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Sonnet. Maître, qui du grand art levant le pur flambeau, Pour consoler la chair besoigneuse et fragile, Redis la gloire antique à cette exquise argile, Ton corps va donc subir l'outrage du tombeau ! Ton âme a donc rejoint le somnolent troupeau Des ombres sans désirs, où l'attendait Virgile, Toi qui, né pour le jour d'où le trépas t'exile, Faisais des voluptés les prêtresses du beau ! Ah ! Les dieux (si les dieux y peuvent quelque chose) Devaient ravir ce corps dans une apothéose, Incorruptible chair l'embaumer pour toujours ; Et l'âme ! L'envoyer dans la nature entière Savourer librement, éparse en la matière, L'ivresse des couleurs et la paix des contours !
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À Théophile Gautier
Sonnet. Maître, qui du grand art levant le pur flambeau, Pour consoler la chair besoigneuse et fragile, Redis la gloire antique à cette exquise argile, Ton corps va donc subir l'outrage du tombeau ! Ton âme a donc rejoint le somnolent troupeau Des ombres sans désirs, où l'attendait Virgile, Toi qui, né pour le jour d'où le trépas t'exile, Faisais des voluptés les prêtresses du beau ! Ah ! Les dieux (si les dieux y peuvent quelque chose) Devaient ravir ce corps dans une apothéose, Incorruptible chair l'embaumer pour toujours ; Et l'âme ! L'envoyer dans la nature entière Savourer librement, éparse en la matière, L'ivresse des couleurs et la paix des contours !