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"aimant" poems
Phrase Courte d'amour Si tu veux une fleur il faudra la cueillir mais si tu veux mon cœur il faudra me séduire. Phrase Courte d'amour Je suis un arbre, mes fleurs c'est toi. Je suis un ciel, mes étoiles c'est toi. Je suis une rivière, mon bateau c'est toi. Je suis un corps mon cœur c'est toi. Avec une larme d'émotion merci de tout cœur. Je me sens la plus heureuse sur terre grâce à toi mon cher je t'aime. Phrase Courte d'amour Toi qui illumines ma vie et m'inspires la joie. Tu habites mes nuits, tu habites mes jours, non ça ne change pas et tant mieux pour moi. Phrase Courte d'amour Tu te souviens pourquoi on est tombés amoureux? Tu te souviens pourquoi c'était si fort entre nous? Parce que j'étais capable de voir en toi des choses que les autres ignoraient. Et c'était la même chose pour toi mon amour. Phrase Courte d'amour **** de vous je vois flou et j'ai mal partout car je ne pense qu'à vous, je sais que c'est fou, mais j'aime que vous. La lune est comme un aimant, elle attire les amants regarde la souvent, tu trouvera celui que tu attend la main il te prendra pour la vie il te chérira. Phrase Courte d'amour Phrase Courte d'amour Pour vivre cette vie j'ai besoin d'un battement de cœur, avoir un battement de cœur j'ai besoin d'un cœur, avoir un cœur J'ai besoin de bonheur et avoir le bonheur j'ai besoin de toi! Un baiser peut être une virgule, un point d'interrogation, ou un point d'exclamation. C'est une épellation de base que chaque femme devrait savoir. Phrase Courte d'amour Il ne faut jamais dire c'est trop **** puisqu'on peut toujours devenir ce que nous souhaitons être et aussi avoir ce que nous avons toujours désiré. Le soleil ne s'arrête jamais de briller tout comme mon cœur ne s'arrête jamais de t'aimer. Phrase Courte d'amour L'éternité c'est de passer qu'une seule seconde de ma vie sans toi, mais qu'importe cette seconde si à mon retour tu es toujours là. Aimer est un sentiment d'appartenance à une personne de confiance. Phrase Courte d'amour L'amour n'a pas besoin de carte, Phrase Courte d'amour car elle peut trouver son chemin les yeux bandés. Dans ce monde l'amour n'a pas de couleur,pourtant le tien a profondément détint sur mon corps. Phrase Courte d'amour Le cœur est comme une fleur quand elle manque d'eau elle meurt. L'amour que j'ai envers toi est incompréhensible aux yeux de tous ... Même de toi. Phrase Courte d'amour L'amour est un mot que j'écris pour qu'il soit encore plus beau. Phrase Courte d'amour L'amour se vit dans la richesse comme dans la détresse, dans la pauvreté ou la beauté. Phrase Courte d'amour L'amour commence par donner de l'importance et finit par l'ignorance. Les plus belles choses dans la vie ne peuvent pas être vu, ni touchés, mais se font sentir que par cœur. Phrase Courte d'amour Qu'importe un océan ou un désert, l'amour n'a pas de frontières. Il Parait que quand on aime, on ne compte pas, mais moi je compte chaque secondes passée sans toi. Phrase Courte d'amour Toi mon cœur, mon amour, ma joie, je te dis ces quelques mots en pensent à toi, je t'aime et je ne peux pas vivre sans toi, à chaque moment, à chaque instant, je pense à toi une minute sans toi et tu me manques déjà, alors toi mon cœur, accepte moi, prends moi dans tes bras, embrasse-moi une dernière fois. Poeme courte d'amour
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Apr 6, 2014
Apr 6, 2014 at 6:28 PM UTC
Phrase Courte d'amour
Phrase Courte d'amour Si tu veux une fleur il faudra la cueillir mais si tu veux mon cœur il faudra me séduire. Phrase Courte d'amour Je suis un arbre, mes fleurs c'est toi. Je suis un ciel, mes étoiles c'est toi. Je suis une rivière, mon bateau c'est toi. Je suis un corps mon cœur c'est toi. Avec une larme d'émotion merci de tout cœur. Je me sens la plus heureuse sur terre grâce à toi mon cher je t'aime. Phrase Courte d'amour Toi qui illumines ma vie et m'inspires la joie. Tu habites mes nuits, tu habites mes jours, non ça ne change pas et tant mieux pour moi. Phrase Courte d'amour Tu te souviens pourquoi on est tombés amoureux? Tu te souviens pourquoi c'était si fort entre nous? Parce que j'étais capable de voir en toi des choses que les autres ignoraient. Et c'était la même chose pour toi mon amour. Phrase Courte d'amour **** de vous je vois flou et j'ai mal partout car je ne pense qu'à vous, je sais que c'est fou, mais j'aime que vous. La lune est comme un aimant, elle attire les amants regarde la souvent, tu trouvera celui que tu attend la main il te prendra pour la vie il te chérira. Phrase Courte d'amour Phrase Courte d'amour Pour vivre cette vie j'ai besoin d'un battement de cœur, avoir un battement de cœur j'ai besoin d'un cœur, avoir un cœur J'ai besoin de bonheur et avoir le bonheur j'ai besoin de toi! Un baiser peut être une virgule, un point d'interrogation, ou un point d'exclamation. C'est une épellation de base que chaque femme devrait savoir. Phrase Courte d'amour Il ne faut jamais dire c'est trop **** puisqu'on peut toujours devenir ce que nous souhaitons être et aussi avoir ce que nous avons toujours désiré. Le soleil ne s'arrête jamais de briller tout comme mon cœur ne s'arrête jamais de t'aimer. Phrase Courte d'amour L'éternité c'est de passer qu'une seule seconde de ma vie sans toi, mais qu'importe cette seconde si à mon retour tu es toujours là. Aimer est un sentiment d'appartenance à une personne de confiance. Phrase Courte d'amour L'amour n'a pas besoin de carte, Phrase Courte d'amour car elle peut trouver son chemin les yeux bandés. Dans ce monde l'amour n'a pas de couleur,pourtant le tien a profondément détint sur mon corps. Phrase Courte d'amour Le cœur est comme une fleur quand elle manque d'eau elle meurt. L'amour que j'ai envers toi est incompréhensible aux yeux de tous ... Même de toi. Phrase Courte d'amour L'amour est un mot que j'écris pour qu'il soit encore plus beau. Phrase Courte d'amour L'amour se vit dans la richesse comme dans la détresse, dans la pauvreté ou la beauté. Phrase Courte d'amour L'amour commence par donner de l'importance et finit par l'ignorance. Les plus belles choses dans la vie ne peuvent pas être vu, ni touchés, mais se font sentir que par cœur. Phrase Courte d'amour Qu'importe un océan ou un désert, l'amour n'a pas de frontières. Il Parait que quand on aime, on ne compte pas, mais moi je compte chaque secondes passée sans toi. Phrase Courte d'amour Toi mon cœur, mon amour, ma joie, je te dis ces quelques mots en pensent à toi, je t'aime et je ne peux pas vivre sans toi, à chaque moment, à chaque instant, je pense à toi une minute sans toi et tu me manques déjà, alors toi mon cœur, accepte moi, prends moi dans tes bras, embrasse-moi une dernière fois. Poeme courte d'amour
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Nous etions, en cet instant, prisonniers du bonheur. Heritiers de cette douce mais, o combien lourde, ferveur Brulant sous cette peau vernie de sueur, de sable et de sel, Portes, en princes sous les ficelles des tisseuses de ciel. Nous regardions le gris a nous ecorcher les yeux, Aimant de la passion infidele du zenith bleu Le vide encombrant de nos plus incroyables espoirs Et le remou sans debut ni fin de nouvelles memoires. Nous les connaissions, ces esprits, vagabonds des mers Chassant, au milieu des vagues ces humeurs incidencieres, Celles la meme qui jadis se prenommaient “reves d’enfance” Et qui depuis de sont transformes en dependence. Nous les connaissions, et meme si la nature de ce lien M’est masque par un sacerdoce qui ne sera jamais mien, Elle me dicte toujours chaque contour de leur lames grises Qui de cet air sec et fier sont tragiquement eprises Nous etions, en cet instant prisonniers de beaute, Celle la meme qui voit nos poumons dechiquetes A vouloir engouffrer ce monde entier sous nos pores Que demain a travers ces lettres je puisse a nouveau le voir.
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Feb 19, 2015
Feb 19, 2015 at 1:01 PM UTC
A Solis Occasum Cardine
Notre ami, le Mouflon Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur, Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers, Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs, Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs. Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur, Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans, Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ; Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux. Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués, Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique. Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella». C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse. Paul Arrighi
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Mar 23, 2014
Mar 23, 2014 at 1:31 PM UTC
Notre ami, le Mouflon (A Muvra)
Notre ami, le Mouflon Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur, Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers, Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs, Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs. Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur, Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans, Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ; Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux. Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués, Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique. Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella». C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse. Paul Arrighi
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«Joli val de Luchon» Joli Luchon aux ardoises effilées, dans ta vallée aux eaux si réputées, tes allées d’Etigny bordées par les tilleuls et les eaux de La Pique ou les truites se rient des pêcheurs du dimanche Joli Luchon au val bien encaissé, tes Thermes sulfureuses aux eaux réparatrices, ont fait de ton séjour un lieu propre à guérir dans un cadre rieur, aimant de nos plaisirs. Joli Luchon aux allées d'Etigny, Toujours les promeneurs vinrent sous tes tilleuls, se reposer un peu et montrer leurs atours parfois avec l'appui de Cupidon ces fiers estivants par l'air revivifié passaient leurs nuits dans des lits de velours avec de jolies dames, amusées et séduites. Joli Luchon au val bien encaissé, entouré de pins verts surplombé par les neiges de Superbagnères quand les froidures viennent enneiger tes sommets, ton air vivifiant appelle un vin chaud. Paul Arrighi
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Dec 13, 2014
Dec 13, 2014 at 1:06 PM UTC
«Joli val de Luchon» ( a charming town in the Pyreneas)
Je ne veux plus aimer que ma mère Marie. Tous les autres amours sont de commandement. Nécessaires qu'ils sont, ma mère seulement Pourra les allumer aux coeurs qui l'ont chérie. C'est pour Elle qu'il faut chérir mes ennemis, C'est par Elle que j'ai voué ce sacrifice, Et la douceur de coeur et le zèle au service, Comme je la priais, Elle les a permis ... C'est par Elle que j'ai voulu de ces chagrins, C'est pour Elle que j'ai mon coeur dans les Cinq Plaies, Et tous ces bons efforts vers les croix et les claies, Comme je l'invoquais, Elle en ceignit mes reins. Je ne veux plus penser qu'à ma mère Marie, Siège, de la Sagesse et source des pardons, Mère de France aussi, de qui nous attendons Inébranlablement l'honneur de la patrie. Marie Immaculée, amour essentiel, Logique de la foi cordiale et vivace, En vous aimant qu'est-il de bon que je ne fasse, En vous aimant du seul amour, Porte du ciel ?
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Je ne veux plus aimer que ma mère Marie
Il est 1h27 du matin à Dakar Debout sur le balcon; un désir d'aventurier de l'inconnu m'envahit, de celle qui s'échappe du temps et de la terre mère qui l'étouffe ensevelie sous son noyau. Le vent me caressant le visage, je l'entend m'inviter à l'hymne de ma liberté. Le bruit des avions m'emportent dans un monde d'aisance et d'émancipation, l'échos des Zikrs me tirent vers ma raison profonde et ma familiarité. Je ferme les yeux en proie à la nostalgie. Essayant de me souvenir des beaux moments de ma vie; le vent me berce dans l'abstrait où mon âme se jette dans l'aura poétique de la magie des rêves. Le marchand des rêves m'emporte sur une plage éclairée par la claire de lune et un feu de camp; jouissant d'un ciel dégagé et très étoilé. La brise me mets à nu devant ses caresses ardentes et m'enivre de son odeur. Je me laisse flotter sur ses ondes. Le sable en velours réchauffant mes pieds au rythme d'un Samba; riant de toute mon âme et transpirant au rythme de la danse. Nos âmes se transforment en une unité d'énergie donnant naissance à un cycle d'existence de désirs. Je me confie à mon instinct comme pour consoler mon amour. A l'horizon, la morosité morbide condamnée dans le concret. Aimant ardemment et follement cet abstrait merveilleux qui me berce. Qui berce cet amour non réclamé, et cette liberté condamnée. Qui depuis longtemps poussent leur barque fragile à bout de force. Aussi romantique que la poésie, je danse amoureusement et passionnément avec l'inconnu de mes pensées. Et dans cette passion insensée, de l'infini sublime rêve que cherche l'esprit, la réalité envahit l'abstrait et en fait un asile. Un asile qui éveille mon cœur à chaque moment d'inattention ou de solitude. Un asile qui m'ouvre ses portes à ses extases fantaisistes quand l'ivresse de la réalité devient lourde et étouffante.
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Feb 17, 2021
Feb 17, 2021 at 9:52 AM UTC
Le marchand de rêves
Il est 1h27 du matin à Dakar Debout sur le balcon; un désir d'aventurier de l'inconnu m'envahit, de celle qui s'échappe du temps et de la terre mère qui l'étouffe ensevelie sous son noyau. Le vent me caressant le visage, je l'entend m'inviter à l'hymne de ma liberté. Le bruit des avions m'emportent dans un monde d'aisance et d'émancipation, l'échos des Zikrs me tirent vers ma raison profonde et ma familiarité. Je ferme les yeux en proie à la nostalgie. Essayant de me souvenir des beaux moments de ma vie; le vent me berce dans l'abstrait où mon âme se jette dans l'aura poétique de la magie des rêves. Le marchand des rêves m'emporte sur une plage éclairée par la claire de lune et un feu de camp; jouissant d'un ciel dégagé et très étoilé. La brise me mets à nu devant ses caresses ardentes et m'enivre de son odeur. Je me laisse flotter sur ses ondes. Le sable en velours réchauffant mes pieds au rythme d'un Samba; riant de toute mon âme et transpirant au rythme de la danse. Nos âmes se transforment en une unité d'énergie donnant naissance à un cycle d'existence de désirs. Je me confie à mon instinct comme pour consoler mon amour. A l'horizon, la morosité morbide condamnée dans le concret. Aimant ardemment et follement cet abstrait merveilleux qui me berce. Qui berce cet amour non réclamé, et cette liberté condamnée. Qui depuis longtemps poussent leur barque fragile à bout de force. Aussi romantique que la poésie, je danse amoureusement et passionnément avec l'inconnu de mes pensées. Et dans cette passion insensée, de l'infini sublime rêve que cherche l'esprit, la réalité envahit l'abstrait et en fait un asile. Un asile qui éveille mon cœur à chaque moment d'inattention ou de solitude. Un asile qui m'ouvre ses portes à ses extases fantaisistes quand l'ivresse de la réalité devient lourde et étouffante.
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Adieu, Suzon, ma rose blonde, Qui m'as aimé pendant huit jours ; Les plus courts plaisirs de ce monde Souvent font les meilleurs amours. Sais-je, au moment où je te quitte, Où m'entraîne mon astre errant ? Je m'en vais pourtant, ma petite, Bien **** bien vite, Toujours courant. Je pars, et sur ma lèvre ardente Brûle encor ton dernier baiser. Entre mes bras, chère imprudente, Ton beau front vient de reposer. Sens-tu mon coeur, comme il palpite ? Le tien, comme il battait gaiement ! Je m'en vais pourtant, ma petite, Bien **** bien vite, Toujours t'aimant. Paf ! c'est mon cheval qu'on apprête. Enfant, que ne puis-je en chemin Emporter ta mauvaise tête, Qui m'a tout embaumé la main ! Tu souris, petite hypocrite, Comme la nymphe, en t'enfuyant. Je m'en vais pourtant, ma petite, Bien **** bien vite, Tout en riant. Que de tristesse, et que de charmes, Tendre enfant, dans tes doux adieux ! Tout m'enivre, jusqu'à tes larmes, Lorsque ton coeur est dans tes yeux. A vivre ton regard m'invite ; Il me consolerait mourant. Je m'en vais pourtant, ma petite, Bien **** bien vite, Tout en pleurant. Que notre amour, si tu m'oublies, Suzon, dure encore un moment ; Comme un bouquet de fleurs pâlies, Cache-le dans ton sein charmant ! Adieu ; le bonheur reste au gîte, Le souvenir part avec moi : Je l'emporterai, ma petite, Bien **** bien vite, Toujours à toi.
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Adieux à Suzon
S'il est un charmant gazon Que le ciel arrose, Où brille en toute saison Quelque fleur éclose, Où l'on cueille à pleine main Lys, chèvrefeuille et jasmin, J'en veux faire le chemin Où ton pied se pose ! S'il est un sein bien aimant Dont l'honneur dispose, Dont le ferme dévouement N'ait rien de morose, Si toujours ce noble sein Bat pour un digne dessein, J'en veux faire le coussin Où ton front se pose ! S'il est un rêve d'amour Parfumé de rose, Où l'on trouve chaque jour Quelque douce chose, Un rêve que Dieu bénit, Où l'âme à l'âme s'unit, Oh ! j'en veux faire le nid Où ton cœur se pose ! Le 18 février 1834.
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Nouvelle chanson sur un vieil air
Vous me l'avez donné ce complément de vie, Mon Dieu ! ma soif d'aimer est enfin assouvie. Du jour où cet enfant sous ma grotte est venu, Tout ce que je rêvais jadis, je l'ai connu. Pour la première fois, moi, dont l'âme isolée A d'autres jusqu'ici ne s'était pas mêlée, Moi qui trouvais toujours dans ce qui m'approchait Quelque chose de moins que mon cœur ne cherchait ; Au visage, au regard, au son de voix, au geste, A l'émanation de ce rayon céleste, Aux premières douceurs du premier entretien, Au cœur de cet enfant j'ai reconnu le mien. Mon âme, que rongeait sa vague solitude, A répandu sur lui toute sa plénitude, Et mon cœur abusé, ne comptant plus les jours, Croit en l'aimant d'hier l'avoir aimé toujours. De la Grotte, 17 septembre 1793.
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Jocelyn, le 17 septembre 1793
Te regardant assise auprès de ta cousine, Belle comme une Aurore, et toi comme un Soleil, Je pensai voir deux fleurs d'un même teint pareil, Croissantes en beauté, l'une à l'autre voisine. La chaste, sainte, belle et unique Angevine, Vite comme un éclair sur moi jeta son oeil. Toi, comme paresseuse et pleine de sommeil, D'un seul petit regard tu ne m'estimas digne. Tu t'entretenais seule au visage abaissé, Pensive toute à toi, n'aimant rien que toi-même, Dédaignant un chacun d'un sourcil ramassé. Comme une qui ne veut qu'on la cherche ou qu'on l'aime. J'eus peur de ton silence et m'en ahai tout blërne, Craignant que mon salut n'eût ton oeil offensé.
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Te regardant assise auprès de ta cousine
Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Stances
Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Pour être en vain tes beaux soleils aimant, Non pour ravir leur divine étincelle, Contre le roc de ta rigueur cruelle Amour m'attache à mille clous d'aimant. En lieu d'un aigle, un soin cruellement, Souillant sa griffe en ma plaie éternelle, Ronge mon cœur, et si ce Dieu n'appelle Ma dame, afin d'adoucir mon tourment. Mais de cent maux et de cent que j'endure Fiché, cloué dessus ta rigueur dure, Le plus cruel me serait le plus doux, Si j'espérais, après un long espace, Venir à moi l'Hercule de ta grâce, Pour délacer le moindre de mes nouds.
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Pour être en vain tes beaux soleils aimant
Allez en paix, mon cher tourment, Vous m'avez assez alarmée, Assez émue, assez charmée... Allez au **** mon cher tourment, Hélas ! mon invisible aimant ! Votre nom seul suffira bien Pour me retenir asservie ; Il est alentour de ma vie Roulé comme un ardent lien : Ce nom vous remplacera bien. Ah ! je crois que sans le savoir J'ai fait un malheur sur la terre ; Et vous, mon juge involontaire, Vous êtes donc venu me voir Pour me punir, sans le savoir ? D'abord ce fut musique et feu, Rires d'enfants, danses rêvées ; Puis les larmes sont arrivées Avec les peurs, les nuits de feu... Adieu danses, musique et jeu ! Sauvez-vous par le beau chemin Où plane l'hirondelle heureuse : C'est la poésie amoureuse : Pour ne pas la perdre en chemin De mon coeur ôtez votre main. Dans votre prière tout bas, Le soir, laissez entrer mes larmes ; Contre vous elles n'ont point d'armes. Dans vos discours n'en parlez pas ! Devant Dieu pensez-y tout bas.
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Allez en paix
Ces vers, je les dédie aux amis inconnus, À vous, les étrangers en qui je sens des proches, Rivaux de ceux que j'aime et qui m'aiment le plus, Frères envers qui seuls mon coeur est sans reproches Et dont les coeurs au mien sont librement venus. Comme on voit les ramiers sevrés de leurs volières Rapporter sans faillir, par les cieux infinis, Un cher message aux mains qui leur sont familières, Nos poèmes parfois nous reviennent bénis, Chauds d'un accueil lointain d'âmes hospitalières. Et quel triomphe alors ! Quelle félicité Orgueilleuse, mais tendre et pure, nous inonde, Quand répond à nos voix leur écho suscité, Par delà le vulgaire, en l'invisible monde Où les fiers et les doux se sont fait leur cité ! Et nous la méritons, cette ivresse suprême, Car si l'humanité tolère encor nos chants, C'est que notre élégie est son propre poème, Et que seuls nous savons, sur des rythmes touchants, En lui parlant de nous lui parler d'elle-même. Parfois un vers, complice intime, vient rouvrir Quelque plaie où le feu désire qu'on l'attise ; Parfois un mot, le nom de ce qui fait souffrir, Tombe comme une larme à la place précise Où le coeur méconnu l'attendait pour guérir. Peut-être un de mes vers est-il venu vous rendre Dans un éclair brûlant vos chagrins tout entiers, Ou, par le seul vrai mot qui se faisait attendre, Vous ai-je dit le nom de ce que vous sentiez, Sans vous nommer les yeux où j'avais dû l'apprendre. Vous qui n'aurez cherché dans mon propre tourment Que la sainte beauté de la douleur humaine, Qui, pour la profondeur de mes soupirs m'aimant, Sans avoir à descendre où j'ai conçu ma peine, Les aurez entendus dans le ciel seulement ; Vous qui m'aurez donné le pardon sans le blâme, N'ayant connu mes torts que par mon repentir, Mes terrestres amours que par leur pure flamme, Pour qui je me fais juste et noble sans mentir, Dans un rêve où la vie est plus conforme à l'âme ! Chers passants, ne prenez de moi-même qu'un peu, Le peu qui vous a plu parce qu'il vous ressemble ; Mais de nous rencontrer ne formons point le voeu : Le vrai de l'amitié, c'est de sentir ensemble ; Le reste en est fragile, épargnons-nous l'adieu.
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Aux amis inconnus
Ces vers, je les dédie aux amis inconnus, À vous, les étrangers en qui je sens des proches, Rivaux de ceux que j'aime et qui m'aiment le plus, Frères envers qui seuls mon coeur est sans reproches Et dont les coeurs au mien sont librement venus. Comme on voit les ramiers sevrés de leurs volières Rapporter sans faillir, par les cieux infinis, Un cher message aux mains qui leur sont familières, Nos poèmes parfois nous reviennent bénis, Chauds d'un accueil lointain d'âmes hospitalières. Et quel triomphe alors ! Quelle félicité Orgueilleuse, mais tendre et pure, nous inonde, Quand répond à nos voix leur écho suscité, Par delà le vulgaire, en l'invisible monde Où les fiers et les doux se sont fait leur cité ! Et nous la méritons, cette ivresse suprême, Car si l'humanité tolère encor nos chants, C'est que notre élégie est son propre poème, Et que seuls nous savons, sur des rythmes touchants, En lui parlant de nous lui parler d'elle-même. Parfois un vers, complice intime, vient rouvrir Quelque plaie où le feu désire qu'on l'attise ; Parfois un mot, le nom de ce qui fait souffrir, Tombe comme une larme à la place précise Où le coeur méconnu l'attendait pour guérir. Peut-être un de mes vers est-il venu vous rendre Dans un éclair brûlant vos chagrins tout entiers, Ou, par le seul vrai mot qui se faisait attendre, Vous ai-je dit le nom de ce que vous sentiez, Sans vous nommer les yeux où j'avais dû l'apprendre. Vous qui n'aurez cherché dans mon propre tourment Que la sainte beauté de la douleur humaine, Qui, pour la profondeur de mes soupirs m'aimant, Sans avoir à descendre où j'ai conçu ma peine, Les aurez entendus dans le ciel seulement ; Vous qui m'aurez donné le pardon sans le blâme, N'ayant connu mes torts que par mon repentir, Mes terrestres amours que par leur pure flamme, Pour qui je me fais juste et noble sans mentir, Dans un rêve où la vie est plus conforme à l'âme ! Chers passants, ne prenez de moi-même qu'un peu, Le peu qui vous a plu parce qu'il vous ressemble ; Mais de nous rencontrer ne formons point le voeu : Le vrai de l'amitié, c'est de sentir ensemble ; Le reste en est fragile, épargnons-nous l'adieu.
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Fable II, Livre I. Aux lois de la nature, amis, soumettons-nous ; Toujours sa volonté l'emporta sur la nôtre. L'aimant disait au fer : Pourquoi me cherchez-vous ? Pourquoi m'attirez-vous ? soudain répondait l'autre. Notre faiblesse et ton pouvoir, Sexe enchanteur, s'expliqueraient de même ; Ainsi tu plais sans le vouloir ; Sans le vouloir, ainsi l'on t'aime.
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Le fer et l'aimant
Plus je t'observe Plus je te contourne Plus je te cisèle à distance Dans le marbre de Carrara Plus il m'apparaît Sans équivoque Que debout ou assise Allongée ou dans un étrange lotus De dos ou de profil Nue ou endormie Cartomancienne ou bohémienne Tu es mon rêve fait femme Le portrait craché de ma Muse. Partout où le vent me porte Je te vois flâner dans l'ombre de mes pas Un jour tu es Madone et tu me souris De ton piédestal de croix et de chapelets De bougies et d'encens qui brûlent L'instant d'après, cantatrice tu entonnes En soprano lyrique les grands airs de l'opéra Tu es fille de roi, tu es esclave Tu es servante mais toujours amoureuse. J'essaie de façonner dans la glaise Une à une les courbes parfaites Dont t'as doté la nature Et je ne vois que chair généreuse et souple Cuisses ouvertes et offertes Nonchalantes et sensuelles Je te vois forte et légère Bien ancrée à la terre comme au ciel Et même si je t'habille c'est nue que je te vois Que je te détaille sous ton masque Et que j'essaie de reproduire la lumière Qui nimbe ton corps. Et surtout je vois ton âme Inlassablement charnelle : Tes seins qui éclatent dans leur corset de soie Tes yeux qui sourient des larmes de joie Tes bras qui font des arabesques Tes fesses pulpeuses et fraîches Qui chevauchent les chevaux en transe Ta bouche qui mordille la peau des nuages Tes pieds de Gradiva qui s'enfoncent dans les sables mouvants Et tes mains qui me font signe au **** De chanter ta gloire éternelle. Le creux de ta nuque qui m'encourage Et m'invite à l'envol vers toi Et cette vulve souveraine au delà des monts et des mers Qui m'attire comme un aimant invisible Vers ton royaume et me charrie dans le flot De tes désirs les plus innommables. Finalement jour après nuit je m'accroche Aux fils de tes cheveux tressés En une longue natte de poissons gigotants Et de fruits odorants Pour m'accueillir à ton balcon Et je grimpe comme un funambule Pour te rejoindre Tu m'encourages de la parole de ton coeur Et le vent souffle et il ne reste que peu d'espace A parcourir pour vaincre la distance Qui nous sépare et nous lie Indissociablement l'un dans l'autre.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:41 AM UTC
Tu es mon rêve fait femme
Plus je t'observe Plus je te contourne Plus je te cisèle à distance Dans le marbre de Carrara Plus il m'apparaît Sans équivoque Que debout ou assise Allongée ou dans un étrange lotus De dos ou de profil Nue ou endormie Cartomancienne ou bohémienne Tu es mon rêve fait femme Le portrait craché de ma Muse. Partout où le vent me porte Je te vois flâner dans l'ombre de mes pas Un jour tu es Madone et tu me souris De ton piédestal de croix et de chapelets De bougies et d'encens qui brûlent L'instant d'après, cantatrice tu entonnes En soprano lyrique les grands airs de l'opéra Tu es fille de roi, tu es esclave Tu es servante mais toujours amoureuse. J'essaie de façonner dans la glaise Une à une les courbes parfaites Dont t'as doté la nature Et je ne vois que chair généreuse et souple Cuisses ouvertes et offertes Nonchalantes et sensuelles Je te vois forte et légère Bien ancrée à la terre comme au ciel Et même si je t'habille c'est nue que je te vois Que je te détaille sous ton masque Et que j'essaie de reproduire la lumière Qui nimbe ton corps. Et surtout je vois ton âme Inlassablement charnelle : Tes seins qui éclatent dans leur corset de soie Tes yeux qui sourient des larmes de joie Tes bras qui font des arabesques Tes fesses pulpeuses et fraîches Qui chevauchent les chevaux en transe Ta bouche qui mordille la peau des nuages Tes pieds de Gradiva qui s'enfoncent dans les sables mouvants Et tes mains qui me font signe au **** De chanter ta gloire éternelle. Le creux de ta nuque qui m'encourage Et m'invite à l'envol vers toi Et cette vulve souveraine au delà des monts et des mers Qui m'attire comme un aimant invisible Vers ton royaume et me charrie dans le flot De tes désirs les plus innommables. Finalement jour après nuit je m'accroche Aux fils de tes cheveux tressés En une longue natte de poissons gigotants Et de fruits odorants Pour m'accueillir à ton balcon Et je grimpe comme un funambule Pour te rejoindre Tu m'encourages de la parole de ton coeur Et le vent souffle et il ne reste que peu d'espace A parcourir pour vaincre la distance Qui nous sépare et nous lie Indissociablement l'un dans l'autre.
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I Viens, ô toi que j'adore, Ton pas est plus joyeux Que le vent des cieux ; Viens, les yeux de l'aurore Sont divins, mais tes yeux Me regardent mieux. Avril, c'est la jeunesse ; Viens, sortons, la maison, L'enclos, la prison, Le foyer, la sagesse, N'ont jamais eu raison Contre la saison. Pour peu que tu le veuilles, Nous serons heureux ; vois, L'aube est sur les toits, Et l'eau court sous les feuilles, Et l'on entend des voix Du ciel dans les bois. Toutes les douces choses, L'hirondelle au retour Dans la vieille tour, Les chansons et les roses Et la clarté du jour, Sont faites d'amour. Aimer, c'est la première Des lois du Dieu clément. Le bois est charmant ; Et c'est de la lumière, Et c'est du firmament Qu'on fait en aimant. Belle, à la mort tout change ; Le ciel s'ouvre, embaumé, Superbe, enflammé, Et nous dit : viens ! sois ange ! Mais qui n'a pas aimé Le trouve fermé. II Mai dans les bois recèle Les amours innocents, Les amours innocents, L'homme en est l'étincelle, Les amours innocents, La femme en est l'encens. Couchez-vous sur la mousse Dans le beau mois de mai ; Dans le beau mois de mai, La chose la plus douce Dans le beau mois de mai C'est quand on est aimé. Parcourez les charmilles, Les sources, les buissons, Les sources, les buissons ; Autour des jeunes filles, Les sources, les buissons Chanteront des chansons. Sitôt qu'une femme aime, Au fond de son esprit, Au fond de son esprit Brille l'aube elle-même ; Au fond de son esprit Une rose fleurit. Vous qui voulez des flammes, Vous qui voulez des fleurs, Vous qui voulez des fleurs, Cherchez-en dans les âmes ; Vous qui voulez des fleurs, Cherchez-en dans les coeurs.
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Air de la princesse d'Orange
I Viens, ô toi que j'adore, Ton pas est plus joyeux Que le vent des cieux ; Viens, les yeux de l'aurore Sont divins, mais tes yeux Me regardent mieux. Avril, c'est la jeunesse ; Viens, sortons, la maison, L'enclos, la prison, Le foyer, la sagesse, N'ont jamais eu raison Contre la saison. Pour peu que tu le veuilles, Nous serons heureux ; vois, L'aube est sur les toits, Et l'eau court sous les feuilles, Et l'on entend des voix Du ciel dans les bois. Toutes les douces choses, L'hirondelle au retour Dans la vieille tour, Les chansons et les roses Et la clarté du jour, Sont faites d'amour. Aimer, c'est la première Des lois du Dieu clément. Le bois est charmant ; Et c'est de la lumière, Et c'est du firmament Qu'on fait en aimant. Belle, à la mort tout change ; Le ciel s'ouvre, embaumé, Superbe, enflammé, Et nous dit : viens ! sois ange ! Mais qui n'a pas aimé Le trouve fermé. II Mai dans les bois recèle Les amours innocents, Les amours innocents, L'homme en est l'étincelle, Les amours innocents, La femme en est l'encens. Couchez-vous sur la mousse Dans le beau mois de mai ; Dans le beau mois de mai, La chose la plus douce Dans le beau mois de mai C'est quand on est aimé. Parcourez les charmilles, Les sources, les buissons, Les sources, les buissons ; Autour des jeunes filles, Les sources, les buissons Chanteront des chansons. Sitôt qu'une femme aime, Au fond de son esprit, Au fond de son esprit Brille l'aube elle-même ; Au fond de son esprit Une rose fleurit. Vous qui voulez des flammes, Vous qui voulez des fleurs, Vous qui voulez des fleurs, Cherchez-en dans les âmes ; Vous qui voulez des fleurs, Cherchez-en dans les coeurs.
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Sonnet. La pudeur n'a pas de clémence, Nul aveu ne reste impuni, Et c'est par le premier nenni Que l'ère des douleurs commence. De ta bouche où ton cœur s'élance Que l'aveu reste donc banni ! Le cœur peut offrir l'infini Dans la profondeur du silence. Baise sa main sans la presser Comme un lis facile à blesser, Qui tremble à la moindre secousse ; Et l'aimant sans nommer l'amour, Tais-lui que sa présence est douce, La tienne sera douce un jour.
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Silence
Vous êtes calme, vous voulez un vœu discret, Des secrets à mi-voix dans l'ombre et le silence, Le cœur qui se répand plutôt qu'il ne s'élance, Et ces timides, moins transis qu'il ne paraît. Vous accueillez d'un geste exquis telles pensées Qui ne marchent qu'en ordre et font le moins de bruit. Votre main, toujours prête à la chute du fruit, Patiente avec l'arbre et s'abstient de poussées. Et si l'immense amour de vos commandements Embrasse et presse tous en sa sollicitude, Vos conseils vont dicter aux meilleurs et l'étude Et le travail des plus humbles recueillements. Le pécheur, s'il prétend vous connaître et vous plaire, Ô vous qui nous aimant si fort parliez si peu. Doit et peut, à tout temps du jour comme en tout lieu, Bien faire obscurément sou devoir et se taire. Se taire pour le monde, un pur sénat de fous, Se taire sur autrui, des âmes précieuses, Car nous taire vous plaît, même aux heures pieuses, Même à la mort, sinon devant le prêtre et vous. Donnez-leur le silence et l'amour du mystère, Ô Dieu glorifieur du bien fait en secret, À ces timides moins transis qu'il ne paraît. Et l'horreur, et le pli des choses de la terre. Donnez-leur, ô mon Dieu, la résignation. Toute forte douceur, l'ordre et l'intelligence. Afin qu'au jour suprême ils gagnent l'indulgence De l'Agneau formidable en la neuve Sion, Afin qu'ils puissent dire : « Au moins nous sûmes croire », Et que l'Agneau terrible, ayant tout supputé, Leur réponde : « Venez, vous avez mérité. Pacifiques, ma paix, et, douloureux, ma gloire. »
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Vous êtes calme, vous voulez un voeu discret
Vous êtes calme, vous voulez un vœu discret, Des secrets à mi-voix dans l'ombre et le silence, Le cœur qui se répand plutôt qu'il ne s'élance, Et ces timides, moins transis qu'il ne paraît. Vous accueillez d'un geste exquis telles pensées Qui ne marchent qu'en ordre et font le moins de bruit. Votre main, toujours prête à la chute du fruit, Patiente avec l'arbre et s'abstient de poussées. Et si l'immense amour de vos commandements Embrasse et presse tous en sa sollicitude, Vos conseils vont dicter aux meilleurs et l'étude Et le travail des plus humbles recueillements. Le pécheur, s'il prétend vous connaître et vous plaire, Ô vous qui nous aimant si fort parliez si peu. Doit et peut, à tout temps du jour comme en tout lieu, Bien faire obscurément sou devoir et se taire. Se taire pour le monde, un pur sénat de fous, Se taire sur autrui, des âmes précieuses, Car nous taire vous plaît, même aux heures pieuses, Même à la mort, sinon devant le prêtre et vous. Donnez-leur le silence et l'amour du mystère, Ô Dieu glorifieur du bien fait en secret, À ces timides moins transis qu'il ne paraît. Et l'horreur, et le pli des choses de la terre. Donnez-leur, ô mon Dieu, la résignation. Toute forte douceur, l'ordre et l'intelligence. Afin qu'au jour suprême ils gagnent l'indulgence De l'Agneau formidable en la neuve Sion, Afin qu'ils puissent dire : « Au moins nous sûmes croire », Et que l'Agneau terrible, ayant tout supputé, Leur réponde : « Venez, vous avez mérité. Pacifiques, ma paix, et, douloureux, ma gloire. »
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Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable. Entend-il murmurer la forêt vénérable ? Regarde-t-il les fleurs ? regarde-t-il les cieux ? Il songe. La nature au front mystérieux Fait tout ce qu'elle peut pour apaiser les hommes ; Du coteau plein de vigne au verger plein de pommes Les mouches viennent, vont, reviennent ; les oiseaux Jettent leur petite ombre errante sur les eaux ; Le moulin prend la source et l'arrête au passage ; L'étang est un miroir où le frais paysage Se renverse et se change en vague vision ; Tout dans la profondeur fait une fonction ; Pas d'atome qui n'ait sa tâche ; tout s'agite ; Le grain dans le sillon, la bête dans son gîte, Ont un but ; la matière obéit à l'aimant ; L'immense herbe infinie est un fourmillement ; Partout le mouvement sans relâche et sans trêve, Dans ce qui pousse, croît, monte, descend, se lève, Dans le nid, dans le chien harcelant les troupeaux, Dans l'astre ; et la surface est le vaste repos ; En dessous tout s'efforce, en dessus tout sommeille ; On dirait que l'obscure immensité vermeille Qui balance la mer pour bercer l'alcyon, Et que nous appelons Vie et Création, Charmante, fait semblant de dormir, et caresse L'universel travail avec de la paresse. Quel éblouissement pour l'oeil contemplateur ! De partout, du vallon, du pré, de la hauteur, Du bois qui s'épaissit et du ciel qui rougeoie, Sort cette ombre, la paix, et ce rayon, la joie. Et maintenant, tandis qu'à travers les ravins, Une petite fille avec des yeux divins Et de lestes pieds nus dignes de Praxitèle, Chasse à coups de sarment sa chèvre devant elle, Voici ce qui remue en l'âme du banni : - Hélas ! tout n'est pas dit et tout n'est pas fini Parce qu'on a creusé dans la rue une fosse, Parce qu'un chef désigne un mur où l'on adosse De pauvres gens devant les feux de pelotons, Parce qu'on exécute au hasard, à tâtons, Sans choix, sous la mitraille et sous la fusillade, Pères, mères, le fou, le brigand, le malade, Et qu'on fait consumer en hâte par la chaux Des corps d'hommes sanglants et d'enfants encor chauds !
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À Vianden
Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable. Entend-il murmurer la forêt vénérable ? Regarde-t-il les fleurs ? regarde-t-il les cieux ? Il songe. La nature au front mystérieux Fait tout ce qu'elle peut pour apaiser les hommes ; Du coteau plein de vigne au verger plein de pommes Les mouches viennent, vont, reviennent ; les oiseaux Jettent leur petite ombre errante sur les eaux ; Le moulin prend la source et l'arrête au passage ; L'étang est un miroir où le frais paysage Se renverse et se change en vague vision ; Tout dans la profondeur fait une fonction ; Pas d'atome qui n'ait sa tâche ; tout s'agite ; Le grain dans le sillon, la bête dans son gîte, Ont un but ; la matière obéit à l'aimant ; L'immense herbe infinie est un fourmillement ; Partout le mouvement sans relâche et sans trêve, Dans ce qui pousse, croît, monte, descend, se lève, Dans le nid, dans le chien harcelant les troupeaux, Dans l'astre ; et la surface est le vaste repos ; En dessous tout s'efforce, en dessus tout sommeille ; On dirait que l'obscure immensité vermeille Qui balance la mer pour bercer l'alcyon, Et que nous appelons Vie et Création, Charmante, fait semblant de dormir, et caresse L'universel travail avec de la paresse. Quel éblouissement pour l'oeil contemplateur ! De partout, du vallon, du pré, de la hauteur, Du bois qui s'épaissit et du ciel qui rougeoie, Sort cette ombre, la paix, et ce rayon, la joie. Et maintenant, tandis qu'à travers les ravins, Une petite fille avec des yeux divins Et de lestes pieds nus dignes de Praxitèle, Chasse à coups de sarment sa chèvre devant elle, Voici ce qui remue en l'âme du banni : - Hélas ! tout n'est pas dit et tout n'est pas fini Parce qu'on a creusé dans la rue une fosse, Parce qu'un chef désigne un mur où l'on adosse De pauvres gens devant les feux de pelotons, Parce qu'on exécute au hasard, à tâtons, Sans choix, sous la mitraille et sous la fusillade, Pères, mères, le fou, le brigand, le malade, Et qu'on fait consumer en hâte par la chaux Des corps d'hommes sanglants et d'enfants encor chauds !
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Vous aviez l'âge où flotte encore La double natte sur le dos, Mais où l'enfant qu'elle décore Sent le prix de pareils fardeaux ; L'âge où l'œil déjà nous évite, Quand, sous des vêtements moins courts, Devant sa mère, droit et vite, On va tous les matins au cours ; Où déjà l'on pince les lèvres Au tutoiement d'un grand garçon, Lasse un peu des tendresses mièvres Pour la poupée au cœur de son. Alors mon idéal suprême N'était pas l'inouï bonheur, En aimant, d'être aimé moi-même, Mais d'en mourir avec honneur, De vous arracher votre estime Sous les tenailles des bourreaux, Dans un martyre magnanime, Car les enfants sont des héros ! Si les enfants ont l'air timide, C'est qu'ils n'osent que soupirer, Se sentant le cœur intrépide, Mais trop humble pour espérer. Comme un page épris d'une reine, Je n'avais d'autre ambition Que de ramasser dans l'arène Votre gant au pied d'un lion. Mais une demoiselle sage Ne laisse pas traîner son gant. Le vôtre, un jour, sur mon passage Échappa de vos doigts pourtant. Oh ! Ce fut bien involontaire ! Mais j'en frémis. Comment laisser Sous vos yeux votre gant par terre, Quand je n'avais qu'à me baisser ? C'était au parloir du collège, Pas un lion sur mon chemin. - « Allons, courage ! » me disais-je, Le devoir me poussait la main ; Mais mon trouble demandait grâce Au défi de ce gant perdu, Et c'est le dernier de ma classe, Madame, qui vous l'a rendu.
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Fort en thème
De ses voyages il n’en tirera ni gloire ni fortune D’eux il y découvrira sagesse et repos intérieur         un language qui ne nécessite que l’usage de peu de mots         réponses aux questions que tous se posent         auxquelles aucune explication élaborée ne pourra-t-il fournir Le voyage est personnel dit-il, Le périple donne lumière à ces interrogations nous concernant tous         à travers l’analyse et notre compréhension de l’autre         de soi Le voyage n’a nullement besoin de motivation ou de raison Le voyage en soi est une quête de soi Comprendre le monde afin de se comprendre soi Savoir s’accepter en acceptant le monde dans lequel         nous ne choisissons pas mais vivons Apprendre à s’aimer soi en aimant le monde,         Notre Monde Car en bout de piste, Nous sommes notre propre Voyage Nous sommes non seulement notre propre monde Nous sommes le Monde
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Apr 15, 2025
Apr 15, 2025 at 1:33 PM UTC
De ses voyages
Ce ne sont pas des mains d'altesse, De beau prélat quelque peu saint, Pourtant une délicatesse Y laisse son galbe succinct. Ce ne sont pas des mains d'artiste, De poète proprement dit, Mais quelque chose comme triste En fait comme un groupe en petit ; Car les mains ont leur caractère, C'est tout un monde en mouvement Où le pouce et l'auriculaire Donnent les pôles de l'aimant. Les météores de la tête Comme les tempêtes du cœur, Tout s'y répète et s'y reflète Par un don logique et vainqueur. Ce ne sont pas non plus les palmes D'un rural ou d'un faubourien ; Encor leurs grandes lignes calmes Disent « Travail qui ne doit rien. » Elles sont maigres, longues, grises, Phalange large, ongle carré. Tels en ont aux vitraux d'églises Les saints sous le rinceau doré, Ou tels quelques vieux militaires Déshabitués des combats Se rappellent leurs longues guerres Qu'ils narrent entre haut et bas. Ce soir elles ont, ces mains sèches, Sous leurs rares poils hérissés, Des airs spécialement rêches, Comme en proie à d'âpres pensers. Le noir souci qui les agace, Leur quasi-songe aigre les font Faire une sinistre grimace À leur façon, mains qu'elles sont. J'ai peur à les voir sur la table Préméditer là, sous mes yeux, Quelque chose de redoutable, D'inflexible et de furieux. La main droite est bien à ma droite, L'autre à ma gauche, je suis seul. Les linges dans la chambre étroite Prennent des aspects de linceul, Dehors le vent hurle sans trêve, Le soir descend insidieux... Ah ! si ce sont des mains de rêve, Tant mieux, - ou tant pis, - ou tant mieux !
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Mains
Ce ne sont pas des mains d'altesse, De beau prélat quelque peu saint, Pourtant une délicatesse Y laisse son galbe succinct. Ce ne sont pas des mains d'artiste, De poète proprement dit, Mais quelque chose comme triste En fait comme un groupe en petit ; Car les mains ont leur caractère, C'est tout un monde en mouvement Où le pouce et l'auriculaire Donnent les pôles de l'aimant. Les météores de la tête Comme les tempêtes du cœur, Tout s'y répète et s'y reflète Par un don logique et vainqueur. Ce ne sont pas non plus les palmes D'un rural ou d'un faubourien ; Encor leurs grandes lignes calmes Disent « Travail qui ne doit rien. » Elles sont maigres, longues, grises, Phalange large, ongle carré. Tels en ont aux vitraux d'églises Les saints sous le rinceau doré, Ou tels quelques vieux militaires Déshabitués des combats Se rappellent leurs longues guerres Qu'ils narrent entre haut et bas. Ce soir elles ont, ces mains sèches, Sous leurs rares poils hérissés, Des airs spécialement rêches, Comme en proie à d'âpres pensers. Le noir souci qui les agace, Leur quasi-songe aigre les font Faire une sinistre grimace À leur façon, mains qu'elles sont. J'ai peur à les voir sur la table Préméditer là, sous mes yeux, Quelque chose de redoutable, D'inflexible et de furieux. La main droite est bien à ma droite, L'autre à ma gauche, je suis seul. Les linges dans la chambre étroite Prennent des aspects de linceul, Dehors le vent hurle sans trêve, Le soir descend insidieux... Ah ! si ce sont des mains de rêve, Tant mieux, - ou tant pis, - ou tant mieux !
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