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*** d' Enrique Díez-Canedo "El desterrado" Todo lo llevas contigo, tú, que nada tienes. Lo que no te han de quitar los reveses porque es tuyo y sólo tuyo, porque es íntimo y perenne, y es raíz, es tallo, es hoja, flor y fruto, aroma y jugo, todo a la vez, para siempre. No es recuerdo que subsiste ni anhelo que permanece; no es imagen que perdura, ni ficción, ni sombra. En este sentir tuyo y sólo tuyo, nada se pierde: lo pasado y lo abolido, se halla, vivo y presente, se hace materia en tu cuerpo, carne en tu carne se vuelve, carne de la carne tuya, ser del ser que eres, uno y todos entre tantos que fueron, y son, y vienen, hecho de patria y de ausencia, tiempo eterno y hora breve, de nativa desnudez y adquiridos bienes. De aquellos imperturbables amaneceres en que la luz de tu estancia se adueñaba tenue pintando vidrios y cuadros, libros y muebles; de aquellos días de afanes o placeres, de vacilación o estudio, de tenso querer, de inerte voluntad; de cuantos hilos tu vida tejen, no hay una urdimbre quebrada ni un matiz más débil. .. Nadie podrá desterrarte de estos continentes que son carne y tierra tuya: don sin trueque, conquista sin despojo, prenda de vida sin muerte. Nadie podrá desterrarte; tierra fuiste, tierra fértil, y serás tierra, y más tierra cuando te entierren. No desterrado, enterrado serás tierra, polvo y germen. El desterrado. 1940                                                                          *** Traduction de "L'exilé" Tu portes tout avec toi, Toi que n’as plus rien. Qui n'existe que pour ce que tu laisses derrière toi. Les revers, parce ils sont tiens et seulement tiens, Parce que cette défaite est intime et définitive, qu'elle est à la fois ta racine, ta tige, et aussi ta feuille, mais aussi cette fleur et ce fruit, son parfum et son suc. Tout à la fois et pour toujours. Il n'y a pas de souvenir qui subsiste ni de désir ardent qui reste. Il n’y a pas d'image qui dure ni même de fiction, ni d'ombre. Dans cette manière de ressentir, Il n'y a que toi et seulement toi rien ne se perds : le passé est aboli. Lui et elle se retrouvent vivants et présents, la matière prend forme dans ton corps une chair dans ta chair se retrouve chair de ta propre chair, être de l'être dont tu es. Un et multiple entre tant Qui furent, sont et furent façonnés par leur patrie et aussi par son absence de temps éternel et d’heure brève, de nudité native et de biens amassés par ces aubes imperturbables, dans lesquelles la lumière de ton séjour s'emparait de manière ténue en peignant des verres, des tableaux, des livres et des meubles ; Lors de ces jours de labeurs ou de plaisirs, de vacillements ou d’études, De tension propulsive, ou de volonté inerte. Par combien de fils, de ta vie sont tissés. Il n'y a pas de chaîne rompue ni de nuances infimes ... Personne ne pourra t'exiler de ces continents Qui sont ta chair et ta Terre : Toi l'Homme sans compromission Sans conquête ni dépouille Part de la vie sans mort. D’une terre où tu es née, de cette Terre fertile. Et tu trouveras prive de Terre Quand ils t'enterreront, Comme une poussière de grains et en germe. "L’exilé." 1940
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Dec 24, 2016
Dec 24, 2016 at 1:11 AM UTC
"El desterrado"/L'Exilé ( The Exile People )
*** d' Enrique Díez-Canedo "El desterrado" Todo lo llevas contigo, tú, que nada tienes. Lo que no te han de quitar los reveses porque es tuyo y sólo tuyo, porque es íntimo y perenne, y es raíz, es tallo, es hoja, flor y fruto, aroma y jugo, todo a la vez, para siempre. No es recuerdo que subsiste ni anhelo que permanece; no es imagen que perdura, ni ficción, ni sombra. En este sentir tuyo y sólo tuyo, nada se pierde: lo pasado y lo abolido, se halla, vivo y presente, se hace materia en tu cuerpo, carne en tu carne se vuelve, carne de la carne tuya, ser del ser que eres, uno y todos entre tantos que fueron, y son, y vienen, hecho de patria y de ausencia, tiempo eterno y hora breve, de nativa desnudez y adquiridos bienes. De aquellos imperturbables amaneceres en que la luz de tu estancia se adueñaba tenue pintando vidrios y cuadros, libros y muebles; de aquellos días de afanes o placeres, de vacilación o estudio, de tenso querer, de inerte voluntad; de cuantos hilos tu vida tejen, no hay una urdimbre quebrada ni un matiz más débil. .. Nadie podrá desterrarte de estos continentes que son carne y tierra tuya: don sin trueque, conquista sin despojo, prenda de vida sin muerte. Nadie podrá desterrarte; tierra fuiste, tierra fértil, y serás tierra, y más tierra cuando te entierren. No desterrado, enterrado serás tierra, polvo y germen. El desterrado. 1940                                                                          *** Traduction de "L'exilé" Tu portes tout avec toi, Toi que n’as plus rien. Qui n'existe que pour ce que tu laisses derrière toi. Les revers, parce ils sont tiens et seulement tiens, Parce que cette défaite est intime et définitive, qu'elle est à la fois ta racine, ta tige, et aussi ta feuille, mais aussi cette fleur et ce fruit, son parfum et son suc. Tout à la fois et pour toujours. Il n'y a pas de souvenir qui subsiste ni de désir ardent qui reste. Il n’y a pas d'image qui dure ni même de fiction, ni d'ombre. Dans cette manière de ressentir, Il n'y a que toi et seulement toi rien ne se perds : le passé est aboli. Lui et elle se retrouvent vivants et présents, la matière prend forme dans ton corps une chair dans ta chair se retrouve chair de ta propre chair, être de l'être dont tu es. Un et multiple entre tant Qui furent, sont et furent façonnés par leur patrie et aussi par son absence de temps éternel et d’heure brève, de nudité native et de biens amassés par ces aubes imperturbables, dans lesquelles la lumière de ton séjour s'emparait de manière ténue en peignant des verres, des tableaux, des livres et des meubles ; Lors de ces jours de labeurs ou de plaisirs, de vacillements ou d’études, De tension propulsive, ou de volonté inerte. Par combien de fils, de ta vie sont tissés. Il n'y a pas de chaîne rompue ni de nuances infimes ... Personne ne pourra t'exiler de ces continents Qui sont ta chair et ta Terre : Toi l'Homme sans compromission Sans conquête ni dépouille Part de la vie sans mort. D’une terre où tu es née, de cette Terre fertile. Et tu trouveras prive de Terre Quand ils t'enterreront, Comme une poussière de grains et en germe. "L’exilé." 1940
Pardonnez- moi cher(e)s Lectrices et Lecteurs, pour mon audace insensée et ma traduction maladroite et précaire du non Hispanophone que je suis. Mais je n'ai pu résister ayant été très ému presque bouleversé par ce texte écrit en 1940, soit en plein Exil Espagnol et au cœur de l'exil de la raison et de la bonté dans le ** me siècle qui pourrait encore avoir tant à nous signifier sur tant d'actuels exilés dont notre Planète regorge; notre Terre d'avidité et d'égoïsme aux naissances si peu contrôlées et aux ressources si mal réparties d' êtres humains, trop souvent en désespérance, d'une simple libre expression, de conditions de vie décentes et meilleures, trop souvent aussi hélas d'illusions d'un  mieux fallacieux en Europe et toujours d'une main tendue qui leur est trop souvent refusée. )
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Dec 24, 2016
Dec 24, 2016 at 1:11 AM UTC
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