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#hippocampe
Mon hippocampe, Donne-moi juste deux minutes Le temps que je te vaccine Religieusement De ma machette Le temps que je chante ma diane : La la la la la la la la la lo lé lo la ! La la la la la la la la la lo lé lo la ! Je psalmodie Un, deux, Un, deux, trois... Un, deux, Un, deux, trois... J'offre cette rumba à la santé de nos petites morts De ces petites morts Qui nous précèdent, nous suivent et nous hantent. Au son des trois tambours de la rumba Tu chantes faite bouteille de rhum Et je te réponds en choeur cuillère et verre vide. A la première reprise, chassée croisée, Tu chantes le thème A la deuxième reprise, mollets cambrés, Je chante aussi couteau et toi assiette. A la troisième reprise, Moi, rayon de lune de lune, Toi, croissant de soleil, Frappons des mains à l'unisson Communions avec nos morts sur l'aire de danse Qu'ont foulée leurs chevaux de possession Qui nous tiennent encore en bride Et contiennent nos ombres. Je me présente : Orphée Je bombe le torse et je te dévisage Tu te présentes : Eurydice Tu te déhanches avec malice et tu me toises. Un, deux, Un, deux, trois... Un, deux, trois, Un, deux... Mélangeons les syncopes, Pervertissons la parade, Convoquons un nouveau rituel, Désarticulons la chorégraphie, Nos corps interchangeables fusionnent En une seule ombre : Tu m'aguiches, Je trémousse des épaules, Tu m'habilles et déshabilles de tes passes, Et je te chevauche de mon foulard écarlate en miroir inversé. Viens en marchant Dansons, marchons, Suivons la clave Vêtus de blanc Gratifions nos petites morts d'une rumba Plions, élevons, sautons, cabriolons Retombons, tortillons, détortillons Cambre le dos que je me déhanche ! Entre postures et figures Improvisons, rusons, sautons-matons Caracolons Dans le chaud tempo Des trois tambours de la rumba. Et si je te vaccine A l'improviste Dérobe-toi, esquive-toi, nargue-moi Pour que nos petites morts applaudissent à tout rompre Leurs virtuoses Et tortillent elles aussi du croupion .
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:49 PM UTC
Mon hippocampe
Mon hippocampe, Donne-moi juste deux minutes Le temps que je te vaccine Religieusement De ma machette Le temps que je chante ma diane : La la la la la la la la la lo lé lo la ! La la la la la la la la la lo lé lo la ! Je psalmodie Un, deux, Un, deux, trois... Un, deux, Un, deux, trois... J'offre cette rumba à la santé de nos petites morts De ces petites morts Qui nous précèdent, nous suivent et nous hantent. Au son des trois tambours de la rumba Tu chantes faite bouteille de rhum Et je te réponds en choeur cuillère et verre vide. A la première reprise, chassée croisée, Tu chantes le thème A la deuxième reprise, mollets cambrés, Je chante aussi couteau et toi assiette. A la troisième reprise, Moi, rayon de lune de lune, Toi, croissant de soleil, Frappons des mains à l'unisson Communions avec nos morts sur l'aire de danse Qu'ont foulée leurs chevaux de possession Qui nous tiennent encore en bride Et contiennent nos ombres. Je me présente : Orphée Je bombe le torse et je te dévisage Tu te présentes : Eurydice Tu te déhanches avec malice et tu me toises. Un, deux, Un, deux, trois... Un, deux, trois, Un, deux... Mélangeons les syncopes, Pervertissons la parade, Convoquons un nouveau rituel, Désarticulons la chorégraphie, Nos corps interchangeables fusionnent En une seule ombre : Tu m'aguiches, Je trémousse des épaules, Tu m'habilles et déshabilles de tes passes, Et je te chevauche de mon foulard écarlate en miroir inversé. Viens en marchant Dansons, marchons, Suivons la clave Vêtus de blanc Gratifions nos petites morts d'une rumba Plions, élevons, sautons, cabriolons Retombons, tortillons, détortillons Cambre le dos que je me déhanche ! Entre postures et figures Improvisons, rusons, sautons-matons Caracolons Dans le chaud tempo Des trois tambours de la rumba. Et si je te vaccine A l'improviste Dérobe-toi, esquive-toi, nargue-moi Pour que nos petites morts applaudissent à tout rompre Leurs virtuoses Et tortillent elles aussi du croupion .
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Jeter ma gourme Voilà ce que je voudrais faire Et surtout la jeter avec toi Et commettre ainsi mes premières frasques Ou plutôt les secondes Car j'ai oublié les premières. Jeter sa gourme Ce n'est pas se gourmer Ce n'est pas un duel C'est faire exploser sa pureté séminale Et vouloir semer sa semence Aux quatre vents Mais moi ma semence telle une pivoine sauvage Vole légère et virginale pour se blottir en toi Te pénétrer, te fertiliser, ma méduse pélagique, à l'ombrelle bleue et rose, Jusqu'aux derniers interstices Accepte ma gourme, translucide et molle Je ne la jette pas Je te l'offre, cette efflorescence, Je te la destine Je te l'adresse dans tes eaux. Je suis dans ma seconde jeunesse Et je te prie de croire que cette gourme Est un précipité pimenté de cheval, d'hippocampe et d'hippopotame Même si elle n 'a rien d'un mastodonte. Et non seulement je veux qu'elle te fertilise Mais je veux que tu la goûtes Et la savoure comme un bon bourgogne Ou beaujolais nouveau Je veux que tu t'en badigeonnes Le corps et l'âme Je veux que tu t'en maquilles Les lèvres et les paupières Et que ce fluide soit ta crème de beauté permanente. Je veux que dans chaque café du petit matin Une deux ou trois gouttelettes de cette gourme vienne sucrer ta journée Et l'égayer de délicieuses bandaisons intimes Et invisibles mais réelles Lèche, prends, c'est de la tendresse liquide De la chaleur liquide De l'amour liquide C'est ma cyprine à moi Et comme je suis bavard et volubile Je m'en sers pour t'écrire En hiéroglyphes dont seule toi peut lire Les encres sympathiques Et je te dis : Ma gourme t'aime maintenant Ma douce, torride et brûlante Pelagia noctulica.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 4:11 AM UTC
Gourme
Jeter ma gourme Voilà ce que je voudrais faire Et surtout la jeter avec toi Et commettre ainsi mes premières frasques Ou plutôt les secondes Car j'ai oublié les premières. Jeter sa gourme Ce n'est pas se gourmer Ce n'est pas un duel C'est faire exploser sa pureté séminale Et vouloir semer sa semence Aux quatre vents Mais moi ma semence telle une pivoine sauvage Vole légère et virginale pour se blottir en toi Te pénétrer, te fertiliser, ma méduse pélagique, à l'ombrelle bleue et rose, Jusqu'aux derniers interstices Accepte ma gourme, translucide et molle Je ne la jette pas Je te l'offre, cette efflorescence, Je te la destine Je te l'adresse dans tes eaux. Je suis dans ma seconde jeunesse Et je te prie de croire que cette gourme Est un précipité pimenté de cheval, d'hippocampe et d'hippopotame Même si elle n 'a rien d'un mastodonte. Et non seulement je veux qu'elle te fertilise Mais je veux que tu la goûtes Et la savoure comme un bon bourgogne Ou beaujolais nouveau Je veux que tu t'en badigeonnes Le corps et l'âme Je veux que tu t'en maquilles Les lèvres et les paupières Et que ce fluide soit ta crème de beauté permanente. Je veux que dans chaque café du petit matin Une deux ou trois gouttelettes de cette gourme vienne sucrer ta journée Et l'égayer de délicieuses bandaisons intimes Et invisibles mais réelles Lèche, prends, c'est de la tendresse liquide De la chaleur liquide De l'amour liquide C'est ma cyprine à moi Et comme je suis bavard et volubile Je m'en sers pour t'écrire En hiéroglyphes dont seule toi peut lire Les encres sympathiques Et je te dis : Ma gourme t'aime maintenant Ma douce, torride et brûlante Pelagia noctulica.
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