"ancienne" poems
Quesque'il faut pour ce cœur tourmenté
C’est une femme, une ancre à laquelle s’attacher
Cette femme, un fantôme qui trouble mon sommeil
n’est jamais à mon côté quand je me réveil
Je me gaspille tout seul en faisant rein.
Doucement vient la vieillisse, la peur, le chagrin.
La cure se trouve dans la femme parfaite
qui sait trouver l’ancien ordre et le remettre
Une tache de merde aura cette pauvre femme.
Sans grand chose en échange, balayer mon âme
Pour trouver son ancienne splendeur
Obscurci par le temps et la douleur
Jul 5, 2011
Jul 5, 2011 at 8:36 AM UTC
Couchers de Soleil sur la Comtale
ou un vaisseau sur la ville
Il est en Toulouse, le soir
comme un vaste vaisseau fantôme
Jetant sa proue sur le canal
et filant droit sur le cap Saint-Sernin,
c'est la Comtale en son écrin.
Comme une enchanteresse de couleurs,
mêlée d'ocre du soir et d'orange soleil
peignant les voiles de ce vaisseau.
La luminosité en terrasse
en fait un bel observatoire
de la palette des nuages,
des jeux infinis du soleil
et des sourires de la lune
qui scintillent sur Saint Sernin,
font resplendir les grands grues
de l'ancienne Toulouse, réveillée de son sommeil.
Quand le vent d'autan souffle fort,
comme un orchestre laissé seul
sans partition et sans baguette,
«La Comtale» frémit sous le choc
et ce noble vaisseau de pierres
voit ses terrasses dévastées,
par les outils de jardinage
et les plantes taillées menues.
Mais chère et haute nef, «La Comtale»,
tu n’es jamais toi-même que lorsque le soleil luit
et fait rougeoyer les briques ocres,
transforme tes terrasses en jardins étagées
à l’ombre des stores tirés
des plantes aromatiques et des cactées
qui parfument de menthe, de poivre et de miel
nos thés glacés et limonades sirotées avec joie.
Paul d’Aubin (Paul Arrighi), Toulouse
(02 avril 2014)
Apr 2, 2014
Apr 2, 2014 at 3:08 PM UTC
Zut alors, si le soleil quitte ces bords !
Fuis, clair déluge ! Voici l'ombre des routes.
Dans les saules, dans la vieille cour d'honneur,
L'orage d'abord jette ses larges gouttes.
Ô cent agneaux, de l'idylle soldats blonds,
Des aqueducs, des bruyères amaigries,
Fuyez ! plaine, déserts, prairie, horizons
Sont à la toilette rouge de l'orage !
Chien noir, brun pasteur dont le manteau s'engouffre,
Fuyez l'heure des éclairs supérieurs ;
Blond troupeau, quand voici nager ombre et soufre,
Tâchez de descendre à des retraits meilleurs.
Mais moi, Seigneur ! voici que mon esprit vole,
Après les cieux glacés de rouge, sous les
Nuages célestes qui courent et volent
Sur cent Solognes longues comme un railway.
Voilà mille loups, mille graines sauvages
Qu'emporte, non sans aimer les liserons,
Cette religieuse après-midi d'orage
Sur l'Europe ancienne où cent hordes iront !
Après, le clair de lune ! partout la lande,
Rougis et leurs fronts aux cieux noirs, les guerriers
Chevauchent lentement leurs pâles coursiers !
Les cailloux sonnent sous cette fière bande !
- Et verrai-je le bois jaune et le val clair,
L'Epouse aux yeux bleus, l'homme au front rouge, ô Gaule,
Et le blanc Agneau Pascal, à leurs pieds chers,
- Michel et Christine, - et Christ ! - fin de l'Idylle.
1k
Une silhouette
Devant la grande mosquée
Une ombre se perd
Fusée propulsée
Les petits bras
D'un bébé porté
Une mère basse
**** de l'ancienne église
Eclate de rire
Des terrasses pleines
La marque d'un violon
Redessine un visage
Une goute de vin
En plein coeur de mon esprit
Perce un gout amer
Ma route s’en va
Vers des océans
Devenus pierre
Dans la nuit
Le cavalier trouve
La poudre colorée
Les humains sont
Une tapisserie
Sans motifs
La route du vin
Trompé de chemin
Je vais et viens
Dans le metro
Le charbon s'entasse
Pour ses vacances
Feb 24, 2017
Feb 24, 2017 at 5:23 AM UTC
Les deux Oliviers de Paomia,
(Un épisode de l'exode de «Mainotes en Corse»)
Ridés, bossus, ces deux oliviers ressemblaient au passeur de l'Achéron,
veillant aux portes du fleuve de l'enfer.
Ce n’étaient pourtant que des pousses venues de Sparte,
Replantées sur la terre Corse, pour nourrir une colonie d'émigrés.
Ces oliviers furent même bénis par des popes,
Puis soumis aux êtes brûlants, au sirocco dévastateurs,
Mais ils avaient tenus debouts avec leurs nervures noueuses,
et ni les entailles des hommes, ni le feu du ciel, ni les orages dévastateurs ne leur avait fait baisser rameux,
Grecs et Corses s'étaient affrontés pour cette terre si bien plantée et cultivée,
Mais ce n'était pas simple jalousies, ni rivalités de cultivateurs et de bergers,
Il s'agissait d’affaire d'honneur et de désaccords avec Gènes qui avait donné ce qui ne lui appartenait point.
Ils en virent; ces oliviers noueux, des saisons de félicité, de récoltes riantes d'olives et de figues,
Ils entendirent aussi les conques de guerre et les cris effroyables lors des sièges de Paomia.
Et puis un jour, les «mainotes» subjugués sous le nombre durent quitter la terre qu’ils avaient éveillée de leur sueur.
Ils s'en vinrent résider à Ajacciu, y exercèrent d'autres métiers en attendant des temps meilleurs.
Puis Marbeuf leur construisit Cargèse, plus près de la mer et les anciennes terres de Paomia furent désormais délaissées pour le pacage et les transhumances.
L'Eglise elle-même et les pierres les maisons s'écroulèrent;
Mais jamais ne disparurent ces deux oliviers gardiens des lieux, véritables cerbères des temps antiques.
Ils veillaient désormais sur la quiétude des geais, des renards et des bandits.
C'était un peu comme si l'esprit et les vertus de l'ancienne Sparte et de Paomia la neuve s'étaient fécondés et avaient donné enfantement à ces deux Oliviers.
Paul Arrighi
Feb 5, 2016
Feb 5, 2016 at 3:50 PM UTC
Ce spectre singulier n'a pour toute toilette,
Grotesquement campé sur son front de squelette,
Qu'un diadème affreux sentant le carnaval.
Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval,
Fantôme comme lui, rosse apocalyptique
Qui bave des naseaux comme un épileptique.
Au travers de l'espace ils s'enfoncent tous deux,
Et foulent l'infini d'un sabot hasardeux.
Le cavalier promène un sabre qui flamboie
Sur les foules sans nom que sa monture broie,
Et parcourt, comme un prince inspectant sa maison,
Le cimetière immense et froid, sans horizon,
Où gisent, aux lueurs d'un soleil blanc et terne,
Les peuples de l'histoire ancienne et moderne.
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Ô pucelle plus tendre
Qu'un beau bouton vermeil
Que le rosier engendre
Au lever du soleil,
D'une part verdissant
De l'autre rougissant !
Plus fort que le lierre
Qui se gripe à l'entour
Du chesne aimé, qu'il serre
Enlassé de maint tour,
Courbant ses bras épars
Sus luy de toutes parts,
Serrez mon col, maistresse,
De vos deux bras pliez ;
D'un neud qui tienne et presse
Doucement me liez ;
Un baiser mutuel
Nous soit perpetuel.
Ny le temps, ny l'envie
D'autre amour desirer,
Ne pourra point ma vie
De vos lévres tirer ;
Ainsi serrez demourrons,
Et baisant nous mourrons.
En mesme an et mesne heure,
Et en même saison,
Irons voir la demeure
De la palle maison,
Et les champs ordonnez
Aux amants fortunez.
Amour par les fleurettes
Du printemps éternel
Voirra nos amourettes
Sous le bois maternel ;
Là nous sçaurons combien
Les amants ont de bien.
Le long des belles plaines
Et parmy les prez vers
Les rives sonnent pleines
De maints accords divers ;
L'un joue, et l'autre au son
Danse d'une chanson.
Là le beau ciel décueuvre
Tousjours un front benin,
Sur les fleurs la couleuvre
Ne ***** son venin,
Et tousjours les oyseaux
Chantent sur les rameaux ;
Tousjours les vens y sonnent
Je ne sçay quoy de doux,
Et les lauriers y donnent
Tousjours ombrages moux ;
Tousjours les belles fleurs
Y gardent leurs couleurs.
Parmy le grand espace
De ce verger heureux,
Nous aurons tous deux place
Entre les amoureux,
Et comme eux sans soucy
Nous aimerons aussi.
Nulle amie ancienne
Ne se dépitera,
Quand de la place sienne
Pour nous deux s'ostera,
Non celles dont les yeux
Prirent le cœur des dieux.
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Le mouvement de lacet sur la berge des chutes du fleuve,
Le gouffre à l'étambot,
La célérité de la rampe,
L'énorme passade du courant,
Mènent par les lumières inouïes
Et la nouveauté chimique
Les voyageurs entourés des trombes du val
Et du strom.
Ce sont les conquérants du monde
Cherchant la fortune chimique personnelle ;
Le sport et le confort voyagent avec eux ;
Ils emmènent l'éducation
Des races, des classes et des bêtes, sur ce vaisseau.
Repos et vertige
A la lumière diluvienne,
Aux terribles soirs d'étude.
Car de la causerie parmi les appareils, le sang, les fleurs, le feu, les bijoux,
Des comptes agités à ce bord fuyard,
- On voit, roulant comme une digue au-delà de la route hydraulique motrice,
Monstrueux, s'éclairant sans fin, - leur stock d'études ;
Eux chassés dans l'extase harmonique,
Et l'héroïsme de la découverte.
Aux accidents atmosphériques les plus surprenants,
Un couple de jeunesse s'isole sur l'arche,
- Est-ce ancienne sauvagerie qu'on pardonne ? -
Et chante et se poste.
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À J.-K. Huysmans.
Il fait nuit dans la chambre étroite et froide où l'homme
Vient de rentrer, couvert de neige, en blouse, et comme
Depuis trois jours il n'a pas prononcé deux mots,
La femme a peur et fait des signes aux marmots.
Un seul lit, un bahut disloqué, quatre chaises,
Des rideaux jadis blancs conchiés des punaises,
Une table qui va s'écroulant d'un côté, -
Le tout navrant avec un air de saleté.
L'homme, grand front, grands yeux pleins d'une sombre flamme
A vraiment des lueurs d'intelligence et d'âme
Et c'est ce qu'on appelle un solide garçon.
La femme, jeune encore, est belle à sa façon.
Mais la Misère a mis sur eux sa main funeste,
Et perdant par degrés rapides ce qui reste
En eux de tristement vénérable et d'humain,
Ce seront la femelle et le mâle, demain.
Tous se sont attablés pour manger de la soupe
Et du boeuf, et ce tas sordide forme un groupe
Dont l'ombre à l'infini s'allonge tout autour
De la chambre, la lampe étant sans abat-jour.
Les enfants sont petits et pâles, mais robustes
En dépit des maigreurs saillantes de leurs bustes
Qui disent les hivers passés sans feu souvent
Et les étés subis dans un air étouffant.
Non **** d'un vieux fusil rouillé qu'un clou supporte
Et que la lampe fait luire d'étrange sorte,
Quelqu'un qui chercherait longtemps dans ce retrait
Avec l'oeil d'un agent de police verrait
Empilés dans le fond de la boiteuse armoire,
Quelques livres poudreux de « science » et d'« histoire »,
N, Et sous le matelas, cachés avec grand soin,
Des romans capiteux cornés à chaque coin.
Ils mangent cependant. L'homme, morne et farouche,
Porte la nourriture écoeurante à sa bouche
D'un air qui n'est rien moins nonobstant que soumis,
Et son eustache semble à d'autres soins promis.
La femme pense à quelque ancienne compagne,
Laquelle a tout, voiture et maison de campagne,
Tandis que les enfants, leurs poings dans leurs yeux clos,
Ronflant sur leur assiette imitent des sanglots.
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De vous le dire je m'empresse...
Oh ! la fâcheuse inversion !
D'ailleurs la seule qui paraisse
Être échappée à ma paresse,
Au cours de cette édition.
Je m'empresse de vous le dire,
Allons ! voilà qui va bien mieux !
Je ne suis pas (faut-il l'écrire ?)
Un poète, je suis sans lyre.
Je crois que cela saute aux yeux.
Mais, vous m'avez dit, d'aventure,
Un soir : « Je n'aime pas les vers. »
Or, nous revenions en voiture ;
« Quoi ? pas même ceux de Voiture ? »
Je vous regardai de travers.
Je trouvai la chose hardie.
Nous traversions le carrefour,
De l'Ancienne Comédie,
« Moi, je les aime, quoiqu'on dise
Presqu'autant que faire l'amour. »
La rue était silencieuse,
Pas un soupir d'accordéon,
Et sous vos yeux de scabieuse
Là-bas se dressait, soucieuse,
La façade de l'Odéon.
Vous voyez, j'ai bonne mémoire.
Eh ! bien ! ce mot d'après dîner,
Si j'ai composé mon grimoire,
C'est de sa faute, et c'est histoire,Madame, de vous taquiner.
Et je vous le jette... à la tête ?
Ah ! fi ! Sur les bras ?... oh ! que non ?
Dans les jambes ?... Ce serait bête.
Ou tu le verrais à la fête,
C'est entre ton fauteuil et ton...
Qu'on se le dise au Montparnasse,
Pays des vers estropiés,
Et des madrigaux à la glace :
Si je veux qu'il soit à sa place
Je le glisserais sous vos pieds.
Toutefois, du fond de ton siège
Reçois-le comme un compliment
« À la française »... qu'on abrège
Si l'on entend : « Est-ce qu'il neige ? »
Ou si l'on vous dit : « C'est charmant. »
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La vanité nous rend aussi dupes que sots.
Je me souviens, à ce propos,
Qu'au temps jadis, après une sanglante guerre
Où, malgré les plus beaux exploits,
Maint lion fut couché par terre,
L'éléphant régna dans les bois.
Le vainqueur, politique habile,
Voulant prévenir désormais
Jusqu'au moindre sujet de discorde civile,
De ses vastes états exila pour jamais
La race des lions, son ancienne ennemie.
L'édit fut proclamé. Les lions affaiblis,
Se soumettant au sort qui les avait trahis,
Abandonnent tous leur patrie.
Ils ne se plaignent pas, ils gardent dans leur cœur
Et leur courage et leur douleur.
Un bon vieux petit chien, de la charmante espèce
De ceux qui vont portant jusqu'au milieu du dos
Une toison tombant à flots,
Exhalait ainsi sa tristesse :
Il faut donc vous quitter, ô pénates chéris !
Un barbare, à l'âge où je suis,
M'oblige à renoncer aux lieux qui m'ont vu naître.
Sans appui, sans secours, dans un pays nouveau
Je vais, les yeux en pleurs, demander un tombeau,
Qu'on me refusera peut-être.
Ô tyran, tu le veux ! Allons ! Il faut partir.
Un barbet l'entendit : touché de sa misère,
Quel motif, lui dit-il, peut t'obliger à fuir ?
- Ce qui m'y force, ô ciel ! Et cet édit sévère
Qui nous chasse à jamais de cet heureux canton... ?
- Nous ? - Non pas vous, mais moi. - Comment ! Toi,
Mon cher frère ?
Qu'as-tu donc de commun... ? - Plaisante question !
Eh ! Ne suis-je pas un lion ?
393
Et si la vie était une simulation?
Et si la vie recommencé à chacune de nos erreurs et nous effacé la mémoire ?
Cette impression de déjà vu, de deja vécu n’etait qu’un fragment de souvenirs de notre ancienne vie?
Serions nous déjà rencontrer 100 fois auparavant ?
Quelles étaient nos anciennes versions?
Et si tout n’etais qu’illusion pour tester nos limites et nos réactions?
May 23, 2018
May 23, 2018 at 4:18 PM UTC
yes,
he spoke of the language of flowers,
this man of Gaul,
he spoke and, as he spoke,
i looked out of his window,
i saw my thoughts trail across
a sky as blue as that in his first film.
i stood, naked, as he shined his light on me,
it picked out the old, the new,
it bathed me,
it made me feel beautiful again,
as any human, being, gone, to become.
he asked me to do what i wanted to do,
i laid on his floor,
i looked up,
into his eyes,
i saw that he knew
i was doing what i wanted to do,
i was speaking the language
of romance, poetry, of stories new and old,
my body twisted this way, that way,
the way it used to,
i was speaking la langue,
l'ancienne langue,
des fleures,
d'amour,
d'une vie,
une vie de la beauté,
oui.
Jun 28, 2018
Jun 28, 2018 at 3:23 AM UTC
En tes yeux nage une factice opale,
Et le charbon t'allonge les sourcils,
Mais ton regard sans douceur n'est que pâle
Sous tes gros cils de sépia noircis.
Ah ! Pauvre femme, il règne un froid de pierre
Dans la langueur menteuse de ce fard ;
Quand tu mettrais l'azur sous ta paupière,
Tu ne pourrais embellir ton regard !
Oui, porte envie aux yeux vrais qui nous laissent,
En se voilant, captivés d'autant mieux ;
Ceux-là sont beaux, même quand ils se baissent :
C'est le regard qui fait le prix des yeux.
Qui sait pourtant s'il faut qu'on te dédaigne,
S'il n'est plus rien, dans ton âme, à cueillir ?
Pour la sauver il suffit qu'on la plaigne,
Un dernier lis y pourra tressaillir.
Est-il si vain, ce rêve de jeunesse
Dont nous rions et que nous fîmes tous :
Guérir une âme où la vertu renaisse !
Si généreux, étions-nous donc si fous ?
Qui sait pourtant si tout ton maquillage
N'endigue pas des pleurs accumulés,
Qui brusquement y feraient leur sillage,
Pareils aux pleurs des yeux immaculés ?
Car tous les pleurs, de pécheresse ou d'ange,
Dans tous les yeux sont d'eau vive et de sel ;
L'onde en est pure, et rien de ce mélange,
S'il vient du cœur, n'est indigne du ciel ;
Vois Madeleine : elle y trône ravie
Pour une larme où Dieu se put mirer :
S'il t'en reste une, une ancienne, à pleurer,
Tu peux laver ta paupière et ta vie.
343
Sonnet.
Le soldat frappé tombe en poussant de grands cris ;
On l'emporte ; le baume assainit la blessure,
Elle se ferme un jour ; il marche, il se rassure,
Et, par un beau soleil, il croit ses maux guéris.
Mais, au premier retour d'un ciel humide et gris,
De l'ancienne douleur il ressent la morsure ;
Alors la guérison ne lui paraît pas sûre,
Le souvenir du fer gît dans ses flancs meurtris.
Ainsi, selon le temps qu'il fait dans ma pensée,
À la place où mon âme autrefois fut blessée
Il est un renouveau d'angoisses que je crains ;
Une larme, un chant triste, un seul mot dans un livre,
Nuage au ciel limpide où je me plais à vivre,
Me fait sentir au cœur la dent des vieux chagrins.
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