#maltraitance
On me dit que c’est pour mon bien.
Mon bien me fait souffrir.
Mon bien m’a laissé des traumatismes.
Mon bien me fait peur.
Les portes s’ouvrent,
Un couloir d’hôpital blanc,
Odeur de désinfectant et silence pesant,
Sans lumière du jour.
L’enfer que tout le monde nomme mon bien.
En me rendant à ma chambre,
Je croise des regards fatigués,
Des yeux épuisés de se battre.
Comment cela est censé être mon bien ?
Puis vient l’heure du repas.
Je tremble devant l’assiette.
Chaque bouchée est un combat.
Mes mains refusent, mon corps crie,
Et elle hurle à côté,
Comme si ma douleur n’était rien.
Comme si je n’étais rien.
On me dit que ce n’est pas de ma faute.
Que c’est la maladie.
Mais quand je n’y arrive pas,
On me crie dessus.
On me punit.
Puis vient le tube.
Froid contre ma peau,
Il glisse sans douceur dans ma gorge.
Mes mains tremblent, je veux reculer,
Mais on me tient, on m’ordonne.
Ils l’appellent soin.
Moi, j’y vois la violence.
L’intrusion.
La honte.
Je pleure sans bruit,
Eux parlent de protocole.
Et un jour, le bolus.
Je dis que ça va trop vite.
On ne m’écoute pas.
J’ai envie de vomir.
Ma gorge brûle, mes mains tremblent.
On s’en fout.
Je supplie qu’on ralentisse.
On rit à côté.
Après le bolus,
Le corps tremblant,
Je leur répète que c’était trop rapide.
Que c’était au dossier.
Que j’avais raison.
Et pourtant, rien.
Pas d’excuses.
Pas un regard.
Ils ont ignoré ma souffrance.
Ils ont forcé ce qui ne devait pas l’être.
Des rivières coulent sur mes joues.
La seule chose qui peut me calmer,
On me l’a enlevée.
On m’empêche.
On m’interdit.
Pourtant,
J’avais juste besoin de mon père.
Au final, on me dit que l’hôpital m’a sauvé la vie.
Mais je n'oublierai pas.
Tout ce qu’ils appellent soins,
M’a laissé cicatrices et angoisses.
Mais je parlerai
Ma voix, ma douleure, mon histoire :
Je ne les garderai plus silencieuses.
On m’a dit que c’était pour mon bien,
Mais mon bien s’est perdu dans leur rires.
Que l’on entende ma souffrance.
Que l’on voit leurs erreurs.
Que personne d’autres subissent en silence ce qu’ils appellent “soin”.
Oct 25, 2025
Oct 25, 2025 at 10:22 AM UTC
J’ai grandi dans une maison de travers
Où la peur régnait, nuit et jour.
J’ai dormi dans un lit de débris de verre,
Mes espoirs pour unique secours.
L’affection se transmettait à l’envers,
Il fallait, sans cesse, mériter l’amour.
Contre les coupures et le froid pervers,
Je me suis bâtie par de longs détours.
J'ai appris tôt à ignorer mes blessures,
A sourire droit sous les plafonds qui écrasent
A m'évader en infiltrant les fissures
Pour oublier que tout est pourri à la base.
Jan 27
Jan 27, 2026 at 2:05 PM UTC