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"avare" poems
M'accoglie la tua vecchia, grigia casa steso supino sopra un letto angusto, forse il tuo letto per tanti anni. Ascolto, conto le ore lentissime a passare, più lente per le nuvole che solcano queste notti d'agosto in terre avare. Uno che torna a notte alta dai campi scambia un cenno a fatica con i simili, infila l'erta, il vicolo, scompare dietro la porta del tugurio. L'afa dello scirocco agita i riposi, fa smaniare gli infermi ed i reclusi. Non dormo, seguo il passo del nottambulo sia demente sia giovane tarato mentre risuona sopra pietre e ciottoli; lascio e prendo il mio carico servile e scendo, scendo più che già non sia profondo in questo tempo, in questo popolo.
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A mia madre dalla sua casa
Un jardinier, dans son jardin, Avait un vieux arbre stérile ; C'était un grand poirier qui jadis fut fertile : Mais il avait vieilli, tel est notre destin. Le jardinier ingrat veut l'abattre un matin ; Le voilà qui prend sa cognée. Au premier coup l'arbre lui dit : Respecte mon grand âge, et souviens-toi du fruit Que je t'ai donné chaque année. La mort va me saisir, je n'ai plus qu'un instant, N'assassine pas un mourant Qui fut ton bienfaiteur. Je te coupe avec peine, Répond le jardinier ; mais j'ai besoin de bois. Alors, gazouillant à la fois, De rossignols une centaine S'écrie : épargne-le, nous n'avons plus que lui : Lorsque ta femme vient s'asseoir sous son ombrage, Nous la réjouissons par notre doux ramage ; Elle est seule souvent, nous charmons son ennui. Le jardinier les chasse et rit de leur requête ; Il frappe un second coup. D'abeilles un essaim Sort aussitôt du tronc, en lui disant : arrête, Ecoute-nous, homme inhumain : Si tu nous laisses cet asile, Chaque jour nous te donnerons Un miel délicieux dont tu peux à la ville Porter et vendre les rayons : Cela te touche-t-il ? J'en pleure de tendresse, Répond l'avare jardinier : Eh ! Que ne dois-je pas à ce pauvre poirier Qui m'a nourri dans sa jeunesse ? Ma femme quelquefois vient ouïr ces oiseaux ; C'en est assez pour moi : qu'ils chantent en repos. Et vous, qui daignerez augmenter mon aisance, Je veux pour vous de fleurs semer tout ce canton. Cela dit, il s'en va, sûr de sa récompense, Et laisse vivre le vieux tronc. Comptez sur la reconnaissance Quand l'intérêt vous en répond.
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Le vieux arbre et le jardinier
Un jardinier, dans son jardin, Avait un vieux arbre stérile ; C'était un grand poirier qui jadis fut fertile : Mais il avait vieilli, tel est notre destin. Le jardinier ingrat veut l'abattre un matin ; Le voilà qui prend sa cognée. Au premier coup l'arbre lui dit : Respecte mon grand âge, et souviens-toi du fruit Que je t'ai donné chaque année. La mort va me saisir, je n'ai plus qu'un instant, N'assassine pas un mourant Qui fut ton bienfaiteur. Je te coupe avec peine, Répond le jardinier ; mais j'ai besoin de bois. Alors, gazouillant à la fois, De rossignols une centaine S'écrie : épargne-le, nous n'avons plus que lui : Lorsque ta femme vient s'asseoir sous son ombrage, Nous la réjouissons par notre doux ramage ; Elle est seule souvent, nous charmons son ennui. Le jardinier les chasse et rit de leur requête ; Il frappe un second coup. D'abeilles un essaim Sort aussitôt du tronc, en lui disant : arrête, Ecoute-nous, homme inhumain : Si tu nous laisses cet asile, Chaque jour nous te donnerons Un miel délicieux dont tu peux à la ville Porter et vendre les rayons : Cela te touche-t-il ? J'en pleure de tendresse, Répond l'avare jardinier : Eh ! Que ne dois-je pas à ce pauvre poirier Qui m'a nourri dans sa jeunesse ? Ma femme quelquefois vient ouïr ces oiseaux ; C'en est assez pour moi : qu'ils chantent en repos. Et vous, qui daignerez augmenter mon aisance, Je veux pour vous de fleurs semer tout ce canton. Cela dit, il s'en va, sûr de sa récompense, Et laisse vivre le vieux tronc. Comptez sur la reconnaissance Quand l'intérêt vous en répond.
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Par je ne sais quelle aventure, Un avare, un beau jour, voulant se bien traiter, Au marché courut acheter Des pommes pour sa nourriture. Dans son armoire il les porta, Les compta, rangea, recompta, Ferma les doubles tours de sa double serrure, Et chaque jour les visita. Ce malheureux, dans sa folie, Les bonnes pommes ménageait ; Mais lorsqu'il en trouvait quelqu'une de pourrie, En soupirant il la mangeait. Son fils, jeune écolier, faisant fort maigre chère, Découvrit à la fin les pommes de son père. Il attrape les clefs, et va dans ce réduit, Suivi de deux amis d'excellent appétit. Or vous pouvez juger le dégât qu'ils y firent, Et combien de pommes périrent. L'avare arrive en ce moment, De douleur, d'effroi palpitant. Mes pommes ! Criait-il : coquins, il faut les rendre, Ou je vais tous vous faire pendre. Mon père, dit le fils, calmez-vous, s'il vous plaît ; Nous sommes d'honnêtes personnes : Et quel tort vous avons-nous fait ? Nous n'avons mangé que les bonnes.
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L'avare et son fils
(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur, Comme elle agit, comme elle passe, Docte Ecrivain, dont l'œil perçant, Va jusqu'au sein du Tout-puissant Pénétrer ce profond abîme, Que les hommes te vont devoir ! Et que le prix en est ineffable et sublime, De ces biens que par-là tu mets en leur pouvoir ! Oui, tant que durera ta course, Tu peux, mortel, à pleines mains ; Puiser des bonheurs souverains En cette inépuisable source. Un guide si bien éclairé, Te conduit d'un pas assuré Au vivant Soleil qui l'éclaire ; Suis, mais avec zèle, avec foi, Suis, dis-je, tu verras tout ce qu'il te faut faire, Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi. Tu pèches, mais un Dieu pardonne, Et pour mériter ce pardon, II te sait ce précieux don, II n'en est avare à personne. Reçois avec humilité, Conserve avec fidélité, Ce grand appui de ta faiblesse. Avec lui ton vouloir peut tout, Sans lui tu n'es qu'ordure, impuissance, bassesse, Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout. C'en est la digne récompense ; Mais aussi, tu le dois savoir, Cet usage est en ton pouvoir, II dépend de ta vigilance : Tu peux t'endormir, t'arrêter, Tu peux même le rejeter Ce don, sans qui ta perte est sûre, Et n'en tireras aucun fruit, Si tu défères plus aux sens, à la nature ; Qu'aux mouvement sacrés qu'en ton âme il produit. J'en connaît par toi l'efficace, Savant et pieux Ecrivain, Qui jadis de ta propre main M'as élevé sur le Parnasse ; C'était trop peu pour ta bonté Que ma jeunesse eût profité Des leçons que tu m'as données ; Tu portes plus **** ton amour, Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour. Je suis ton disciple, et peut-être Que l'heureux éclat de mes vers Éblouit assez l'univers, Pour faire peu de honte au Maître. Par une plus sainte leçon Tu m'apprends de quelle façon Au vice on doit faire la guerre. Puissé-je en user encore mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre ! Puissé-je te devoir un jour celle des cieux !
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Ode
(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur, Comme elle agit, comme elle passe, Docte Ecrivain, dont l'œil perçant, Va jusqu'au sein du Tout-puissant Pénétrer ce profond abîme, Que les hommes te vont devoir ! Et que le prix en est ineffable et sublime, De ces biens que par-là tu mets en leur pouvoir ! Oui, tant que durera ta course, Tu peux, mortel, à pleines mains ; Puiser des bonheurs souverains En cette inépuisable source. Un guide si bien éclairé, Te conduit d'un pas assuré Au vivant Soleil qui l'éclaire ; Suis, mais avec zèle, avec foi, Suis, dis-je, tu verras tout ce qu'il te faut faire, Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi. Tu pèches, mais un Dieu pardonne, Et pour mériter ce pardon, II te sait ce précieux don, II n'en est avare à personne. Reçois avec humilité, Conserve avec fidélité, Ce grand appui de ta faiblesse. Avec lui ton vouloir peut tout, Sans lui tu n'es qu'ordure, impuissance, bassesse, Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout. C'en est la digne récompense ; Mais aussi, tu le dois savoir, Cet usage est en ton pouvoir, II dépend de ta vigilance : Tu peux t'endormir, t'arrêter, Tu peux même le rejeter Ce don, sans qui ta perte est sûre, Et n'en tireras aucun fruit, Si tu défères plus aux sens, à la nature ; Qu'aux mouvement sacrés qu'en ton âme il produit. J'en connaît par toi l'efficace, Savant et pieux Ecrivain, Qui jadis de ta propre main M'as élevé sur le Parnasse ; C'était trop peu pour ta bonté Que ma jeunesse eût profité Des leçons que tu m'as données ; Tu portes plus **** ton amour, Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour. Je suis ton disciple, et peut-être Que l'heureux éclat de mes vers Éblouit assez l'univers, Pour faire peu de honte au Maître. Par une plus sainte leçon Tu m'apprends de quelle façon Au vice on doit faire la guerre. Puissé-je en user encore mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre ! Puissé-je te devoir un jour celle des cieux !
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Un amant ailé Soleil éthéré d’été Laissez-moi être ton Icare Même si je tombe sur la mer Blessez mes faibles ailes Brûlez mes yeux du cristal Pour avoir du plaisir de vous regarder Seulement une fois dans l’aube Tomber amoureux, ce n’est pas un canular Mais comment peux-je dire si vous me trompez ou pas ? Serez-vous capable de me susurrer des illusions ? Serais-je capable d’être le guignol de tes mains ? Larmes d’or Dessous kilos du sel Personne n’écoute le son des souffrances invisibles Néanmoins, comment pourrais-je demeurer dans vos oreilles ? Quand l’air, c’est l’eau Et quand mes veines ont des poissons, Toujours cannibales, En nageant dans le liquide sanglant. Serra ici le vide n’est plus un chose à craindre ? Serra l’amour qui donne l’heure obscure ? Alors, on paralysera et tombera sur un dimensionnelle lagune ? Sans savoir où ou qui je serais Malgré une existence n’est pas une réalité Sans vous, les flammes, dans mon cœur avare
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Feb 19, 2020
Feb 19, 2020 at 11:39 AM UTC
Un amant ailé
Sonnet. Je veux de songe en songe avec toi fuir sans trêve Le sol avare et froid de la réalité : Le rêve offre toujours une hospitalité Sereine et merveilleuse à l'âme qu'il soulève. Et, tu l'as dit, ce monde, après tout, n'est qu'un rêve, Fantôme insaisissable à qui l'a médité, Apparence cruelle et sans solidité Où l'idéal s'ébauche et jamais ne s'achève. Chaque sens fait un rêve : harmonie et parfum, Saveur, couleur, beauté, toute forme en est un ; L'homme à ces spectres vains prête un corps qu'il invente. Ému, je ne sais rien de la cause émouvante : C'est moi-même ébloui que j'ai nommé le ciel, Et je ne sens pas bien ce que j'ai de réel.
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À Kant
Traduites du latin d'Audoenus (Owen). Liv. I, . Ép. 30. Jeanne, toute la journée, Dit que le joug d'hyménée Est le plus âpre de tous ; Mais la pauvre créature, Tout le long de la nuit, jure Qu'il n'en est point de si doux. Liv. I, . Ép. 145. Les huguenotes de Paris Disent qu'il leur faut deux maris, Qu'autrement il n'est en nature De moyen par où, sans pécher, On puisse, suivant l'Écriture, Se mettre deux en une chair. Liv. II, . Ép. 47. Catin, ce gentil visage, Épousant un huguenot, Le soir de son mariage, Disait à ce pauvre sot : De peur que la différence En fait de religion, Rompant notre intelligence Nous mette en division ; Laisse-moi mon franc arbitre, Et du reste de la foi, Je veux avoir le chapitre, Si j'en dispute avec toi. Liv. II, . Ép. 88. Depuis que l'hiver est venu Je plains le froid qu'Amour endure, Sans songer que plus il est nu Et tant moins il craint la froidure. Liv. III, . Ép. 65. Dans les divers succès de la fin de leur vie, Le prodigue et l'avare ont de quoi m'étonner ; Car l'un ne donne rien qu'après qu'elle est ravie, Et l'autre après sa mort n'a plus rien à donner. Liv. III, . Ép. 124. Lorsque nous sommes mal, la plus grande maison Ne nous peut contenir, faute d'assez d'espace ; Mais, sitôt que Phylis revient à la raison, Le lit le plus étroit a pour nous trop de place.
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Épigrammes
Ô père qu'adore mon père ! Toi qu'on ne nomme qu'à genoux ! Toi, dont le nom terrible et doux Fait courber le front de ma mère ! On dit que ce brillant soleil N'est qu'un jouet de ta puissance ; Que sous tes pieds il se balance Comme une lampe de vermeil. On dit que c'est toi qui fais naître Les petits oiseaux dans les champs, Et qui donne aux petits enfants Une âme aussi pour te connaître ! On dit que c'est toi qui produis Les fleurs dont le jardin se pare, Et que, sans toi, toujours avare, Le verger n'aurait point de fruits. Aux dons que ta bonté mesure Tout l'univers est convié ; Nul insecte n'est oublié À ce festin de la nature. L'agneau broute le serpolet, La chèvre s'attache au cytise, La mouche au bord du vase puise Les blanches gouttes de mon lait ! L'alouette a la graine amère Que laisse envoler le glaneur, Le passereau suit le vanneur, Et l'enfant s'attache à sa mère. Et, pour obtenir chaque don, Que chaque jour tu fais éclore, À midi, le soir, à l'aurore, Que faut-il ? prononcer ton nom ! Ô Dieu ! ma bouche balbutie Ce nom des anges redouté. Un enfant même est écouté Dans le choeur qui te glorifie ! On dit qu'il aime à recevoir Les voeux présentés par l'enfance, À cause de cette innocence Que nous avons sans le savoir. On dit que leurs humbles louanges A son oreille montent mieux, Que les anges peuplent les cieux, Et que nous ressemblons aux anges ! Ah ! puisqu'il entend de si **** Les voeux que notre bouche adresse, Je veux lui demander sans cesse Ce dont les autres ont besoin. Mon Dieu, donne l'onde aux fontaines, Donne la plume aux passereaux, Et la laine aux petits agneaux, Et l'ombre et la rosée aux plaines. Donne au malade la santé, Au mendiant le pain qu'il pleure, À l'orphelin une demeure, Au prisonnier la liberté. Donne une famille nombreuse Au père qui craint le Seigneur, Donne à moi sagesse et bonheur, Pour que ma mère soit heureuse ! Que je sois bon, quoique petit, Comme cet enfant dans le temple, Que chaque matin je contemple, Souriant au pied de mon lit. Mets dans mon âme la justice, Sur mes lèvres la vérité, Qu'avec crainte et docilité Ta parole en mon coeur mûrisse ! Et que ma voix s'élève à toi Comme cette douce fumée Que balance l'urne embaumée Dans la main d'enfants comme moi !
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Hymne de l'enfant à son réveil
Ô père qu'adore mon père ! Toi qu'on ne nomme qu'à genoux ! Toi, dont le nom terrible et doux Fait courber le front de ma mère ! On dit que ce brillant soleil N'est qu'un jouet de ta puissance ; Que sous tes pieds il se balance Comme une lampe de vermeil. On dit que c'est toi qui fais naître Les petits oiseaux dans les champs, Et qui donne aux petits enfants Une âme aussi pour te connaître ! On dit que c'est toi qui produis Les fleurs dont le jardin se pare, Et que, sans toi, toujours avare, Le verger n'aurait point de fruits. Aux dons que ta bonté mesure Tout l'univers est convié ; Nul insecte n'est oublié À ce festin de la nature. L'agneau broute le serpolet, La chèvre s'attache au cytise, La mouche au bord du vase puise Les blanches gouttes de mon lait ! L'alouette a la graine amère Que laisse envoler le glaneur, Le passereau suit le vanneur, Et l'enfant s'attache à sa mère. Et, pour obtenir chaque don, Que chaque jour tu fais éclore, À midi, le soir, à l'aurore, Que faut-il ? prononcer ton nom ! Ô Dieu ! ma bouche balbutie Ce nom des anges redouté. Un enfant même est écouté Dans le choeur qui te glorifie ! On dit qu'il aime à recevoir Les voeux présentés par l'enfance, À cause de cette innocence Que nous avons sans le savoir. On dit que leurs humbles louanges A son oreille montent mieux, Que les anges peuplent les cieux, Et que nous ressemblons aux anges ! Ah ! puisqu'il entend de si **** Les voeux que notre bouche adresse, Je veux lui demander sans cesse Ce dont les autres ont besoin. Mon Dieu, donne l'onde aux fontaines, Donne la plume aux passereaux, Et la laine aux petits agneaux, Et l'ombre et la rosée aux plaines. Donne au malade la santé, Au mendiant le pain qu'il pleure, À l'orphelin une demeure, Au prisonnier la liberté. Donne une famille nombreuse Au père qui craint le Seigneur, Donne à moi sagesse et bonheur, Pour que ma mère soit heureuse ! Que je sois bon, quoique petit, Comme cet enfant dans le temple, Que chaque matin je contemple, Souriant au pied de mon lit. Mets dans mon âme la justice, Sur mes lèvres la vérité, Qu'avec crainte et docilité Ta parole en mon coeur mûrisse ! Et que ma voix s'élève à toi Comme cette douce fumée Que balance l'urne embaumée Dans la main d'enfants comme moi !
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For winter so much I wait Siting each day by the gate. With each moment it's getting colder And night's growing all so much longer. A cold lovely rain comes Happens it every now and then Shortly in snow it transforms Now, the only question is "when?" And I'm avare of it, and I'm so glad Therefore I just cannot fill bad Waiting for winter, my queen to come In my happiness I'm second to none
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Oct 24, 2016
Oct 24, 2016 at 3:46 PM UTC
Waiting for winter
Une terre au flanc maigre, âpre, avare, inclément, Où les vivants pensifs travaillent tristement, Et qui donne à regret à cette race humaine Un peu de pain pour tant de labeur et de peine ; Des hommes durs, éclos sur ces sillons ingrats ; Des cités d'où s'en vont, en se tordant les bras, La charité, la paix, la foi, sœurs vénérables ; L'orgueil chez les puissants et chez les misérables ; La haine au cœur de tous; la mort, spectre sans yeux, Frappant sur les meilleurs des coups mystérieux ; Sur tous les hauts sommets, des brumes répandues ; Deux vierges, la justice et la pudeur, vendues ; Toutes les passions engendrant tous les maux ; Des forêts abritant des loups sous leurs rameaux ; Là le désert torride, ici les froids polaires ; Des océans émus de subites colères, Pleins de mâts frissonnants qui sombrent dans la nuit ; Des continents couverts de fumée et de bruit, Où deux torches aux mains rugit la guerre infâme. Où toujours quelque part fume une ville en flamme, Où se heurtent sanglants les peuples furieux ; - Et que tout cela fasse un astre dans les cieux ! Octobre 1840.
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Une terre au flanc maigre
Image de la mort, effroi du tendre amour, Sommeil, emporte au **** ce songe épouvantable ! La mort est dans l'adieu d'un ami véritable : Ah ! ne m'avertis pas que l'on se quitte un jour ! Dans ton vol escorté de fantômes livides, Va rendre, s'il se peut, la mémoire aux ingrats ; Passe comme un miroir devant ces cœurs arides, Et sous leurs traits hideux va leur tendre les bras ! Que l'avare, étendu dans son étroite couche, Rêve une fausse clef près d'atteindre son or ; Qu'il crie, et que sa voix meurt au fond de sa bouche, Et qu'un bras invisible entr'ouvre son trésor ! Qu'il entende compter ses richesses cachées ; Que la lampe expirante y jette sa lueur ; Paralyse ses mains sur lui-même attachées, Et qu'il tremble, inondé d'une froide sueur ! Va tromper des tyrans les pâles sentinelles, Fais circuler la crainte autour de leurs rideaux ; Dissipe les grandeurs qu'ils croyaient éternelles, Et de pavots sanglants épaissis leurs bandeaux ! Force de ce palais l'enceinte inaccessible ; Ose annoncer la mort au cœur d'un mauvais roi ; Ordonne à ce cœur insensible D'être au moins sensible à l'effroi ! Montre-lui la vengeance implacable, dans l'ombre, Sous les traits d'un esclave armé de tous ses fers ; Montre-lui le poignard au feu mourant et sombre Des yeux qu'il fit pleurer : c'est le feu des enfers. Que le beffroi s'ébranle, et tinte à son oreille La fureur populaire et son nom abhorré ; Que sa porte d'airain en tombant le réveille Et qu'il ne puisse fuir par la peur égaré ! Mais laisse à l'amour pur des songes sans alarmes ; Laisse au temps à dissoudre un nœud si doux, si fort ! Malheureux, quand l'amour daigne enchanter nos larmes, On ne veut plus croire à la mort !
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Au sommeil
Image de la mort, effroi du tendre amour, Sommeil, emporte au **** ce songe épouvantable ! La mort est dans l'adieu d'un ami véritable : Ah ! ne m'avertis pas que l'on se quitte un jour ! Dans ton vol escorté de fantômes livides, Va rendre, s'il se peut, la mémoire aux ingrats ; Passe comme un miroir devant ces cœurs arides, Et sous leurs traits hideux va leur tendre les bras ! Que l'avare, étendu dans son étroite couche, Rêve une fausse clef près d'atteindre son or ; Qu'il crie, et que sa voix meurt au fond de sa bouche, Et qu'un bras invisible entr'ouvre son trésor ! Qu'il entende compter ses richesses cachées ; Que la lampe expirante y jette sa lueur ; Paralyse ses mains sur lui-même attachées, Et qu'il tremble, inondé d'une froide sueur ! Va tromper des tyrans les pâles sentinelles, Fais circuler la crainte autour de leurs rideaux ; Dissipe les grandeurs qu'ils croyaient éternelles, Et de pavots sanglants épaissis leurs bandeaux ! Force de ce palais l'enceinte inaccessible ; Ose annoncer la mort au cœur d'un mauvais roi ; Ordonne à ce cœur insensible D'être au moins sensible à l'effroi ! Montre-lui la vengeance implacable, dans l'ombre, Sous les traits d'un esclave armé de tous ses fers ; Montre-lui le poignard au feu mourant et sombre Des yeux qu'il fit pleurer : c'est le feu des enfers. Que le beffroi s'ébranle, et tinte à son oreille La fureur populaire et son nom abhorré ; Que sa porte d'airain en tombant le réveille Et qu'il ne puisse fuir par la peur égaré ! Mais laisse à l'amour pur des songes sans alarmes ; Laisse au temps à dissoudre un nœud si doux, si fort ! Malheureux, quand l'amour daigne enchanter nos larmes, On ne veut plus croire à la mort !
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A la morne Chartreuse, entre des murs de pierre, En place de jardin l'on voit un cimetière, Un cimetière nu comme un sillon fauché, Sans croix, sans monument, sans tertre qui se hausse : L'oubli couvre le nom, l'herbe couvre la fosse ; La mère ignorerait où son fils est couché. Les végétations maladives du cloître Seules sur ce terrain peuvent germer et croître, Dans l'humidité froide à l'ombre des longs murs ; Des morts abandonnés douces consolatrices, Les fleurs n'oseraient pas incliner leurs calices Sur le vague tombeau de ces dormeurs obscurs. Au milieu, deux cyprès à la noire verdure Profilent tristement leur silhouette dure, Longs soupirs de feuillage élancés vers les cieux, Pendant que du bassin d'une avare fontaine Tombe en frange effilée une nappe incertaine, Comme des pleurs furtifs qui débordent des yeux. Par les saints ossements des vieux moines filtrée, L'eau coule à flots si clairs dans la vasque éplorée, Que pour en boire un peu je m'approchai du bord... Dans le cristal glacé quand je trempai ma lèvre, Je me sentis saisi par un frisson de fièvre : Cette eau de diamant avait un goût de mort !
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La fontaine du cimetière
Il naît sous le soleil de nobles créatures Unissant ici-bas tout ce qu'on peut rêver, Corps de fer, cœur de flamme, admirables natures. Dieu semble les produire afin de se prouver ; Il prend, pour les pétrir, une argile plus douce, Et souvent passe un siècle à les parachever. Il met, comme un sculpteur, l'empreinte de son pouce Sur leurs fronts rayonnants de la gloire des cieux, Et l'ardente auréole en gerbes d'or y pousse. Ces hommes-là s'en vont, calmes et radieux, Sans quitter un instant leur pose solennelle, Avec l'œil immobile et le maintien des dieux. Leur moindre fantaisie est une œuvre éternelle ; Tout cède devant eux ; les sables inconstants Gardent leurs pas empreints, comme un airain fidèle. Ne leur donnez qu'un jour ou donnez-leur cent ans, L'orage ou le repos, la palette ou le glaive : Ils mèneront à bout, leurs destins éclatants. Leur existence étrange est le réel du rêve : Ils exécuteront votre plan idéal, Comme un maître savant le croquis d'un élève ; Vos désirs inconnus, sous l'arceau triomphal Dont votre esprit en songe arrondissait la voûte, Passent assis en croupe au dos de leur cheval. D'un pied sûr, jusqu'au bout ils ont suivi la route Où, dès les premiers pas, vous vous êtes assis, N'osant prendre une branche au carrefour du doute. De ceux-là chaque peuple en compte cinq ou six, Cinq ou six tout au plus, dans les siècles prospères, Types toujours vivants dont on fait des récits. Nature avare, ô toi, si féconde en vipères, En serpents, en crapauds tout gonflés de venins, Si prompte à repeupler tes immondes repaires, Pour tant d'animaux vils, d'idiots et de nains, Pour tant d'avortements et d'œuvres imparfaites, Tant de monstres impurs échappés de tes mains, Nature, tu nous dois encore bien des poètes !
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Compensation
Il naît sous le soleil de nobles créatures Unissant ici-bas tout ce qu'on peut rêver, Corps de fer, cœur de flamme, admirables natures. Dieu semble les produire afin de se prouver ; Il prend, pour les pétrir, une argile plus douce, Et souvent passe un siècle à les parachever. Il met, comme un sculpteur, l'empreinte de son pouce Sur leurs fronts rayonnants de la gloire des cieux, Et l'ardente auréole en gerbes d'or y pousse. Ces hommes-là s'en vont, calmes et radieux, Sans quitter un instant leur pose solennelle, Avec l'œil immobile et le maintien des dieux. Leur moindre fantaisie est une œuvre éternelle ; Tout cède devant eux ; les sables inconstants Gardent leurs pas empreints, comme un airain fidèle. Ne leur donnez qu'un jour ou donnez-leur cent ans, L'orage ou le repos, la palette ou le glaive : Ils mèneront à bout, leurs destins éclatants. Leur existence étrange est le réel du rêve : Ils exécuteront votre plan idéal, Comme un maître savant le croquis d'un élève ; Vos désirs inconnus, sous l'arceau triomphal Dont votre esprit en songe arrondissait la voûte, Passent assis en croupe au dos de leur cheval. D'un pied sûr, jusqu'au bout ils ont suivi la route Où, dès les premiers pas, vous vous êtes assis, N'osant prendre une branche au carrefour du doute. De ceux-là chaque peuple en compte cinq ou six, Cinq ou six tout au plus, dans les siècles prospères, Types toujours vivants dont on fait des récits. Nature avare, ô toi, si féconde en vipères, En serpents, en crapauds tout gonflés de venins, Si prompte à repeupler tes immondes repaires, Pour tant d'animaux vils, d'idiots et de nains, Pour tant d'avortements et d'œuvres imparfaites, Tant de monstres impurs échappés de tes mains, Nature, tu nous dois encore bien des poètes !
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On ne voit en passant par les Landes désertes, Vrai Sahara français, poudré de sable blanc, Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc, Car, pour lui dérober ses larmes de résine, L'homme, avare bourreau de la création, Qui ne vit qu'aux dépens de ceux qu'il assassine, Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon ! Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte, Le pin verse son baume et sa sève qui bout, Et se tient toujours droit sur le bord de la route, Comme un soldat blessé qui veut mourir debout. Le poète est ainsi dans les Landes du monde ; Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor. Il faut qu'il ait au coeur une entaille profonde Pour épancher ses vers, divines larmes d'or !
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Le pin des Landes