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Image de la mort, effroi du tendre amour, Sommeil, emporte au **** ce songe épouvantable ! La mort est dans l'adieu d'un ami véritable : Ah ! ne m'avertis pas que l'on se quitte un jour ! Dans ton vol escorté de fantômes livides, Va rendre, s'il se peut, la mémoire aux ingrats ; Passe comme un miroir devant ces cœurs arides, Et sous leurs traits hideux va leur tendre les bras ! Que l'avare, étendu dans son étroite couche, Rêve une fausse clef près d'atteindre son or ; Qu'il crie, et que sa voix meurt au fond de sa bouche, Et qu'un bras invisible entr'ouvre son trésor ! Qu'il entende compter ses richesses cachées ; Que la lampe expirante y jette sa lueur ; Paralyse ses mains sur lui-même attachées, Et qu'il tremble, inondé d'une froide sueur ! Va tromper des tyrans les pâles sentinelles, Fais circuler la crainte autour de leurs rideaux ; Dissipe les grandeurs qu'ils croyaient éternelles, Et de pavots sanglants épaissis leurs bandeaux ! Force de ce palais l'enceinte inaccessible ; Ose annoncer la mort au cœur d'un mauvais roi ; Ordonne à ce cœur insensible D'être au moins sensible à l'effroi ! Montre-lui la vengeance implacable, dans l'ombre, Sous les traits d'un esclave armé de tous ses fers ; Montre-lui le poignard au feu mourant et sombre Des yeux qu'il fit pleurer : c'est le feu des enfers. Que le beffroi s'ébranle, et tinte à son oreille La fureur populaire et son nom abhorré ; Que sa porte d'airain en tombant le réveille Et qu'il ne puisse fuir par la peur égaré ! Mais laisse à l'amour pur des songes sans alarmes ; Laisse au temps à dissoudre un nœud si doux, si fort ! Malheureux, quand l'amour daigne enchanter nos larmes, On ne veut plus croire à la mort !
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Au sommeil
Image de la mort, effroi du tendre amour, Sommeil, emporte au **** ce songe épouvantable ! La mort est dans l'adieu d'un ami véritable : Ah ! ne m'avertis pas que l'on se quitte un jour ! Dans ton vol escorté de fantômes livides, Va rendre, s'il se peut, la mémoire aux ingrats ; Passe comme un miroir devant ces cœurs arides, Et sous leurs traits hideux va leur tendre les bras ! Que l'avare, étendu dans son étroite couche, Rêve une fausse clef près d'atteindre son or ; Qu'il crie, et que sa voix meurt au fond de sa bouche, Et qu'un bras invisible entr'ouvre son trésor ! Qu'il entende compter ses richesses cachées ; Que la lampe expirante y jette sa lueur ; Paralyse ses mains sur lui-même attachées, Et qu'il tremble, inondé d'une froide sueur ! Va tromper des tyrans les pâles sentinelles, Fais circuler la crainte autour de leurs rideaux ; Dissipe les grandeurs qu'ils croyaient éternelles, Et de pavots sanglants épaissis leurs bandeaux ! Force de ce palais l'enceinte inaccessible ; Ose annoncer la mort au cœur d'un mauvais roi ; Ordonne à ce cœur insensible D'être au moins sensible à l'effroi ! Montre-lui la vengeance implacable, dans l'ombre, Sous les traits d'un esclave armé de tous ses fers ; Montre-lui le poignard au feu mourant et sombre Des yeux qu'il fit pleurer : c'est le feu des enfers. Que le beffroi s'ébranle, et tinte à son oreille La fureur populaire et son nom abhorré ; Que sa porte d'airain en tombant le réveille Et qu'il ne puisse fuir par la peur égaré ! Mais laisse à l'amour pur des songes sans alarmes ; Laisse au temps à dissoudre un nœud si doux, si fort ! Malheureux, quand l'amour daigne enchanter nos larmes, On ne veut plus croire à la mort !