#enfance
Je sais pourquoi ces ombres me terrifient
Parce qu'elles n'ont pas de visage
Parce que je n'arrive pas à dire leur nom
Parce que je ne sais pas leur faire face
Parce que je ne sais pas leur dire non
Parce qu'elles font rôder la mort
Parce qu'elles signifient le châtiment
Parce qu'elles sont le sort
Parce qu'elles sont le tourment
Parce qu'elles sont vacillantes
Parce qu'elles disparaissent
Parce qu'elles sont l'enfance
Parce qu'elles réaparaissent
Parce qu'elles sont incontrôlables
Parce qu'elles me tendent un miroir
Parce qu'elles me mettent minable
Parce qu'elles répandent le noir
Parce qu'elles sont des menaces
Parce qu'elles sont une partie de moi
Parce qu'elles sont tenaces
Parce qu'elles ne se taisent pas
Dec 2, 2025
Dec 2, 2025 at 5:49 PM UTC
J’ai grandi dans une maison de travers
Où la peur régnait, nuit et jour.
J’ai dormi dans un lit de débris de verre,
Mes espoirs pour unique secours.
L’affection se transmettait à l’envers,
Il fallait, sans cesse, mériter l’amour.
Contre les coupures et le froid pervers,
Je me suis bâtie par de longs détours.
J'ai appris tôt à ignorer mes blessures,
A sourire droit sous les plafonds qui écrasent
A m'évader en infiltrant les fissures
Pour oublier que tout est pourri à la base.
Jan 27
Jan 27, 2026 at 2:05 PM UTC
La sensation s'apparente à une simple présence
Incongrue et abstraite, tant sa distance
De ces souvenirs qui exigent le poids des vivants
Comme promesse qu'ensemble nous traverserons le temps
Et tend à cette conviction presque vide de sens
Que les acteurs éternels de la tendre enfance
Puissent ainsi, pas à pas, suivre nos traces dans l'ombre
Pour que ce peuple d'éther ne s'ajourne que dans la tombe
Et que tombe cette folle histoire insensée, peu à peu
Que le temps calcinera de son souffle de feu
Ranimant en nous la flamme de ces instants d'ivresse
Pour que reste derrière nous ces souvenirs délestés
Et mieux vaut de son gré engendrer la cadence
Que de subir dans la l'angoisse les désirs de délivrance
Délaissant patiemment toute envie de se réjouir
Pour que s'endorme dans la cendre ces trop lourds souvenirs
Et quand viendra finalement la sensation de dissonance,
Que la lourdeur de l'homme aspirant la transcendance
S'exténue et s'allège dans l'accord des déceptions
Pour qu'enfin vive souverain ce pays d'ombres et d'illusions.
Et que sombre dérisoirement chaque pensée, peu à peu,
Que le temps effacera d'un seul geste d'adieux
Renvoyant au néant l'âme de ces habitants célestes
Pour que ne gise sur la toile qu'une confuse fresque.
Mar 28, 2021
Mar 28, 2021 at 5:50 PM UTC
je ne suis qu'une femme
qui cache un enfant derrière son visage
cette fille qui me tient la main
et qui me suit avec pieds lourds
yeux soit au soleil ou au sol
mais jamais devant elle
et moi, je dois toujours
regarder derrière moi
pour faire certaine qu'elle n'est pas tombé
encore sur la terrain que nous traversons ensemble
ensemble, mais pas du tout
la même personne
je suis une femme, mais pas encore
fini mon enfance
Mar 8, 2014
Mar 8, 2014 at 1:05 AM UTC