#blessure
J'ai croisé hier une âme torturée
Elle gisait par terre sur le trottoir
L'œil hagard, l'aile à moitié repliée
Les passants faisant semblant de voir
Je l'ai saisie tout doucement
Bercée délicatement dans mes bras
Je lui ai parlé calmement
Pour lui faire croire en moi
Petit à petit j'ai vu une étincelle
Lentement revenir à ses prunelles
Un éclair furtif, comme un espoir
D'une vivacité à demi réveillée
Alors elle a relevé sa tête meurtrie,
Bête blessée qui redoute encore les cris,
Elle tremblait, amaigrie, indécise,
Craignant qu’un regard ne la brise.
Je suis resté là sans rien exiger,
Présence simple, sans mots à poser,
Elle n’avait pas besoin d’être sauvée,
Seulement du temps pour se retrouver.
Sous mes doigts, j’ai senti son souffle changer,
Plus lent, plus sûr, presque apaisé,
Ce n’était pas guérir, ni même espérer,
Juste assez de force pour se relever.
Alors doucement je l’ai laissée partir,
L’aile encore lourde, mais prête à s’ouvrir,
A l'instant de s'envoler un dernier regard
Où j'ai aperçu mon reflet en miroir.
Dec 29, 2025
Dec 29, 2025 at 7:36 AM UTC
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour.
Hier encore la fête, les nombreux petits-fours,
Le sel des cacahuètes et le son des tambours.
Aujourd'hui qu'elle est **** la joie de Mariette :
Quelques restes de pain sur la table - des miettes -
Et des grains de raisins que grignotent les guêpes,
Quand le rouge du vin nous fait perdre la tête.
Ils cliquettent les rires et grelottent les os ;
Il chuinte le sabir des cages dans ce zoo :
Mariette et Amir sont partis tout là-haut
Sans même prévenir : j'en ai froid dans le dos.
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour.
Amir était poète, Mariette un amour.
Qui sait que la mort guette quand on a de l'humour ?
Hier, à la rivière, nous lancions des pierres,
Les canettes de bières et les traits de lumières
Éclairaient nos visages et plissaient nos regards :
Qui sait que les présages ressembl'nt aux nénuphars ?
Mariette portait ses jolies perles jaunes
Et son rire de Corte. Amir était un faune
Dont la longue crinière nous mettaient en chaleur.
Qu'ils étaient beaux et fiers : quand j'y pense je pleure
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour.
C'est une étrange valse, une valse à trois temps,
Celle du temps qui passe et te chasse, entêtant.
Hier, ce jour, demain : étourdissant manège
Aux chevaux de bois dur où je pleurais enfant.
Osselets de mes mains, et mes pieds dans la neige :
Quelle est cette blessure où s'épuise mon sang ?
Mariette pleurait et riait à la fois,
Qu'Amir aux yeux dorés nous raconte l'émoi
De leur premier baiser sous un bel amandier.
Leurs visages apaisés nous ont incendiés.
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour...
Nov 12, 2017
Nov 12, 2017 at 3:09 AM UTC