie
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie.
L'insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;
L'azur, la pourpre et l'or éclataient sur ses ailes ;
Jeune, beau, petit maître, il court de fleurs en fleurs,
Prenant et quittant les plus belles.
Ah ! disait le grillon, que son sort et le mien
Sont différents ! Dame nature
Pour lui fit tout, et pour moi rien.
Je n'ai point de talent, encor moins de figure.
Nul ne prend garde à moi, l'on m'ignore ici-bas :
Autant vaudrait n'exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d'enfants :
Aussitôt les voilà courants
Après ce papillon dont ils ont tous envie.
Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l'attraper ;
L'insecte vainement cherche à leur échapper,
Il devient bientôt leur conquête.
L'un le saisit par l'aile, un autre par le corps ;
Un troisième survient, et le prend par la tête :
Il ne fallait pas tant d'efforts
Pour déchirer la pauvre bête.
Oh ! oh ! dit le grillon, je ne suis plus fâché ;
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde !
Pour vivre heureux, vivons caché.
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Tu vois la lune ?
Sa grâce, son élégance.
son allure, aussi vulnérable que celle d'un enfant.
Et pourtant, elle brille et fait briller le monde entier.
Jan 11, 2019
Jan 11, 2019 at 5:57 AM UTC
In God is all.
DEVISE DES SALTOUN.
Ô toi qui si longtemps vis luire à mon côté
Le jour égal et pur de la prospérité,
Toi qui, lorsque mon âme allait de doute en doute,
Et comme un voyageur te demandait sa route,
Endormis sur ton sein mes rêves ténébreux,
Et pour toute raison disais : Soyons heureux !
Hélas ! ô mon amie, hélas ! voici que l'ombre
Envahit notre ciel, et que la vie est sombre ;
Voici que le malheur s'épanche lentement
Sur l'azur radieux de notre firmament ;
Voici qu'à nos regards s'obscurcit et recule
Notre horizon, perdu dans un noir crépuscule ;
Or, dans ce ciel, où va la nuit se propageant,
Comme un œil lumineux, vivant, intelligent,
Vois-tu briller là-bas cette profonde étoile ?
Des mille vérités que le bonheur nous voile,
C'est une qui paraît ! c'est la première encor
Qui nous ait éblouis de sa lumière d'or !
Notre ciel, que déjà le sombre deuil réclame,
N'a plus assez d'éclat pour cacher cette flamme,
Et du sud, du couchant, ou du septentrion,
Chaque ombre qui survient donne à l'astre un rayon.
Et plus viendra la nuit, et plus, à plis funèbres,
S'épaissiront sur nous son deuil et ses ténèbres,
Plus dans ce ciel sublime, à nos yeux enchantés,
En foule apparaîtront de splendides clartés !
Plus nous verrons dans l'ombre, où leur loi les rassemble,
Toutes les vérités étinceler ensemble,
Et graviter autour d'un centre impérieux,
Et rompre et renouer leur chœur mystérieux !
Cette fatale nuit, que le malheur amène,
Fait voir plus clairement la destinée humaine,
Et montre à ses deux bouts, écrits en traits de feu,
Ces mots : Âme immortelle ! éternité de Dieu !
Car tant que luit le jour, de son soleil de flamme
Il accable nos yeux, il aveugle notre âme,
Et nous nous reposons dans un doute serein
Sans savoir si le ciel est d'azur ou d'airain.
Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires,
Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires.
L'œil dans leurs profondeurs découvre à chaque pas
Mille mondes nouveaux qu'il ne soupçonnait pas,
Soleils plus flamboyants, plus chevelus dans l'ombre,
Qu'en l'abîme sans fin il voit luire sans nombre !
Août 1829.
528
Amor, ch'a null' amato amar perdona,
Mi prese del costui placer si forte
Che, come vedi, ancor non m'abbandona.
DANTE.
Contempler dans son bain sans voiles
Une fille aux yeux innocents ;
Suivre de **** de blanches voiles ;
Voir au ciel briller les étoiles
Et sous l'herbe les vers luisants ;
Voir autour des mornes idoles
Des sultanes danser en rond ;
D'un bal compter les girandoles ;
La nuit, voir sur l'eau les gondoles
Fuir avec une étoile au front ;
Regarder la lune sereine ;
Dormir sous l'arbre du chemin ;
Être le roi lorsque la reine,
Par son sceptre d'or souveraine,
L'est aussi par sa blanche main ;
Ouïr sur les harpes jalouses
Se plaindre la romance en pleurs ;
Errer, pensif, sur les pelouses,
Le soir, lorsque les andalouses
De leurs balcons jettent des fleurs ;
Rêver, tandis que les rosées
Pleuvent d'un beau ciel espagnol,
Et que les notes embrasées
S'épanouissent en fusées
Dans la chanson du rossignol ;
Ne plus se rappeler le nombre
De ses jours, songes oubliés ;
Suivre fuyant dans la nuit sombre
Un Esprit qui traîne dans l'ombre
Deux sillons de flamme à ses pieds ;
Des boutons d'or qu'avril étale
Dépouiller le riche gazon ;
Voir, après l'absence fatale,
Enfin, de sa ville natale
Grandir la flèche à l'horizon ;
Non, tout ce qu'a la destinée
De bien réels ou fabuleux
N'est rien pour mon âme enchaînée
Quand tu regardes inclinée
Mes yeux noirs avec tes yeux bleus !
Septembre 1831.
384
Fable VIII, Livre IV.
Pour complaire aux goûts innocents
Des grands et des petits enfants,
De pauvres baladins allaient de foire en foire,
Représentant les faits les plus intéressants
Ou de la fable ou de l'histoire.
Ressuscitant les vieux héros
De l'Italie et de la Grèce,
Casque en tête, cuirasse au dos,
Epée au poing, c'est en champ clos
Qu'ils faisaient briller leur adresse.
Or, un beau jour (et, cette fois,
On avait mis la scène en France),
Sous les murs d'Orléans , et, pour leur délivrance,
Contre Jean Chandos, Jean Dunois
Devait combattre à toute outrance.
Sous le fer du Français, notez bien ce point-ci,
Le Breton, dans cette aventure,
Devait mourir ; mais, Dieu merci,
Mourir sans une égratignure.
Il en advint tout autrement,
Au détriment du pauvre sire,
Qui fut estropié très sérieusement,
Au lieu d'être tué pour rire.
- Et que fit le public ? - Le public ? il siffla
Et le vainqueur et sa prouesse.
J'aurais fait comme lui si j'avais été là.
Dans un jeu, mes amis, quelle qu'en soit l'espèce,
Jeu d'esprit, jeu de main, retenez bien cela,
On doit siffler celui qui blesse.
309
Un jour deux chauves dans un coin
Virent briller certain morceau d'ivoire :
Chacun d'eux veut l'avoir ; dispute et coups de poing.
Le vainqueur y perdit, comme vous pouvez croire,
Le peu de cheveux gris qui lui restaient encor.
Un peigne était le beau trésor
Qu'il eut pour prix de sa victoire.
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