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"attaque" poems
Fleeting memories A crushing weight Thoughts swirl A chaotic dance Morbid and morose I shudder Sigh Lock the door My heart is closed I am empty streets And howling winds An onslaught Of indelicate ideas Leaves rushing As water I am bleak I long to crumble And return to dust To spread out Into the vast blackness Vacuum of the infinite I am all I am nothing Existence is illusion Dreams are more real Yet I do not sleep For I fear to wake So I remain Ever here Ever there Never here Never there Neither Both Ensconced between Light and dark Good and evil Life and death Alone Forever Thus I despair. Souvenirs fugaces Un poids écrasant Pensées tourbillon Une danse chaotique Morbide et morose Je frémis Soupir Verrouillez la porte Mon cœur est fermé Je suis rues vides Et vents hurlants Une attaque D'idées indélicats Feuilles précipiter Comme l'eau Je suis triste J'ai longtemps à s'effriter Et retourner à la poussière Pour étaler Dans la grande noirceur Vide de l'infini Je suis tout Je ne suis rien L'existence est illusion Les rêves sont plus réels Pourtant, Je ne dors pas Car je crains de réveiller Donc, je reste Jamais ici Jamais il Jamais ici Jamais il Aucun Tous les deux Enclavée entre Lumière et obscurité Bien et le mal La vie et la mort Seul Toujours Ainsi, Je désespère.
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Jul 1, 2013
Jul 1, 2013 at 1:38 AM UTC
Souvenirs fugaces - A Poem in English and French
From France my people came From Bordeaux and from Avesnes When 1700 was yet to know It was a long long time ago I have been called back there Again and again And love it so And Paris has fed my soul my soul My heart breaks France attacked this way The City of Lights under siege.
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Jan 12, 2015
Jan 12, 2015 at 11:37 AM UTC
Sous Attaque
Si tous les astres, ô nature, Trompant la main qui les conduit, S'entre-choquaient par aventure Pour se dissoudre dans la nuit ; Ou comme une flotte qui sombre, Si ces foyers, grands et petits, Lentement dévorés par l'ombre, Y disparaissaient engloutis, Tu pourrais repeupler l'abîme, Et rallumer un firmament Plus somptueux et plus sublime, Avec la terre seulement ! Car il te suffirait, pour rendre À l'infini tous ses flambeaux, D'y secouer l'humaine cendre Qui sommeille au fond des tombeaux, La cendre des cœurs innombrables, Enfouis, mais brûlants toujours, Où demeurent inaltérables Dans la mort d'immortels amours. Sous la terre, dont les entrailles Absorbent les cœurs trépassés, En six mille ans de funérailles Quels trésors de flamme amassés ! Combien dans l'ombre sépulcrale Dorment d'invisibles rayons ! Quelle semence sidérale Dans la poudre des passions ! Ah ! Que sous la voûte infinie Périssent les anciens soleils, Avec les éclairs du génie Tu feras des midis pareils ; Tu feras des nuits populeuses, Des nuits pleines de diamants, En leur donnant pour nébuleuses Tous les rêves des cœurs aimants ; Les étoiles plus solitaires, Éparses dans le sombre azur, Tu les feras des cœurs austères Où veille un feu profond et sûr ; Et tu feras la blanche voie Qui nous semble un ruisseau lacté, De la pure et sereine joie Des cœurs morts avant leur été ; Tu feras jaillir tout entière L'antique étoile de Vénus D'un atome de la poussière Des cœurs qu'elle embrasa le plus ; Et les fermes cœurs, pour l'attaque Et la résistance doués, Reformeront le zodiaque Où les titans furent cloués ! Pour moi-même enfin, grain de sable Dans la multitude des morts, Si ce que j'ai d'impérissable Doit scintiller au ciel d'alors, Qu'un astre généreux renaisse De mes cendres à leur réveil ! Rallume au feu de ma jeunesse Le plus clair, le plus chaud soleil ! Rendant sa flamme primitive À Sirius, des nuits vainqueur, Fais-en la pourpre encor plus vive Avec tout le sang de mon cœur !
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Sursum corda
Si tous les astres, ô nature, Trompant la main qui les conduit, S'entre-choquaient par aventure Pour se dissoudre dans la nuit ; Ou comme une flotte qui sombre, Si ces foyers, grands et petits, Lentement dévorés par l'ombre, Y disparaissaient engloutis, Tu pourrais repeupler l'abîme, Et rallumer un firmament Plus somptueux et plus sublime, Avec la terre seulement ! Car il te suffirait, pour rendre À l'infini tous ses flambeaux, D'y secouer l'humaine cendre Qui sommeille au fond des tombeaux, La cendre des cœurs innombrables, Enfouis, mais brûlants toujours, Où demeurent inaltérables Dans la mort d'immortels amours. Sous la terre, dont les entrailles Absorbent les cœurs trépassés, En six mille ans de funérailles Quels trésors de flamme amassés ! Combien dans l'ombre sépulcrale Dorment d'invisibles rayons ! Quelle semence sidérale Dans la poudre des passions ! Ah ! Que sous la voûte infinie Périssent les anciens soleils, Avec les éclairs du génie Tu feras des midis pareils ; Tu feras des nuits populeuses, Des nuits pleines de diamants, En leur donnant pour nébuleuses Tous les rêves des cœurs aimants ; Les étoiles plus solitaires, Éparses dans le sombre azur, Tu les feras des cœurs austères Où veille un feu profond et sûr ; Et tu feras la blanche voie Qui nous semble un ruisseau lacté, De la pure et sereine joie Des cœurs morts avant leur été ; Tu feras jaillir tout entière L'antique étoile de Vénus D'un atome de la poussière Des cœurs qu'elle embrasa le plus ; Et les fermes cœurs, pour l'attaque Et la résistance doués, Reformeront le zodiaque Où les titans furent cloués ! Pour moi-même enfin, grain de sable Dans la multitude des morts, Si ce que j'ai d'impérissable Doit scintiller au ciel d'alors, Qu'un astre généreux renaisse De mes cendres à leur réveil ! Rallume au feu de ma jeunesse Le plus clair, le plus chaud soleil ! Rendant sa flamme primitive À Sirius, des nuits vainqueur, Fais-en la pourpre encor plus vive Avec tout le sang de mon cœur !
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Un bon père cheval, veuf, et n'ayant qu'un fils, L'élevait dans un pâturage Où les eaux, les fleurs et l'ombrage Présentaient à la fois tous les biens réunis. Abusant pour jouir, comme on fait à cet âge, Le poulain tous les jours se gorgeait de sainfoin, Se vautrait dans l'herbe fleurie, Galopait sans objet, se baignait sans envie, Ou se reposait sans besoin. Oisif et gras à lard, le jeune solitaire S'ennuya, se lassa de ne manquer de rien ; Le dégoût vint bientôt ; il va trouver son père : Depuis longtemps, dit-il, je ne me sens pas bien ; Cette herbe est malsaine et me tue, Ce trèfle est sans saveur, cette onde est corrompue, L'air qu'on respire ici m'attaque les poumons ; Bref, je meurs si nous ne partons. Mon fils, répond le père, il s'agit de ta vie, À l'instant même il faut partir. Sitôt dit, sitôt fait, ils quittent leur patrie. Le jeune voyageur bondissait de plaisir : Le vieillard, moins joyeux, allait un train plus sage ; Mais il guidait l'enfant, et le faisait gravir Sur des monts escarpés, arides, sans herbage, Où rien ne pouvait le nourrir. Le soir vint, point de pâturage ; On s'en passa. Le lendemain, Comme l'on commençait à souffrir de la faim, On prit du bout des dents une ronce sauvage. On ne galopa plus le reste du voyage ; À peine, après deux jours, allait-on même au pas. Jugeant alors la leçon faite, Le père va reprendre une route secrète Que son fils ne connaissait pas, Et le ramène à sa prairie Au milieu de la nuit. Dès que notre poulain Retrouve un peu d'herbe fleurie, Il se jette dessus : ah ! L'excellent festin ! La bonne herbe ! Dit-il : comme elle est douce et tendre ! Mon père, il ne faut pas s'attendre Que nous puissions rencontrer mieux ; Fixons-nous pour jamais dans ces aimables lieux : Quel pays peut valoir cet asile champêtre ? Comme il parlait ainsi, le jour vint à paraître : Le poulain reconnaît le pré qu'il a quitté ; Il demeure confus. Le père, avec bonté, Lui dit : mon cher enfant, retiens cette maxime : Quiconque jouit trop est bientôt dégoûté, Il faut au bonheur du régime.
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Le cheval et le poulain
Un bon père cheval, veuf, et n'ayant qu'un fils, L'élevait dans un pâturage Où les eaux, les fleurs et l'ombrage Présentaient à la fois tous les biens réunis. Abusant pour jouir, comme on fait à cet âge, Le poulain tous les jours se gorgeait de sainfoin, Se vautrait dans l'herbe fleurie, Galopait sans objet, se baignait sans envie, Ou se reposait sans besoin. Oisif et gras à lard, le jeune solitaire S'ennuya, se lassa de ne manquer de rien ; Le dégoût vint bientôt ; il va trouver son père : Depuis longtemps, dit-il, je ne me sens pas bien ; Cette herbe est malsaine et me tue, Ce trèfle est sans saveur, cette onde est corrompue, L'air qu'on respire ici m'attaque les poumons ; Bref, je meurs si nous ne partons. Mon fils, répond le père, il s'agit de ta vie, À l'instant même il faut partir. Sitôt dit, sitôt fait, ils quittent leur patrie. Le jeune voyageur bondissait de plaisir : Le vieillard, moins joyeux, allait un train plus sage ; Mais il guidait l'enfant, et le faisait gravir Sur des monts escarpés, arides, sans herbage, Où rien ne pouvait le nourrir. Le soir vint, point de pâturage ; On s'en passa. Le lendemain, Comme l'on commençait à souffrir de la faim, On prit du bout des dents une ronce sauvage. On ne galopa plus le reste du voyage ; À peine, après deux jours, allait-on même au pas. Jugeant alors la leçon faite, Le père va reprendre une route secrète Que son fils ne connaissait pas, Et le ramène à sa prairie Au milieu de la nuit. Dès que notre poulain Retrouve un peu d'herbe fleurie, Il se jette dessus : ah ! L'excellent festin ! La bonne herbe ! Dit-il : comme elle est douce et tendre ! Mon père, il ne faut pas s'attendre Que nous puissions rencontrer mieux ; Fixons-nous pour jamais dans ces aimables lieux : Quel pays peut valoir cet asile champêtre ? Comme il parlait ainsi, le jour vint à paraître : Le poulain reconnaît le pré qu'il a quitté ; Il demeure confus. Le père, avec bonté, Lui dit : mon cher enfant, retiens cette maxime : Quiconque jouit trop est bientôt dégoûté, Il faut au bonheur du régime.
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Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Une nuit à Bruxelles
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Trébuchant, Ne va nulle part. Perdu de désespoir, Perdu dans le chagrin. Trébuchant en rond, Ne pas me réveiller de mon rêve. Perdu dans mes pensées, Perdu dans le passé. Trébuchant à impuissant, Pas capable de guérir mon cœur. Perdu dans les émotions, Perdu dans l'angoisse. Trébuchant vers nulle part, Ne sachant pas comment se lever. Perdu dans ma douleur, Perdu dans ma culpabilité. Trébuchant à amer, Ne sachant pas quoi faire ensuite. Perdu dans les conneries, Perdu dans la colère. Trébuchant pour décliner, Ne sachant pas comment se libérer. Perdu dans la confusion, Perdu dans l'illusion. Trébuchant de détresse, Ne sachant pas pourquoi je t'aime. Perdu avec les démons, Perdu dans le bourbier. Trébuchant à rien, Ne connaissant pas la vraie dévotion. Perdu dans mon tourment, Perdu dans le non-sens. Trébuchant sur le désordre, Ne sachant pas comment riposter. Perdu dans le chaos, Perdu dans la fureur. Trébuchant à l'agonie, Ne sachant pas comment changer de cap. Perdu dans un gros gâchis, Perdu dans des blessures silencieuses. Trébuchant vers la destruction, Ne sachant pas se tenir debout. Perdu dans l'isolement, Perdu dans la désillusion. Trébuchant jusqu'à l'extinction, Peu importe où je me retrouve. Perdu dans la dévastation, Perdu en ruine. Réveille-toi, réveille-toi, Levez-vous, levez-vous, Grandir, grandir, Lève-toi, lève-toi, Battez-vous, battez-vous, Contre-attaque, contre-attaque, Envolez-vous maintenant, envolez-vous maintenant. Fermez la porte… Libérez-vous.
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Dec 10, 2019
Dec 10, 2019 at 11:24 AM UTC
"Trébuchant et Perdu"
Trébuchant, Ne va nulle part. Perdu de désespoir, Perdu dans le chagrin. Trébuchant en rond, Ne pas me réveiller de mon rêve. Perdu dans mes pensées, Perdu dans le passé. Trébuchant à impuissant, Pas capable de guérir mon cœur. Perdu dans les émotions, Perdu dans l'angoisse. Trébuchant vers nulle part, Ne sachant pas comment se lever. Perdu dans ma douleur, Perdu dans ma culpabilité. Trébuchant à amer, Ne sachant pas quoi faire ensuite. Perdu dans les conneries, Perdu dans la colère. Trébuchant pour décliner, Ne sachant pas comment se libérer. Perdu dans la confusion, Perdu dans l'illusion. Trébuchant de détresse, Ne sachant pas pourquoi je t'aime. Perdu avec les démons, Perdu dans le bourbier. Trébuchant à rien, Ne connaissant pas la vraie dévotion. Perdu dans mon tourment, Perdu dans le non-sens. Trébuchant sur le désordre, Ne sachant pas comment riposter. Perdu dans le chaos, Perdu dans la fureur. Trébuchant à l'agonie, Ne sachant pas comment changer de cap. Perdu dans un gros gâchis, Perdu dans des blessures silencieuses. Trébuchant vers la destruction, Ne sachant pas se tenir debout. Perdu dans l'isolement, Perdu dans la désillusion. Trébuchant jusqu'à l'extinction, Peu importe où je me retrouve. Perdu dans la dévastation, Perdu en ruine. Réveille-toi, réveille-toi, Levez-vous, levez-vous, Grandir, grandir, Lève-toi, lève-toi, Battez-vous, battez-vous, Contre-attaque, contre-attaque, Envolez-vous maintenant, envolez-vous maintenant. Fermez la porte… Libérez-vous.
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Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne, Ô vase de tristesse, ô grande taciturne, Et t'aime d'autant plus, belle, que tu me fuis, Et que tu me parais, ornement de mes nuits, Plus ironiquement accumuler les lieues Qui séparent mes bras des immensités bleues. Je m'avance à l'attaque, et je grimpe aux assauts, Comme après un cadavre un choeur de vermisseaux, Et je chéris, ô bête implacable et cruelle ! Jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !
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Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne
Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords, Qui vit, s'agite et se tortille, Et se nourrit de nous comme le ver des morts, Comme du chêne la chenille ? Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords ? Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane, Noierons-nous ce vieil ennemi, Destructeur et gourmand comme la courtisane, Patient comme la fourmi ? Dans quel philtre ? - dans quel vin ? - dans quelle tisane ? Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais, A cet esprit comblé d'angoisse Et pareil au mourant qu'écrasent les blessés, Que le sabot du cheval froisse, Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais, A cet agonisant que le loup déjà flaire Et que surveille le corbeau, A ce soldat brisé ! s'il faut qu'il désespère D'avoir sa croix et son tombeau ; Ce pauvre agonisant que déjà le loup flaire ! Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ? Peut-on déchirer des ténèbres Plus denses que la poix, sans matin et sans soir, Sans astres, sans éclairs funèbres ? Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ? L'Espérance qui brille aux carreaux de l'Auberge Est soufflée, est morte à jamais ! Sans lune et sans rayons, trouver où l'on héberge Les martyrs d'un chemin mauvais ! Le Diable a tout éteint aux carreaux de l'Auberge ! Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ? Dis, connais-tu l'irrémissible ? Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés, A qui notre coeur sert de cible ? Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ? L'Irréparable ronge avec sa dent maudite Notre âme, piteux monument, Et souvent il attaque, ainsi que le termite, Par la base le bâtiment. L'Irréparable ronge avec sa dent maudite ! - J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal Qu'enflammait l'orchestre sonore, Une fée allumer dans un ciel infernal Une miraculeuse aurore ; J'ai vu parfois au fond d'un théâtre banal Un être, qui n'était que lumière, or et gaze, Terrasser l'énorme Satan ; Mais mon coeur, que jamais ne visite l'extase, Est un théâtre où l'on attend Toujours, toujours en vain, l'Être aux ailes de gaze !
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L'irréparable
Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords, Qui vit, s'agite et se tortille, Et se nourrit de nous comme le ver des morts, Comme du chêne la chenille ? Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords ? Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane, Noierons-nous ce vieil ennemi, Destructeur et gourmand comme la courtisane, Patient comme la fourmi ? Dans quel philtre ? - dans quel vin ? - dans quelle tisane ? Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais, A cet esprit comblé d'angoisse Et pareil au mourant qu'écrasent les blessés, Que le sabot du cheval froisse, Dis-le, belle sorcière, oh ! dis, si tu le sais, A cet agonisant que le loup déjà flaire Et que surveille le corbeau, A ce soldat brisé ! s'il faut qu'il désespère D'avoir sa croix et son tombeau ; Ce pauvre agonisant que déjà le loup flaire ! Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ? Peut-on déchirer des ténèbres Plus denses que la poix, sans matin et sans soir, Sans astres, sans éclairs funèbres ? Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir ? L'Espérance qui brille aux carreaux de l'Auberge Est soufflée, est morte à jamais ! Sans lune et sans rayons, trouver où l'on héberge Les martyrs d'un chemin mauvais ! Le Diable a tout éteint aux carreaux de l'Auberge ! Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ? Dis, connais-tu l'irrémissible ? Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés, A qui notre coeur sert de cible ? Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ? L'Irréparable ronge avec sa dent maudite Notre âme, piteux monument, Et souvent il attaque, ainsi que le termite, Par la base le bâtiment. L'Irréparable ronge avec sa dent maudite ! - J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal Qu'enflammait l'orchestre sonore, Une fée allumer dans un ciel infernal Une miraculeuse aurore ; J'ai vu parfois au fond d'un théâtre banal Un être, qui n'était que lumière, or et gaze, Terrasser l'énorme Satan ; Mais mon coeur, que jamais ne visite l'extase, Est un théâtre où l'on attend Toujours, toujours en vain, l'Être aux ailes de gaze !
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