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"basse" poems
Valiant galley set sail adrift through the Dardanelles. Her masts, backs straight, composed as Venetian dames in familiar basse danse. Sunset floats amongst the sea mist silhouetting the capital's skyline. The holy dome of the Αγία Σοφία eclipses the light. The Lady makes port, at the City on the Seven Hills. Gentle entrance to the beating heart of the bustling district.
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Jan 11, 2013
Jan 11, 2013 at 7:59 AM UTC
Constantinople
Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre : La gueuse, de mon âme, emprunte tout son lustre ; Invisible aux regards de l'univers moqueur, Sa beauté ne fleurit que dans mon triste coeur. Pour avoir des souliers elle a vendu son âme. Mais le bon Dieu rirait si, près de cette infâme, Je tranchais du Tartufe et singeais la hauteur, Moi qui vends ma pensée et qui veux être auteur. Vice beaucoup plus grave, elle porte perruque. Tous ses beaux cheveux noirs ont fui sa blanche nuque ; Ce qui n'empêche pas les baisers amoureux. De pleuvoir sur son front plus pelé qu'un lépreux. Elle louche, et l'effet de ce regard étrange Qu'ombragent des cils noirs plus longs que ceux d'un ange, Est tel que tous les yeux pour qui l'on s'est **** Ne valent pas pour moi son oeil juif et cerné. Elle n'a que vingt ans ; - la gorge déjà basse Pend de chaque côté comme une calebasse, Et pourtant, me traînant chaque nuit sur son corps, Ainsi qu'un nouveau-né, je la tette et la mords, Et bien qu'elle n'ait pas souvent même une obole Pour se frotter la chair et pour s'oindre l'épaule, Je la lèche en silence avec plus de ferveur Que Madeleine en feu les deux pieds du Sauveur. La pauvre créature, au plaisir essoufflée, A de rauques hoquets la poitrine gonflée, Et je devine au bruit de son souffle brutal Qu'elle a souvent mordu le pain de l'hôpital. Ses grands yeux inquiets, durant la nuit cruelle, Croient voir deux autres yeux au fond de la ruelle, Car, ayant trop ouvert son coeur à tous venants, Elle a peur sans lumière et croit aux revenants. Ce qui fait que de suif elle use plus de livres Qu'un vieux savant couché jour et nuit sur ses livres, Et redoute bien moins la faim et ses tourments Que l'apparition de ses défunts amants. Si vous la rencontrez, bizarrement parée, Se faufilant, au coin d'une rue égarée, Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé, Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé, Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure Au visage fardé de cette pauvre impure Que déesse Famine a par un soir d'hiver, Contrainte à relever ses jupons en plein air. Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse, Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse, Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur, Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon coeur.
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Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre
Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre : La gueuse, de mon âme, emprunte tout son lustre ; Invisible aux regards de l'univers moqueur, Sa beauté ne fleurit que dans mon triste coeur. Pour avoir des souliers elle a vendu son âme. Mais le bon Dieu rirait si, près de cette infâme, Je tranchais du Tartufe et singeais la hauteur, Moi qui vends ma pensée et qui veux être auteur. Vice beaucoup plus grave, elle porte perruque. Tous ses beaux cheveux noirs ont fui sa blanche nuque ; Ce qui n'empêche pas les baisers amoureux. De pleuvoir sur son front plus pelé qu'un lépreux. Elle louche, et l'effet de ce regard étrange Qu'ombragent des cils noirs plus longs que ceux d'un ange, Est tel que tous les yeux pour qui l'on s'est **** Ne valent pas pour moi son oeil juif et cerné. Elle n'a que vingt ans ; - la gorge déjà basse Pend de chaque côté comme une calebasse, Et pourtant, me traînant chaque nuit sur son corps, Ainsi qu'un nouveau-né, je la tette et la mords, Et bien qu'elle n'ait pas souvent même une obole Pour se frotter la chair et pour s'oindre l'épaule, Je la lèche en silence avec plus de ferveur Que Madeleine en feu les deux pieds du Sauveur. La pauvre créature, au plaisir essoufflée, A de rauques hoquets la poitrine gonflée, Et je devine au bruit de son souffle brutal Qu'elle a souvent mordu le pain de l'hôpital. Ses grands yeux inquiets, durant la nuit cruelle, Croient voir deux autres yeux au fond de la ruelle, Car, ayant trop ouvert son coeur à tous venants, Elle a peur sans lumière et croit aux revenants. Ce qui fait que de suif elle use plus de livres Qu'un vieux savant couché jour et nuit sur ses livres, Et redoute bien moins la faim et ses tourments Que l'apparition de ses défunts amants. Si vous la rencontrez, bizarrement parée, Se faufilant, au coin d'une rue égarée, Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé, Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé, Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure Au visage fardé de cette pauvre impure Que déesse Famine a par un soir d'hiver, Contrainte à relever ses jupons en plein air. Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse, Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse, Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur, Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon coeur.
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Une silhouette Devant la grande mosquée Une ombre se perd Fusée propulsée Les petits bras D'un bébé porté Une mère basse **** de l'ancienne église Eclate de rire Des terrasses pleines La marque d'un violon Redessine un visage Une goute de vin En plein coeur de mon esprit Perce un gout amer   Ma route s’en va Vers des océans Devenus pierre Dans la nuit Le cavalier trouve La poudre colorée   Les humains sont Une tapisserie Sans motifs La route du vin Trompé de chemin Je vais et viens Dans le metro Le charbon s'entasse Pour ses vacances
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Feb 24, 2017
Feb 24, 2017 at 5:23 AM UTC
Rires insensés
I. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux. Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures, Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels, Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels. Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ; C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse, Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau. Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange, Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau, Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange, Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau ! Aimez l'antique amour du règne de Saturne, Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché, Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne, Un baiser invisible aux lèvres de Psyché ! Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme, Lui dont la caravane humaine allait rêvant, Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme, Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent. Il revient ; le voici : son aurore éternelle A frémi comme un monde au ventre de la nuit, C'est le commencement des rumeurs de son aile ; Il veille sur le sage, et la vierge le suit. Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes, C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois, C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits. Il palpite toujours sous les tentes de toile, Au fond de tous les cris et de tous les secrets ; C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ; L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts. La source le pleurait, car il sera la mousse, Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit, Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce Qui fera reculer toute ombre et toute nuit. Le voici qui retourne à nous, son règne est proche, Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez ! Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche, Amour dans les déserts, amour dans les cités ! Amour sur l'Océan, amour sur les collines ! Amour dans les grands lys qui montent des vallons ! Amour dans la parole et les brises câlines ! Amour dans la prière et sur les violons ! Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres ! Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts ! Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres ! Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix ! Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles ! Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux ! Amour dans les couvents : anges, battez des ailes ! Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous ! II. Mais adorez l'Amour terrible qui demeure Dans l'éblouissement des futures Sions, Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
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L'Amour de l'Amour
I. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux. Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures, Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels, Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels. Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ; C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse, Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau. Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange, Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau, Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange, Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau ! Aimez l'antique amour du règne de Saturne, Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché, Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne, Un baiser invisible aux lèvres de Psyché ! Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme, Lui dont la caravane humaine allait rêvant, Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme, Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent. Il revient ; le voici : son aurore éternelle A frémi comme un monde au ventre de la nuit, C'est le commencement des rumeurs de son aile ; Il veille sur le sage, et la vierge le suit. Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes, C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois, C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits. Il palpite toujours sous les tentes de toile, Au fond de tous les cris et de tous les secrets ; C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ; L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts. La source le pleurait, car il sera la mousse, Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit, Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce Qui fera reculer toute ombre et toute nuit. Le voici qui retourne à nous, son règne est proche, Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez ! Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche, Amour dans les déserts, amour dans les cités ! Amour sur l'Océan, amour sur les collines ! Amour dans les grands lys qui montent des vallons ! Amour dans la parole et les brises câlines ! Amour dans la prière et sur les violons ! Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres ! Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts ! Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres ! Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix ! Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles ! Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux ! Amour dans les couvents : anges, battez des ailes ! Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous ! II. Mais adorez l'Amour terrible qui demeure Dans l'éblouissement des futures Sions, Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
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Carnaval. Venise pour le bal s'habille. De paillettes tout étoilé, Scintille, fourmille et babille Le carnaval bariolé. Arlequin, nègre par son masque, Serpent par ses mille couleurs, Rosse d'une note fantasque Cassandre son souffre-douleurs. Battant de l'aile avec sa manche Comme un pingouin sur un écueil, Le blanc Pierrot, par une blanche, Passe la tête et cligne l'oeil. Le Docteur bolonais rabâche Avec la basse aux sons traînés ; Polichinelle, qui se fâche, Se trouve une croche pour nez. Heurtant Trivelin qui se mouche Avec un trille extravagant, A Colombine Scaramouche Rend son éventail ou son gant. Sur une cadence se glisse Un domino ne laissant voir Qu'un malin regard en coulisse Aux paupières de satin noir. Ah ! fine barbe de dentelle, Que fait voler un souffle pur, Cet arpège m'a dit : C'est elle ! Malgré tes réseaux, j'en suis sûr, Et j'ai reconnu, rose et fraîche, Sous l'affreux profil de carton, Sa lèvre au fin duvet de pêche, Et la mouche de son menton.
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Sur le Carnaval de Venise III
D'illusions fantastiques Quel doux esprit t'a bercé ? Qui t'a dit ces airs antiques, Ces contes du temps passé ? Que j'aime quand tu nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi, Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère, Ceux qui viendront après moi. Quand le soir, à la chaumière, La lampe unit tristement La pâleur de sa lumière Au vif éclat du sarment, Assis dans le coin de l'âtre, Sans doute tu vis le pâtre Rappeler des anciens jours, Récits d'amour, de constance. Et redire à l'assistance Ces airs qu'on retient toujours. Il a de vieilles ballades, Il a de joyeux refrains : Et pour les brebis malades Des remèdes souverains : Il connaît les noirs présages : Perçant le voile des âges Son œil lit dans l'avenir, Il donne des amulettes, Et prédit aux bachelettes Quand l'amour doit leur venir. Il ta montré la relique Et la croix qu'un pénitent A la sainte basilique A fait bénir en partant. Il t'a dit les eaux fangeuses Où dans les nuits orageuses Errent de pâles lueurs, Puis sur l'autel de la Vierge Il fa fait brûler un cierge A la mère des douleurs. Il a deviné ta peine, Il t'a conseillé parfois D'aller faire une neuvaine A Notre-Dame-des-Bois ; De partir pour la Galice ; Ou, vêtu du noir cilice D'aller, pieux voyageur, Déposer ton humble hommage Au pied de la vieille image De Saint Jacques-le-Majeur. Dans une chapelle basse, Devers la Saint-Jean d'été, Il t'a fait baiser la châsse Dont l'antique sainteté Donne à la foi populaire Le précieux scapulaire Qui du malin nous défend, Et sans travail, ni souffrance, Abrège la délivrance Des femmes en mal d'enfant. Il t'a fait dans les bruyères Voir, de **** les lieux maudits Où l'on dit que les sorcières S'assemblent les samedis ; Où pour d'impurs sortilèges A leurs festins sacrilèges S'asseoit l'archange déchu ; Où le voyageur qui passe S'enfuit en voyant la trace Qu'y grava son pied fourchu. Mais à l'angle de deux routes Il te recommande à Dieu : Il part ; et toi tu l'écoutes Après qu'il t'a dit adieu. Puis tu reviens et nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère. Ceux qui viendront après moi.
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À Victor Hugo
D'illusions fantastiques Quel doux esprit t'a bercé ? Qui t'a dit ces airs antiques, Ces contes du temps passé ? Que j'aime quand tu nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi, Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère, Ceux qui viendront après moi. Quand le soir, à la chaumière, La lampe unit tristement La pâleur de sa lumière Au vif éclat du sarment, Assis dans le coin de l'âtre, Sans doute tu vis le pâtre Rappeler des anciens jours, Récits d'amour, de constance. Et redire à l'assistance Ces airs qu'on retient toujours. Il a de vieilles ballades, Il a de joyeux refrains : Et pour les brebis malades Des remèdes souverains : Il connaît les noirs présages : Perçant le voile des âges Son œil lit dans l'avenir, Il donne des amulettes, Et prédit aux bachelettes Quand l'amour doit leur venir. Il ta montré la relique Et la croix qu'un pénitent A la sainte basilique A fait bénir en partant. Il t'a dit les eaux fangeuses Où dans les nuits orageuses Errent de pâles lueurs, Puis sur l'autel de la Vierge Il fa fait brûler un cierge A la mère des douleurs. Il a deviné ta peine, Il t'a conseillé parfois D'aller faire une neuvaine A Notre-Dame-des-Bois ; De partir pour la Galice ; Ou, vêtu du noir cilice D'aller, pieux voyageur, Déposer ton humble hommage Au pied de la vieille image De Saint Jacques-le-Majeur. Dans une chapelle basse, Devers la Saint-Jean d'été, Il t'a fait baiser la châsse Dont l'antique sainteté Donne à la foi populaire Le précieux scapulaire Qui du malin nous défend, Et sans travail, ni souffrance, Abrège la délivrance Des femmes en mal d'enfant. Il t'a fait dans les bruyères Voir, de **** les lieux maudits Où l'on dit que les sorcières S'assemblent les samedis ; Où pour d'impurs sortilèges A leurs festins sacrilèges S'asseoit l'archange déchu ; Où le voyageur qui passe S'enfuit en voyant la trace Qu'y grava son pied fourchu. Mais à l'angle de deux routes Il te recommande à Dieu : Il part ; et toi tu l'écoutes Après qu'il t'a dit adieu. Puis tu reviens et nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère. Ceux qui viendront après moi.
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Tu meurs d'envie de moi Et tu me dis tout de go J'ai envie de toi Là Maintenant Bande Bande Bande Et tu chronomètres le temps Qu'il me faudra pour atteindre La taille exacte que tu désires Et quand le petit soldat s'exécute Au quart de tour comme tu l'exiges Quand il pointe l'arme vers tes neiges éternelles Tu dis : Garde à vous, fixe Tu condamnes mes fesses au peloton d'exécution Au clic de ton appareil photo Tu tires à vue Tu mitrailles à bout portant Et quand tu es enfin satisfaite de la pose Tu dis : Déposez arme Et je me dégonfle Instantanément Et tu exaltes, tu jubiles De ta toute puissance Je suis ta chose, ton pantin Ton esclave Tu es ma maîtresse Et tu me flagelles à distance de ton flash. Et tu exiges des photos explicites Des gros plans, des détails intimes De mes parties honteuses Tu veux la vulve qui dort paisiblement sous mon aisselle Tu veux la raie du cul qui se dessine dans le creux de mon coude Tu veux la trique qui ronfle Au coeur de la mangrove du mont de Venus Tu veux le trou de mon cul dans le nombril béant Que je forme de mes plantes de pied jointes Tu veux que mon sein gauche secrète A gogo des tasse de café chaud arabica Tu veux tout Tout de suite Le tout et les parties Sans filtre Sans retouches Tu dis que mains et mes doigts t'excitent Et tu suces mes ongles pour en soutirer Les envies et les cuticules Et tu mordilles mes orteils Lentement l'un après l'autre Tu croques Histoire de voir si je suis chatouilleux Ou si je ne suis pas déjà mort Et tu veux que je me batte en douce Comme on bat la campagne Comme on bat un cil et les cartes Comme on bat le fer quand il est chaud Comme on bat le grain pour le moudre Comme on bat sa coulpe Comme on bat la mesure Et comme on bat son coeur Je me bats en douce Je te baptises de mon foutre Je te fais des messes basses Et je fais main basse sur tes envies A voix basse Je m'exécute Je t'exécute Car tu reignes vierge souveraine, En sourdine, Osmose et Extase, Dans mon royaume tantrique.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:54 AM UTC
Envies
Tu meurs d'envie de moi Et tu me dis tout de go J'ai envie de toi Là Maintenant Bande Bande Bande Et tu chronomètres le temps Qu'il me faudra pour atteindre La taille exacte que tu désires Et quand le petit soldat s'exécute Au quart de tour comme tu l'exiges Quand il pointe l'arme vers tes neiges éternelles Tu dis : Garde à vous, fixe Tu condamnes mes fesses au peloton d'exécution Au clic de ton appareil photo Tu tires à vue Tu mitrailles à bout portant Et quand tu es enfin satisfaite de la pose Tu dis : Déposez arme Et je me dégonfle Instantanément Et tu exaltes, tu jubiles De ta toute puissance Je suis ta chose, ton pantin Ton esclave Tu es ma maîtresse Et tu me flagelles à distance de ton flash. Et tu exiges des photos explicites Des gros plans, des détails intimes De mes parties honteuses Tu veux la vulve qui dort paisiblement sous mon aisselle Tu veux la raie du cul qui se dessine dans le creux de mon coude Tu veux la trique qui ronfle Au coeur de la mangrove du mont de Venus Tu veux le trou de mon cul dans le nombril béant Que je forme de mes plantes de pied jointes Tu veux que mon sein gauche secrète A gogo des tasse de café chaud arabica Tu veux tout Tout de suite Le tout et les parties Sans filtre Sans retouches Tu dis que mains et mes doigts t'excitent Et tu suces mes ongles pour en soutirer Les envies et les cuticules Et tu mordilles mes orteils Lentement l'un après l'autre Tu croques Histoire de voir si je suis chatouilleux Ou si je ne suis pas déjà mort Et tu veux que je me batte en douce Comme on bat la campagne Comme on bat un cil et les cartes Comme on bat le fer quand il est chaud Comme on bat le grain pour le moudre Comme on bat sa coulpe Comme on bat la mesure Et comme on bat son coeur Je me bats en douce Je te baptises de mon foutre Je te fais des messes basses Et je fais main basse sur tes envies A voix basse Je m'exécute Je t'exécute Car tu reignes vierge souveraine, En sourdine, Osmose et Extase, Dans mon royaume tantrique.
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doux rire , derrière bouche basse, ayant déjà été dit de se taire , depuis trop longtemps , le rire est la médecine, pour les âmes brisées, theres quelque chose de beau dans la façon dont vous jetez votre tête en arrière, oubliant la clavicule cassée , et le cœur déchiré en trois, je oublie trop , simplement vous regarder , me regarder .
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Mar 24, 2015
Mar 24, 2015 at 7:02 PM UTC
doux rire
Fable XVII, Livre III. Deux dindons s'engraissaient dans une métairie ; Égaux en droits : l'un d'eux croyait pourtant valoir Bien plus que son confrère. Hé pourquoi, je vous prie ? Parce qu'il était blanc, et que l'autre était noir. Aussi Dieu sait quels droits à la prééminence Par un tel avantage il se croyait acquis, Toisant son commensal de l'œil dont un marquis Regarde un homme, de finance. Vient cependant la Saint-Martin. Le maître invite sa famille ; Le maître ordonne un grand festin : Il célébrait sa fête et mariait sa fille. Or ce jour de bombance et d'indigestion, Inscrit par La Reynière au rang des jours célèbres, Est pour la basse-cour un jour des plus funèbres. Le poulailler fut mis à contribution. Dans le garde-manger dès la veille on admire Deux compagnons de truffes parfumés. Lequel des deux fut blanc ? on ne saurait le dire, Car tous les deux étaient plumés. Ainsi, sous l'éclat dont il brille, Tel homme paraît sans égal, Jusqu'au moment triste et fatal Qui pour jamais nous déshabille.
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Les deux dindons
Ne m'aimez pas !... Je veux pouvoir prier pour vous, Comme pour les amis dont le soir, à genoux, Je me souviens - afin qu'éloignant la tempête, Dieu leur donne un ciel pur pour abriter leur tête. Je veux, de vos bonheurs, prendre tout haut ma part, Le front calme et serein, sans craindre aucun regard ; Je veux, quand vous entrez, vous donner un sourire, Trouver doux de vous voir, en osant vous le dire. Je veux, si vous souffrez, partageant vos destins, Vous dire : « Qu'avez-vous ? » et vous tendre les mains. Je veux, si par hasard votre raison chancelle, Vous réserver l'appui de l'amitié fidèle, Et qu'entraîné par moi dans le sentier du bien, Votre pas soit guidé par la trace du mien. Je veux, si je me blesse aux buissons de la route, Vous chercher du regard, et sans crainte, sans doute, Murmurer à voix basse : « Ami, protégez-moi ! » Et prenant votre bras, m'y pencher sans effroi. Je veux qu'en nos vieux jours, au déclin de la vie, Nous détournant pour voir la route... alors finie, Nos yeux, en parcourant le long sillon tracé, Ne trouvent nul remords dans les champs du passé. Laissez les sentiments qu'on brise ou qu'on oublie ; Gardons notre amitié, que ce soit pour la vie ! Votre sœur, chaque jour, vous suivra pas à pas... Oh ! je vous en conjure, ami, ne m'aimez pas !
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Ne m'aimez pas
J'ai rêvé d'un lent périple, Interminable roulis Au terme duquel J'atterrissais sans autre appareil Que mes lèvres nues et sincères Entre le grand zygomatique Et le risorius En plein arc de Cupidon D'une ogresse à queue de sirène. Et quand j'ai posé ma toupie sur la moue lisse, A l'aplomb de cet oeil en demi-lune Que je savais être celui du cyclone Désirée, Une coupe d'amour pleine à ras bord m' attendait A la commissure gauche de ses lèvres Ainsi qu'une inquiétude vermillon où je fus Instantanément bercé. La mer molle de ses lèvres bouillait Tiède et folle comme un tapis de miel Je dérivais ainsi entre lèvre haute Et lèvre basse dans mon rocking chair aubergine Constricteur et dilatateur Je drivais sans savoir trop comment à la godille Entre ses ourlets humides à peine décollés Et du gouffre de ses fossettes pleuvaient des abeilles d'or et de plomb.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:32 AM UTC
J'ai rêvé de tes lèvres de mer molle
De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l'Impair Plus vague et plus soluble dans l'air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. Il faut aussi que tu n'ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise : Rien de plus cher que la chanson grise Où l'Indécis au Précis se joint. C'est des beaux yeux derrière des voiles, C'est le grand jour tremblant de midi, C'est, par un ciel d'automne attiédi, Le bleu fouillis des claires étoiles ! Car nous voulons la Nuance encor, Pas la Couleur, rien que la nuance ! Oh ! la nuance seule fiance Le rêve au rêve et la flûte au cor ! Fuis du plus **** la Pointe assassine, L'Esprit cruel et le Rire impur, Qui font pleurer les yeux de l'Azur, Et tout cet ail de basse cuisine ! Prends l'éloquence et tords-lui son cou ! Tu feras bien, en train d'énergie, De rendre un peu la Rime assagie. Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ? O qui dira les torts de la Rime ? Quel enfant sourd ou quel nègre fou Nous a forgé ce bijou d'un sou Qui sonne creux et faux sous la lime ? De la musique encore et toujours ! Que ton vers soit la chose envolée Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée Vers d'autres cieux à d'autres amours. Que ton vers soit la bonne aventure Eparse au vent crispé du matin Qui va fleurant la menthe et le thym... Et tout le reste est littérature.
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Art poétique
(Extrait) Peuples ! écoutez le poète ! Écoutez le rêveur sacré ! Dans votre nuit, sans lui complète, Lui seul a le front éclairé. Des temps futurs perçant les ombres, Lui seul distingue en leurs flancs sombres Le germe qui n'est pas éclos. Homme, il est doux comme une femme. Dieu parle à voix basse à son âme Comme aux forêts et comme aux flots. C'est lui qui, malgré les épines, L'envie et la dérision, Marche, courbé dans vos ruines, Ramassant la tradition. De la tradition féconde Sort tout ce qui couvre le monde, Tout ce que le ciel peut bénir. Toute idée, humaine ou divine, Qui prend le passé pour racine A pour feuillage l'avenir. Il rayonne ! il jette sa flamme Sur l'éternelle vérité ! Il la fait resplendir pour l'âme D'une merveilleuse clarté. Il inonde de sa lumière Ville et désert, Louvre et chaumière, Et les plaines et les hauteurs ; À tous d'en haut il la dévoile ; Car la poésie est l'étoile Qui mène à Dieu rois et pasteurs !
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Fonction du poète (II)
Fable XVI, Livre I. On admirait l'oiseau de Jupiter, Qui déployant ses vastes ailes, Aussi rapide que l'éclair, Remontait vers son maître aux voûtes éternelles. Toute la basse-cour avait les yeux en l'air. Ce n'est pas sans raison qu'un grand dieu le préfère ! S'écriait un vieux coq ; parmi ses envieux, Qui pourrait, comme lui, laissant bien **** la terre, Voler en un clin-d'oeil au séjour du tonnerre, Et d'un élan franchir l'immensité des cieux ? Qui ? reprit un chapon ; vous et moi, mon confrère. Moi, vous dis-je. Laissons les dindons s'étonner De ce qui sort de leurs coutumes : Osons, au lieu de raisonner. D'aussi près qu'il voudra verra Jupin tonner Quiconque a du cœur et des plumes. Il dit, et de l'exemple appuyant la leçon, Il a déjà pris vol vers la céleste plaine. Mais c'était le vol du chapon. L'enfant gâté du Mans s'élève, et, comme un plomb, Va tomber sur le toit de l'étable prochaine. On sait que l'indulgence, en un malheur pareil, N'est pas le fort de la canaille : On suit le pauvre hère, on le hue, on le raille, Les plus petits exprès montaient sur la muraille. Le vieux coq, plus sensé, lui donna ce conseil : Que ceci te serve de règle ; Raser la terre est ton vrai lot : Renonce à prendre un vol plus haut, Mon ami, tu n'es pas un aigle.
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L'aigle et le chapon
Oui, je suis le rêveur; je suis le camarade Des petites fleurs d'or du mur qui se dégrade, Et l'interlocuteur des arbres et du vent. Tout cela me connaît, voyez-vous. J'ai souvent, En mai, quand de parfums les branches sont gonflées, Des conversations avec les giroflées ; Je reçois des conseils du lierre et du bleuet. L'être mystérieux, que vous croyez muet, Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire. J'entends ce qu'entendit Rabelais ; je vois rire Et pleurer ; et j'entends ce qu'Orphée entendit. Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit La nature aux soupirs ineffables. Je cause Avec toutes les voix de la métempsycose. Avant de commencer le grand concert sacré, Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré, La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle, Tous ces doux instruments, m'adressent la parole ; Je suis l'habitué de l'orchestre divin ; Si je n'étais songeur, j'aurais été sylvain. J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille, A force de parler doucement à la feuille, A la goutte de pluie, à la plume au rayon, Par descendre à ce point dans la création, Cet abîme où frissonne un tremblement farouche, Que je ne fais plus même envoler une mouche ! Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi, S'apprivoise et devient familier avec moi, Et, sans s'apercevoir que je suis là, les roses Font avec les bourdons toutes sortes de choses ; Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis, J'avance largement ma face sur les nids, Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte, N'a pas plus peur de moi que nous n'aurions de crainte, Nous, si l'oeil du bon Dieu regardait dans nos trous ; Le lys ***** me voit approcher sans courroux, Quand il s'ouvre aux baisers du jour ; la violette La plus pudique fait devant moi sa toilette ; Je suis pour ces beautés l'ami discret et sûr Et le frais papillon, libertin de l'azur, Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue, Si je viens à passer dans l'ombre, continue, Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon, Il lui dit : « Es-tu bête ! Il est de la maison. » Les Roches, août 1835.
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Oui, je suis le rêveur
Oui, je suis le rêveur; je suis le camarade Des petites fleurs d'or du mur qui se dégrade, Et l'interlocuteur des arbres et du vent. Tout cela me connaît, voyez-vous. J'ai souvent, En mai, quand de parfums les branches sont gonflées, Des conversations avec les giroflées ; Je reçois des conseils du lierre et du bleuet. L'être mystérieux, que vous croyez muet, Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire. J'entends ce qu'entendit Rabelais ; je vois rire Et pleurer ; et j'entends ce qu'Orphée entendit. Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit La nature aux soupirs ineffables. Je cause Avec toutes les voix de la métempsycose. Avant de commencer le grand concert sacré, Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré, La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle, Tous ces doux instruments, m'adressent la parole ; Je suis l'habitué de l'orchestre divin ; Si je n'étais songeur, j'aurais été sylvain. J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille, A force de parler doucement à la feuille, A la goutte de pluie, à la plume au rayon, Par descendre à ce point dans la création, Cet abîme où frissonne un tremblement farouche, Que je ne fais plus même envoler une mouche ! Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi, S'apprivoise et devient familier avec moi, Et, sans s'apercevoir que je suis là, les roses Font avec les bourdons toutes sortes de choses ; Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis, J'avance largement ma face sur les nids, Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte, N'a pas plus peur de moi que nous n'aurions de crainte, Nous, si l'oeil du bon Dieu regardait dans nos trous ; Le lys ***** me voit approcher sans courroux, Quand il s'ouvre aux baisers du jour ; la violette La plus pudique fait devant moi sa toilette ; Je suis pour ces beautés l'ami discret et sûr Et le frais papillon, libertin de l'azur, Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue, Si je viens à passer dans l'ombre, continue, Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon, Il lui dit : « Es-tu bête ! Il est de la maison. » Les Roches, août 1835.
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Le dernier coup de vêpres a sonné : l'on tinte. Entrons donc dans l'Église et couvrons-nous d'eau sainte. Il y a peu de monde encore. Qu'il fait frais ! C'est bon par ces temps lourds, ça semble fait exprès. On allume les six grands cierges, l'on apporte Le ciboire pour le salut. Voici la porte De la sacristie entr'ouverte, et l'on voit bien S'habiller les enfants de chœur et le doyen. Voici venir le court cortège, et les deux chantres Tiennent de gros antiphonaires sur leurs ventres. Une clochette retentit et le clergé S'agenouille devant l'autel, dûment rangé. Une prière est murmurée à voix si basse Qu'on entend comme un vol de bons anges qui passe. Le prêtre, se signant, adjure le Seigneur, Et les clers, se signant, appellent le Seigneur. Et chacun exaltant la Trinité, commence, Prophète-roi, David, ta psalmodie immense : Le Seigneur dit... » « Je vous louerai... » « Qu'heureux les saints. « Fils, louez le Seigneur... » et, vibrant par essaims, Les versets de ce chant militaire et mystique : « Quand Israël sortit d'Égypte... » Et la musique Du grêle harmonium et du vaste plain-chant ! L'Église s'est remplie. Il fait tiède. L'argent Pour le culte et celui du denier de Saint-Pierre Et des pauvres tombe à bruit doux dans l'aumônière. L'hymme propre et Magnificat aux flots d'encens ! Une langueur céleste envahit tous les sens. Au court sermon qui suit sur un thème un peu rance, On somnole sans trop pourtant d'irrévérence. Le soleil lui faisant un nimbe mordoré, Le vieux saint du village est tout transfiguré. Ça sent bon. On dirait des fleurs très anciennes. S'exhalant, lentes, dans le latin des antiennes. Et le Salut ayant béni l'humble troupeau Des fidèles, on rejoint meilleurs le hameau. Le soir on soupe mieux, et quand la nuit invite Au sommeil, on s'endort bien à l'aise et plus vite.
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Vêpres rustiques
Le dernier coup de vêpres a sonné : l'on tinte. Entrons donc dans l'Église et couvrons-nous d'eau sainte. Il y a peu de monde encore. Qu'il fait frais ! C'est bon par ces temps lourds, ça semble fait exprès. On allume les six grands cierges, l'on apporte Le ciboire pour le salut. Voici la porte De la sacristie entr'ouverte, et l'on voit bien S'habiller les enfants de chœur et le doyen. Voici venir le court cortège, et les deux chantres Tiennent de gros antiphonaires sur leurs ventres. Une clochette retentit et le clergé S'agenouille devant l'autel, dûment rangé. Une prière est murmurée à voix si basse Qu'on entend comme un vol de bons anges qui passe. Le prêtre, se signant, adjure le Seigneur, Et les clers, se signant, appellent le Seigneur. Et chacun exaltant la Trinité, commence, Prophète-roi, David, ta psalmodie immense : Le Seigneur dit... » « Je vous louerai... » « Qu'heureux les saints. « Fils, louez le Seigneur... » et, vibrant par essaims, Les versets de ce chant militaire et mystique : « Quand Israël sortit d'Égypte... » Et la musique Du grêle harmonium et du vaste plain-chant ! L'Église s'est remplie. Il fait tiède. L'argent Pour le culte et celui du denier de Saint-Pierre Et des pauvres tombe à bruit doux dans l'aumônière. L'hymme propre et Magnificat aux flots d'encens ! Une langueur céleste envahit tous les sens. Au court sermon qui suit sur un thème un peu rance, On somnole sans trop pourtant d'irrévérence. Le soleil lui faisant un nimbe mordoré, Le vieux saint du village est tout transfiguré. Ça sent bon. On dirait des fleurs très anciennes. S'exhalant, lentes, dans le latin des antiennes. Et le Salut ayant béni l'humble troupeau Des fidèles, on rejoint meilleurs le hameau. Le soir on soupe mieux, et quand la nuit invite Au sommeil, on s'endort bien à l'aise et plus vite.
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Ces femmes, qu'on envoie aux lointaines bastilles, Peuple, ce sont tes soeurs, tes mères et tes filles ! Ô peuple, leur forfait, c'est de t'avoir aimé ! Paris sanglant, courbé, sinistre, inanimé, Voit ces horreurs et garde un silence farouche. Celle-ci, qu'on amène un bâillon dans la bouche, Cria - c'est là son crime - : à bas la trahison ! Ces femmes sont la foi, la vertu, la raison, L'équité, la pudeur, la fierté, la justice. Saint-Lazare - il faudra broyer cette bâtisse ! Il n'en restera pas pierre sur pierre un jour ! - Les reçoit, les dévore, et, quand revient leur tour, S'ouvre, et les revomit par son horrible porte, Et les jette au fourgon hideux qui les emporte. Où vont-elles ? L'oubli le sait, et le tombeau Le raconte au cyprès et le dit au corbeau. Une d'elles était une mère sacrée. Le jour qu'on l'entraîna vers l'Afrique abhorrée, Ses enfants étaient là qui voulaient l'embrasser ; On les chassa. La mère en deuil les vit chasser Et dit : partons ! Le peuple en larmes criait grâce. La porte du fourgon étant étroite et basse, Un argousin joyeux, raillant son embonpoint, La fit entrer de force en la poussant du poing. Elles s'en vont ainsi, malades, verrouillées, Dans le noir chariot aux cellules souillées Où le captif, sans air, sans jour, sans pleurs dans l'œil, N'est plus qu'un mort vivant assis dans son cercueil. Dans la route on entend leurs voix désespérées. Le peuple hébété voit passer ces torturées. À Toulon, le fourgon les quitte, le ponton Les prend ; sans vêtements, sans pain, sous le bâton, Elles passent la mer, veuves, seules au monde, Mangeant avec les doigts dans la gamelle immonde. Bruxelles, le 8 juillet 1852.
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Les martyres
Ces femmes, qu'on envoie aux lointaines bastilles, Peuple, ce sont tes soeurs, tes mères et tes filles ! Ô peuple, leur forfait, c'est de t'avoir aimé ! Paris sanglant, courbé, sinistre, inanimé, Voit ces horreurs et garde un silence farouche. Celle-ci, qu'on amène un bâillon dans la bouche, Cria - c'est là son crime - : à bas la trahison ! Ces femmes sont la foi, la vertu, la raison, L'équité, la pudeur, la fierté, la justice. Saint-Lazare - il faudra broyer cette bâtisse ! Il n'en restera pas pierre sur pierre un jour ! - Les reçoit, les dévore, et, quand revient leur tour, S'ouvre, et les revomit par son horrible porte, Et les jette au fourgon hideux qui les emporte. Où vont-elles ? L'oubli le sait, et le tombeau Le raconte au cyprès et le dit au corbeau. Une d'elles était une mère sacrée. Le jour qu'on l'entraîna vers l'Afrique abhorrée, Ses enfants étaient là qui voulaient l'embrasser ; On les chassa. La mère en deuil les vit chasser Et dit : partons ! Le peuple en larmes criait grâce. La porte du fourgon étant étroite et basse, Un argousin joyeux, raillant son embonpoint, La fit entrer de force en la poussant du poing. Elles s'en vont ainsi, malades, verrouillées, Dans le noir chariot aux cellules souillées Où le captif, sans air, sans jour, sans pleurs dans l'œil, N'est plus qu'un mort vivant assis dans son cercueil. Dans la route on entend leurs voix désespérées. Le peuple hébété voit passer ces torturées. À Toulon, le fourgon les quitte, le ponton Les prend ; sans vêtements, sans pain, sous le bâton, Elles passent la mer, veuves, seules au monde, Mangeant avec les doigts dans la gamelle immonde. Bruxelles, le 8 juillet 1852.
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Fable XIV, Livre IV. « L'excellente caricature ! » Disait un jeune coq en riant aux éclats : Un chapon, malgré l'aventure Qui l'oblige au moins *** de tous les célibats, Vouloir être chef de famille ! De poussins quelle bande autour de lui fourmille ! S'il était sincère aujourd'hui, Il conviendrait, le pauvre hère, Qu'entouré des enfants d'autrui, Il croit quelquefois être père. » « - D'accord, dit le Manceau, mais quelquefois aussi, Conviens-en, l'ami, tu crois l'être ? » « - Compère, autour de nous je ne vois, Dieu merci, Qu'enfants auxquels j'ai donné l'être. » « - Poussé par le plaisir bien plus que par l'amour, Lovelace de basse-cour, À demi, je le sais, tu leur donnas le jour. Mais quel soin les a fait éclore ? Sous ton aile, en naissant, vinrent-ils se ranger ? Dans le besoin, dans le danger, Es-tu le protecteur que leur faiblesse implore ! Entre eux et toi jamais fut-il rien de commun ? Pas un ne te connaît, tu n'en connais pas un. Séparons-nous ; et puis, observe Vers qui les conduira l'instinct reconnaissant. Tu leur donnas la vie... une fois ; et moi, cent ; Chaque jour je la leur conserve. Les doux soins dont tu te défends, C'est la paternité. Prodigue tes caresses : Tu peux avoir eu des maîtresses, Mais tu n'as jamais eu d'enfants. »
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Le coq et le chapon
J'étais seul près des flots, par une nuit d'étoiles. Pas un nuage aux cieux, sur les mers pas de voiles. Mes yeux plongeaient plus **** que le monde réel. Et les bois, et les monts, et toute la nature, Semblaient interroger dans un confus murmure Les flots des mers, les feux du ciel. Et les étoiles d'or, légions infinies, A voix haute, à voix basse, avec mille harmonies, Disaient, en inclinant leurs couronnes de feu ; Et les flots bleus, que rien ne gouverne et n'arrête, Disaient, en recourbant l'écume de leur crête : C'est le Seigneur, le Seigneur Dieu ! Le 25 novembre 1828.
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Extase
III. Cet homme fait venir, à l'heure où la nuit voile Paris dormant encor. Des généraux français portant la triple étoile Sur l'épaulette d'or ; Il leur dit : « Ecoutez, pour vos yeux seuls j'écarte L'ombre que je répands ; Vous crûtes jusqu'ici que j'étais Bonaparte, Mon nom est Guet-apens. « C'est demain le grand jour, le jour des funérailles Et le jour des douleurs. Vous allez vous glisser sans bruit sous les murailles Comme font les voleurs ; « Vous prendrez cette pince, à mon service usée, Que je cache sur moi, Et vous soulèverez avec une pesée La porte de la loi ; « Puis, hourrah ! sabre au vent, et la police en tête ! Et main basse sur tout, Sur vos chefs africains, sur quiconque est honnête, Sur quiconque est debout, « Sur les représentants, et ceux qu'ils représentent, Sur Paris terrassé ! Et je vous paîrai bien ! » les généraux consentent Vidocq eût refusé. Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (III)
Va ton chemin sans plus t'inquiéter ! La route est droite et tu n'as qu'à monter, Portant d'ailleurs le seul trésor qui vaille, Et l'arme unique au cas d'une bataille, La pauvreté d'esprit et Dieu pour toi. Surtout il faut garder toute espérance. Qu'importe un peu de nuit et de souffrance ? La route est bonne et la mort est au bout. Oui, garde toute espérance surtout. La mort là-bas te dresse un lit de joie. Et fais-toi doux de toute la douceur. La vie est laide, encore c'est ta soeur. Simple, gravis la côte et même chante, Pour écarter la prudence méchante Dont la voix basse est pour tenter ta foi. Simple comme un enfant, gravis la côte, Humble comme un pécheur qui hait la faute, Chante, et même sois *** pour défier L'ennui que l'ennemi peut t'envoyer Afin que tu t'endormes sur la voie. Ris du vieux piège et du vieux séducteur, Puisque la Paix est là, sur la hauteur, Qui luit parmi des fanfares de gloire. Monte, ravi, dans la nuit blanche et noire. Déjà l'Ange Gardien étend sur toi Joyeusement des ailes de victoire.
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Va ton chemin sans plus t'inquiéter